‹ Manuel de l'ingénieur mécanicien constructeur de machines a vapeurChapitre 35 sur 46 · SOUPAPE TOURNANTE · texte numérisé non relu

SOUPAPE TOURNANTE

m unique constamment avec le condenseur par l'ouverture pratiquée , dans le fond j à la distance B' du centre.

Les fig. 11 et 12 représentent le fond de la boîte à vapeur; l'ouverture a communique avec la partie supérieure du cylindre , et l'ouverture a' communique avec la partie inférieure du même cylindre, enfin l'ouverture f communique avec le condenseur.

Supposons maintenant que les deux argots BB , fig. 11 et 12, soient enlevés de manière que la soupape , fig. 9 et 10, puisse se placer à plat sur le fond de la boîte à vapeur, et qu'on l'y fasse tourner dans lesens qu'indique la flèche; il est clair que, lorsque l'ouverture A de la soupape commence à ouvrir la communication avec le haut du cylindre, par l'ouverture a du fond de la boîte à vapeur, la partie évidée de la soupape ouvre au même moment le trou #', et établit ainsi la communication entre le bas du cylindre et le condenseur; la vapeur entre

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dans le cylindre jusqu'à ce que le point c de la soupape arrive au point d de l'ouverture de la boîte à vapeur. La communication entre la chaudière et le cylindre a lieu pendant un espace qui est à la longueur de la course comme la somme de la longueur des trous A et «, ou A et ci! g est à la demi-circonférence du cercle dont le rayon est CA. Aussitôt que la partie pleine de la soupape arrive assez loin pour boucher le trou dans le fond , l'introduction de la vapeur est interrompue , et la portion de vapeur déjà introduite agit par sa force expansive seulement,, pendant le restant de la course du piston. Lorsque le piston arrive au bas de sa course, les communications s'ouvrent en sens opposés, par le seul fait de la continuation du mouvement de la soupape; et l'opération continue ainsi tout le temps que l'arrivée de la vapeur a lieu.

Il faut faire attention de donner à la partie solide be de la soupape ? assez d'é-

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tendue pour couvrir entièrement chacun des trous du fond de la boîte à vapeur ; sans cette précaution , la vapeur trouverait une communication directe de la chaudière au condenseur , ce qui causerait une perte de vapeur plus ou moins considérable; et il pourrait arriver que cette perte fût assez grande pour arrêter entièrement la machine.

Mais il ne suffit pas de pouvoir admettre la vapeur dans le cylindre, alternativement en dessus et en dessous du piston, et de Ten retirer ensuite pour la conduire au condenseur 5 il faut encore pouvoir régler à volonté la portion de la course du piston pendant laquelle on veut que la vapeur soit introduite. Le moyen pratiqué par Oliver Evans ne me paraît pas tout-à-fait ce que Ton pourrait désirer de mieux à cet égard.

Le mécanisme qu'il employait pour cet objet passait à travers la partie supérieure de la boîte à vapeur, et tournait avec la soupape ; ce procédé offrait ainsi le double

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inconvenient de ne pas intercepter très parfaitement la vapeur au moment désiré, et de rendre nécessaire l'emploi d'une boîte à étoupes pour empêcher la perte de la vapeur par l'ouverture qui lui servait de passage.

En réfléchissant sur ces inconvéoiens, et en conférant , sur la manière d'y remédier , avec mon ami M. Bar net fils^ jeune homme aussi intelligent que modeste, il m'a suggéré une idée qui me paraît devoir remplir parfaitement le but que nous nous étions proposé. C'est ce que je vais expliquer.

Ce procédé consiste à laisser deux argots BB, fig. ii et 12, sur le fond de la boîte à vapeur , et aux parties antérieures des ouvertures qui le traversent pour conduire la vapeur au cylindre; ces argots BB , ayant exactement la largeur de l'ouverture , doivent former corps avec le fond de la boîte 5 un autre fond mobile, tig. 14 , portant également trois ouvertures qui correspondent aux ouvertures

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du fond fixe; est placé sur le premier, de manière que les argots du fond fixe entrent clans les ouvertures du fond mobile, et viennent affleurer sa surface supérieure. Les ouvertures du fond mobile sont plus longues dans le sens de la circonférence du cercle, que celles du fond fixe, et seulement assez larges dans le sens du rayon , pour que les argots les remplissent très exactement. Il est clair qu'en tournant ce fond mobile , de manière à agrandir ou à raccourcir la distance mo , on augmente ou on diminue la portion de révolution pendant laquelle la vapeur entrera dans le cylindre. On peut même, en les rapprochant jusqu'au contact, intercepter entièrement l'entrée de la vapeur • de façon que le fond mobile remplacera le robinet d'introduction, et rendra inutile toute ouverture dans le tuyau à vapeur , entre la chaudière et la soupape tournante, excepté celle où est placée la soupape de sûreté.

La construction de cette boîte à vapeur

i^6 ADDITIONS DU TRADUCTEUR, pourrait peut-être offrir quelques difficultés; M. Hoyau, ingénieur mécanicien, rue Saint-Martin , n° 299 , à qui j'en ai parlé, pense que l'on pourrait faire le fond mobile plus épais , y pratiquer une rigole annulaire aussi profonde que l'épaisseur que doit avoir ce fond quand il sera achevé , et laisser sur le fond fixe un anneau en relief qui entrerait dans la rigole annulaire du fond mobile \ après les avoir bien rodés ensemble, on coupera l'anneau du fond fixe , excepté les parties qui doivent former les argots, et l'on soudera dans la rigole du fond mobile des morceaux de cet anneau , pour remplir les parties qui doivent être pleines. Après quoi , on diminuera l'épaisseur du fond mobile, en ôtant de sa surface supérieure, jusqu'à ce que Ton parvienne à ouvrir les trous qui restent dans la rigole.

Des mécaniciens habiles trouveront peut-être des moyens plus faciles dans la pratique; il suffit, quant à présent, de

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savoir qu'il n'est pas impossible d'exécuter la pièce que je propose.

Un canon gg, fig. i3, attenant au fond mobile , embrasse l'axe vertical de la soupape tournante, et traverse avec lui le fond fixe; ce canon, taille à six pans dans sa partie inférieure^ reçoit le manche GII, qui est maintenu en place par 1 ecrou /. Le manche QH sert à tourner le fond mobile, pour régler l'admission de la vapeur, ou même pour Fintercepter entièrement à volonté , en le tournant selon l'une ou l'autre direction, dans le sens horizontal. Il n'est pas besoin de boîte à étoupcs à la sortie de l'axe vertical ni du canon, puisque la partie pleine de la soupape tournante , entre le trou qui va au condenseur et l'axe , empêche la vapeur d'arriver jusque-là.

Une bande métallique, dont on voit le développement fig. 1 5 , embrasse une partie de la circonférence extérieure du fond de la boîte à vapeur ; elle porte dans sou bord supérieur plusieurs entailles

pour recevoir un loquet h, à ressort ib que porte le manche.

La distance entre les entailles est telle, que l'ouverture intérieure admettra la vapeur dans le cylindre pendant |, /-, \ , etc. de la course, suivant que le loquet sera placé dans l'une ou dans l'autre. Ces divisions peuvent suivre toute autre progression, à la volonté du constructeur.

Cette soupape tournante a bien quelque analogie , dans son opération , avec la boîte à tiroir de Martin; mais elle me semble préférable, en ce qu'il est plus facile et plus simple de donner à une pièce de mécanisme un mouvement de rotation continu , qu'un mouvement rectiligne alternatif; et le contact de deux surfaces qui se frottent toujours dans le même sens, doit, ce me semble, rester plus parfait que dans l'autre cas. Un autre avantage, et peut-être le plus important de tous, consiste à pouvoir régler à volonté, et sans arrêter la ma-

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