Néanmoins, la question une fois posée, i sans réponse
‘2—Un maitre expérimenté ne pose pas chargées d'incidences.
seront toujours complétées ou
roger trop souvent les mêmes élèves, ou de dialo-
st une erreur de presser leur donne: le temps de
Îne faut jamais la laisser
de questions trop vastes, ou
20.—II ne complique pas ses interrogations, et n'en change pas
facilement la formule,
21.—Il ne parle pas plus en interrogeant que ne doit faire le répondant. 22.—Au contraire, il s'efface le plus possible, il se fait oublier.
leçon.
, il est
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23.—L distribue sobrement les blâmes ou les approbations au cours de ses interrogations.
24.—Par contre, il n'oublie pas qu'il est très avantageux de savoir interroger à propos tel ou tel élève, de façon à l'encourager ou à réprimer chez lui la paresse ou l'inattention.
25.—I1 s'applique avec un soin particulier à rapporter sensiblement toute question à l'objet et au but final de la leçon.
26.—Il varie ses questions quant au fond et quant à la forme, de manière à tenir en éveil et à cultiver toutes les facultés de l'enfant.
27.—Dans ses interrogations, on ne découvre jamais ni d'impatience, ni d’inflexions, ni de gestes, où perceraient le dépit, la mauvaise humeur, particulièrement à l'égard d’un élève inintelligent qui ferait preuve de bonne volonté.
28.—Il s'efforce plutôt de reidre ses interrogations agréables, par une aimable sympathie dans la voix, par une gaieté réservée, et er appuyant sur le mot de valeur. Cette dernière industrie contribue dans une large mesure à donner de la variété en même temps que de la clarté aux questions.
29.—Eafin, que l’instituteur profite des réponses de l'élève pour corriger les défauts de prononciation, d'articulation, de liaison, ainsi que la précipitation dans le langage. C'est là un de ses devoirs essentiels.
83.—XIII. Les devoirs écrits. —Les devoirs écrits faits à l’école—et même dans la famille—doivent aussi occuper une grande place dans l'enseignement primaire. Si utile qu'elle soit, la leçon orale ne saurait tenir lieu de tout !e reste.
Les impressions qu’elle laisse dans l'esprit des jeunes élèves sont nécessairement fugitives ; les traces qu'elle forme dans la mémoire s'effacent bientôt. Cet âge est si mobile et si volage.
Les devoirs écrits viendront prêter aux leçons du maître un concours précieux. Ils graveront plus profondément les notions enseignées, ils les fixeront, ils les précseront; non seulement en fournissant aux élèves l'occasion de les écrire—ce qui est déjà beaucoup — mais surtout en faisant un appel plus puissant à leur activité individuelle.
Invité à appliquer lui-même, hors de la présence du maître et sans une aide de tout instant de sa part, les règles et les principes qu'il a appris, l'enfant sera bien obligé de réfléchir davantage, de dépenser plus d’efforts personnels, de méditer en quelque sorte plus. longuement. Et ce travail solitaire, à la condition d’avoir été suffisamment préparé et de ne pas dépasser se; forces, ne peut lui être que d’un grand avantage.
Mais la préparation préalable, dont il vient d'être parlé, est absolument requise. Autrement, .le temps consacré aux devoirs écrits se passerait en tâtonnements stériles. Il appartient donc au maître de donner à ses élèves, dans une juste proportion et selon leur degré d'avancement, toutes les explications qui leur sont nécessaires, afin qu'ils puissent ensuite travailler avec profit.
Et dans le but de leur rendre agréable et actrayant ce labeur solitaire, l'instituteur doit encore ne rien négliger pour captiver leur attention, pour éveiller leur curiosité. Il choisira des devoirs ni trop longs, ni trop difficiles : ces devoirs seront en rapport avec les leçons de la semaine, mais il les variera d'un jour à l’autre: autant que possible, il y mettra de l'actualité ; il leur donnera un caractère pratique ;
et, accessoirement, il en profitera pour instruire les élèves sur des points étrangers à l’enseignement spécial auquel ces devoirs s'appliquent.
Le principe si fécond de la combinaison des spécialités dans un même enseignement trouve ici son application toute naturelle. Il est, en effet, très facile, dans la dictée, par exemple, de combiner une leçon de grammaire avec une leçon de bienséances ou de sciences ; et, dans les problèmes d’arithmétique, de faire entrer une foule le notions utiles à connaître dans la vie pratique, soit du cultivateur, soit de la femme de ménage, etc.
Mais ces devoirs écrits perdraient beaucoup de leur utilité, faute d’une correction judicieuse et journalière.
L'instituteur se gardera donc de ne les visiter qu'après un intervalle d’une couple de jours. Ainsi renvoyée, la correction n’a plus la même portée éducative et instructive. L'élève est mal préparé à s’y intéresser.
Le contrôle du maitre suivra de près l'effort de l'élève; il le suivra point à point, saus rien omettre de ce qui mérite d’être relevé.
Que cette correction se fasse généralement au tableau noir, avec le concours de. tous les élèves. Qu'elle soit orale et collective. Qu'elle se termine toujours par la visite du maître; car il importe qu'un œil vigilant et exercé vienne contrôler les corrections individuelles ou mutuelles des élèves, afin d’écarter toute tentation de fraude ou de négligence.
On trouvera, au reste, à leur place respective, des observations complémentaires sur les questions de détail que soulève l'emploi de ce procédé, selon qu'il s'applique à l’une ou à l’autre des spécialités du programme.
11 reste -une observation générale à faire. Elle est d'une importance majeure. Quelque puisse être la nature du travail imposé, il faut exiger des écoliers qu'ils Pécrivent avec soin, qu’ils y mettent de l’ordre et de la propreté, qu'ils le rédigent dans une langue toujours claire, simple et correcte, et qu'ils en soignent constamment l'orthographe.
Si les maïtres exerçaient sur ces différents points une surveillance exacte, on ne rencontrerait plus dans les écoles de ces élèves dont les dictées sont impeccables, et dont les autres devoirs fourmillent de fautes.
84—XIV. Récapitulations — Revisions — Compositions. —Récapitulations, revisions, compositions, ce sont là des procédés d'enseignement que tout maître consciencieux est tenu d'employer.
Ces procédés ont entre eux plus d’un point d'attache et de ressemblance ; ils diffèrent pourtant l’un de l’autre.
Tous les trois sont une revue des matières étudiées.
Mais la récapitulation tient plutôt de la simple répétition. Plus précisément, elle consiste de la part des élèves dans un retour sur ce qu’ils ont appris précédemment; et de la part du maître, dans des interrogations sur une ou plusieurs leçons antérieures, ayant pour double objet de mettre de l'enchaîinement dans les connaissances de l'enfant, et de lui indiquer les principes qui serviront de fondement aux leçons suivantes. Quelquefois même, la récapitulation peut consister à recommencer une explication sans y apporter de changement notable, et dans le but unique de l’enfoncer davantage dans la mémoire de l'enfant.
La récapitulation se place naturellement au début des :eçons, en Y consacrant plus ou moins de temps selon que les élèves sont plus ou moins avancés.
Il est avantageux aussi de la faire après l'étude de Chaque série de questions formant un tout complet.
Çon sur des sujets déjà traités, mais
ésente et développe avec des aperçus nouveaux; et dont il profite
pour étudier certaines questions générales, pour faire des rapprochements utiles,
pour relier des notions qui paraissaient isolées, pour habituer les élèves à envisager les questions par une vue d'ensemble.
On comprendra que la revision, pour atteindre ce but complexe, doit être fréquente et méthodique, qu’elle doit embrasser un champ d'action de plus en plus vaste. C’est pour cela que dans les écoles bien organisées elle se fait à la fin de chaque semaine, de chaque mois, de chaque trimestre, de chaque année.
La forme orale est la forme propre des récapitulations et des revisions.
Les compositions au contraire sont des exercices écrits destinés à stimuler les élèves, en leur donnant un classement. Elles diffèrent des devoirs ordinaires, en ce qu'elles peuvent renfermer un plus grand nombre de, questions antérieurement étudiées, puis en ce qu'elles sont faites dans un temps maximum déterminé, le même pour tous les élèves.
Les compositions portent principalement sur les matières fondamentales de chaque cours. Il est bon néanmoins d'en donner aussi, quoique plus rarement, sur les autres spécialités, afin d'encourager certains élèves faibles d'ailleurs qui pourraient y exceler, et de faire toucher du doigt à d’autres leur manque d'application générale, afin encore de pouvoir mieux apprécier la force moyenne des classes.
C'est dire que toutes les compositions sans exception doivent être corrigées avec le plus grand soin. Et ici c'est le mode de correction individuelle par le maître auquel il faut donner la préférence. Ce contrôle personnel est nécessaire. 11 sera le seul à assurer les résultats recherchés.
85.—XV. Travail à domicile—Les maitres ne doivent pas perdre de vue que l'élève qui ne travaille pas en dehors des classes ne fait guère de progrès. C’est une vérité d’expérience et un fait incontestable.
Chaque soir, sauf de rares exceptions, les écoliers auront donc ou des leçons à apprendre ou des devoirs à rédiger.
Mais ce supplément de travail, il importe de le proportionner à la force des enfants, de le choisir en rapport avec les matières les plus importantes de chaque cours, de le préparer judicieusement en classe, de le bien graduer, de le varier, de le rendre intéressant et aussi pratique que possible.
Autrement, paraissant trop dur à l'élève qui a déjà beaucoup travaillé pendant la journée, il le rebuterait et le découragerait; ou, ce qu'il faut éviter, les parents eux-mêmes se plaindraient non sans raison du trop grand,effort demandé à leurs enfants.
Les maitres manqueraient aussi le but à atteindre, s'ils négligeaient d'exercer un contrôle très actif sur les travaux faits à la maison. Les élèves se rendraient
vite compte de cette négligence, et ils s’en autoriseraient pour se livrer à la paresse.
86.—XVI. Cahiers à l'usage des élèves.—Les principaux cahiers qui peuvent être en usage dans la classe, sont :
Le cahier d'écriture :
Le cahier de dessin :
Le cahier cartographique:
Le cahier de rédaction ;
Le cahier des devoirs journaliers ; Le cahier de compositions :
Le cahier de roulement ;
Le cahier d'honneur.
Le maitre s’entendra avec l'inspecteur sur le nombre de cahiers dont les élèves doivent se servir. Car si tous sont utiles, quelques-uns ne le sont pas autant que les autres.
Chaque élève cependant doit être pourvu d’un cahier spécial et distinct pour l'écriture, le dessin et les devoirs journaliers. Ces trois cahiers seront requis dans toutes les écoles. Et si j'on s'en tient à ce nombre, les devoirs de cartographie et de rédaction, ainsi que les compositions, trouveront place dans le cahier de devoir. journaliers, avec les autres exercices. Mais le maitre, le cas échéant, se rappelant que ces trois spécialités exigent un mode particulier de correction, aura soin de retenir de temps à autre par devers lui les cahiers de devoirs journaliers.
Quant au cahier de roulement où chaque jour un élève différent inscrit les devoirs de la journée, et au cahier d'honneur qui est destiné à recevoir les meilleurs travaux des élèves, il y a moins d'inconvénients à s’en dispenser ;—bien que le second soit un puissant moyen d’émulation, et que le premier permette, par un simple coup d'œil, de juger, non seulement du niveau intellectuel de toute une classe, mais encore de la manière dont le Programme est compris et mis à exécution.