‹ Manuel de l'orateur de l'Assemblée législative [microforme]Chapitre 6 sur 124 · ALIEN · texte numérisé non relu

ALIEN

GE eu hu

admirant la grandeur de la conception, et le profond patriotisme que manifestent de si hautes espérances.

En con:équence, cet Orateur sort des partis. 11 suit qu’il occupera le fauteuil aussi longtemps qu’il le pourra, ou le voudra. 1] sait, de plus, que si la maladie, ou le grand âge, l’oblige à se démettre de ses fonctions, il sera nommé à la Chambre des Lords, et que la nation reconnaissante lui paiera, jusqu’à son dernier jour, une pension qui ferait rêver bien des hommes politiques du Canada.

I! sait aussi qu’à toutes les élections générales qui auront lieu, au cours de sa longue présidence, il sera toujours élu unanimement par ses électeurs, en vertu d’une convention faite depuis longtemps entre les deux partis.

Alors, il est dans les meilleures conditions pour se livrer aux études si importantes qu’il doit faire pour présider la Chambre avec la science constitutionnelle fortifiée par l’ex-

-périence. Il a l’assurance, la fermeté et la

dignité que donnent à un homme, dans une situation aussi responsable, la conscience de

sa valeur, de l’étendue de ses connaissances, et de l’autorité de ses Jugements sur toutes les questions qu’il sera appelé à décider.

a Le système canadien

Tel est l’admirable système anglais.

Revenons au système canadien, avec tous ses inconvénients, ses défauts.

Toujours, le candidat ministériel à la présidence de l’Assemblée législative est définitivement choisi très peu de ; Jours avant l’ouverture des Chambres pour la session. Pas un homme, dans le Canada, dans la province, ne sachant, ne pouvant savoir, un mois d'avance si, vraiment, il sera proposé à la présidence, personne, naturellement, ne perd une minute de son temps—et dans notre pays, le temps est bien précieux pour les travailleurs ardents—à étudie: la procédure

el

parlementaire pour se préparer à des fonctions qu’il prévoit n'être Jamais appelé à remplir.

Dans ces conditions, je concçois bien claire. ment les difficultés qui assiègent un Orateur élu par la Chambre. Ce n’est que du moment qu’il est informé qu’il sera proposé à la présidence, qu’il peut se mettre à l’étude pour accomplir les devoirs de ses très difficiles fonctions.

UN

Dans ma lettre, au commencement de ce Manuel, j'ai dit quel était mon but en le publiant.

Je n’en ai pas d'autre que d’être aussi utile que possible à l'Orateur et à la Chambre.

Rien dans ma commission de Greffier de l’Assemblée législative, rien de mes devoirs dans cette position, ne m'obligeait à entreprendre ce travail aussi important que diff.

cile.

Mais l’un des principaux principes qui m'ont sûrement guidé durant toute ma vie, c’est qu’un homme, dans n’importe quelle situation la Providence le place, doit, nonseulement faire son devoir, mais PLUS que son devoir.

Je sais trop bien que telle n’est pas la mentalité d’un grand nombre. Mais quand, au cours de ma modeste carrière, j’ai observé de trop près, une suggestion saisissait mon esprit, et je me rappelais le fameux mot de Talleyrand :—‘surTOUT PAS DE zÈLE””. Cependant, je puis le dire en toute sincérité, je n’ai jamais succombé à cette tentation, que je chassais comme une pensée mauvaise, indigne d’une âme trempée pour le devoir.

Page 1