PRÉPARATOIRES A LA TONSURE
TABLE POUR UN TRIDUUM
Li TEILLE.
Le prehier jour.
La Retraite.
Pag.
Le deuxième jolh.
Lb tboisième joua.
4re Mèd. Paroles du Pontifical. Ue Partie. 23
1 re Lect . De la Cléricatnre. 7
2me Mèd. Paroles du Pontifical. 2me Partie. 30 2m« Lect. Des significations mystiques de la
Tonsure. 1 2 3me Mèd. Mystère de notre incorporation à
Jésus-Christ. 39
lre Mèd. Principes de notre incorporation à
Jésus-Christ. 43
lre Lect. Du Surplis. 21
2"*eMéd. Conséquences de notre incorporation à Jésus-Christ. 47 2™e Lect. De l'habit ecclésiastique. 17 •3me.J/éd. Le Verbe fait chair, modèle dn Tonsuré revêtant l'habit ecclésiastique, m
lre Mèd. Le divin Enfant nommé Jésus, modèle du Tonsuré prenant le nom de Clerc. o4
lre Lect. Le vieil homme, et l'homme nouveau figuré par le Surplis. 55
2me Mèd. Marie présentant Jésus au Temple, modèle du Clerc se consacrant au Seigneur. 53
-me Lect. Jésus disant adieu à sa Mère, modèle du Clerc disant adieu à sa famille. C2
3=»e Mèd. Jésus-Christ notre roi. 06
TABLE POUR UNE RETRAITE DE CINQ JOURS
La veille.
La Retraite.
Pag.
Le pbemieii J0t:n.
Le delsieme joi
lrc Mèd. Paroles du Pontifical. -I" Partie. 2'.'<
1 1 et. De la Cléricature. 7
2,uc Mèd. Paroles du Pontifical. 2»>e Partie. 50
t r* Mèd. Mystère de notre incorporation à
Jésus-Christ. 39
Lcct. Des significations mystiques de la
Tonsure. t2
2mc Mèd. Principes de notre incorporation
à Jésus-Christ. 43
lre JJ/é<L Conséquences de notre incorporation à Jésus-Christ. 47
Le TBOiSiL.ME JOCH. { Lect. Du Surplis. 21
2uie Mèd. Le vieil homme, et l'homme nouveau figuré par le Surplis. 55
1re Mèd. Le Verbe f;:if rliair, modèle du Tonsuré revêtant l'habit ecclésiastique. SI Le QHATBifeue 101 ::.( T.ed. De l'habit ecclésiastique. 17 2m» Mèd. Le divin Enfant nommé Jésus, modèle du Tonsuré prenant lo nom de Clekc. 54
-De Mèd. Marie présentant Jésus au Temple, modèle dn Clerc se consacrant avi Seigneur. 58
Le CINQUIÈME JOt a.{ Lecl. Jésus disant adieu h sa Mère, niodèle tUi Clerc disant adieu à sa famille. 62
2ae Mèd. Jésus-Christ notre roi. 66
La Retraite.
Entre les grâces dont Dieu comble les Clercs pendant le cours de leur éducation , nul doute que la grâce de la Retraite préparatoire aux saints Ordres ne soit une des plus insignes. Du côté des Clercs, jamais dispositions plus parfaites ; du côté de Dieu, c'est comme le suprême effort de sa miséricorde. Aussi l'expérience démontre-t-elle que la Retraite de l'Ordination exerce sur les aspirants au Sacerdoce une immense influence.
Ce mot Retraite éveille immédiatement quatre idées : une idée de recueillement , une idée de réflexion , une idée de réforme et une idée de prière. Le recueillement est la condition de la réflexion, la réflexion amène la réforme, et la réforme exige la prière.
i° Recueillement. Après l'Ascension de leur Maître, au lieu de retourner dans leur pays et de reprendre leurs travaux ordinaires, les Apôtres, selon l'ordre qu'ils en avaient reçu, rentrent dans Jérusalem et se renferment dans le cénacle : « Tune reversi sunt Jerosolymam... Et cùm introissent in cœnaculum... » Les murs d'une ville remplie de pieux pèlerins, l'enceinte d'une salle consacrée par les plus touchants mystères, telle est la double barrière qu'ils mettent entre eux et le monde.
Le Séminaire, où l'image de la piété s'étale de toute part, serait une clôture insuffisante-, il faut ajouter le silence. Silence extérieur : pas une parole inutile, pas un regard capable de distraire , pas un pas contre la règle. Silence intérieur : nulle autre étude que celle de la perfection , nul autre souvenir que celui des grâces de Dieu et de mes infidélités, nul autre projet que celui de devenir un saint et un apôtre.
La Retraite est une conversation avec Dieu; voudrat-il me parler si je ne prête l'oreille? m'écoutera-t-il si je ne songe pas à ce> que je dis ? La Retraite est une contemplation des plus hautes vérités, qui demande toute la netteté et toute la vigueur des yeux de l'âme ; il est donc nécessaire, ô mon âme, d'écarter les objets qui t'intercepteraient la vue de ces vérités, de fortifier ton regard, d'ajuster ce télescope mystérieux qui doit te transporter dans le sein de Dieu même.
2° Réflexion. Le Pontifical appelle les saints Ordres un lourd fardeau mis sur les épaules, une haute montagne qu'il faut gravir. Par la réflexion j'envisagerai ce fardeau de près et sous toutes ses faces, je le soulèverai, j'essayerai mes forces ; car ce n'est pas un jour, une année, c'est toute la vie qu'il devra peser sur mes épaules. Je me placerai au pied de cette montagne, j'en calculerai la hauteur, j'en reconnaîtrai les aspérités : mes pieds seront-ils assez vigoureux? ne tomberai-je point de lassitude au milieu du chemin ? la tète me tournera-t-elle?
Rien n'est puissant comme la réflexion, c'est le levier d'Arehimède, qui soulèverait le monde. L'homme qui, dans une entreprise quelconque, se replie le plus sur lui-même pour en étudier le but, les moyens et les obstacles, est aussi l'homme qui est capable des plus grandes choses. Comme le plus éminent philosophe est celui qui sait le mieux creuser et approfondir une idée, poser un principe et en déduire les conséquences; ainsi le Prêtre le plus digne de ce nom est celui qui devant Dieu a le plus sérieusement médité sur la sublimité et les devoirs du Sacerdoce, qui s'est le plus souvent dit à lui-même : Il faut que je sois un sauveur d'âmes, un autre Jésus-Christ. La volonté étant une faculté aveugle, qui n'agit que d'après les lumières de l'entendement, n'est-il pas dans l'ordre.
que l'action soit en raison delà conviction, et la conviction en raison de la réflexion ?
Il me semble voir les Apôtres au cénacle, repassant ce que Jésus-Christ leur avait dit touchant la prédication de son Evangile, les persécutions qui les attendaient, leur récompense éternelle, s'en entretenant ensemble, cherchant à pénétrer le sens de ses oracles, rappelant les détails de sa vie.
3° Réforme. Je suis ce roi dont parle Jésus-Christ, qui, avant d'attaquer un puissant ennemi, fait l'exact dénombrement de ses forces. Je suis l'entrepreneur de cette tour colossale, qui, avant de réunir les matériaux , suppute soigneusement ses fonds. Ce puissant ennemi que je veux attaquer, c'est le démon déchaînant contre moi les passions. Oserais-je me mesurer avec lui ? Mon bouclier, mon casque, ma lance, mon épée, toute mon armure, en un mot, est-elle en bon état? Cette tour colossale que je veux construire, c'est le temple vivant de l'Esprit-Saint dans les âmes. La prédication pose les fondements de l'édifice, la direction particulière façonne et polit les pierres, la charité met le ciment. A quel degré de science , de zèle, de patience suis-je parvenu ? Pourrais-je comme Salomon mettre la main à l'œuvre ?
I,es Apôtres ne manquèrent pas, pendant leur retraite, de se confronter avec leur mission gigantesque, de revenir sur les avis , les corrections , les reproches du divin Maître, de prendre des résolutions, l'un contre sa présomption et son impétuosité , les autres contre leur ambition et leurs vues intéressées , tous contre leur lâcheté et leur peu de foi.
Quel est le défaut, objet des observations de mes Supérieurs , qui pourrait paralyser mon zèle et compromettre mon salut? Est-ce mon peu de piété, mon dégoût pour l'étude, mon immortification? Il est temps maintenant de préparer mes armes pour le combat, mes matériaux pour la construction.
4° Prière. « Hi omnes erant persévérantes unanimiter in oratione eu m mulieribus , et Maria maire Jcsu , et fratribus ejus. » (Act. i). Ils priaient ensemble pour faire au Ciel une sainte violence ; ils priaient tous, et nul Judas n'était là pour troubler cette belle harmonie ; ils priaient les uns pour les autres, car ils s'aimaient comme des frères ; ils priaient avec Marie-Magdeleine, avec les autres saintes femmes , toutes si ferventes ; ils priaient avec Marie , mère de Jésus. Ne vous priaient-ils pas, ô Marie , répétant ces douces invocations : « Mater amabilis, Regina Apostoîorum, ora pro nobis ! »
Jésus-Cbrist lui-même , dans le but de nous instruire, avant de choisir ses Apôtres, « exiit in monlem orare, et erat pernoctans in oratione Dei ; et cùm dies l'aclus esset , vocavit discipulos suos, et elegit duodecim ex ipsis. » (Luc. vi.)
La prière livre au pauvre les trésors du ciel, au malade les remèdes souverains qu'a préparés le divin Médecin, au faible la force de Dieu même. La prière transporte devant le trône de la miséricorde, où l'on entend sans cesse ces trois paroles : Demandez, donnez, prenez; demandez encore, donnez toujours, prenez à nleines mains.
0 Dieu, je vous prierai pourmoi, pourmes confrères, pour l'Eglise entière. Je vous prierai en public et en particulier, à la chapelle et dans ma cellule, le jour et la nuit. Je vous prierai avec Marie, avec mon Ange et mon saint Patron, avec mes parents et tout le diocèse.
Be la Clérîcatnre.
4* Signification du mot Clerc. Saint Jérôme la donne ainsi à Népotien : « Clericus qui Christi servit Ecclesiœ , interpretetur primo vocabulum suum , et nominis definitione prolatà, nitatur esse quod dicitur. Si enim y.Hpos greecè, sors latine appellatur , propterea vocantur Clerici, vel quia de sorte suntDomini, vel quia ipse Dominus sors , id est, pars Clericorum est. Qui autem vel ipse pars Domini est, vel Dominum partembabet, talem se exbibere débet ut et ipse possideat Dominum, et possideatur à Domino. »
C'est dans ce sens que le Deutéronome dit : « Separavit tribum Levi, ut portaret arcam fœderis Domini , et staret coram eo in ministerio ; quamobrem non babuit Levi partent , neque possessionem cum fratribus suis : quia ipse Dominus possessio ejus est, sicut promisit ei Dominus Deus tuus. » (Deut. x.)
2° Comment on devient Clerc. « Ut enim homines ad baptismum exorcismis , ad matrimonium sponsalibus precparari soient; ità, cùm, tonso capillo, Deo dedicantur, tanquam aditus ad Ordinis sacramentum illis aperitur : declaratur enim qualis esse debeat, qui sacris imbui cupit. » (Calech. Conc. Trid.)
« Tonsura est îiecessitatis quoad beriefîcium quidem et jurisdictionem ecclesiasticam, quia jus spirituale non cadit in laicum ; quamobrem colla tio beneficii \\ facta ïaieo non tenet, nec commissio jurisdictionis valet (lataTonsurà clericali non insignito. Ità omnes. — Congfûitatis quoad Ordinem, cùm qui Ordinem majorem vel minorem suscipit , prima Tonsurà nondùm initiatus,recipialreipsà Ordinem, minime verô executionem; îir.m de prsecepto est. » (Du Saussay. Panoplia.)
o° Ce qle c'est que la Tonsure. Une cérémonie
préparatoire, une inscription pour l'état ecclésiastique. « Quanquani prima Tonsura Ordo non sit, saltem juxta Theologorum sententiam, quia scilicet non est à Christo Domino instituts, sed ab Ecclesiâ, nec spiritualem potestatem confert ad ininisterium aliquod ecclesiasticum obeundum , camque Tridentiua Synodus ab Ordinibus diserte distinguit : est tamen prœparatio ad Ordines suscipiendos, et queedam reiigiosa , ut ità dicaro, ad cultum divinum deputatio. » (Catalane Pontif. rom.)
« Quamvis Tonsura non sit signum sacramentaîe , babet tamen cum charactere sacramentali analogiam. Character enim sacramentalis tria officia babet : 1° aptum facit ad cultum divinum 5 2° configurât Cbristo ; 3° distinguit ab aliis. Porrô Tonsura : 1° aptum facit bominem ad cultum divinum, dùm segregatum à vulgo transfert in peculiarem sortem Domini -, 2° conducit ad configurationcm cum Cbristo, siquidem est forma et similitudo coronœ spinerc quam in capite Christus gessit ; 3° ad distinctionem Clericorum à laicis, siquidem est propria nota cum veste talari quà palam dignoscitur Clericalis status. » (Du Saussay.)
4° Dispositions requises. « Prima Tonsura non initientur qui sacramentum ConOrmationis non susceperiîit, etfidei rudimenta edocti non fuerint, quique légère et scribere nesciant, et de quibus probabilis conjectura non sit, eos, non sœcularis judicii fugiendi fraude, sed ut Deo fidelem cultum prsestent, hoevitœ genus clegisse. » (Conc. Trid. sess. xxm , c.G). Ce qui suppose dans l'aspirant une vertu ferme et éclairée, le goût des vérités chrétiennes, un esprit constant, la racine d'un talent susceptible de se développer, la probité, le désir de glorifier Dieu.
La Tonsure et les saints Ordres reçus par celui qui ne serait pas confirmé, ne laisseraient pas d'être valides.
îî faut, en outre, être exempt de censures et d'irrégularités. L'Archidiacre les énumère en partie dans ce monitoire qui précède la cérémonie : « Reverendissimus in Cbristo Pater et Dominus, Dominus N. Dei et apostolicœ Sedis gratiâEpiscopus N. sub excommunicationis pœnâ prrecipit, et mandat omnibus et singuïis pro suscipiendis Ordinibus bic prœsentibus, ne quis forsan eorum irregularis, aut aliàs à jure, vel ab homme excommunicatus, interdictus,suspensus, spurius, infamis, aut aliàs à jure prohibitus, sive ex aliéna diœcesi oriundus , sine licentiâ sui Episcopi, aut non descriptus, examinatus, approbatus etnominatus, ullo pacto audeat ad suscipiendos Ordines accedere, etquôd nulîus ex Ordinatis discedat, nisi missâ finitâ, et benedictione Pontificis accepta. »
Nul âge n'est déterminé par le droit.
5° Triple témoignage nécessaire. {"Del'Evêque, C'est son droit et son devoir de consulter les besoins de son diocèse , et d'examiner l'aptitude du sujet. « Cùmnullus debeat ordinari, qui judicio sui Episcopi non sit ulilis aut necessarius suis Ecclcsiis, sancta Synodus siatuit... »(Co»ic. Trid. sess. xxm, c. 16). « Episcopus autem Sacerdotibus,et aliis prudentibus vins, peritis divinse Iegis, ae in ecclesiasticis functionibus exercitatis, sibi ascitis, Ordinandorum genus, personam, a?tatem,institutionem, mores, doctrinam etfidem diligenter investiget et examinet. » (Pontif. rom.). — 2° D'un sage Directeur, A lui de juger si certaines habitudes, certaines passions, des travers d'esprit, de» vices de caractère sont compatibles avec les obligations et les fonctions du Sacerdoce, si la vertu est assez éprouvée pour répondre hic et mine à l'appel. — 3° Do, la conscience. Elle seule peut dire si l'ouverture avec le Directeur a été franche, si le motif est pur, si l'attrait est doux, persévérant, accompagné d'une confiance surnaturelle-,
6° Pureté d'intention. « Quoniam in omni actione suscipiendà, » dit le Catéchisme du Concile de Trente, « magnoperè refert , quem sibi quisque iincm constituât; optimo eniin fine posito, rectè omnia conscquuntur; de hoc inprimis, qui sacris initiarivolunt, admonendi sunt, ut nihil sibi tanto munere indignum proponant. » Et voici les intentions contre lesquelles il, veut qu'on se tienne en garde : 1° Le désir de se faire une position. « Mil enim eo consilio ad banc vivendi rationem se convertunt, ut quaî ad victum vestitunique necessaria sunt, parent : ità ut, prœter queestum, nihil aliud in Sacerdotio, qucmadniodum vulgô cœleri omnes in quovis sordidi arlificii génère, spectare videantur. » — 2° L'ambition. « Alios honorum cupiditas et ambitio ad saccrdotalem Ordinem ducit. » — 3° L'amour des richesses. « Alii verô, uldivitiis affluant, initiarivolunt, cujus quidem rci illud argumenlo est , quôd nisi opulcntum aliquod ccclesiasticum beneficium iis deferatur, nullam sacri Ordinis cogitationem habent : hi vero sunt , quos Salvator nosler mercenarios appcllat; et quos Ezechiel dicebat : « Semetipsos, et non oves pascere : » quorum turpitudo et improbitas non solùm sacerdotali Ordini magnas tenebras offudit, ità ut jam nihil ferè à fideli populo baberi possit contemplius et abjectius : verùin etiam cfiïcit ut ipsi nihil ampliùs ex Sacerdotio consequantur quàm Judas ex apostolatûs munere, quod illi scinpiternum exitium attulit. » Et voici l'intention droite et pure : « Illi autem ostio in Ecclesiam introirc meritô dicuntur, qui à Deo légitimé vocali ccclcsiaslica munera ejus unius rei causa suscipiunt, ut Dci bonori inserviant. »
7° Cérémonies de la Tonsure. « Tonsurandus habilu clcricaîi indutus, vocante nominatim Nolario, respondet : Adsum. Deiu se sistit coram Episcopo genuflexus, in sinistrâ gerens superpelliceum, et cereura
AT
in dexterâ. Episcopus, post orationem, incidit forcipe capillos cjus in modum crucis, ïonsurando dicente : « Dorainus pars hcereditatis meœ, el calicis mei : tu es qui restitues ha?reditatem meani mihi : » quœ verba Episcopus proferre potest juxta morem, Scholà interdùm inehoatam prosequente Antiphonam, et Psalinuin : Tues, Domine... Conserva me, Domine... Post alias preces Episcopus ei imponit superpelliceum, dicens : «Induat te Dominus novum hominem, qui secundùm Deum creatus est in justitià et sanclitate veritatis, » Scholà jarn inehoatam interdùm prosequente Antiphonam, et Psalmum : Ht accipient... Domini est terra... Concludit aliis precibus, et allocutione ad Tonsuratos. »
L'Archidiacre {ait Y appel nominal, « pour annoncer, dit saint Denis l'Aréopagite , que le Consécrateur se pose comme l'interprète du choix céleste; que ce n'est point par une capricieuse faveur, mais sous l'inspira^ tion d'en haut, qu'il appelle aux dignités sacrées. Tel autrefois Moïse attendit le mouvement surnaturel pour élever Aaron, son frère, à la dignité pontificale.» (Hier, eccl.)
Chaque candidat répond Adsum , «ut se prœsentem esse significet, » dit Hallier , « ne videlicet aliqui non examinati , non descripti irrepant qui furtivam ordinationem subripiant. » (De Ordinat.)
On se tient à genoux devant l'Evèque, « parce que les initiés, ditencore saint Denis, doivent entièrement soumettre leur vie à Dieu et lui offrir toutes leurs facultés spirituelles, purifiées et saintes, dignes, autant qu'il se peut, du temple auguste et de l'autel sacré de notre Sauveur qui justifie et consa croies âmes. »
« Prima Tonsura, quoeumque die, horà etloco conferri potest, velà simplici Sacerdote, S. Ponlifiee commiltente. Constant! more in Ecclesià observatur, ut regularitcr et absque privilegio speciali nemo possit ah
•52 alio quàm proprio dioecesauo Epispopo clcricalem suscipcrc Tonsuram , nisi de ejusdem proprii Antistitis expressâ liccntià daté in littcris : adeô ut qui liane pcnnissioncm jartat absque litterarum huju&modi snffragio, fidem nullam mereatur, nec ccnscatur Clericus, sed incapax sil bencficiorum ccelcsiasticorum et privilegiorum exsors. » (Du Saussay.)
8° Privilèges attachés a la Cllricature. « 1° Priv&egium fori, quo àjurisdictionesseculari exempti, solis judicibus ecclesiasticis Clcrici subjieiuntur. 2° Immunitas à tributis. 3° Privilegium canonis, quo percutientes Clericum excommunicatione majori ipso faeto innodantur. 4° Facultas beneficium ecelesiasticum obtinendi ac possidendi. » C'est ainsi que l'Eglise , en retour du don qu'il fait de lui-même , partage avec le Clerc ses biens, et, autant qu'elle le peut, dans les pays où clic exerce librement son droit, le prend sous sa sauvegai
« Cùm Tonsura non sit Ordo , nullum per se fort proprium ecelesiasticum offîciuin. Attamen Tonsuratus, cùm sit Clericus, générales Çlericorum obligationes observarc tenetur, id e^t, ilà proficere io sanctitatc etscienlià, ut dignus fiât qui possit ad Oublies promoveri. » (Porpora.)
iïcs significations mystiques de la Tonsure.
A cette question : Car coronam gerere Clericisprœteptwnn? le Catéchisme du Concile de Trente répond :
Prima ratio. « Primuni autem omnium ferunt, Àpostolorum Principem eam consuetudincm induxisse ad memoriam coronce, quœ ex spinis contexta Salvatoris nostri capiti fuit imposita : ut , quod impii ad Christi ignominiam et cruciatum excogitarunt , eo Aposloli ad decus et gloriam uterentur j simulque
significarent curandum esse à ministris Ecclesise,ut omnibus in rébus Cbristi Domini nostri speciem et figuram gérant. »
D'anciens auteurs disent que les Gentils, pour jeter le ridicule sur la prédication de saint Pierre , lui avaient rasé la tète. Domiiien, au rapport de Procopte. l'avait fait raser à saint Jean. On retrouve souvent dans les Actes des Martyrs ce trait de moquerie renouvelé par les bourreaux. Si tondre les cheveux a été quelquefois une marque d'honneur et de religion , raser la tète a toujours été , chez tous les peuples , un signe d'ignominie.
Seclnda ratio. « Quanquam nonnulli asserunt hàc nota rcgiam dignitatem declarari, quœ iis maxime, qui in sortem Domini vocati sunt , videtur convenire. Quod enim Petrus apostolus fideli populo tribuit : Vos eslis génus electum , regale sacerdolium , gens sancta , peouliari quâdam , et magis propriâ rationc, ad ecclesiasticos ministros pertinere facile intelligimus. »
Tertia ratio. « Etsi non desunt qui vel perfections vitae professionem à Clericis susceptam circuli figura, quae omnium perfectissima est, significari existiment, vel externarumrerum contemptionem, animique ab omnibus humanis curis vacuitatem declarari putent, quôd capilli, supervacaneunï quiddam, in corpore tondeantur. »
La Tonsure peut donc être regardée :
1° Comme le mémorial glorieux de la couroxxe d'épixes et le sigxe de l'enrôlement sols l'étexdard de la Croix. « Redemptor noster mortem moriendo deslruxit magnificus triumphator, portans coronam in capite suo. Ex hàc Domini Jesu coronà , pro peccatis nostris à Redemptore nostro susccptâ , toto mundo regnarc eœpit mater nostra pra?sens Ecclesia, sponsa Chris ti , sub spineà coronà potestates aerea»
debellantis. Anliqui quàm sa?pè référant historioirraphi à victoribus supcratos et captos, sub oorona fuisse venditos. Venditio talis manifestum erat indicium servilis opprobrii. Ità et noster Cbristus pro peccatis nostris vendilus et captas, in cruce sub spineâ passus est coronà, heu indebilè à Domino suseeplà, dcbitam nobis coronam damnationis potenter effregit, et coronam victorise sua? , coronam libertatis nostrœ, coronam gloriœ sempiternte, nobis redemptis suis et sanctificatis , triumphator egregius superapposuit. Proptereà catbolica mater Ecclesia quosdam inter se de suis fidelibus elegit, quibus pro fulei iirmitate , pro vitœ honestale, pro splcndore scientiœ gralanlcr imponit similitudinem coronaî Christi , raso desuper capite , capillis in rotundum servatis , ex aequo tonsuratis. Hoc coronœ signum ad memoriam christiana; libertatis assumptum , pontificali benedictione signsH tur.»(Hug.Rothom. Lib.m. Contra Jfœrct.).a Clcncum Tonsuram perferre oportet, ut se etiam irrisiones et opprobria pro Christo libenter et prompto animo sufferre doccatur. » ( Apud Bcdain.)
2° Comme un symbole de puissance et un diadème royal. « Christus' rex et sacerdos fecitnos sibi et sacerdotes et reges. Pars capitis rasa, est signum sacerdotale. Pais crinibus comata, signum regale. Sacerdotes quippe legis tiaram, id est pileolum ex bysso, in moduin mediœ sphserse rotundum in capite portabant. Reges coronas aureas gcslabant. Ergô rasa pars capitis tiaram, circulus crinium refert coronam. » (Honor. Augustod.). « Corona régale decus significat, quia servire Deo regnare est. Unde ministri Ecclesiai reges esse debent, ut se et alios regant. » ( Petr. Lombard, in 4 Sent.)
3° Comme une profession de vie parfaite , et le retranchement des désirs et des préoccupations terrestres. « In figurœ orbicularis impressione in-
struuntur Clerici qualiter sit ad bonum supernum perveniendum. Figura enim orbicularis est simplicissima, capacissima , puleberrima. In quo significatur quùd siniplices esse debent in mente, dilatati in affectione, ctpulchri in conversatione. » (S.JGonav. An Cier. deb. torisur.). «Capilli incapite, exteriores sunteogitationes in mente , qui , dùm super cerebrum insensibiliter oriuntur, curas vitœ prœsentis exprimunt, qua3 ex sensu negligenti, quia importuné aliquandô prodeunt, quasi nobis non sentier. tibus procedunt. Quia igitur cuncti qui pra;-sunt, babere quidem sollicitudines exteriores debent, nec tamcn vebementer eis incumbere, Sacerdotes rectè et caput probibentur radere et comam nutrire , ut cogitationes carnis de vilâ subditorum , nec à se funditùs amputent, nec rursùm ad crescendum nimis relaxent. » (S. Greg. Past. 2a P. cap. vu.) „
Saint Tbomas d'Aquin et Hugues de Saint-Victor affirment encore qu'en csupant les cbeveux au sommet de la tète, sur le de\ant, derrière et au-dessus des oreilles, l'Evèque avertit les Clercs de tenir toujours leurs sens et leurs facultés libres et dégagés : l'esprit , pour méditer les vérités éternelles ; la mémoire, pour s'en souvenir ; les yeux, pour les contempler; les oreilles , pour les entendre. « Competit etiam eis Tonsura,» ditle premier, « ratione subtractionis capillorum , et ex parte superiori per rasuram, ne mens eorum temporalibus occupationibus à contemplatione divinorum retardetur ; et ex parte infciiori per Tonsuram, ne eorum sensus temporalibus obvolvantur. » (Jn 4 Sent.). « Videamus ne sanclitatis signa inaniler geslemus, » dit le second, a scilicet tonsuram, coronam, ornamenta etiam nostris olnciis deputata; sed eis quœ exteriùs apparent, interiora digne respondeant. Capillos siquidem antè prœcidimus , et ab eis sensuum instrumenta liberamus, ut lioe signo cura-
rum illecebras fréquenter redeuntes , et cogitationes supervacuas à cordibus nostris resecare discamus. Summitatem capitis in modum corona; radimus , ut mcntcm, quœ nostrnm superius est, ad supcrna contemplanda et desideranda liberam haberc doceamur. Qui sic affccti sunt etmoribus esse student, quales se debere esse ostendunt, ad clericalis militiœ ollicia promovendi sunt. » (De Sacram. lib. i). On coupe les cheveux en forme de croix, parce que la croix est la source de toute grâce, et que l'initié embrasse l'ignominie de la croix par la profession d'une vie conforme à celle de Jésus crucifié.
Saint Isidore, Albin Alcuin , le cardinal Baronius , les Pères du cinquième Concile de Tolède font remonter l'origine de la Tonsure aux Nazaréens. « Tonsurœ, ni fallor, usus, » dit saint Isidore, « à Nazaraas exorlus est, qui priùs crine servato, denuô post vite magnam continentiam, devotione compléta caput radcbant, et capillos in igné sacrificii ponere jubebanlur, scdicet ut perfectionem devotionis suce Domino consecrarent. Hujus exempli usus ab Apostolis introductus est , ut qui divinis cultibus mancipati Domino consecrantur, quasi Nazarœi , id est, sancli Dei crine praeciso mnoventur. » Baronius, après avoir cité ces paroles , insinue lui-même que ce signe de la consécration des Clercs aurait bien pu être choisi, afin que la nécessite où ils sont de refaire souvent leur tonsure , soit pour empêcher la couronne de s'effacer, soit pour rétablir la décence dans les cheveux , leur rappelât fréquemment la solennité de leur consécration, le but sublime qu'ils se sont proposé, et les significations mystiques renfermées dans la Tonsure. (An. lyiii, n. 122, 429.)
De l'habit ecclésiastique.
1° Origine. Vêtus selon l'usage du pays qu'ils habitaient , les Clercs ne se distinguèrent d"abord des séculiers que par leur modestie. C'est vers le sixième siècle que l'Eglise , affranchie de la tyrannie des princes païens ou ariens , commença à s'occuper du costume ecclésiastique, s'élevant tantôt contre l'habit trop court, tantôt contre l'habit trop long , spécialement contre l'habit traînant et à franges , froncé ou plissé, tailladé ou de couleur tranchante, telle que le rouge , le vert, etc., barré ou parti, c'est-à-dire à rayures , ou moitié d'une1 couleur et moitié d'une autre. Peu à peu l'habit long et noir , adopté depuis plusieurs siècles par la plupart des religieux et retenu par ceux qui étaient promus aux Ordres, tendait à s'universaliser dans le clergé. En 1511 , le cinquième Concile deLatran, sess. ixe, défendit les habits versicolores et qui ne descendaient pas usque ad talos saltem. En 1551, le Concile de Trente , sess. xive, renouvela et confirma les règlements antérieurs , et , sans entrer dans le détail, « Episcopi judicio statuendum permisit queenam vestis Ecclesiaslicorum ordini convéniat. » (Bened. XIV, de Syn. 1. xi). En 1565, saint Charles Borromée , se conformant à l'esprit de l'Eglise et jugeant le moment opportun , fit pour la province de Milan une loi formelle de la soutane : « In omni vestitu color tantùni niger adhibeatur ; nisi fortasse alium colorem requirat dignitatis gradus. Externa vestis simplex et talaris erit. » Bientôt , dans tous les royaumes catholiques, les Evèques, avec une pleine et légitime autorité, comme le dit expressément Benoit XÏV, portèrent un règlement semblable, et la soutane aujourd'hui fait partie du costume obligé des Clercs.
2° Forme. La soutane doit descendre au moins jusqu'aux talons : « Saltem talum pedis attirigat , » dit la Rubrique. Le mot saltem suppose qu'elle peut aller jusqu'à terre ; mais une plus grande longueur serait une superlluité : « Nullatenus per terram trahatur , cùm hoc non honestas , sed supei'fluitas censeatur » (Concil. Toi. an. 4314) ; serait même un abus: « Non licuit, neque licet usus vestis talaris cum caudà, ad instar pra-latorum romanœ Curise, idcùque abusum prœdictum omninù probibendum esse censuit Sacra Congrcgatio Rituum , prout prohibuit. » (47 jun. 4673, 43 jan. 4674, 2 dec. 4690, 3 oct. 1851). 11 s'agissait, dans ces réponses, d'un archidiacre, d'un archiprètre, d'un vicaire général, qui, n'étant ni prélats de la Cour romaine, ni protonotaires apostoliques, n'avaient pas droit à un caudalairc, et par conséquent à l'usage d'une soutane traînante.
La soutane exclut le luxe , mais non la décence : « Ne in babitu clericali aut sludiosiùs exquisila cullûs elegantia, aut nimis abjecta negligentia , et affectatae sordes apparcant. Omnem babitûs etornamenti novitatem Clerici fugiant. Ne serico vestimento aut ornamento, domi aùtforis,utantur.» (S. Car. Concil. Med.). « Vestes née nimià ampli tudine superflu» ,nec plus œquo constrictœ, in quibus clericalis Ordinis honestas et modestia deprelièndatur. Non lamen pannosi sint Clerici, aut in vestibus laceri; non enim affectala? sordes, aut exquisilie delicûu laudem pariunt. » {Concil. Paris, an. t:>28.)
3° Importance. On cite treize Conciles généraux, plus de deux cents Conciles nationaux ou provinciaux, un grand nombre de Constitutions pontificales , plus de trois cents Synodes diocésains qui ont traité de l'habit des Clercs : tant TEglise a jugé cet babit nécessaire pour les éloigner des sociétés profanes, leur rappeler les vertus dont ils font profession, leur
concilier l'estime et le respect des peuples. Aussi le Concile de Trenle, parlant des ecclésiastiques qui dépouillent leur costume , sans doute afin de paraître dans le monde avec moins de zèle , moins de piété, moins de retenue , peut-être pour échapper au mépris , à la raillerie , aux sarcasmes que provoquerait infailliblement une inconduite notoire , s'exprime-t-ii en ces termes : « Tanta aliquorum inolevit temeritas, rcîigionisque contcmptus, ut propriam dignitatem et honorcm clericalem parvi pendentes , vestes etiam publiée déférant laicales, pedes in diversis ponentes, unum in divinis, alterum in carnalibus. » (Sess. xiv). Un Concile de Londres développe la même idée : « Deus irridetur, clericalis Ordinis celsitudo deprimi tur.Christus à suis miiitibus ferentibus insignia aliéna descritur, decus Ecelesiœ maculatur, Clericus fit omnibus verè fidelibus in scandalum et despectum, dùm respiciens oculus Clericum à laico non discernit. »
Noire, la soutane nous prêche l'humilité : « Nigra vestis insinuât humilitatem mentis » (S. Bern. De modo benè vivendi) 5 simple et modeste, le mépris du monde : « Vile vestimentum denuntiat mundi contemptum » ( ibid.) ; longue, fermée et enveloppant tout le corps, la mortification : « Homines sacros tùm interiùs tùm exteriùs oportet mortificationem Jesu eircumferre in suo corpore. » (S. Cyrill. Alex. De Adorât.)
Avec quelle religion devons-nous revêtir un habit qui est à la fois un signe d'honneur, une sauvegarde et un symbole des vertus cléricales !
4° Obligation. « 1° An peccent Clerici graviter non déférentes habitiun? Resp. affir. per se, nisi adsit justa ratio, vcl exeuset materiœ levitas, seu temporis exiguitas. » (Gury, De Statibus). « Quis pro magno peccato non reputabit , cujus transgressio, secundùm Concilium Burdigalense, Ordinem ecclcsiasti-
cum confondit*, sicut docct Synodus Lateranensis , facit apostatam : qnod, testante Sixto V, sine religionis dedecore , sine nominis Dei contemptu, sine proprioe salutis dispendio , perpetrari non potest ; quod privilegii clericalis amissione , bcncliciorum priva tione, suspensionc , actcrn.e gehennœ comminatione , anathemate, et aliis ullricibus pœnis , summi Pontifices et Concilia plectere non dubitaverunt? » (Cbamill. De Hab. Cler.). C'est aussi le sentiment de saint Liguori, de Benoît XIV, de Ferrari.
« Permittitur iter agentibus babilns contractior, sed nigri coloris , et in quo honestas status clericalia cluceat. »
« 2° An etiam Clerici, non constiluti in sacris, teneantur sùb gravi vcl sub levi ad habitum clcricalcm deferendum?Resp. Negandum videtur quoad utrumque. Ex communi enim sententià ad id non tenentur sub gravi , secluso scandalo ; nec probabilitcr sub levi, stricte loquendo et per se. Atlcndendum tamen est ad jura particularia, et ad locornm consuetudines. Excipiendi sunt tamen Clerici beneficiati. » (Gury, ibid.)
« 3° An peecent graviter Clerici non déférentes Tonsuram ? Resp. 1° Clerici qui non sunt in sacris constituli nunquarn graviter peccant, nisi sint beneficiati. Ilà communissimè. »
« Resp. 2° Clerici, etiam in sacris , non peccant saltem graviter, nisi omittant déferre Tonsuram per tempus notabile, qualc non est tempos unius vcl alterius mensis. An verô si t grave Tonsuram non déferre per annum integrum, non liquet. Communiùs affirmant tbcologi , sed non clarc probatur. » (Gury, ibid.)
Do Surplis.
4° Son origine. Le rochct et le surplis sont deux variétés de l'aube. Comme elle , ils sont faits de lin ; ils en diffèrent en ce qu'ils n'arrivent qu'aux genoux, tandis que l'aube descend jusqu'aux talons. Lerocbct diffère du surplis en ce que celui-ci a les manches plus larges.
« Viri eruditi docent , vocari scilicet superpelliceum, quôd Canonici qui psalmos in ehoro canebanl, frigoris arcendi causa, in regionibus pracsertim aquilonaribus , pellibus corpus tcgebant , super quas lineam tunicam imponebant , quam idcirco appellatam fuisse superpelliceum facile est intelligere. Appellari quidem co nomine cœpit circa sœeulum Christi xi. » (Catal. Pontif. rom. Prolcg.). Au lieu de superpelliceum, d'anciens Pontificaux discit superlicium , et alors il faudrait donner au surplis une autre étyniologie. «Superlicium dicitur,.quia apud Latinos licium dicitur opus textoris, et licia liciorum sunt fila, quibus in telis textrices stamina implicant, quamvis nonnunquam licia pro ipsis accipiantur staminibus. » (Du Saussay.)
Quoique le rit de revêtir le nouveau Clerc du surplis ne date que du xme siècle , l'aube , sous la forme du surplis ou du roebet , ou sous toute autre forme, fut partout et toujours l'habit des Clercs dans l'exercice de leurs fonctions, comme elle avait été celui des prêtres aaroniques et même des prêtres païens. C'est sans doute l'aube qu'on donnait au candidat pendant les douze premiers siècles: car, d'un côté, nous voyons que l'aube était l'habit commun de tous les Clercs: de l'autre, nous trouvons ces paroles dans le Sacramentaire de saint Grégoire : « Hune famulum
tuuro bcnedicere dignarc, cui in tuo sancto nominc habitum sacraj religionis imponimus. »
Le surplis a passe par bien des phases. « Superpellieeum olim ad talos usque descendebat. Contractum deinde fuit ad médias tibias , uti constat ex sessione xxiù Concil. Basil, in quà constitutum fuit : « Ut « Clerici tunicâ lalari et superpelliceis mundis ultra « médias tibias longis, sine confabulationibus, choro « intersint. » Servalam passim hanc disciplinam ferendi superpelliceum usque ad médias tibias ad sœculum usque xvi, docent nos temporis ipsius picturœ quai nobis Cardinales , Episcopos, Sacerdotes, Clericos représentant. » (Calai, ibid.)
Plus tard, sous différents prétextes, on rétrécit et on raccourcit les manches du surplis; on les fit tantôt rondes et tantôt longues et pendantes ; on les détacha et on les rejeta par derrière en forme d'ailes ; on les retrancha même tout-a-fait, et on arriva à ne porter plus que de petits manteaux.
Le rochet fut plus maltraité encore : après lui avoir eoupe d'abord les manches et ensuite les côtés, après l'avoir réduit à une sorte de scapulairc dont une pièce tombait devant et l'autre derrière , on acheva de le mutiler an point d'en faire une petite écharpe ou bandoulière de deux doigts de large. Et c'est ainsi que l'esprit particulier conduit au mépris de la vénérable antiquité et au ridicule.
Saint Charles avait porté ce règlement : « Superpelliceum è telà lini, aut cannabii puri sit; eâque non rudi, sed candidà , non crassiori, sed lenvii potiùs; manicis ità oblongis, ut crispatœ usque ad digitos summos pertingant ; longé ductum infrà genua, atque adeô ferc usque ad crura média; à nullâ parte neque nimis, neque affectatâ artificiosi operis elegantià elaboratum. » (Supcrpcll. ceci.). « Ilœc vestis latis ideù est manicis, quù Clericus vel Sacerdos ex-
as se nioveat ad quodcumque Ecclesise ministerium ; decurtata est, ne incessuni impediat, sordesque eontrahat. » (Du Saussay.)
2° Ses significations. Pour les comprendre , il faut reconnaître dans les Clercs un double vêtement : l'un extérieur, qui n'est autre que la soutane et le surplis ; l'autre intérieur, qui est Jésus-Christ même. Le premier adhère au corps, le second adhère à l'àme, et non-seulement il la recouvre et l'investit, mais il la pénètre , se l'assimile , la transforme , l'identifie avec lui.
1 ° Le surplis , par sa blancheur et son ampleur , figure Jésus-Christ, en tant qu'il doit revêtir le Clerc du manteau éclatant de sa sainteté et l'envelopper tout entier dans la plénitude de ses vertus. « Eo j.roptercà habitu hodiè ab Episcopo candidati Clericalûs induuntur, ut significet ipsos , sœcularis habitûs servilute et ignominià depositâ, et sacrae Religionis habitu assumpto , novos homines esse oportere. Vitâe enim novitatem , munditiee candorem, ac perseverantiœ finem désignât, utverbis-utar Stephani Tornacensis in Epist. 123 , quam cum ejusdem indumenti munusculo ad Albinum S. R. E. Cardinalem misit, anno 1180, ubi ait: « Rcgularem habitum per grâce tiam Dei sic praefertis exteriùs, ut interiùs consera velu*. Hujus habitûs indicium principale vobis « mitto, supcrpelliceum novum, candidum, et talare, « quod reprœsentet vobis vilae novitatem, mundilia? « candorem, perseverantiae fmem. » Ad hoc plané significandum alluderc videtur Episcopus, cùm ipsos Clcricatu initialos superpelliceo induens, ità precatur : Induat te Dominus novum hominem, qui secundùm Dcum creatus est in justitià et sanctilate veritatis. Hue etiam referri potest constitutum Concilii provincialis Mediolanensis v, ubi inier alia Clericus adraonctur : « Ut dùni superpelliceurn induit, cogilct quan»
« personam sustineat, nempc à sordibus labcquc pu- « ram, qualcm vestitus ille indicat. » (Calai. Pontif. rom. de Cler. fac.) 2° Le surplis , par le lin dont il est tissu ,
REPRÉSENTE LA CHASTETÉ SACERDOTALE. Car, COmme
on ne blanchit le lin qu'à force de le lessiver et de le frapper , selon la belle expression de Pline , « Linum semper injuria fit melius , » ainsi on n'acquiert et on ne conserve la chasteté qu'en mortifiant et en meurtrissant la chair. « Byssus est genus lini candidissimi, et ad summum candorem mulîà vexationc et ablutione perductum. Significat autem perfectam carnis munditiam, secundùm illud quod in Apocalypsi legitur :« Byssus sunt sanctificationes sanctorum. » Hanc munditiam caro Sacerdotis ex se non habet, sicut nec linum ex se est candidum ; sed, sicut dictum est, multis castigationibus et ablutionibus redditur candidum , ut aptum fiât indumentis Pontificum. Forma est sacerdotalis munditiœ, ut, secundùm Apostolum, Sacerdotes carnem suam castigent, et in servitutem redisant, et, praeeuntegratià, babeant per industriam quod non potuerunt habere per naturam. » (Ivo Carnot. De Signif. indum. Sacerd.). « Quid per byssum, nisi candens décore munditiœ corporalis castitas desjgnatur? » (S. Greg. Past. 2a P. c. m.) 3° Le surplis , par la nécessité ou l'on est de
LE LAVER SOUVENT, RAPPELLE AU CLERC LE SOIN AS- SIDU AVEC LEQUEL IL DOIT ENLEVER LES TACHES DE
son ame. Le Clerc est le plus riche ornement de l'Eglise, ce qui fait dire au Pontife : « Eum sine macula in sempiternum custodias ; » il est donc tenu à une plus grande sainteté que le laïque : « Sicut pretiosam vestem exigua quaevis macula turpiùs décolorât, ità à nobis multô magis exigitur juslilia, cùm in aliis ncevus , in nobis sit gravis macula. » (S. Bcrn. De tripl. Cast.). Le Clerc est comme la face de l'Eglise,
désormais saine et pure : « Ut sicut immutatur invultu ; » mais de même qu'une plaie sur le visage est plus hideuse que sur toutes les autres parties du corps : « ità pariter defectus, vitia, scandala, tantum in StTcularibus non pariunt [frœjudicium, quantum in Ecclesiasticis. » (Mansi, De Ecoles.). Le Clerc , plus que nul autre, est cette prunelle de l'œil dont parle Zacharie : « Qui tetigerit vos, tangit pupillam oculi mei.» (Zach. h). « In pedibus quidem per quos in corpore mystico denotantur saeculares, lutum facile toleratur : at verô personee Deo consecratœ, quse sunt veluti oculi, imô pupillae ipsiusmet Dei , ne umbram quidem naevi admittere debent. » (Mansi, ibid.)
Paroles du PontiGcal»
Hre PiBTIE.
1° Après s'être recueilli un instant, demander la grâce de bien faire cet eiercice.