LE CINQUIÈME JOLIS
Du Sons-Diaconat en général. Pag. 1 45
\™ Med. Paroles du Pontifical. I»* Partie. 400 Lect. Quelques cérémonies de l'Ordination du Sous-Diacre. 455 2me Mèd. Paroles du Pontifical. 2m« Partie. -165
1re Mèd. Jésus priant au JarJin desOlivicrs, instruit le Sous-Diacre récitant son Office. 201
Lecl. De l'habit du Sous-Diacre. 149
2"i« M»d. De la Prière publique. -109
lrc Mèd. Le Bréviaire. -174
Lect. De l'institution du célibat ecclésiastique. 479 2lue Mèd. Raison et pratique du célibat ecclésiastique. 4 84
!re Mèd. Jésus récompensant la virginité de saint Jean , instruit le Sous- Diacre pratiquant la chasteté. 205
Lrc t. Propreté des linges et autres ornements destinés au culte. 495
'in>e Mèd. Ferveur , caractère dislinclif du
Sous-Diacre. 1S8
lre Mèd. Jésus lavant les pieds doses Apôtres. instruit le Sous-Diacre exerçant ses humbles emplois. 209
Lecl. Propreté des autels et autres objets
destinés au culte. 4 98
2me Mèd. Travail incessant de sanctification, spécialement recommandé au Sous-Diacre. 21 4
Du Sons-Diaconat en général.
4° Définition. « Subdiaconatus est Ordo quo confertur alicui specialis potestas, in Missâ solemni, inserviendiDiacono, solemnique ritu Epistolam cantandi. » Le nom même de Sous-Diacre indique que le Clerc honoré de cet Ordre doit servir le Diacre dans ses différents ministères, et particulièrement en ce qui concerne le sacrifice.
La raison de l'institution du Sous-Diaconat se trouve d'un côte dans la nécessité de donner aux Diacres des aides pour l'administration des aumônes et du temporel des églises, de l'autre dans le désir de relever la majesté et la pompe du sacrifice parle nombre et les différentes fonctions des officiants.
2° Fonctions. Le Sous-Diacre prépare les ornements, les vases sacrés, le pain, le vin et l'eau pour le sacrifice ; il chante l'Epîtrc à la Messe solennelle, porte et soutient le livre des Evangiles au Diacre, fait baiser le livre des Evangiles au Célébrant, présente le calice et la patène au Diacre, verse l'eau dans le calice où le Diacre a mis le vin, donne à laver au Prêtre, reçoit les offrandes que fait le peuple, porte la croix aux processions, lave les corporaux, les pales" et les purificatoires. Le Sous-Diacre, dans les premiers siècles, ne lisait pas l'Epitre à la Messe , il ne montait point sur les degrés de l'autel, et, au lieu de porter sur Tautel les oblations du peuple, il les présentait au Diacre dans le sanctuaire. Mais il avait trois autres fonctions sans exercice aujourd'hui : il se tenait aux portes intérieures de l'église pour en défendre l'entrée aux profanes, il renvoyait les pénitents et les catéchumènes au moment où commençaient les saints Mystères, et il recevait de la main de l'Evèque le saint ebrème, en
la solennité de Pâques, pour le porter aux paroisses, lorsque le Diacre ou le Prêtre ne pouvaient remplir cet office.
3° Antiquité. « Subdiaconorum antiquissimusest in Ecclesià Ordo, ac penè coaevus origini Diaconorum : passim enim de illis mentionem faciunt. Canon vulgô Apostolorum 43 ; Apostolica; Constitutiones, lib. 8 : sanctus Ignatius, in Epist. ad Anliochenos ; sanctus Cy~ prianus, in Epist. 24, scribens Optatum quemdam in Africâ Subdiaconum à se, ordinatum ; et sanctus Cornélius papa, in Epist. ad Fabianum Antiocbenum episcopum, ubi testatur Romce suo aevo septem Diaconos tolidemque Subdiaconosextitisse. » (Catal. de Ord. Subd.). L'Eglise, au reste, se composant alors de peu de fidèles et n'ayant pas la liberté de s'assembler, ne possédait pas, comme aux jours de sagloire, une hiérarchie imposante par le nombre et l'organisation; et bien que chaque Ordre fonctionnât déjà dans sa sphère, elle n'avait pu encore ni en prévoir tous les ministères ni en déterminer toutes les obligations.
4° Matière et Forme. « Apud Latinos materiam Subdiaconalûs fuisse priscis sueculis calicis vacui et paterne vacuaî Iraditionem ab Episcopo factam, necnon traditionem urceoli cum aquâ, et mantili, ac manutergio ab Arehidiacono factam, docent nos Patres Concilii Carthaginensis iv, can. S, sic aientes : « Subdia- « conus cùm ordinatur, quia manûs impositionem non « accipit, patenam de Episcopi manu accipiat vàcuam, « et calicem vacuum ; de manu vero Archidiaconi , « urceolum cum aquâ, et mantile, et manutergium. » Nulla hic libri Epistolarum mentio, quse-neque habetur inSacramcntariosancti Gregorii, neque in antiquo ilomano Ordinc, neque apud ullos scriptores ante annos quadringentos invenitur. Quamobrem rectè ail Estius, aliique theologi insignes, ipsum Subdiaconalûs Ordinem conferri ppliùs tràditione calicis et patemi-
U7 quàrn libri Epistolarum, proptereà quôd Carthaginense Concilium nullam faciat libri Epistolarum nientionem, utî nec Florentinum: in quo etiam expresse dicitur. conferri Subdiaconatum per calieis vacui cum patenâ a acuà superposità traditionem. Estque ea communis Doctorum sententia. » (Catal. ibid.)
La forme est dans ces paroles qui accompagnent la tradition du calice : « Videte cujus ministerium »
Les Grecs confèrent le Sous-Diaconat par l'imposition des mains, sans toutefois le regarder comme un Ordre sacre.
b° Raxg parmi les Ordres sacrés. « Ab initio et deinceps per multa scecula Subdiaconatus intcr Minores Ordines connumeratus fuit, relatusque posteà inter Majores circa finem duodecimi sceeuîi. Sunt qui primam hujus novae disciplinée originem UrbanoII, qui anno 1087 creatus fuit Pontifex maximus, adseribendamcensent. Cùm enim vetarent Canoncs ne Episcopi eligerentur, nisi ex sacris seu ex majoribus Ordinibus, indultum est à laudato Pontifice, ut Subdiaconatus iis Ordinibus accenseretur. » (Catal. ibid.)
Innocent III, en adhérant à ce décret, reconnaît que le Sous-Diaconat n'a pas toujours été réputé Ordre sacré, mais qu'il l'est désormais : « Cùm bodiè Subdiaconatus inter sacros Ordines computetur,, sicut Urbanus II bis verbis expressit : Qui in sacris Ordinibus, Presbyteratu, Diaconatu, Subdiaconatu sunt positi. » (Cap. A multis extra.)
G0 Ce qu'on entend par Ordre sacré ou majeur. « Sacri et Majores, ex communi tbeologorum sententia, ideôbitres postremi Ordines, Subdiaconatus, Diaconalùs et Presbyteratus appellantur, quôd propiùs ad altaris ministerium et quôd in eo offertur Sanctum Sanctorum accédant, id est, circa sacrum Domini corpus in Eucharistie occupentur, atque aliquid agant. vel ccnsccrando, vel dispensandc, vel matcriam sub-
niinistrando. Quanquàm enim omnes ccclesiastici Ordines rêvera sacri sint, très tamen isli particularité?, ob eam causai», et quasi per excellentiam Sacri dicuntur. « Sacer Ordo, inquit S. Thomas in 4 Sent, dicitur « dupliciter : uno mydo secundùm se, et sic quilibet « Ordo est sacer, cùm sit sacramcnlum quoddam •, alio « modo ratione materiae, circa quam habet aliquem « actum , et sic sunt très Ordincs sacri , scilicet Sa- « cerdos , et Diaconus qui habet actum circa corpus « Christi et sanguinem conscçratum , et Subdiacouus « qui habet actum circa vasa consecrala, et ideô etiam « continentia indicitur, ut sancli et mundi sint qui « sancta tractant. » (Catal. ibid. Tit. 9.)
7° S'il est un Sacrement. « Sentent ia probabilis, imô forte probabilior negat. Ambigitur enim tum de divinâ institutione , tum conséquente!* de gratiœ promissione. Nec Subdiaconatus numerandus videtur inter Ordines majores ex institutione divinâ, sed ecclesiasticâ tantùm, cùm apud Grœcos ut Ordo sacer non habeatur. » (Gury). — « Subdiaconatus simplex Sacerdos est minister extraordinarius. »
8° Obligations contractées. « Très suntprrccipuœ : castitatis perpétué servandaj •, recitandi quolidiè Horas canonicas ; deferendi habitum et tonsuram. » C'est à cause de ces engagements irrévocables que l'Eglise ne permet plus au Sous-Diacre de rentrer dans l'état séculier.
9° Conditions. « d° iEtas viginti duorum annorum saltem inceptorum. 2° Ut sit littcris, et iis quœ ad Ordinem exercendum pertinent , instructus. 3° Interstitium anni ab ultimo Ordine minori : » jamais deux Ordres sacrés le même jour. « 4°Tcnipus à jure statutum : » le samedi des Quatre-Temps , le samedi qui précède le dimanche de la Passion , et le samedisaint. Avec une dispense du Pape, l'Ordination pourrait être faite un dimanche, ou un jour de fête de pré-
i40 eepte. Si le pape Gélase, à la fin du ve siècle, et d'autres souverains Pontifes, ont réglé le temps des Ordinations et prescrit des jeûnes et des prières, c'est « 1° ut, Dei Sanctorumque ope imploratà, Episcopus in Ordinandorum delectu Spiritûs sancti Iumine illustretur 5 2° ut ipsi in vitse sanctitate, doctrinà, religiosisque virtutibus in commune cbristianœ reipublicce bonum proficiant. » (CataL). « On sanctifie, on sépare l'Ordinand le samedi, dit saint Augustin, parce que c'est le jour que l'Esprit de Dieu a séparé et sanctifié par son repos. »
Sur la nécessité d'être en état de grâce pour recevoir les saints Ordres, « sic loquitur S. Thomas Suppl. q. 3l>, art. 1 : « Morlaliter peccat qui cum eonscientiâ peccati mortalis ad Ordines accedit ; et ideô sancti tas vitœ requiritur ad Ordinem de necessitate prcscepti, sed non de necessitate sacramenti. » Notât idem D. Tlwmas, ex Dionysio cap. ni Cœlestis Hier. : «Quôd eùm subtiliores et clariores essentia? nonnisi replctas influxu solarium splendorum lumen in seipsis supereminens ad similitudinem solis ad alia corpora invebanî, sic in divinis non sit audendum aliis ducem fieri, nisi ei qui secundùm babitum factus sit Deiforrnis, Deoque similîimus evaserit. Ex quo inferri possis, cùm per Ordinationem in rébus divinis quilibet aliorum dux constituatur, peccare graviter eum cujus opéra. sunt tcnebra?, quique aliis non prœlucere, sed potiùs ad tenebras trahere videatur, si se, nondicam, postulct, sed ordinari patiatur. » (Iïallier.)
35e l'habit «la §ons>IMaere.
1° Des nAiiiTS sacrés ex général. Comme il y a 'les babits de cérémonie et de fete pour certains actes de la vie civile, ainsi les Clercs, pour l'acte îe plus au-
gustc de la Religion, revêtent des ornements particuliers, bénits à cet effet, et destinés exclusivement au divin ministère.
Non que nos mystères, infiniment grands en euxmêmes, aient besoin d'être rehaussés par la pompe extérieure \ mais il faut d'un côté, en marquant à Dieu son respect, imprimer ce respect aux fidèles ; de l'autre, rappeler aux Clercs les dispositions intérieures dans lesquelles ils doivent entrer. « De indumentis ergô sacerdotalibus vel de pontificalibus diligenter considerandum est quid inmoribus Sacerdotuni significetilla varietas vestium, quid fulgorauri, quid nilor gemmarum, cùm nihil ibi esse debeat ratione carens , sed forma sanctitatis, et omnium imago virtutum... Ornamenta htec sunt virtutum insignia, quibus, tanquam scripturis utentes, admonentur quid debeant appelere, quid vitare, ad quem sua facta dirigere. » (Yvo Carnot.)
Le Seigneur avait prescrit dans le plus grand détail aux prêtres lévitiques la matière et la forme de leurs habits. Ils étaient de l'étoffe la plus précieuse, et faits par des ouvriers remplis d'habileté et de sagesse. D'où Cornélius à Lapide conclut ; « Si inlege veteri ità ornatusfuit Sacerdos, ergô multô magis, in lege nova , oportuit Sacerdotem uti sacris vestibus ad divinum eultum, etprœsertim ad consecrandum Corpus et SanguinemDomini : hoc enim postulat decentia, œqûitas et reverentia naiurnlis; et secùs facere esset incivile, profanum, ruslicum et barbarum. » {In Ex. xxvm). Platon a dit des prêtres du paganisme : « In sacrificiis pulchrâ veste, aureisque coronis ornati Sacerdotes rem divinam faciunt. »
Honorius d'Autun, Du Saussay, le cardinal Bona et plusieurs autres, pensent que saint Pierre lui-même avait prescrit les vêtements sacrés pour les saints Mystères, au moins l'aube, l'étole et la tunique j et que
!e pape Etienne, supposant la Ici établie, Défit qu'ajouter la défense de se servir de ces vêtements pour des usages profanes. '
2° De l'Amict. Cet ornement qui tire son nom d'amicire, couvrir, et appelé encore parles anciens auteurs, kumèrttle, superhumerale, anabolagium, cunbolugium, fut introduit au yïiic siècle pour couvrir le cou que les Clercs et les laïques portaient nu jusqu'alors. La décence, non moins que le désir de conserver une voix consacrée au Seigneur, motiva cette introduction. A Rome et dans la plupart des églises, vers l'an 800 , on le mettait d'abord comme un casque sur la tète, et on ne l'abattait autour du cou qu'après avoir pris la chasuble : «Non semper Sacerdos et quivis minister sacro utitur amictu : at nunquam induit aîbam quin priùs amictum sibi imponat. » (Du Saussay.)
— 1° En prenant l'amict, on baise la croix qui est au milieu : « videlicet ad innuendum quôd prima cogitaiio Sacerdotis ad Christi cruentum sacrificium recolendum accedentis oblatione incruentà , debeat esse ipsius Dominicœ passionis séria meditatio. » — 2° On l'impose sur la tète : « ut jugo se Domini Sacerdos volens subjiciat, caputquequodanimaîsedes est crucis salutifero communiât sigillo quasi galeà.simulqueprœcipuo insigniat ornatu. » (Ici.)
Entant que couvrant le cou, l'amict, selon le texte du Pontifical, désigne la retenue de la voix. Appelé à châtier les excès des discours d'autrui, le Clerc doit d'abord châtier les excès des siens ; et si jamais il doit mettre une garde à sa bouche, n'est-ce pas à lo sacristie, lorsqu'il se prépare pour le sacrifice ? En tant que placé un instant sur la tète, il désigne, selon la prière du MisscL , le casque du salut , c'est-à-dire la foi. « Quomodô enim galea exacte caput undique tegens non sinit ut aliquid grave patiatur, sed id conservât: ità ctiam fides est pro scuto et galeâ salutis. » (S. Joan. Cbrys. in Eph.)
3° De l'Aube. Cette première tunique, appelée alba chez les Latins à cause de sa couleur blanche, poderis chez les Grecs à cause de sa longueur, et en langue vulgaire camisia, camisius, comisile, est le plus ancien vêtement des Evèques, des Prêtres, et des autres ministres -, on en trouve des traces jusqu'aux temps apostoliques. Saint Jacques, évèque de Jérusalem, saint Etienne, saint Vincent , au rapport delà tradition, en étaient revêtus. L'aube, ou linea tuntea talons, était sous l'ancienne loi le premier yétement sacerdotal, et, dans l'empire romain, c'était un ornement assez particulier aux personnes de condition. Pendant plusieurs siècles, c'était avec la ceinture, l'habit que les ministres de l'autel revêtaient d'abord , même avant l'amict, usage que l'Eglise de Milan a seule conservé. Saint Jérôme , dans sa Lettre 128e à Fabiola, décrit l'aube en ces termes : « Haecautem adha> ret corpori, et tam arcta est strictis manicis, ut nulla omninô in veste sit ruga, et usque ad crura descendit. » Puis il ajoute : « Volo, pro legentis facilitate, abuti vulgato sermone : Soient militantes habere lineas, quas camisias vocant, sic aptas membris et adstrictas corporibus, ut expedili sint vel ad cursum , yel ad praelia, dirigerejacula, tencreclypeum,ensem vibrare, et quùcumque nécessitas traxerit. » Enfin il conclut : « Ergô et Socerdoles, parati in ministerium Dei, utuntur hàctunicà, ut, habenles pulchritudinemveslimentorum,nudorum celeritate discurrant.» Innocent Iil en fait à son tour, plusieurs siècles après, la description: « Haecvestis in veteri sacerdotio siricta fuisse describitur. In novolargaest propter spirilum adoptionis in libertate. Quod aulem auriphrygium habet, et gemmata est in diversis locis, et variis operibus ad decorern, ilkid insinuât quod Propheta dicit in Psalmo : « Astilitregina à dextris tuis in vestilu deaurato, circumdata varietate. » (De myst. Miss.)
 s'en tenir à la prière que met l'Eglise dans la bouche de celui qui s'en revêt , l'aube signifie la pureté de cœur qu'opère le sang de l'Agneau sans tache, et la joie céleste qui en sera la réocmpense : « Dealba me, Domine... » «Oraculumenim Chris ii est, » dit Du Saussay, « nihil coinquinati in regnum cœlorum admitti posse ; proinde nec in Dei sanctuarium, quod superni templi h pus est, nemo intrare débet, nisi puro sit corde et castà mente. »
4° De la Ceinture. « Tertium genus est vestimenti quodlïebrœi abner , nos cingulum , xelbo.lteum , vcl zonam possumus dicere. » (S. Hier, ad FabioL). Ceux qui ont porté des habits longs et larges ont toujours pris une ceinture pour marcher et agir plus commodément ; la ceinture a donc la même origine que l'aube. On lui a donné différentes couleurs; quelquefois elle fut lissue d'or et enrichie de pierreries.
La prière que le Clerc prononce en se ceignant les reins montre que la ceinture signifie la garde des sens, sans laquelle la continence est impossible, mais avec laquelle la source même de la luxure est tarie : « Renés forlitcr cingulo stringuntur, ut castigetur corpus, in servilutem redigatur, et impelus luxuriae refrenetur. » (Durand, lib. il, de Offic. c. 4.)
b° Du Manipule. C'était originairement une petite serviette ou mouchoir destiné à essuyer le visage et les mains. A Rome on l'appelait mappula, en Allemagne fanon , en Angleterre et en France sudarium. De mappula, et plus vraisemblablement de manus, on a fait manipula et manipulas, à cause qu'on portait ce linge sur le bras, ou plus communément sur le poignet ou à la main même. Ce linge long et étroit avait, dès, le ixe siècle, des franges aux extrémités ; au Xe ces franges étaient d'or, et vers la fin du xne il n'était plus regardé que comme un mouchoir figuratif. « Leetabuntur coram te, sicut qui Isetantur m messe ,
sîcut exultant victores, capta prœdâ, quando dividunt spolia. » (/s. ix). « Euntes ibant et flebant, mittentes semina sua : venientes autem venient ciun exulta; tione, portantes manipulés suos.» (Ps. 125). Ces textes, sur lesquels a été faite la prière du Missel adaptée au manipule, présentent à l'esprit deux sortes de manipules ou poignées : l'un de ceux qui sèment, c'est celui de ce inonde, manipule de douleur; l'autre de ceux qui moissonnent, c'est celui du ciel, manipule de joie proportionnée au travail. En demandant le manipule, le Sous-Diacre sollicite comme une grâce la peine et les larmes •, qu'il ne se plaigne pas lorsqu'il sera exaucé.
6° De la Tunique. Ce terme générique se prend communément pour un vêtement long et étroit : subtile, tunica, tunicella. « Il y eut chez les Romains, dit DuSaussay, plusieurs espèces de tuniques : l'une de lin, qui adhérait à la chair; une autre rouge pour l'hiver, portée sous la toge ; et une troisième, également placée entre l'habit de dessus et celui de dessous, d'abord sans manches, puis plus tard avec des manches, et liée par une ceinture. » Les Evèques , lorsqu'ils officient pontificalemcnt, et les Sous-Diacres, quand ils remplissent les fonctions de leur Ordre, mettent la tunique sur l'aube , comme autrefois le grand-prètre mettait la tunique d'hyacinthe sur la tunique de lin. Au vc ou au vie siècle, un pape l'avait donnée aux Sous-Diacres; saint Grégoire-lc-Grand jugea plus à propos de les laisser en aube. A dater de cette époque, il y eut sur ce point diversité d'usages.
Le Pontifical fait envisager la tunique comme un signe de la joie que les fêtes et nos saints Mystères inspirent.
Quelques cérémonies de l'Crdînatîon du Mous-Diacre.
Premier Prélude. « Ordinandus indutus amictu , non tamen super caput, albà et cingulo, manipulum et tuniecllam albi coloris in sinistrà habens, el c lam in dexterà, postquam respohderit : Âdsum, Notario illum vocanti et titulurn dieenli, stat coram Epis- . qui eum monet de onere castitatis suscipiendo, et perpetuo famulatu in ministerio Ecclesise. Dein accedit, et se pros ternit, dùm canuntur litaniae Sanctorura. Fosleà eum admonet Episcopus de ipsins •oiïieiis rite peragendis, eique sub prœscriptà forma porrigit calicem vacuum eum patenâ, dexterâ tangendui Archidiaconus tradit ei urceolos eum vino et aquâ, necnon bacile eum linteolo. Insuper post ali mas preces Episcopus ponit amictum super caput, manipulum in sinistro bracbio, imponit tunicellain, traditquelibrum Epistolarum, formas pronuntians. »
Deuxième Prélude. Se représenter la prostration , les sentiments qu'on éprouvera pendant les litanies et les supplications de l'Evèque.
Troisième Prélude. Demander la grâce d'entrer profondément dans l'esprit de ces cérémonies, surtout des principales.
1° 1 clérical. En faisant l'appel, le No-
taire nomme le titre de chaque Ordinand. C'est l'assurance d'une honnête subsistance, fondée sur un bénéfice, un immeuble, un capital, ou la profession religieuse. Telle est la règle partout où la Révolution n'a pas renversé les institutions catholiques, règle aussi ancienne que l'Eglise, sanctionnée au Concile de Chalcédoine, l'an. 451, et renouvelée à celui de Trente, session 21e: « Cùm non deceat eos, qui divino mi-
nisterio adscripti sunt, cum Ordinis dedecorc mendicare, autsordidum aliqucm quœstum exercere..., statuit sancta Synodus, ne quis dcinceps Clericus saecularis... ad sacros Ordines promoveatur , nisi prias légitime conslet eum benefieium ecelesiastieum , quod sibi ad victum honestè sufficiat, pacifiée possidere. »
Ce point de discipline montre 1° combien l'Eglise désire que ses ministres honorent leur caractère, en s'eloignant de tout ce qui les ravalerait aux yeux des peuples •, 2° avec quelle assiduité ils doivent vaquer à leur emploi, puisqu'on les débarrasse de tout soin temporel capable de les distraire. L'impossibilité présente de s'y conformer avertit le clergé : \° de se prémunir contre les tentatives de séduction ou d'asservissement que pourraient faire ceux qui lui mesurent le pain de chique jour, tentatives qui ont si bien réussi dans les Etats schismatiques ; 2° de faire un saint usage du peu qu'on lui laisse, de peur que, pour le punir une seconde fois, Dieu ne permette qu'on le lui enlève encore.
2° DU DOUBLE AVERTISSEMENT DONNÉ PAR. l'EvÉ-
que. Par le premier, il rappelle aux Ordinands qu'étant libres encore de suivre la vocation séculière, ils doivent mûrement peser leur démarche. Par le second, il déclare que, l'engagement pris, il n'est plus permis de revenir sur ses pas, et que les obligations graves et perpétuelles du Sous-Diaconat sont :\°La renonciation à sa liberté : « Ampliùs non licebit à proposito resilire. » Sur ce point décisif pour le bonheur présent et futur, le choix d'un état, la volonté sera désormais liée. — 2° L'enrôlement dans la milice du divin Roi: « Deo... perpétué famulari... oportebit. » C'est xin honneur qui coûte cher à la nature, car il demande une fidélité digne du Dieu jaloux et souverainement grand. — 3° La chasteté : « Etcaslilatem, illo adjuvante.
servare... » Jusqu'au terme de la carrière, au milieu des scandales du monde , sous les traits redoublés de Satan , dans une chair où fermente la concupiscence et affaiblie peut-être par de longues habitudes, il faut se conserver pur et intègre. — 4° Le service des autels : « In Ecclesise ministerio semper esse mancipatos. » Donc obéissance, humilité, patience, piété, silence, fuite des spectacles et des plaisirs profanes.
Pour attirer une âme dans les voies de la perfection ou en obtenir certaines résolutions , l'Esprit-Saint cache quelquefois les difficultés à sa faiblesse ; mais, ici, ni Dieu ni l'Eglise n'entendent user de cet innocent artifice. Loin de gazer les objets ou d'adoucir les couleurs , on semble se complaire à étaler tout ce qui peut effrayer la nature. Du pied de la montagne quïl va gravir, il faut que le nouvel Isaac contemple le bûcber et le glaive du sacrifice. Ah ! c'est que plus tard, ea lace de la tentation et de l'épreuve, le courage sera proportionné à la plénitude de connaissance avec laquelle on a dit : Je le veux.
3° Des Litaisif.s. Cette prière, par tant d'invocations quelle renferme, montre combien l'Eglise militante, dans l'importante action qui l'occupe, a besoin de l'assistance de l'Eglise triomphante, et quelle part y prend celle-ci. « Coimus in cœtuni et congregationcm, » dit énergiquement Tertullien, « ut Deum quasi manu factâ preeationibus ambiamus orantes. Hœc vis Deo grata est. » [Apolog. c. 39). C'est ici surtout qu'a lieu cette sainte conjuration contre Dieu. 11 s'agit de donner des ministres à l'Epouse de ce Jésus que contemple et bénit la Cour céleste, et à qui gloire et amour sont dus en tout lieu et toujours. Parmi ceux qu'on invoque, il y a des Prêtres , des Diacres, des Sous-Diaeres,des Acolytes, des Exorcistes, des Lecteurs, des Portiers, des Tonsurés. Tous se sont sanctifiés dans leurs ministères, et désirent que ceux à qui ces rai-
r.islèrés sont confies, s'y sanctifient à leur oemple. Pleins de respect pour leur Ordre déni ils voient maintenant là signification mystérieuse, ils'sont également pleins d'amour pour leurs Successeurs dans cet Ordre : une sorte d'affinité les unit à quiconque s'enrôle dans une légion qui fut et est encore la leur. L'Ordinand doit donc , à mesure qu'on nomme les Saints de son Ordre, demander une ample participation à leur esprit et les prendre pour patrons.
Pendant les litanies, tous sont prosternés la face contre terre. Si, comme le dit Bossuet, la génuflexion est une chute dans son néant, la prostration prolongée n'est-elle pas la chute la plus entière et la plus profonde? A la vue de la grandeur de leur office, et dans le sentiment de leur indignité , les Ordinands se voilent le visage, se confondent, s'attachent plus encore de cœur que de corps au pavé du temple, voudraient descendre jusqu'au centre de la terre et jusqu'au néant -, et comme la création sortit du néant souple sous la main de Dieu, ils protestent que puisque Dieu, par un pur effet de sa grâce, les appelle au service des autels, une fois ranimés et comme ressuscites par sa parole puissante, ils s'ahandonneront à son bon plaisir, prêts à prendre toutes les formes et toutes les situations.
4° Dus trois supplications que fait l'Evéque. « Postquam autem dictum fuerit in Litaniis : !'l, omnibusfidelibus defunclis, etc. r\ Te rogamus, auditios, surgit Ponlifex cum initrà ab accubitu, et se ad Ordinandos vertens , et baculum pastoralem in siuistrà manutenens, Ordinandis prostratis manentibus, dicit: Ut hos electos benefdicere digneris. r.'. Te rogamus , auditios. Secundo dicit : Ut hos electos bene\dkere et sanctijficare digneris. r\ Te rogamus, au di nos. Tertio dicit : Ut hos electos bene^dicere, sanctijficare et conse\crare digneris. r\ Te rogamus, audi nos. ïum îlerùm super faldistorium procumbit. »
Il faut remarquer les trois degrés de la grâce demandée : 1° Que Dieu vous bénisse d'une bénédiction actuelle et particulière qui vous donne les dispositions nécessaires pour bien recevoir l'Ordre sacré. 2° Que Dieu vous bénisse et vous sanctifie, c'est-à-dire, qu'il vous sépare et vous distingue du reste des fidèles, pour le servir dans un ministère saint et sanctifiant. 3° Que Dieu vous bénisse, vous sanctifie et vous consacre par une impression de son Esprit au fond de votre âme, qui soit comme une prise de possession, le titre autbentique de son domaine absolu sur vous, et le signe de votre transformation. C'est par l'a vertu de la croix, dont le signe est redoublé d'une supplication à l'autre, que toutes ces grâces sont obtenues et appliquées. Saint Denis l'Aréopagite ajoute cette réflexion sur le signe de la croix multiplié dans l'Ordination : « Le si^ne de la croix invite à la mortification coince plète des appétits sensuels et à l'imitation de Dieu -7 « il rappelle qu'on doit considérer sans cesse la vie « divine qu'a menée Jésus-Christ en sa chair, et como ment, dans sa justice sans tache, il est descendu jusce qu'à la croix et à la mort; et que ceux qui réfor- « ment leur vie à son exemple, il les marque du Sceau «. de son innocence, dont le signe de la croix est la « figure. » (Hier, eccl.)
Colloques : \°Avec l'adorable Trinité. Se jeter dans son sein pour être béni, sanctifié et consacré à jamais.
2° Avec Marie. Elle nous a tant protégés jusque-là, voici le moment de nous conduire elle-même comme par la main à l'autel de son Fils, et de le prier d'avoir notre offrande pour agréable.
3° Avec les Saints de notre Ordre. Qu'ils demandent pour nous les sentiments qui les animèrent au jour de leur consécration.
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Paroles du Pontifical.
\™ Partie.
A\p[S. j Comme à la page 25.
Ordinandis corom Pontiflce stantibus , Ponlif'ex cwn mitrâ sedens, admonet eos , dicens :
Filii dileetissi- Très-chers Fils , au moment somi , ad sacrum lennel et décisif d'être élevés au Subdiaconatûs Or- Sous-Diaconat, cet Ordre justement dinem promoven- appelé sacré et à cause des foncdi , iterùm atque tions auxquelles il attache , et à iterùm considéra- cause des obligations qu'il impose, re debetis attenté, vous devez considérer mûrement quod onus bodiè et à plusieurs reprises le fardeau ultrô appetitis. honorable sans doute, mais lourd, ilactenus enim li- dont vous voulez aujourd'hui sponberi estis , licet- tanément vous changer : car vous (jue vobis pro ar- êtes encore libres . et il vous est bitrio ad sœcula- permis, si tel est votre bon plaisir, via vota transire : de porter vos vues sur l'état sécuquôd si hune Or- lier; mais cet Ordre une fois reçu, dinem susceperi- la liberté de reculer ou de changer tis, ampliùs non li- de vocation vous sera irrévocableeebit à proposito ment enlevée, vous ne pourrez plus resilire •, sed Deo, vous dégager du lien spirituel et de cui servire régna- conscience qui vous attachera à rc est, perpetuù Dieu, dont les serviteurs sont des famulari, et casti- rois : rois, parce que le service de talem, iilo adju- Dieu ennoblit au lieu de ravaler; vante , servare o- rois, parce que ce service suppose portebit, atque in l'empire sur soi-même. Avec son se-
Ecelesira ministe- cours qui ne saurait vous manquer, rio semper es- il faudra garder perpétuellement se mancipatos. la chasteté d'esprit , de cœur et de Proinde,dùmtem- corps, et être assujettis pour toupus est, cogitate; jours au service de l'Eglise qui vous et si in sancto pro- comptera désormais parmi ses Mipositoperseverare nistres. Faîtes donc, pendant qui! piacet, innomme en est temps, de sérieuses ré- Domini , hùc acce- flexions sur ces obligations qu'on dite. ne vous cache et qu'on ne vous dé-
guise pas ; et s'il vous plaît de persévérer dans votre pieux dessein , au nom du Seigneur, approchez.
Lilaniis ftniiis, Pontifex Subdiaconos ante se genufiexos admonet, dicens :
Adepturi , Filii Très-chers Fils , au moment de tlileclissimi , offi- recevoir l'Ordre du Sous-Diacocium Subdiacona- nat , considérez attentivement la tûs, sedulô atten- qualité, l'élévation, l'étendue du dite quale vobis ministère qui vous est confié. Un ministerium tra- Sous-Diacre doit préparer l'eau pour ditur. Suhdiaco- le Sacrifice, la choisir pure, la dénumenim oportet poser dans un vase convenable, et aquam ad minis- en verser un peu dans le calice ; teriumaltarisprse- servir le Diacre, qui lui-même sert pararc ; Diacono le Prêtre dans la plus auguste de ses ministrare; pallas fonctions; laver avec piété et avec altaris et corpora- soin les pales et les corporaux ; et lia abluere ; cali- offrir au Diacre, dans l'attitude du cem et patenam respect , le calice et la patène pour in usum Sacrificii la célébration de la Messe. Les ofeidem offerrè. 0- frandes déposées sur l'autel sont blationes quse ve- appelées pains de proposition , niunt in altare , parce qu'elles sont présentées par
1G2 panes propositio- le peuple et en son nom •, il n'en nis vocantur : de faut mettre sur l'autel que ce qui ipsis oblationibus est nécessaire pour la communion, tantùm débet in de peur que le reste ne se corrompe altare poni quan- au lieu et dans les vases où il est lùm populo possit conservé. Les nappes de l'autel doisufficere , ne ali- vent être lavées dans un vase , et quid putridum in les corporaux qui touchent immésacrario rema- diatement aux saints Mystères doineat. Pallae quœ vent être laves par respect dans un sunt in substrato- autre vase. L'eau qui a servi à cet rio altaris , in alio usage , ayant contracté une cervasedebentlavari, taine sainteté, ne doit pas être émet in alio corpo- ployée pour laver d'autre linge ; raies pallae. Ûbi qu'on la verse dans le baptistère, autem corporales Appliquez-vous donc , en reniplispalla3 iotœ fue- sant soigneusement et diligemment rint, nullum aliud ces fonctions visibles, à perfectionîinteamen débet ner par des dispositions de ferveur lavari ; ipsaque et de zèle toujours plus excellentes aqua in baptiste- la pureté invisible de votre âme et riuiu débet vergi. de l'àme des fidèles qu'elles repré- Studete itaque ut sentent. L'autel mystique et vériista visibilia mi- table de la sainte Eglise est Jésusnisteria ([une dixi- Christ, suivant saint Jean qui, dans mus, nitidè et <li- son Apocalypse , dit avoir vu un ligenlissimè com- autel d'or, placé devant le trône de plentes, invisibi- Dieu. C'est en Jésus-Christ et par lia horum exem- Jésus-Christ qui n'a pas besoin plo perficiatis. Al- d'un autel matériel, puisqu'il est tarequidem sanc- lui-même le prêtre et la victime , tse Ecclesite ipse que les oblations des fidèles sont est Cbristus, teste consacrées à Dieu le Père dans le Joanne, qui in A- temple de la Jérusalem éternelle, pocalypsi suà al- Les linges sacrés de cet autel spilare aurcum se vi- rituel et vivant sont les membres de
disse perhibet, Jésus-Christ , c'esi-à-dirc les fidèles stans ante thro- sanctifiés et incorporés à ce divin num,inquoetpcr Chef parie baptême, et dont le Seiquem oblationes gneur se revêt comme d'un vèteiidelium Deo Patri ment précieux, suivant cette parole consecrantur. Cu- du Psalmiste : « Le Seigneur sur jus altaris pallsc son trône s'est revêtu de gloire. » et corporalia sunt Saint Jean vit aussi, dans l'Apocamembra Christi , lypse , le Fils de l'homme orné scilicet fidèles Dei d'une ceinture d'or , c'est-à-dire quibus Dominus entouré de la multitude des Saints, quasi vesliinenlis dont l'or par son éclat et son prix pretiosis circum- représente la charité. Si donc , par datur, ut ait Psal- suite de la fragilité humaine , les mista : «Dominus fidèles contractent quelque souilregnavit, déco- lure qui dépare ce vêtement de rem indutus est. » gloire et ternisse cette ceinture , Beatus quoque vous devez , attendu que votre mijoannes in Apo- nistère est de laver et de blanchir, calypsi vidit Fi- leur présenter dans vos exhortalium hominis prae- tions l'eau de la céleste doctrine 5 einctum zona au- et cette eau , les purifiant par la reâ, id est, Sanc- contrition qu'elle excitera , les torum catervà. Si rendra dignes d'orner de nouitaque humanà veau cet autel qui n'est autre que fragilitate contin- Jésus-Christ , et de participer au gat in aliquo fide- Sacrifice où il s'offre pour eux et se les maculari, prœ- donne à eux. Soyez donc tels qu'il benda est à vobis convient à de dignes ministres du aqua cœlestis doc- divin Sacrifice et de l'Eglise de trime; quâ purifi- Dieu, c'est-à-dire du Corps naturel cati, adornamen- et du Corps mystique de Jésustum altaris et cul- Christ, fondés dans la foi véritable tumdiviniSacrifi- et catholique, comme sur la base ciiredeant. Estote nécessaire et immuable de l'édifice; ergô taies, qui Sa- car, selon l'Apôtre, tout ce qui
crificiis divinis et n'est pas selon la foi est péché : agir Ecclesiœ Dei , hoc ou parler sciemment contre la véest, Corpori Chri- rite dont l'Eglise a le dépôt , c'est sti, digne scrvire un crime, un schisme aux yeux de valeatis in verâ et Dieu, une rupture avec l'Eglise qui catholicà fuie fun- est une : on n'entre plus dans le dati ; quoniam, ut tissu du vêtement de Jésus-Christ, ait Apostolus, om- on ne fait pLus partie de sa brilne quod non est lante ceinture. C'est pourquoi, si ex fuie , peccatum jusqu'à ce jour vous avez été lents est, schismaticum à vous rendre à l'église où le cœur est et extra, uni- ne vous portait pas, désormais tatemEcclesiœest. soycz-y assidus; si jusqu'à ce jour Et ideô, si usque vous avez été tièdes et nonchalants, nunc fuistis tardi secouez votre engourdissement ; ad ecclesiam , a- que la sobriété succède à l'intemmodô debetis esse pérance qui appesantit, et la chasassidui •, si usque teté à l'incontinence qui souille, nunc somnolenti, Que Dieu daigne vous accorder ces amodô vigiles ; si grâces , lui qui vit et règne... usque nunc ebriosi , amodô sobrii ; si usque nunc inhonesti , amodô casti. Quod ipse vobis preestare dignetur, qui vivit et régnât De us in sœcula sseculorum. #. Àmcu.
Paroles du Pontifical.
2«e PiETIE.
AVIS. [ Comme à la page 2j.
Deinde Pontifex accipit et tradit omnibus calieem vacuum cum patenà vacuâ superposità, quem successive manu dexterà singuli tanguai , Pontifice dicente :
Videtecujusmi- Voyez quel ministère vous est
nisterium vobis confié, au service de qui vous vous
traditur : ideô vos engagez , dans quelle action subli-
admoneoutitàvos me vous prêtez votre coopération :
exhibeatis, ut Deo c'est pourquoi , moi votre Evêque ,
placere possitis. chargé de votre conduite, je vous
avertis de vous comporter dans
cette fonction et dans l'ensemble de
votre vie de manière à pouvoir
plaire à Dieu.
Et Archidiaconus accipit et tradit eis urceolos cum vino et aquâ, ac bacile mm mamitergio: quœ omnia si- ■militer tangere debent. Posteù surgit Pontifex, et versus ad populum , stans cum mitrâ dicit :
Oremus Deum Prions notre Dieu et Seigneur , ac Dominum nos- mes très- chers Frères, de répantrum, Fratres cha- dre et la bénédiction qui donne la rissimi,ut super mission et le caractère spécial, et la hos servos suos , grâce qui donne la volonté et la quos ad Subdiaco- force de remplir les devoirs , sur natûs officium vo- ceux-ci qu'il a daigné appeler à care dignatus est, l'office du Sous-Diaconatj afin que,
ïnfundat bene f- le servant avec fidélité, zèle et dcdiclionem suamet votion, en sa présence eksiir les degratiam , ut in grés de l'autel, ils méritent les réeonspectu ejus ii- compenses promises aux Saints , déliter servien- en proportion dfc la sainteté qu'ils tes, prœdestinata ont cultivée en eux-mêmes ci dans Sanctis praemia les autres, avec le secours de No treconsequantur, ad- Seigneur Jésus-Christ qui , par son juvante Domino Esprit et sa grâce, agira en eux, nostro Jesu Chri- avec eux et par eux... sto, qui cura co vivit et régnât in unitate Spiritûs sancti Dcus , per omnia sœcula sœculorum.^'.Amen.
Tune deposilà mitrà, convenus ad altare Pontifex dicil ■. Oremus. Et Ministri : Flcctamus genua. #. Levatc. Et mox Pontifex, conversus ad Ordinandos genuflexos, dicit sine mitrà :
Domine sancte, Seigneur saint, Père, tout-puis- Pateromr.ipolens, sant, Dieu éternel, du sein de vorcterne Deus, be- tre éternité, dans la plénitude de ne f dicerc dig- votre puissance et pour la manifesnare hos famulos tation de votre sainteté , daignez tuos, quos ad Sub- bénir vos serviteurs que votre Prodiaconatûs olFi- videnec a elle-même élus pour l'ofcium eligere dig- ficc du Sous-Diaconat ; établisseznatus es-, uteos in les dans votre Eglise comme de Sacrario tuo sanc- courageuses et vigilantes sentinclto strenuos, solli- les, toujours attentifs au signal et citosque cœleslis prompts à l'exécuter ou à le transmiiiiira instituas mettre; qu'ils soient de fidèles miexciibitores, sanc- nistres de vos saints Autels, n'o-
tisque Altaribus mettant et ne négligeant aucune de
tuis fîdeliter sub~ leurs fonctions 5 faites reposer sur ministrentj et re- eux, par une assistance habituelle quiescat super eos et toujours présente, l'Esprit de sa- Spiritus sapientiœ gesse etd'inteiligence, qui leur fasse ctintelleciûs,Spi- goûter et aimer les choses de Dieu, ritus consilii et et leur donne la connaissance des fortitudinis , Spi- vérités révélées et d'eux-mêmes ; ritus scientiie et l'Esprit de conseil et de force , qui pietatis ; et re- leur dicte la détermination la plus pleaseosSpiritu ti- prudente au milieu des illusions du mcris tui ; et eos monde , et les arme d'un invinciin ministerio di- ble courage au milieu des dangers vino confirmes, ut, et des obstacles ; l'Esprit de science obedientes facto ac et de piété, qui les éclaire sur Je3 dicto parentes , devoirs de la Religion , leur faisant tuam gratiam con- discerner le bien d'avec le mal , et sequantur.PerDo- attendrisse délicieusement leur luinum nostrum coeur, les inclinant vers Dieu et tout Jesum Christum ce qui touche à son service ; rem- Filium tuum, qui plissez -les de l'Esprit de votre tecum vivitctreg- crainte, qui leur inspire un grand natinunitateejus- respect pour votre Majesté et l'hordem Spiritûs sanc- reur de ce qui peut vous déplaire ; ti Deus , per om- confirmez-les dans le divin minisnia sœcuîa saecu- tère par un don qui les y fasse per- !orum. #. Amen, sévérer et les y perfectionne , afin que , ponctuels exécuteurs des ordres reçus, et dociles aux moindres signes, ils obtiennent la grâce qui assiste et la gloire qui couronne.
Par .
Tum Pontifex , accepta milrù , amictûm qui in collo Ordinandorum jacet , imponit super coput singulis , dicens :
Accipe amie- Recevez l'amie t qui désigne la tum , per quem modération clans les paroles. Homdesignatur cas 11- me mûr , retranchez de voire langatio vocis. In no- gage tout se qui se ressent de mine Pa f tris, et l'enfance , la frivolité , la vanité , Fi -j- lii , et Spiri- la curiosité, la superfluité. Homtûs -J- saneti. me consacré à Dieu , bannissez
#. Amen. de vos discours tout ce qui se res-
sent du monde , les railleries , les bouffonneries, la duplicité , l'avarice. Au nom du Père...
Tune immittit manipulum in sinistrum brachium
cuilibet , dicens :
Accipe manipu- Recevez le manipule qui désigne lum, per quem de- les fruits des bonnes œuvres. Le signantur fructus temps des fleurs est passé , voici la bonorum operum. saison des fruits. L'Eglise veut à son InnominePaftris, service des hommes infatigables, et Fiflii, et Spiri- qui , en multipliant leurs bonnes lus f saneti. œuvres, multiplient leurs mérites
#. Amen. et leurs titres à la récompense
éternelle. Au nom...
Post hœc , quemlibet tunicâ lotalitcr induit , cuilibet dicens :
Tunicâ jucun- Que le Seigneur vous revête de ditatis et indu- la tunique d'allégresse et du vête-
mcnto hetitira in- ment de joie. Chaque fois que vous duat le Bominus. approchez de l'autel, prenez vos ïnnominePaftris, habits de fête, faites éclater au et Fiflii, et Spiri- dehors les sentiments de jubilation lus f sancti. qui sont au fond de votre âme. Ser-
#. Amen. vir à l'autel , être témoin de l'au-
guste Sacrifice , y coopérer : quelle fête, quelle joie pour un ministre chaste et pieux ! Au nom du Père. . .
Posleà accipit et tradit omnibus librum Epistolarum , manu dextrâ ipsum simul tangentibus , dicens :
Accipite librum Recevez le livre des Epîtres , et
Epistolarum , et ayez le pouvoir de les lire dans la
habete potesta- sainte Eglise de Bieu , tant pour les
tem legendi cas vivants que pour les défunts. Nou-
in Ecclesiâ sanclâ veaux précurseurs , annoncez à 1"E-
Bei, tam pro vivis glise militante la venue prochaine
quàm pro defune- de Celui qui fortifie les athlètes , et
lis. In nomine à l'Eglise souffrante le sacrifice de
Paftris, etFiflii, la Victime dont le sang rafraîchit
etSpiritùsf sanc- et délivre les captifs. Au nom du
ti. #. Amen. Père...
Kc la prière publique.
Premier Prélude. Bans tous les âges, partout où Dieu a été connu, ses enfants ont senti le besoin d'unir leurs cœurs et leurs voix pour bénir et louer leur ï ère. C'est dans cet admirable concert que la récitation de l'Office va me faire entrer.
Deuxième Prélude. Se transporter au pied du trône de Bieu, où Jésus-Christ offre à son Père les louaa-es du ciel et de la terre.
Troisième Prélude. Faites-moi comprendre et admirer, ô mon Dieu, l'antiquité et l'universalité de l'Ofiice divin.
1° Dans l'ancienne Loi. L'office des Lévites n'était pas seulement d'aider les Prêtres dans leurs fonctions, mais encore de chanter avec eux soir et matin les louanges de Dieu dans le temple : « Levittc verô, ut stent manè ad eonfilendum et canendum Domino. » ri. Paroi, xxxm). « Ezcchias autem constituit turmas sacerdotales et leviticas per divisiones suas, unumquemque in officio proprio, tam Sacerdotum videlicet quàm Levitarum, adholocausta etpacifica, ut ministrarent et confiterentur, canerentquein portis castrorum Domini. » (II. Parai, xxxi). Cette organisation sous la Synagogue était la figure et l'ébauche de ce que l'Eglise a si admirablement constitué et complété.
2° Aux temps apostoliques. Après la dernière cène, Jésus dit un hymne avec ses Apôtres. Saint Paul recommande aux Ephésiens et aux Colossiens de -'exciter et de s'édifier les uns les autres par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, et de les chanter de tout leur cœur en l'honneur de Dieu. Quand les Apôtres se déchargent sur les Diacres du soin des pauvres, pour vaquer plus librement à la prière et à la prédication, ils entendent très-probablement la prière publique et ce que nous appelons l'Office divin. Dans l'Apocalypse où se révèle le plan de la liturgie apostolique, les vieillards ou les Prêtres chantent un cantique à la louange de Jésus-Christ. Ce qui] fait dire à saint Augustin que le chant de l'Office, aussi ancien que le christianisme, n'a élé établi par aucune loi ecclésiastique, mais par l'exemple de Jésus- Christ et des Apôtres.
3° Dans la primitive Eglise. Saint Cyprien nous apprend que les chrétiens faisaient tous les jours, à certaines heures, des prières à Dieu; et Eusèbc, <ïans
son Histoire , cite les cantiques composés par leur piété. Tertullien parle de l'usage commun alors , même parmi les personnes mariées, de s'entretenir des Ecritures, de chanter des hymnes durant le repas, et de distribuer la journée de telle façon qu'on pût se lever la nuit pour prier. Saint Jérôme, dans sa Lettre à Marcelle, dit que les laboureurs de Bethléem sont si fervents que l'oraison et le chant des psaumes accompagnent toujours leur travail ; et, dans celle à Léta , il marque distinctement les heures de la prière. Que l'institutrice de votre fille, dit-il, « illam doceat et assuescat suo exemplo ad orationes et psalmos nocte consurgere, manè hymnos canere, tertià, sextâ, nonâ stare in acie, quasi bellatricem Christi, accensâque lucernulâ, reddere sacrificium vespertinum. » Saint Ambroise déclare qu'il faut avoir dépouillé la nature humaine pour commencer ou finir le jour sans chanter des psaumes, vu que les oiseaux eux-mêmes par la mélodie de leurs concerts nous y invitent. Dès l'an 252, on voit par les Actes du Concile d'Antioche l'usage du chant introduit dans les églises. Saint Jean-Cbrysoslôme désirait que chaque maison fût une église où maris, femmes et petits enfants priassent et chantassent à toutes les heures du jour; et c'est pour donner à la fois l'encouragement et le modèle qu'il établit dans son église le chant alternatif. Saint Basile assure que les fidèles étaient si touchés de la psalmodie exécutée dans l'église, qu'ils chantaient continuellement des psaumes au foyer domestique et jusque sur les places publiques. Son propre enthousiasme lui fait dire : « Psalmus est vox Ecclesiae... Angclorum opus, cœlestis Beipublicse in commune proposita functio , spirituale thymiama. » (In Proœm. PsaL). Saint Grégoire de Nysse rapporte que les communautés de religieuses retentissaient jour et nuit du chant des psaumes, et que lui-même, dans son voyage en Arabie, jeû-
nant et psalmodiant avec ses compagnons, avait donne à la troupe pieuse la physionomie d'un monastère en pérégrination.
4° Dans les siècles suivants. L'exemple qu'avait donné Théodose le-Jeunc chantant dès le point du jour des psaumes alternativement avec ses sœurs, ne fut pas sans imitateurs. La reine sainte Radcgonde était aussi ponctuelle à réciter les Heures cononiales que le plus fervent ecclésiastique. Alfred, roi d'Angleterre, consacrait chaque jour huit heures aux exigences du corps, huit aux affaires de l'Etat, huit à la prière, et il portait toujours sur sa poitrine le livre des divins Offices. La chapelle de Charlemagne, par l'ordre et la solennité de la psalmodie, servait de règle et de modèle à toutes les Eglises de l'empire. Luitprand, roi des Lomhards, fonda dans son palais un Chapitre de clercs et de prêtres pour y chanter devant lui l'Office. Othon Ier se rendait en procession à l'Office, accompagné d'évêques et de tout le clergé, et jamais il ne sortait avant la fin. Saint Louis voulait que les princes ses enfants assistassent avec lui dès leur has âge aux Heures canoniales, surtout à Compiles, après souper. Pendant ses maladies et jusque dans sa captivité, il faisait réciter l'Office du jour et celui de la Sainte-Vierge par deux religieux auprès de son lit, disant lui-même son verset. La princesse Isahelle sa sœur s'ahstenait de parler avant Prime et après Compiles. L'histoire cite une multitude de rois, de princes, de seigneurs non moins empressés à assister à l'Office et à fonder des Chapitres : saint Gérard, comte d'Aurillac: Simon de Monlfort; Godefroi de Bouillon ; saint Elzéar, comte de Provence ; Guillaumele-Conquérant ; Richard et Henri III, rois d'Angleterre; l'empereur Lothairc -, les impératrices Agnès et Ma-' thilde; Ferdinand-le-Grand, roi de Léon et de Castillé; Jean, roi d'Aragon et de Sicile; Isahelle, reine du même Etat ; sainte Hedwige, ducncsse.de Pologne.
De l'assiduité des princes à l'Office divin on peut conclure celle du peuple. Saint Eioi, évcquedeNoycn. i xhortant à la prière, dit que le meilleur moyen de prier sans cesse, selon le précepte du Sauveur, c'est ^"assister à toutes les Heures canoniales du jour et de la nuit. Saint Césaire d'Arles, saint Germain de Paris, Théodulphe d'Orléans insistent pour que les laïques eux-mêmes prennent part à la psalmodie. Le Capitulaire des Evèques de France, en 802, obligeait les Curés à faire sonner toutes les Heures de l'Office, afin que les fidèles pussent s'y rendre. Le septième Concile général rappelle à tous les chrétiens l'obligation de savoir les Psaumes et de les réciter souvent. Le Concile de Frioul, en 791. leur ordonne de consacrer à la prière le jour entier du dimanche, qui commence aux Vêpres du samedi ; celui de Tribur,en 895, ajoute le Carême et les jours déjeune.
Colloque avec Jésus-Christ. Le remercier de vouloir bien nous confier le sublime ministère delà prière. Demander la grâce de goûter ces paroles de saint Ephrem : «Psalmus dcemonespropellit; psalmus telum intimoribus nocturnis ; psalmus divinorum requies laborum-, psalmus infantibus tutela : psalmus senibus consolatio; mulieribus ornamentum decentissimum ; hic festa collustrat : hic eum, qui secundùm Deum est, dolorem procréât 5 psalmus siquidem exlapideo licet corde lacrymas excitât; psalmus Angelorum opus. cœlestis vitœ ratio et institutum, spiritalisque quidam suffitus. Hic mentem illuminât ; hic in cœlum reducit; hic homines Deo familiares colloquio reddit, animant iaitificat. » (Ludicfis abstinendum esse.)
Le Bréviaire.
Premier Prélude. A la veille de contracter l'obligation sainte et redoutable de l'Office divin, le Sous- Diacre, pour s'instruire et s'édifier, doit l'envisager sous toutes ses faces, saisir l'esprit et pénétrer la pensée de l'Eglise.
Deuxième Prélude. Se représenter ces innombrables légio ns de prêtres et de religieux qui, à toutes les beures du jour et de la nuit, sur tous les poiu(s du globe, à l'Orient et à l'Occident, au Nord et au Midi , élèvent leurs voix et leurs cœurs vers le ciel.
Troisième Prélude. Faites-moi comprendre et goûter, ô mon Dieu, les enseignements et la discipline de l'Eglise sur l'Office divin.
4° Son nom. L'Office n'est, à proprementparler, qu'une suite de prières et de leçons que certaines personnes députées à cet effet doivent réciter chaque jour dans des temps marqués. Il est appelé quelquefois Office, c'est-à-dire la dette, l'obligation, le devoir; Office divin, parce qu'il a pour objet et pour fin l'honneur de Dieu; Office ecclésiastique, en lant qu'accompli au nom et par l'ordre de l'Eglise ; Office canonial ou Heures canoniales, moins parce qu'il fait la principale fonction des chanoines que parce que les canons en ont réglé le temps et la manière, et qu'il partage la journée en différentes heures consacrées à Dieu ; Bréviaire, d'abord parce qu'il est un abrégé de l'ancien et du nouveau Testament , des sentences des Pères et de la vie des Saints, ensuite parce qu'il n'est qu'un diminutif de celui qu'on récitait autrefois.
Les Grecs l'appellent Carton, règle et mesure du tribut qu'on doit payer à Dieu ; horologium, distribution de la journée à l'imitation du Prophète: « Septies indie laudem di.\i tibi, u
On l'a aussi appelé Cursus, cours de prières dont i! faut s'acquitter fidèlement; Opus Dei ou Agenda, l'affaire par excellence, grande et sublime entre toutes les affaires.
2° Son origine. Quant à la substance, c'est-à-dire les psaumes et les leçons tirées de l'Ecriture, nous voyons, par le témoignage des Pères et d'autres documents, que l'origine du Bréviaire remonte aux temps apostoliques. Depuis cette époque jusqu'à saint Pie V, sa forme et son étendue ont subi bien des modifications. Saint Jérôme, saint Ambroise, lepapeGélase, saint Grégoire ont ajouté quelques parties, composé des hymnes et des antiennes sur le modèle des anciennes, mis un ordre et un arrangement qui laissaient moins à l'arbitraire. La distinction et la dénomination des différentes heures furentà peu près partoutet toujours lesmêmes ; on les retrouve chez les Orientaux séparés de l'Eglise romaine depuis le Ve et le vr3 siècle. Cassien, qui vivait au Ve siècle, a fait un traité du chant et des prières nocturnes ; il dit que, dans les monastères des Gaules, on partage l'Office en quatre heures, Prime, Tierce, Sexte etNone, et que, la nuit qui précède le dimanche, on chante des psaumes et des leçons. Déjà, dans les Constitutions apostoliques, il était ordonné aux fidèles de prier le matin, à l'heure de Tierce, de Sexte, de None, et au chant du coq. Saint Benoît, qui composa sa règle au vie siècle, entre dans le détail des psaumes, des leçons, des oraisons qui doivent composer chaque partie de l'Office, et il est à présumer qu'il suivit l'ordre établi pour lors dans l'Eglise romaine. Plus tard, entre le xne et le xme siècle, l'Office fut considérablement amoindri et prit le nom de Breviarium ou Officium breviatwn. Grégoire IX approuva et Nicolas III rendit obligatoire pour l'Eglise de Borne un de ces abrégés. Les Franciscains l'adoptèrent ; mais Benoit XIV prouve qu'on s'est étrangement mépris en leur
attribuant l'abréviation de l'Office. Cette nouvelle rédaction laissant beaucoup à désirer , et plusieurs Eglises s'étant mises à mutiler leur liturgie, le Concile de Trente, dans sa xxve session, en demanda la réforme. « S. Pius V illud correxit, additionibus nonnûllis auxit, atqueBullâ Quodànobis, die 7 julii15G8. omnia alia Breviaria, quœ ab institutione seu légitima consuetudine non superabant 200 annos, prohibait. Nibilominùs in Gallià infeliciter invaluit consuetudo , ut Episcopi plerique sua propria Breviaria habeant, et immutent. Diù tacuit Ecclesia proptcr temporum calamitates, adeô ut banc consuetudinem tolerare crederetur. Sed ultimis bisce temporibus, in variis rerum adjunctis, bénigne mentem suam aperuit, atquc cxindè ferè omnes Episcopos gestientes adunitatem liturgicam redire pia Mater loetabunda cernit. » (Gury, de Stat. part.)
3° Son autorité. Suarez , après l'avoir établie pour la partie du Bréviaire tirée de l'Ecriture, l'établit ainsi pour celle qui ne l'est pas :
Première réponse générale. « Ecclesia non potes t errare in dirigendà oratione ad Deum verum pervertira Mediatorem, qui est Cbristus , nec in modo postulandi intercessionem Sanctorum, ut suprà, Lib. m, visum est; neque in rébus quas postulat , quia semper verâ fide, et Spiritu Dei orat. Quôd autem boc fiât his vel illisverbis, parùm refert, dummodù apta et accommodata sint, quod faciie lieri potest modo bumano cura prudenlià et sapieatià quœ in Ecclesia non deest. » — Seconde réponse générale. « Nec necessariura, nec moribus humanis sa lis accommodât um fuit, ut diurnum Officium ex solis Scripluris canonicis quoad omnes partes et singula verba componerctur. Quia hommes delectantur varictate quàdam , et oportuit nrandi onus fieri suave, ac delcctabilc ; interdùm etiamexempla recentiora, magisque nobis propinqua.
cl quodammodo magis nostra plus nos movent. Oportet etiani ipsi Scripturae aliquam interprétation em adjungere , ut meliùs percipiatur, quara vel Sanciorurn lectiones tradunt, vel alia Ecclesise verba saepè indicant. Item in orationibus privatis , non semper necesse est loqui Scripturae verbis , sed interdùm propriis, et prudenter excogitatis ab ipso orante : ergô in urationibus publicis non est necessarium Ecelesiam uti solis Scripturarum verbis ; sed potest Ecclesia uti aliis ab ipsà inventis, seu à suis doctoiïbus desumptis, et publicâ auctoritate approbatis. »
Première réponse particulière pour les Homélies. « Sunt ex libris et Patribus ab Ecclesia receptis et magno cum delectu desumptis, ità ut in illis nullum periculum noxiee doctrinœ possit esse. Quôd autem non singula verba vel sententiee illorum sint infaîlibilia et canonica , non obstat, quia non proponuntur ut omnia ità credantur, sed ut illuminent et instruant Ecelesiam et populum more humano. » — Seconde réponse particulière pour les Légendes. « Non proponuntur ut infallibilia in omnibus et singulis , eliam minimis, sed ut pia, et humano modo credibilia, et moraliter certa , quœ prodesse possunt inflammando corda fidelium ad charitatem, et excitando ad bonorum operum studium, et nibil nocere possunt. Unde in liis, quae pertinent ad substantialem cuïtum , ac venerationem alicujus Sancti , semper habent infallibiiem veritatem ex approbatione et canonizatione Ecclesiae ; et similiter in his, quœ spectantad imitationem, semper proponuntexempla bonestissimarum virtutum : in cireumstantiis verô accidentalibus potest fortasse inierdùm esse incertitudo autvarietas; sed id neque ad pietatem, neque ad sanctitatem hujus divini-Officii fpuicquam obstat , ut per se notum est : aliàs nec esse ùeberent in Ecclesia sacrae conciones aut lectiones, necexempla Sanctorum essent narranda fidelibus. ne-
que propor.enda ad imitandum , quia non sempcr habent auctoritalem canonicam et infallibilem , quod non solùm erroneum, sed contra omnem sensum huraanum est. » (De Horis canonicis.)
4° Son obligation. Les premières lois de la discipline ecclésiastique ne furent que des coutumes , ainsi qu'il arrive à toute république naissante. Celle de réciter le Bréviaire étant juste, raisonnable, légitimement établie et universellement observée dans l'Eglise romaine, elle a passé en loi et a force de loi. Dans les premiers siècles, lorsque clercs et laïques se portaient avec ardeur à l'Office divin, il eût été inulile et injurieux d'en faire une loi spéciale, et la ebarité poussait plus loin que n'eût pu faire le précepte. Plus îard, la piélé des laïques s'étant ralentie, les clercs restèrent seuls chargés avec les religieux de la prière publique.
« Obligantur ad Horas canonicas quotidiè recitandas : 1° Clerici omnes in sacris constituti, etiamsuspensi et excommunicati. Constat ex variis locis juris can. ; ex Concil. Later. ann. 1215 ; ex Bullà S. Pii V, Quod à nobis. — 2° Benefïciati omnes qui habent jus in re et plénum dominium beneficii. Eruitur ex Conc. Later. sub Leone X, neenon ex Bullà Pii V, Exproximo. — 3° Relujiosi omnes utriusque sexûs in Ordinc ab Ecclesià approbato professi, et ad eborum destinati. Liquet ex consuetudine , neenon ex decreto Greg. X. » (S. Lig. n. 140 et seq.). « Hi omnes peccant graviter, si totum Officium, vel ejus partem notabilem, absque légitima causa omittant. Ratio patet; legem enim Ecclesiœ in re gravi prœterniiltunt. » (S. Lig. n. 140, et alii communissimè.)
5° Sa récitation. Elle demande : 1° V attention. « Debent dicere Officium distincte, ne, verbum masticando, vel exiliter proferendo, vel nimiùm festinando, dicenda confundant ; continue, ut interruptioncs non
fiant, interloqucndo , nisi urgente necessitate ; intégré, ut de dicendis nihil omittant; ordinale, in substantiâ, terapore et modo, postposiliones, implicationes , variationes facile non admittentes. » (S. Bonav. Specul. discipl.). Saint Charles ajoute : « Non cursim, non perturbatè, non oseitanter, sed leniter, distincte ac studiosè. » (I. Concil. Mil.). « Peccat venialiter qui syllabas mutilât vel syncopat, ità ut verborum sensus non corrumpalur, vel mutilât in parvà quantitate : imô nullo modo peccat, si hoc faciat involuntaric, putà oh inadvertentiam, balbutiem, invetcratam consueiudinem. Contra non excusatur à morlali, si mutilatio sit voluntaria, magna, et sensus varietur. » (Porpora). « Ex sancto Thomà attentio potest esse ad verba, vel ad sensum, vel ad Deum. » (4 Dist. 45. q. 4). — 2° La dévotion. Que celui qui récite l'Office , dit Cassien , « omnes psalmorum affectus in se recipiens , ità incipiat decantare , ut eos non tanquam à Prophetâ compositos , sed velut à se editos , quasi oralionem propriam profundà cordis compunetione depromat. » (Collât, x , c. xi). Et voici la condition : « Stude intelligere ea quœ dicis , si potes ; si verô non potes intelligere , reverere , quia , sicut dicit Sapiens, per reverentiam accedet tibi bona gratia. » ( S. Bonav. Reg. nov.)
Colloque avec les saints Anges. Qu'ils nous obtiennent leur ferveur, leur révérence, leur amour.
De l'institution du célibat ecclésiastique.
Voici la proposition qu'établit le P. Perrone sur ce sujet : « Continentise lex sacris Ministris imposita certissimum babet in antiquissimà Ecclesiœ traditione fundamentum. Talis enim ea lex censenda est , qu?e fundatur in cxemplo Apostolorum, in consuetudine ab
ipsis apostolicis temporibus universaliter ferè receptâ, a (que in antiquissimis Conciliorum ac Pontificuni sanctionibus. » Considérons la loi du célibat :
1° Aux temps apostoliques. « Pctrum solum invenio maritum per socrum..., » dit Tertullien. « Cœîcros cùm maritos non invenio, aut spadones intelligam necesse est, aut continentes. » (Lib. de Mono g. c. 8). « Christus virgo, » dit à son tour saint Jérôme, v« virgo Maria utriusque sexûs virginitatis dedicavère principia ; Apostoli vel virgines vel post nuptias continentes. » (In Apolog. pro libris contra J ovin.). Eusèbc, saint Epiphane, saint Clément pape tiennent le même langage. D'où le P. Perrone conclut : « Quamobrern vel ab ipsis primis Ecclesiee seeculis, etsi continentia nondùm clericis, saltem in Ecclesià universali, imposita fuisset cerlà aliquâ ac declaratâ lege , consuetudine tamen moribusque jam obtinebat, ut sacïis Ordinibus initiati ab uxoribus abstinerent quas ante Ordinationem duxerant. » (De Cœlib. eccles.)
2° Dans l'Eglise latine. Plusieurs monuments attestent qu'avant le Concile de Nicée, les évoques, les prêtres etles diacres gardaient la continence, et il y a lieu de croire que cette discipline avait commencé à s'établir en Occident dès le temps des Apôtres. «Quan- !i in ecclesiasticis Ordinibus de continentiâ censcn- Jur, » dit Tertullien parlant du clergé africain, « qui Deo nubere malucrunt, qui carnis suœ honorem in primoevumparadisi statumrestituerunt, quique se jam illius rcvi filios dicaverunt, occidentes in se concupiscentiam libidinis, et totum illud quod intra paradisum non potuit admitti ? » (De Exhort. cast.). Ce n'était d'abord qu'une coutume, et s'il existait quelque loi, elle n'était que particulière, émanée d'un Concile provincial tel que celui d'Elvire en 30S.
Cette coutume avait eu bientôt force de loi, et le pape Sirice, informé par Himère, évèquc de Tarra-
que des prêtres et des diacres y contrevenaient, crut devoir faire une loi générale, en 385, pour tous les prêtres et les diacres de l'Eglise d'Occident. « Sacerdotes omnes atque Levila?, insolubili lege adstringimur, ut à dieOrdinationisnostrœ sobriéfati et pudicitise, et corda nostra manciperaus et corpora .; dummodô per omnia Deo nostro, in his quœ quotidiè offerimus, sacrificiis placeamus. » Le second Concile de Carthage, en 390, fit la même ordonnance, avec eejfete réflexion : « Ut quod Apostoli docuerunt et ipsa servavit antiquitas, nos quoque custodiamus. » En 405, Innocent Ier, répondant à Exupère, évêque de Toulouse, qui lui dénonçait des infracteurs, renouvela la constitution de Sirice. Saint Jérôme et saint Augustin, tous les Conciles tenus en Afrique, en France, en Espagne depuis Sirice, pendant le ive, le Ve et le Vf2 siècle, parlent dans le sens le plus strict de la loi de la continence qui défend aux prêtres et aux diacres de contracter mariage et d'user d'un mariage déjà contracté.
3° Dans l'Eglise grecque. Il n'est pas également certain que des lois aient obligé les prêtres et les diacres au célibat dans les premiers siècles. Toutefois, chez les Grecs comme chez les Latins, les évoques après leur sacre vivaient dans la continence parfaite : c'est ce qu'on déduit d'un passage de saint Jérôme, qui traite d'adultère un évêque ayant commerce avec sa femme : du refus que fit de la dignité épiscopale Synésius, nommé au siège de Ptolémaïde en iiO, sous prétexte qu'il ne pouvait renoncer au droit conjugal •, du Concile Quinisexte en 692, qui fit un canon pour rétablir en Afrique et en Libye l'ancienne discipline foulée aux pieds par quelques évoques. Il n'est pas moins constant que les prêtres n'avaient pas la liberté de se marier : « Presbyter, si uxorem acceperit, ab Ordine deponatur. » dit le Concile de iS'éocc-
■182 sarce en 319 ; mais ils pouvaient user d'un mariage contracté avant leur ordination : le Concile Quiniscxle le marque expressément. Les diacres pouvaient contracter mariage, à la condition d'en faire la déclaration avant de recevoir leur Ordre, sous peine d'interdit.
Dès le ive siècle pourtant, en plusieurs Eglises d'Orient, la discipline, fondée moins peut-être sur une loi que sur un usage, obligeait les prêtres et les diacres, quelquefois même les sous-diacres, à la continence. On a des témoignages d'Eusèbe de Césarée, de saint Cyrille de Jérusalem, de saint Jérôme et de saint Epipbane. « At dices mihi, » s'écrie ce dernier , « omninô in quibusdam locis, adbuc liberos gignere et presbyteros, et diaconos, et bypodiaconos : respondeo non illud ex canonis auetoritate fieri, sed propter hominum ignaviam, quœ certis temporibus negligenter agere solet. » (Hœres. 49.)
4° Pour les Sous-Diacres. On voit par le Concile d'Elvire qu'ils gardaient la continence dans quelques Eglises d'Occident , dès le commencement du ive siècle. Cette parole de saint Léon écrivant à Anaslase de Thessalonique, montre que tel était aussi l'usage à Rome au milieu du ve siècle : « Ad exliibendam perfectœ continentiae puritatem, nec Subdiaconis quidem connubium carnale conceditur. » Les Eglises de France à la même époque se conformaient en partie à celle de Rome. « Presbyteri, Diaconi atque Subdiaconiquibus ducendi uxores licentia non est, » dit le Concile de Vannes, « etiam alienarum nupliarum évitent convivia. » Pendant le viesiècle, il n'existait point encore sur ce point de loi générale ; car, parmi les nombreux Conciles qui se tinrent, les uns ordonnaient le célibat aux sous-diacres, les autres les exceptaient formellement de leurs canons. Enfin saint Grégoirele-Grand porta le décret pour l'Eglise universelle :
4 «3 « Unde videtur mihi ut à prxsenti die Episcopis omnibus dicatur, ut nullum facere Subdiaconum prcesumant, nisi qui se victurum caste promiserit...; eos autem qui post prohibitionem factam se à suis uxoribus eontinere noluerint, nolumus promoveri ad sacrum Ordinem. » (Regest. Epist. 34.)
A dater de cette époque, loin de laisser s'abroger la loi qui astreint à une continence parfaite et perpétuelle les prêtres, les diacres et les sous-diacres, l'Eglise 'latine, par les constitutions de ses Pontifes et les canons d'innombrables Conciles, n'a pas cessé, dans les siècles même les plus corrompus et les plus scandaleux, de la renouveler, de la confirmer, de la sanctionner, ajoutant de nouveaux règlements disciplinaires et punissant les infracteurs par l'excommunication, la déposition ou la prison, jusqu'à ce qu'enfin le Concile de Trente, non content de ranger la continence parmi les conditions requises pour les Ordres sacrés , « Subdiaconiet Diaconiordinentur... quisperent, Deo auctore, se eontinere posse, » anathématise quiconque ose dire que les Clercs engagés dans les Ordres sacrés peuvent contracter mariage, et que leur mariage serait valide, nonobstant la loi ecclésiastique qui le leur défend. (Sess. xxiv.)
5° Pour les Ordres mineurs. Nulle, loi générale n'obligea jamais au célibat ceux qui s'y engageaient ; chacun suivait la coutume de son Eglise. Le Concile d'Augsbourg en 952, celui de Pavie en 1020, celui de Toulouse en 1056, montrent qu'en certaines provinces tous les Clercs sans exception tombaient sous le coup de la loi.
Ces règlements, disent les Conférences d'Angers, avaient pour but d'opposer une digue au torrent d'impureté qui menaçait d'inonder ces Eglises particulières au Xe et au xic siècle.
Raison et pratique du céïihat ecclésiastique.
Premier Prélude. « Illa lex apprimè convenions oîericali statut censenda est, qure tum vitoe sanctimoniam prœfcrt, tum sacris muneribus rite obeundis conducit, tum illa arcet impedimenta qua» cura ecclcsiasticœ vitae instituto nequeunt consnciari. Talis porpô est lex eontinentiœ sacris Minislris imposita. » (Perrone, lococitato.)
Deuxième Prélude. Se représenter à Nazareth Jésus, Marie, Joseph honorant chacun sa mission par une pureté parfaite.
Troisième Prélude. Demander la grâce de comprendre la convenance et de pratiquer toutes les règles du célibat.
1° Raison. 4° Du côté de Dieu. Dieu est un pur esprit ; plus l'homme, en s'élevant au-dessus des sens grossiers, se spiritualisc et s'angélise, plus il se fait semblable à Dieu et pins il l'honore : « Conformes debentesse Archangelis, ut scilicet eorum mens, et conscientia ab imaginatione et appetitionecarnalitatis sitremota, sicut natura archangelica ab omni tali condition e esse dignoscitur aliéna ; et ideô non solùm expedit lalibus à carnis passionibus abstinere, verùin etiam illecebram carnis saltem in memoriâ non tenerc. Diciturenim : Spiritus carnemet ossanonhabet. Et '..Qui facit Ancjelos suos spiritus. » (S. Bonav. tle Eccl. Hier.)
Dieu est infiniment saint. Loin donc de ses temples ce qui souille et profane : « Cùm ipsi templum, vasa Domini, et sacrarium Spiritus sancti debcant esse et dici, indignum est eos cubilibus et immunditiis deservire. » (Inn. II. Dist. 28). « Sancti eslote : hoc est quod dicilur libi, sépara te à terrenis actibus, se-
para te à concupiscentiâ mundi... Quia ego sanetus : hoc est : Sicut ego segregatus sum et longé separatus ab omnibus... segrega te, et secerne te , tanfjuam phiala sancta, et sanctum thuribulum , solius terapli usibus et Dei ministerio vacans. » (Orig* lïom. xi, in Levit.)
— 2° Du côté de Jésus-Christ. Il confie aux Prêtres son Corps naturel pour qu'ils l'offrent en sacrifice : « Quâ purilate oporlebit custedire noslri corporis at=
animée castitatem , quos necesse est quotidiè sacrosanctis carnibus vesci , quas neminem immundum contingere etiam veteris legis prœcepla permittunt! » (Cassian.Lib. \i.)
Il leur confie en outre son Corps mystique , pour que, l'aimant uniquement et chastement , ils continuent de l'engendrer et de le nourrir : « Ipsam.castitatem exigebat Dominus, quando dicebat Petro : Petre, amas me? Quid est, amas me? Castusne es? Non est cor tuum adulterum? Non tua quseris in Ecclesiâ, sed mca? Si talis es,, amas me; pasec oves raeas. » (S. Aug. S. 4 , de verbo Dom.). Le Père éternel, pur et fécond tout ensemble, engendre un Verbe, lequel étant pur et fécond comme son principe, produit avec lui dans une admirable unité un Amour substantiel qui est l'Esprit-Saint ; et ce Verbe, se faisant chair, retient ces deux perfections :' la pureté, sa mère est vierge, plus vierge, s'il est permis de parler ainsi, après qu'avant son divin enfantement; la fécondité, il engendre chaque jour à l'Eglise et par l'Eglise, à qui il communique sa pureté féconde , d'innombrables enfants.
0 Prêtre, ministre et coopérateur de Jésus-Christ , sache que ta pureté est la condition et la mesure de ta fécondité spirituelle.
— 3° Du côté de F Eglise. Le Prêtre est charge, au nom du peuple , de la prière , office pour lequel
saint Paul recommande aux époux eux-mêmes une séparation momentanée : « Cùm laico continentia imperetur ut possit orationi vacans exaudiri, quantô magis Sacerdotil)us,vclLevitis, qui omni momentoparatiesse Deo debent in omni munditià et puritate ! » (Concil. Toron, an. 4G1). Et saint Augustin ne craint pas de dire : « Plus placet Deo latratus canum, mugilus boum, grunnitus porcorum, quàni cantus Clericorum luxuriantium. »
Le Prêtre est encore charge de l'administration des sacrements, surtout de la Pénitence ; de la prédication, de la visite des malades, de la distribution des aumônes, de mille autres fonctions qui font de lui un administrateur, un conseiller, un juge, un père, un serviteur de tous, et pour lesquelles il n'aurait, sans le célibat, ni le respect et la confiance, ni le dévouement et le désintéressement, ni la liberté et le temps nécessaires : « Qui autem cum uxore est, sollicitus est quse sunt mundi, quomodo placeat uxori, et divisus est. » (I. Cor. vu.)
2° Pratique. La chasteté règle : 1° Les actions. « Placuit Patribus, ut qui sacra Mysteria contrectant, casti sint, et continentes ab uxoribus, et ab omni carnali immunditià sint liberi, juxta quod illis Propbetà dicente jubetur: Màndamini, qui fertis vasa Domini. » (S. Isid. Hisp. lib. 2, de Eccl. Offic). « Tactusetjoci, moriturœ virginitatis principia. » (S. Hier, in Vità S. Hil.y. « Si virginitatem animœ integrain servare desideras, quantum potes, observa blandimcnta draconis, ne forte, si incautus fueris^ quinquesensus qui in te sunt, quasi quinque virgines permittas à serpente corrumpi. » (S. Aug. lib. 50, Hom. 33). « Qui se abslinet ab illicite visu, auditu, odoratu, gustatu, tactu, propter ipsam integritatem, virginis nomen liabet. » (Id. deverb.Dom. S. 32). Elle s'étend même aux assauts de la convoitise : « Soiritu ambulantes
ullrà non sentiunt desideria carnis; aut, sisentiunt, languida ccrtè et quasi palpitantia et extrenium ducentia halitum. » (Gilbert, in Cant. S. 14.)
— 2° Les paroles et les compagnies. « Cùm ab omnibus christianis, juxta Apostoli docuraentum, stultiloquium, et scurrilitas sit cavenda, multô magis à Sacerdotibus Domini, qui aliis exemplura et condimentum esse debent. » (Concil. Paris, an. 829). « Obscœnitas verborum, sicut operum, exsecretur. » (Conc. Burdig. an. 1583). « Omnes quidem, si fieri posset, mulierum eœtus atque colloquia defugere oporteret , ut quoc ad emolliendum animumvim quamdani ac facultatem habeant. » (S. Isid. Pel. Ep. 8). « llogo vos, quantum valeo, et ultra quàm valeo, brec sintstudia omnium Clericorum, ut singularitatis inaceusabilis secessione fungantur ; ne aut ipsi per feminas, aut fetuinee per illos ad ignominiosa ludibria provocentur. » (De singul. Cler.')
— 3° Les regards. « Non solùm ab opère se immundo abstineat, sed etiam à jactu oculiet cogitationis errore mens Cbristi Corpus confectura, sit libéra. » (S. Hier. Ep. ad Tit. c. î). « Oculi vestri etsi jaciantur in aliquam feminarum, figantur in nullà... INec dicatis vos babere animos pudicos, quia impudieus oculus impudici cordis est nuntius. » (Id. Reg. ad serVos Dei). « Ipsi nobis ocuîi nostri fetia sunt, ci ideô seriptum est : Neqae caparis oculis. Ipsi nobis ergô lendimus retia quibus involvimur et implicamur; ipsi nobis vincula nectimus. » (S. Ambr'.). « Konvidisse crimenest, sed cavenduin neorigocriminissit.» (Id.)
— 4° Les pensées et les désirs. « Omnibus prorsùs delectationibus concupiscenti.e quae adversantur delectationi sapientiœ coercendis atque sanandis invigilatoffîcium continentise. Unde angustiùs eam sine dubitatione metiuntur, qui solas libidines corporis cohi-
•188 bere definiunt. » (S. Aug. Tract, de Contin.). Et dang la dispute de bealâ Vitâ : « Quomodô castus esse potest,» dit ce grand Docteur, « qui ab illicite» tantùm concubitu abslinens se,cœteris peccatis non desinit inquinari ? Ille est verc castus qui Deum attendit, et ad ipsum solum se tenet. »
Colloque avec Jésus, Marie, Joseph. Dans le sentier rude, étroit et glissant où nous cheminons, pressés, attaqués, heurtés de tous cotés, comment, sans leur assistance et sans des précautions infinies, conserver intact jusqu'au terme du voyage un trésor porté dans des vases sur lesquels saint Paul a écrit en gros caractères : Fragiles : « Ilabemus autem thesaiu ■nm istum in vasis fictilibus ! » (II. Cor. iv.)
Ferircur, caractère iîistiimeiiS' dos Sons-Kiacre.
Premier Prélude. Tout montre que ce qui doit caractériser le Sous-Diacre, c'est la ferveur : les obligations graves qu'il contracte librement, le manipule qui désigne le fruit des bonnes œuvres , la tunique, symbole de la joie dont son âme surabonde, les paroles que lui adresse l'Evêque : « Si usque nunc fuisti tardus ad ecclesiam, etc.. »
Deuxième Prélude. Se représenter, à Nazareth, avec quelle ferveur la sainte Famille se portait aux œuvres de piété et de zèle.
Troisième Prélude. Faites-moi comprendre, ù mou Dieu, la nature et le prix de la ferveur, cl répandezla dans mon âme.
1° Sa Définition. C'est la charité à son plus haut degré d'intensité et d'activité. Ce que la flamme est au feu, la ferveur l'est à la charité ; car, si la charité est un feu, dès qu'elle est très-enflammée, elle se nomme ferveur ; et tout ce que la ferveur ajoute à la
charité, c'est la flamme qui rend la charité vive et diligente non-seulement dans l'accomplissement des préceptes divins et des devoirs de l'état, mais encore dans la pratique des conseils et l'acquiescement aux inspirations célestes. On est fervent quand, sous l'impulsion véhémente de l'Esprit-Saint, on fait promptement et avec allégresse, soigneusement et sans exception, pour l'honneur et l'amour de Dieu, tout ce qu'il ordonne et tout ce qu'on sait lui être agréahle. La ferveur suppose la piété, complète la dévotion, et si elle n'est pas encore la sainteté et la perfection, elle ne peut manquer de l'être bientôt.
A cette question : « Quis est fervens spiritu?» saint Basile répond : « Qui cum ardenti studio, et inexplebili cupiditate, et assiduà diligentià voluntatem Dei facit in charitate Christi Jesu Domini nostri ; convenienter illi quod scriptum est : In mandatis cjus cupit nimis. » (Pierjul. brev. înterr. 259). L'Imitation dit à son tour : « Homo fervidus et diligens ad omnia est paratus. » (î. Lib. c. xxv). Saint Paul recommandait aux Romains la ferveur parces paroles : « Sollicitudine non piori ; spiritu ferventes ; Domino servientes. » (Rom. xn). David relevait la sienne, quand il disait : « Concaluit cor meum intrà me, et in meditatione meà exardcscet ignis. » (Ps. xxxvm). « Cor meum et caro mea exultaverunt inDeum vivum. » (Ps. lxxxiii). « Viam mandatorum tuorum cucurri, cùm dilatasti cor meum. » (Ps. cxvm). Et Jésus-Christ la peint d'un mot en lui-même : « Quae placita sunt ei facio semper. » (Joan. vi îi.)
2° Si^s Coxditioxs. Quatre choses sont requises pour un feu ardent : avoir du feu réel, le souffler avec force, le dégager en faisant tomber la cendre , ne pas épargner le combustible. Quatre choses aussi, sont nécessaires pour la ferveur :
— i° Posséder la vraie charité. Autant le feu maté-
riel et élémentaire diffère des feux follets et fies lueurs phosphoriques, autant la charité capable de produire la ferveur diffère de l'activité naturelle et de la fausse dévotion, qui n'en sont que le simulacre et la contrefaçon. L'activité naturelle, effet du tempérament ou de l'habitude, s'allie quelquefois dans le Clerc avec les vices les plus grossiers ; et la fausse dévotion, accoutumée à faire le triage dans les œuvres, n'est souvent qu'un égoïsme déguisé, une bouffée de chaleur, un feu de paille ; tandis que la charité a pour principe l'Esprit-Saint, pour base l'abnégation, pour ennemi irréconciliable le péché mortel, pour objet constant et universel la volonté de Dieu en toutes choses.
— 2° Attira' en soi avec force l'Esprit-Saint. A lui d'attiser le feu sacré et de lui donner une ardeur et une vivacité toujours croissantes. Mais parce qu'il souffle où il veut, et qu'il attend, pour descendre, qu'on lui crie : Veni, sancte Spiritus, toutnotre soin doit être de l'attirer par nos soupirs véhéments et nos brûlants désirs, à l'exemple du Prophète : « Os meum aperui et attraxi spiritum » (Ps. cxvm) ; d'établir entre lui et nous des courants impétueux par l'oraison, le divin office, la messe, l'action de grâces, la visite au Très. Saint-Sacrement, la lecture spirituelle, le chapelet, etc.; et afin qu'il nous remplisse, nous embrase, nous transforme,de tenir habituellement notre cœur comme sous l'action de ces ventilateurs puissants qui, dans nos usines, tournent avec une rapidité prodigieuse et donnent à la flamme la vertu de dissoudre les plus durs métaux.
Cet esprit de prière, nécessaire au Prêtre pour glorifier Dieu et sauver les âmes, n'est-ce pas ce feu sacré dont le Seigneur avait dit à Moïse : « Ignis autem in altari semper ardebit, quem nutriet Sacerdos subjiciens ligna rhanc per singulos dics, et imposito bolo-
causto, desuper adolebit adipes pacificorum. Ignis est iste perpctuus , qui nunquam deficiet in aïtari. » (Ltv. vi.)
— 3° Se débarrasser incessamment de ses imperfections. Les vues humaines, la recherche des vaines satisfactions, la dissipation, l'impatience, la sensualité, la jalousie, l'esprit du monde : telle est la cendre plus ou moins épaisse qui s'attache à l'âme et, en la recouvrant, ralentit sa ferveur. C'est dans l'examen général et particulier, la confession, les pénitences, les retraites, que l'âme se secoue elle-même, s'épure et rejette toutes ces scories.
— 4° Se porter avec empressement aux œuvres de zèle. Le feu, de* sa nature, tend à se communiquer ; il cherche, il appelle son aliment ; il devine comme instinctivement où il est, et, quand il l'a trouvé, il faut le voir le saisir, le pénétrer, se l'approprier, se l'identifier. Animez une éiincelle, donnez-lui la parole, et demandez-lui ce qu'elle veut. — Je veux brûler. — Quoi? — La maison où je suis. — Et après? — La ville. — Et encore ? — Le royaume et le continent — Et encore? — D'autres continents et d'autres mondes...
Des âmes, des âmes! tel est le cri du Prêtre fervent, sa passion, son unique ambition, sa faim et sa soif, en chaire, au tribunal delà Pénitence, auprès des malades, dans ses conversations. Des âmes partout, des âmes toujours, des âmes à tout prix ! « Ignem veni miltere in terrain, et quid volo nisi ut accendatur? » (Luc. xii.)
3° Portrait de l'ame fervente et de l'ame tiède. « Nimirùm advertere potes in omnibus ferè religiosis eongregationibusvirosrepletos consolatione, surabundantes gaudio, jucundos semper et hilares, ferventes spiritu. die ac nocte méditantes in lege Dei, crebrô suspicientes in cœlum. et puras manus in oratione levantes, sollicitos observatores conscientiae, et devotos
scetatorcs bonovum opcruni : quibus amabilis disciplina, dulce jejunium, vigilia* brèves, labor manuum delectabilis, et univcrsa denique conversationishujus austeritas rcfrigerium videatur. »
« Conlrà sanè invenire est homines pusillanimes et remissos, déficientes sub onere, virgâ et caîcaribus indigentes : quorum remissa lœtitia, pusillanimis tristitia est : quorum brevis etrara compunctio, animaîis cogitatio, tepida conversatio : quorum obedientia sine devotione, sermo sine circumspectione, oratio sine cordis intentione , lectio sine sedificatione : quos denique, ut videmus, vix gchennse metus inbibet, vix pudor cobibet, vix frenat ratio, vix disciplina coercet. »
Saint Bernard ajoute : « Nonne tibi borum vita inferno penitùs appropinquare videtur, dùm intellectu affectui, et affectu inlellectui répugnante, nccesse babent mittere manum ad opéra fortium, qui cibo fortium minime sustentantur, socii plané tribulationis, sed non consolationis? Exsurgamus, obsecro, quicumque bujusmodi sumus , resarciamus animas, spiritum recolligamus, abjicientespcrniciosam tepiditatem, etsi non quia periculos'a est, et Deo solet,,ut interdùm miserabiliter plangimus, etiam vomilum provocare ; eerlè quia molestissima, plena miseriœ et doloris, inlerno plané proxima, et umbra morlis jure censetur.» (In Ascens. S. 5. )
Colloques : 1° Avec saint Jean et saint Pierre. Demander une ample participation à l'amour de l'un, à la ferveur de l'autre.
2° Avec r Esprit-Saint. Solliciter les sept dons que le Pontife a appelés sur nous, dilater notre cœur pour les recevoir.
3° Avec Jésus-Christ. Lui promettre, selon le langage du Pontifical, d'enlever les tacbes qui souillent les âmes des fidèles, ces ornements vivants de l'autel
vivant qui est Jésus-Christ même, par l'eau de la céleste doctrine et des bons exemples.
Propreté des linges et antres ornements destinés an culte.
Mille prescriptions de l'Exode et du Lévitique montrent que Dieu voulait que sa maison fût non-seulement propre, mais magnifique. L'usage du parfum qu'on y brûlait était interdit aux particuliers et aux rois. A l'entrée du Tabernacle, la mer d'airain devait servir de miroir aux prêtres, pour découvrir leurs taches, et ils y devaient laver leurs pieds et leurs mains avant leurs fonctions. Tous les ornements du grandprêtre étaient précieux et splendides -, ceux des ministres inférieurs, quoique moins élégants et moins riches, devaient être si décents et si nets que c'était assez d'une souillure pour exclure du parvis. Il y avait d'immenses piscines où l'on jetait les victimes, et des canaux souterrains pour l'écoulement des eaux. Les rabbins disent même que, par une sorte de miracle permanent, quel que fût le nombre des troupeaux égorgés chaque jour, il n'y eut jamais ni mouches ni mauvaise odeur dans le lieu saint. Au chapitre xxive du Lévitique , Dieu ordonne de placer les lampes « super candelabrum mundissimum , » d'y brûler « oleum de olivis purissimum ac lucidum, » de placer les pains de proposition « super mensam purissimam, » de mettre sur ces pains « thus lucidissimum , m et de les renouveler chaque jour de sabbat. Les oblations devaient être de la plus pure farine, les victimes sans défauts, le pain sans levain, le feu sacré et descendu du ciel. Non-seulement Dieu avait luimême donné en détail le plan du Tabernacle, du Propitiatoire, du Chandelier d'or, de la Table pour les
pains de proposition, de l'Autel des holocaustes ci de l'Autel des parfums, mais il avait prescrit jusqu'à la manière de se servir des moindres vases sacrés, de les porter et de les déplacer, et il y avait peine de mort contre ceux qui transgressaient cesprescriptions. Quiconque étant impur touchait à la chair des hosties pacifiques, était puni de mort. Il y avait des sacrifices pour les fautes involontaires commises dans les cérémonies : les fautes volontaires étaient souvent punies (ie mort. L'hostie pacifique devait être mangée le jour même ou le lendemain : « Si quispost biduum comederit'ex eâ, profanus erit , et impietatis reus. » (Levit. xix). Le reste devait être brûlé le troisième jour.
Les souillures et les purifications légales sont sans doute abolies sous la loi de liberté et de grâce; touteibis la même propreté, une propreté plus grande encore convient au culte nouveau-, et, pour l'entretenir et la recommander , l'Eglise n'a cessé de tracer les règles les plus détaillées et les plus minutieuses. Celles qu'on va lire se trouvent dans les Conciles et les bons auteurs, surtout dans les Statuts de saint Charles et le Cérémonial des Franciscains ; Gavantus les cite littéralement,
-1° Tous les linges, aubes, amicts, surplis, nappes, étoiles, et autres objets destinés au culte divin, doivent être lavés séparément des linges et habits domestiques-, il ne s'agit pas des mouchoirs et essuie-mains.
2° La nappe supérieure de chaque autel doit être changée au moins tous les mois, les deux autres quatre fois dans l'année.
3° Les corporaux doivent être changés toutes les trois semaines -, les aubes, tous les quinze jours : les cordons, tous les deux mois ; les manuterges de l'autel, les amicts, tous les huit jours, du moins lorsque deux de ces objets servent tous les jours ù une dou-
49S zaine de prêtres. On le fait plus ou moins souvent, si le nombre en est plus ou moins grand.
4° Les purificatoires de chaque prêtre doivent être changés tous les huit ou quinze jours au plus 5 il convient que chacun ait le sien. On suit à peu près les règles précédentes pour les surplis qui servent aux prêtres et aux clercs. Le marchepied de l'armoire ou de la crédence où le prêtre s'habille doit être toujours couvert d'un tapis, afin que l'aube ne se salisse point.
5° Les essuie-mains de la sacristie sont changés une ou deux fois la semaine ; en temps humide, on les fait sécher au feu tous les jours.
6° Les petites nappes de communion doivent être changées deux fois par mois ; les grandes, tous les deux mois. Ces règles n'empêchent pas de les changer plus souvent, quand il y a quelque saleté ou d'autres raisons. Dans les grandes solennités, on ne se sert que de linge propre et du plus beau.
7° Quand les messes seront finies, les nappes des autels seront couvertes de leurs tapis, après qu'on y aura passé légèrement une brosse ordinaire destinée à cet usage. Chaque semaine ces tapis ou couvertures seront bien secoués et nettoyés de la poussière, outre que chaque malin on les secoue légèrement; on les expose à l'air tous les trois mois.
8° Les corporaux et les purificatoires qui ont servi doivent être mis dans un coffre ou une corbeille uniquement destinée à cet usage. Avant de les donner à blanchir, il faut les faire laver par un clerc dans les Ordres sacrés, d'abord avec de la lessive et du savon , ensuite deux fois dans l'eau seule. Un vase spécial est réservé pour ce ministère, et toute l'eau doit être versée dans la piscine.
9° Quand les surplis et les aubes ont été blanchis, on les fait plisser ; toutes les fois qu'on les renferme après qu'ils ont servi, si on ne les plisse pas, il faut au moins les plier convenablement. '->.
40° Il faut aussi que les corporaux soient empesés et plies en trois ; le temps le plus propre à ce travail est du mois de mai à celui d'octobre. Lorsque tous ces linges sont bien secs, on les plie et on les met dans des boîtes séparées, afin qu'on les trouve facilement. On y renferme des roses sècbes, de la lavande ou d'autres choses semblables, soit pour la bonne odeur et la propreté, soit pour éloigner les insectes.
44° Aucun prêtre ne doit monter à l'autel avec des souliers sales ; il faudrait donc toujours en avoir à la sacristie pour cette fin. Il doityavoir aussi une brosse pour nettoyer les habits ordinaires des prêtres avant qu'ils prennent les habits sacrés. En outre, tous les ornements et les linges, classés selon la différence de leur couleur, leur richesse et leur usage, doivent avoir leurs armoires distinguées par une étiquette.
42° Les chasubles doivent être étendues sans plis ni rides avec leurs accessoires et les couvertures des Missels, si l'on s'en sert, dans des tiroirs à coulisses, qui aient du gros papier au fond, avec des roses sèches ou des herbes odoriférantes. On en met plusieurs selon la grandeur des tiroirs. On place de même les tuniques et les dalma tiques, On recouvre le tout d'un gros papier ou d'une toile, pour conserver ces choses plus propres. Il faut une étoffe entre les deux parties de ce qui est tissu ou brodé d'or ou d'argent, afin que le frottement ne cause aucune détérioration.
43° Les chapes, surtout si elles sont en or ou en argent, devraient être étendues dans une grande armoire ; s'il faut les plier, on doit éviter de faire porter les plis sur le chaperon, et mettre une toile entre les parties opposées. Toutes les fois qu'on tire ces ornements des armoires, il faut les déposer sur une nappe propre, et même les couvrir d'une toile, s'ils doivent y rester quelque temps. Il faut de temps en temps , quand le ciel est serein, exposera l'air, mais non au
soleil, les ornements qui servent rarement, pour les empêcher de moisir ou de contracter une mauvaise odeur ; on pourra le faire aux mois de mai et de septembre, et une fois en hiver, quand le temps est convenable.
44° Chaque devant d'autel doit rester étendu fixe à son cadre, s'il est possible ; on peut y en ajuster deux de diverses couleurs, afin que, dans le besoin d'en changer, on n'ait qu'à tourner le cadre. On les place dans une grande armoire, après en avoir ôté les franges placées en long au-dessous de la partie supérieure, sans y être cousues. Pour ne pas les détériorer par le frottement, on interpose toujours une toile, soit dans l'armoire, soit devant l'autel. Il sera commode d'avoir une toile assez ample pour couvrir les deux côtés ou un seulement à volonté, étant fixée par le milieu. S'il faut plier un devant d'autel où se trouve une croix ou une image brodée, on évite de la froisser et on interpose une toile.
45° Avant de renfermer les tapis et grosses étoffes destinés à être étendus par terre, on doit en ôter la cire et autres choses qui s'y seraient attachées ; on les expose à l'air, on les secoue avec soin pour en ôter la poussière, on les nettoie bien avec une brosse, après cela on les plie et on les met à leur place.
46° Les fenêtres de la sacristie doivent être ouvertes souvent par un ciel sec et serein-, on sort un peu les tiroirs, afin que ce qu'ils contiennent profite aussi du renouvellement de l'air.
Plût à Dieu que ces règles fussent observées dans toutes les sacristies ! Indépendammen t de la propreté et de l'économie, comme elles contribueraient à la dévotion des Clercs et à l'édification des fidèles !
i'raprcté des autels et autres objets destinés au culte.
Ces règles sont la suile des précédentes, et ont été puisées par Gavantus aux mêmes sources.
1° Deux fois l'année, par un temps sec, on dépouille les autels depuis la messe jusqu'à vêpres ; on enlève le marchepied, et l'on nettoie partout. On nettoie aussi les autels avec un petit balai, quand on change le devant ou les nappes. On frotte légèrement la toile cirée qui couvre la pierre sacrée, soit qu'elle n'occupe que le milieu de l'autel, soit qu'elle en couvre toute la table ; s'il arrivait qu'elle ne fût pas ainsi couverte, on n'y toucherait pas par respect pour le saint chrême.
2° Chaque mois on nettoie, avec une brosse de poils flexibles ou un petit balai, les tableaux et leurs ornements, l'extérieur du tabernacle , les dorures de l'autel et le baldaquin placé au-dessus.
3° Chaque jour on nettoie le marchepied de l'autel, si l'on doit y dire la messe.
4° S'il y a des crachoirs, on les nettoie au moins tous les huit jours; on approprie aussi souvent la place des burettes.
5° Les chandeliers, croix, encensoirs et autres objets argentés ne doivent point être touchés avec la main nue, quand on peut l'éviter; on se sert d'une étoffe, ou bien on les prend par l'endroit qui n'est pas argenté. Avant de les renfermer, s'il y a de la poussière, de la cire ou quelque saleté, on les frotte légèrement avec un linge ou une étoffe molle. Si cela ne suffit pas, on les frotte légèrement avec un linge fin ctdc la paille brûlée. Si l'encensoir est noirci par lefeu, s'il y a beaucoup de cire collée, on le ncltoie avec un pinceau rude dans la lessive bouillante mêlée de sel:
il faut cependant prendre garde à ne pas altérer les dorures, et consulter plutôt les hommes de l'art.
6° Deux calices et deux patènes, servant tous les purs au moins à douze prêtres, doivent être frottés légèrement avec la main dans l'eau tiède tous les quinze jours, et avec du savon tous les mois. Dans ce dernier cas, après les avoir fait sécher au soleil ou au feu pendant un quart-d'heure, on les lave bien avec la lessive chaude, on les frotte avec une brosse pour en bien ôter le savon, surtout s'ils sont ciselés ; on peut y employer du son bouilli, et les laver de suite deux ou trois fois dans l'eau propre. Tout cela doit être fait par un clerc dans les Ordres sacrés, et dans le vase destiné à laver les corporaux et les purificatoires ; ces diverses ablutions doivent être jetées dans la piscine. On le fait plus rarement à proportion, quand il y a moins de prêtres.
7° Les pièces d'argenterie ou dorées qui sont toujours exposées, doivent être légèrement frottées tous les huit jours avec un linge fin ; s'il faut les renfermer, c'est en ce moment qu'on les nettoie ; on peut aussi y employer le savon ou le son, comme il a été dit au sujet des calices.
#° Les chandeliers et autres objets en cuivre doivent être touchés au moyen d'une étoffe, ou saisis par la pointe en fer. S'ils servent continuellement, il faut en ùter tous les trois jours la poussière et la cire qui a coulé dessus : on les nettoie de même quand il faut les renfermer. De plus, tous les quatre mois, il faut les nettoyer soigneusement avec de la pierre ponce pulvérisée, ou dutripoliqui éloigne les mouches pendant l'été, en se servant d'un cuir de buffle ; à défaut de cela, on se sert de brique bien pulvérisée et d'une étoffe rude, mais jamais d*eau. On rend ces objets plus brillants, mais pour peu de temps, en se servant du marbne pulvérisé avec du suc d'orange ou de citron, qu'on
peut remplacer par celui des raisins sauvages ou des herbes acides ; on n'emploie jamais le vinaigre. Lorsque ces objets ne sont pas exposes, il faut les serrer dans des étuis de carton ou des sacs de toile propres à les préserver de la poussière et à les conserver nets et brillants.
9° Les lampes en verre qui servent tous les jours, doivent être nettoyées deux fois par mois avec du son et de l'eau chaude.
40° Les burettes, outre le nettoiement de chaque jour, doivent être rincées tous les mois avec des coquilles d'œuf brisées, et nettoyées avec un instrument en bois qu'on y introduit; ou avec d'autres moyens, si l'on en trouve de plus efficaces. Leurs couvercles doivent être essuyés chaque jour quand on les renferme.
11° Le plat des burettes doit être nettoyé et essuyé tous les jours ; s'il est d'étain, il faut le laver tous les trois mois dans la lessive chaude, le frotter avec de l'avoine ou d'autres graines qui ont des enveloppes, ou avec des coquilles d'œuf pilées, le laver de nouveau avec de l'eau claire, le faire sécher, et l'essuyer avec un linge propre.
42° Les vases de cuivre qui servent pour laver les calices, etc., doivent être bien nettoyés avant etaprès-, deux fois chaque année, il faut les laver avec soin, employant, s'il est nécessaire, de la brique pilée ou du sable ; s'ils sont étamés, on emploie du son avec de l'eau.
13° Quand le sacristain ou un autre a confectionné des hosties, il doit graisser le moule avec de l'huile, mettre un papier entre les deux parties avant de les unir, racler la suie qui est à l'extérieur, le nettoyer avec un linge grossier, et le placer dans un lieu décent.
Que faudrait-il penser du clergé d'une, paroisse, si, au mépris de ces règles, on voyait :
1° Dans l'église, des chaises éparses qui obstruent
les passages, le catafalque en permanence, une lampe le plus ordinairement éteinte, des fonts baptismaux où l'éponge ne passa jamais, les toiles d'araignée envahissant les voûtes et les fenêtres, une épaisse poussière couvrant les statues, les tableaux, les confessionnaux, les stalles , etc.?
2° Dans la sacristie, un bénitier et une fontaine sans eau, l'essuie-main infect, l'encensoir rouillé, des burettes mutilées, la croix et ie drap funéraire d'une malpropreté dégoûtante, le vase contenant les saintes huiles jeté au hasard, le surplis et l'étole employés pour l'Extrênie-Onction roulés autour de la bourse ?
3° Dans les armoires, des cordons rompus, des barettes hideuses, des missels maculés et lacérés, des aubes condamnées à servir indéfiniment, les chasubles froissées , la bordure des étoles crasseuse et repoussante, les pales et les corporaux usés et tachés, les vases sacrés qu'aucune main ne lave ni n'essuie ?
4° Dans les flancs de l'autel, un antre rempli de débris; sur l'autel, des chandeliers, un crucifix, des reliquaires couverts de poussière, des gradins où gisent mille objets, des canons qui dépareraient une chaumière ; dans le tabernacle, un corporal en désordre, la custode et le ciboire dans le même état que tous les vases sacrés, la garniture tombant en lambeaux, les araignées peul-ètre?...
Où seraient alors le nitidè et le diligentissimè recommandés par l'Evèque ?
Jésus priant an jardin des ©Uviers, instruit le §ous-Diacrc l'écitant son Oîïicc.
Premier Prélude. Après la Cène et l'hymne d'action de grâces, Jésus vint au mont des Oliviers pour prier. Trois fois il conjura son Père d'éloigner de ses lèvres
le calice de sa Passion, si telle était sa volonté. La tristesse l'ayant réduit à l'agonie et lui faisant suer le sang, il redoublait sa prière.
Deuxième Prélude. Se représenter l'obscurité profonde de la nuit, la montagne qui domine Jérusalem, les oliviers épais et touffus, Pierre, Jacques et Jean qui dorment non loin de leur Maître, Jésus prosterné.
Troisième Prélude. Puisque la prière devient pour moi une obligation stricte et sacrée, faites-moi la grâce, ô Jésus, de comprendre et de mettre en pratique les leçons que vous me donnez dans cette scène solennelle et attendrissante.
Dans cette prière il faut remarquer :
lu La solitude du lieu. Comme s'il eût eu besoin d'échapper aux distractions et de favoriser le recueillement intérieur, Jésus choisit la nuit : « In nocte hàc » (Mare, xiv) ; une montagne : « în montem Oliveii » (Matlh. xxvi); un jardin : « Ubi erat hortus. » (Joan. xvin). Il laisse à l'écart huit de ses Apôtres : « Et dixitdiscipulis suis : Sedete hic donec vadam illuc et orem » (Mat th. xxvi) ; il s'éloigne même un peu des trois Apôtres chéris qu'il retient avec lui : « Et cùm processisset paululùm. » (Marc, xîv.)
Puisqu'il s'agit, dans la récitation du Bréviaire, dans l'oraison et les autres exercices spirituels, de converser de bouche à bouche avec Dieu, de lui parler, de l'écouter, avec quel soin ne dois-jepas choisir le temps et le lieu les plus propres à favoriser le silence et la piété ! A l'exemple de Jésus, les Saints aimaient à prier la nuit, avant ou après leurs travaux journaliers, dans le lieu le plus secret de leur maison, au pied des autels solitaires, au fond des bois ou au sommet des montagnes.
2° La révérence de l'attitude. Il se met d'abord à genoux devant la majesté de son Père : « Et positis
genibus orabat » (Luc. xxn) ; puis il se prosterne le visage contre terre : « Procidit in faciem suam, orans.» {Matth. xxvi.)
En public et dans le temple, Jésus prenait l'attitude prescrite par les rites et l'usage ; mais en particulier, il s'abandonnait aux mouvements de sa dévotion. Si j'étais convaincu d'un côté de l'infinie grandeur du Dieu auquel s'adressent mes prières, de l'autre de Pin-. lîuence du respect extérieur sur les dispositions intérieures de l'âme, mon maintien dans mes prières ne serait-il pas tout autre? Les Saints se plaisaient encore à prier à genoux, à se prosterner, à baiser la terre , à tenir leurs bras étendus.
3° La ferveur, la résignation, la persévérance. « Qui in diebus carnis suce preces supplicationesque ad eum, qui possit illum salvum facere à morte, cum cîamore valido et lacrymis offerens, exauditus est pro suâ reverentiâ. » (Jlebr. v). Une prière mêlée de supplications, arrosée de larmes, entrecoupée de sanglots et de cris aigus : quoi de plus capabie de toucher le cœur de Dieu?
Toutes les formules pour exprimer la plus parfaite résignation sont ici épuisées : « Pater, si vis, transiér calicem istum à me : verumtamen non mea voluntas, sed tua fiât » (Luc. xxn). « Abba Pater , omnia tibi possibilia sunt : transfer calicem bunc à me ; sed non quod ego volo, sed quod tu. » (Marc. xiv). « Pater mi, si possibilc est , transeat à me calix isie : verumtamen non sicut ego volo, sed sicut tu. » (Matth. xxvi). « Pater mi, si non potest bic calix transire nisi bibam illum, bat voluntas tua. » (Jbid.). Quelque ebose que nous sollicitions, quelque soit notre désir d'être exaucés, le point sur lequel H faut insister le plus et quj demande une répétition plus énergique, c'est celui de notre total abandon à la volonté divine.
A mesure que l'heure du combat approchait, Jésus
redoublait sa prière ; il y employa tout le temps qui s'écoula depuis le sermon de la Cène jusqu'à l'arrivée de Judas ; il redisait sans cesse la même parole; mais que cette parole exprimait bien les sentiments de son âme ! « Iterùm secundo abiit, etoravit. » (Mat th. xxvi). «Etrelictisillis, iterùm abiit, et oravit tertio, eumdem sermonem dicens. » (Ibid.). « Et factus in agonià, prolixiùs orabat. » (Luc. xxii.)
Hélas ! ma ferveur dans mes prières se ralentit bientôt : aujourd'hui brûlant d'amour, demain froid comme glace. Loin de faire éclater ma résignation, je ne désire que l'acoomplissement de ma volonté; et quand la seule volonté de Dieu se fait, je me décourage et me désespère. Beaucoup de paroles, peu d'attention et de sentiments. Quand le danger presse, que la tentation harcelle, que l'occasion devient plus vive et plus séduisante, c'est alors précisément que je cesse d'implorer le secours d'en-haut.
4° La suavité des reproches adressés aux Apôtres. « Et venit ad discipulos suos, et invenit eos dormientes, et dicitPetro : Sic non potuistis unà horâ vigilarc mecum? » (Matth. xxvi). « Simon, dormis? non potuisti unâ horâ vigilare? » (Marc. xiv). « Dormi te jam, et requiescite : ecce appropinquavit hora, et Filius hominis tradetur inmanus peccatorum. » (Matth. xxvi). Ce n'est qu'à la troisième visite, que Jésus mêle un peu d'ironie au reproche. Dans les deux premières, il compatit à leur faiblesse. Ils n'avaient pris aucun repos depuis la Cène; leur sommeil était en partie l'effet de la tristesse. « Dormienles prœ tristilià, » dit saint Luc, et saint Marc peint ainsi leur accablement : « Erantcnim oculi eorumgravati, et ignorabant quid responderent ei. » Il n'en fallait pas tant pour toucher le cœur d'un si bon Maître !
Combien de fois j'ai mérité le même reproche, sans avoir les mêmes excuses que les Apôtres ! Et lorsque
j'ai cru devoir l'adresser moi-même à d'au 1res, souvent après, quelquefois pendant mes exercices de piété, qu'il s'en faut que j'aie imité le doux et compatissant Jésus !
5° L'importance des recommandations et des maximes. « Tune ait illis : Tristis est anima mea usque ad mortem : sustinete hic, etvigilate mecum. » (Matth. xxvi). « Yigilate et orate, ut non intretis in tentationem. » (Ibid.). « Spiritus quidem promptus est, caro autem infirma. » (Ibid.). « Surgite, eamus : ecce qui tradet me, prope est. » (Marc, xiv.)
Témoin des crimes qui se commettent, des âmes qui se perdent, des trahisons que les nouveaux Judas lui préparent, Jésus m'invite à joindre mes prières aux siennes. Parfaitement instruit de ma faiblesse et des pièges de Satan, il m'avertit de veiller, de prier, de me défier de moi-même : serai-je sourd à cette invitation et à cet avertissement?
Colloque avec Jésus. Lui demander pardon de nos irrévérences et de notre lâcheté dans la prière. Lui dire avec les Apôtres : Domine, doce nos orare. Lui offrir nos résolutions pour la récitation de l'Office.
Jésus récompensant la virginité de saint Jean, instruit le Sons-Diacre pratiquant la chasteté.
Premier Prélude. C'est à sa pureté virginale, disent les Pères, que saint Jean dut la triple faveur de reposer sur la poitrine de Jésus, d'être donné pour fds à Marie , et de porter son vol au sein de la Divinité même.
Deuxième Prélude. Se représenter tour à tour la Cène où Jean occupe la place d'honneur, le Calvaire où il reçoit le plus précieux des dépôts, le sein de l'adorable Trinité où il plonge son regard.
Troisième Prélude. Demander la grâce de comprendre l'estime qu'a faite Jésus de la virginité, et celle «ie participer aux prérogatives dont il l'a récompensée dans la personne de saint Jean.
1° jésus donne a saint jean son coeur a la cène, et saint Jean traite dès-lors avec Jésus comme l'ami avec son ami. « Erat ergô recumbens unus ex disciputis ejus in sinu Jesu, quem diligebat Jésus. Innuit ergô huic Simon Petrus, et dixit ei : Quis est, de quo dicit? Itaque cùm recubuisset illc supra pectus Jesu, dicit ci : Domine, quis est? Respondit Jésus : Ille est, cui ego intinctum panem porrexero. » (Joan. xm). Que peuvent avoir de cache l'un pour l'autre deux amis? N'est-ce pas une même âme en deux corps différents? Ni saint Pierre qui se sert de saint Jean pour découvrir un secret de Jésus, ni saint Jean qui s'adresse avec une liberté respectueuse à Jésus, ni Jésus qui répond confidentiellement à saint Jean, n'ignorent cette loi inviolable de l'amitié. Eli ! où trouver un gage d'amitié comparable à celui que reçoit ici saint Jean ? Non content de l'admettre sur le même lit, autour de la table où il mange au même plat , où il boit à la même coupe, Jésus veut encore qu'il se penche et se repose sur sa poitrine, qu'il se rechauffe aux ardeurs de son cœur, qu'il en sente toutes les palpitations brûlantes, tous les battements impétueux, qu'il y puise l'amour comme à sa source. Aussi n'est-ce plus que par cet amour que Jean se nomme et se désigne-, c'est le seul titre qu'il se donne et dont il fasse cas.
0 virginité, voilà ton ouvrage! « Diligebat autem eum Jésus, quoniam specialisprœrogativa castitatis «mp'liori dilectione feccrat dignum. » (Offic.S. Joan.). Les âmes pures ont un merveilleux instinct pour se reconnaître, cl un irrésistible penchant à s'aimer. Rien ne les sépare, et tout les rapproche. C'est le même dégoût dés choses charnelles, la même aspiration vers les délices
spirituelles, le même élément, la même constitution, si l'on peut s'exprimer ainsi, la même vie. Telle la colombe cherche l'innocente colombe. Telle la flamme s'unit à la flamme , et monte avec elle à sa sphère. Jésus trouve la virginité , quelque part qu'elle soit ;j et, à son tour, la virginité ne peut manquer de trouver Jésus.
2° Jésus donne a saint Jean Marie sur le Calvaire, et saint Jean est désormais avec, Marie comme l'enfant avec sa mère. « Cùm vidisset ergô Jcsus ma-' trem , et discipulum stantem quem diiigebat, dicit matri suœ : Mulier, ecce filius tuus. Deinde dicit diseipulo : Ecce mater tua. Et ex iilà horâ aceepiteamdiscipulus in suâ. » (Joan. xix). Marie et saint Jean assistent à la mort de Jésus pour y recevoir ensemble, avec la tendresse du dernier adieu , les présents qu'il a à leur faire. Mais que leur donnera-t-il , nu , dépouillé comme il est? L'un et l'autre sont là pour lui dire : Isous sommes à vous. Voilà tout le bien qui lui reste , et dont il peut disposer par son testament. 0 amour ingénieux de Jésus ! Il faut leur donner , il faut les donner eux-mêmes. Jean, je vous donne Marie, et je vous donne en même temps à Marie : Marie est à saint Jean, saint Jean à Marie. Vous devez vous rendre heureux l'un l'autre par une mutuelle possession. Et lui qui tourne les cœurs ainsi qu'il lui plait , et dont la parole est toute-puissante, opère en eux tout ce qu'il leur dit, et fait Marie mère de Jean, et Jean fils de Marie.
C'est ici un second prix de la virginité : « In cruce denique moriturus, huic matrem suam virginem virgini commendavit : quia virgo electus ab ipso, virgo in sevum permansit. » (Offc. S. Joan.), Tout ce que l'amour de Jésus avait de tendre et de respectueux pour sa sainte Mère devait vivre à l'avenir dans l'héritier de cet amour; cr un cœur vierge était seul ca-
pable de ces respects et de ces tendresses. De plus , cet amour de Jésus pour sa Mère l'obligeait à lui laisser, en se retirant, son portrait si vif et si naturel, qu'il pût charmer et presque tromper sa douleur •, mais quel autre qu'un disciple vierge eût offert à Marie cette image parfaite et naïve de Jésus? C'est la virginité qui fait succéder saint Jean à Jésus, l'honore de sa ressemblance, et lui fait tomber en partage une mère vierge.
3° JÉSUS DONNE A SAINT JEAN SON REGARD D'iKTUITION DANS SON EVAiNGILE, ET AUSSITÔT SAINT JEAN PARLE DE LA DIVINITÉ COMME LE FlLS PARLAIT DU PÈKE. « In printi-
pio erat Verbum, et Verbumerat apud Deum, etDeus erat Verbum. Hoc erat in principio apud Deum. »(c. i). Les saints Pères, voyant saint Jean s'élever à une telle hauteur, ne se bornent plus à l'appeler : « Benjamin Christi, Dciparœ adoptivus, virgo sine labe, deliciae fidelium ; » ils l'appellent « Evangelistarum aquila , « Cherub et Séraphin Dei , sapientiœ abyssus, chance tatisincendium, sol Ecclesia?, Theologorum vertex, « Prophetarum apex, cœli fulmen, orbis tonitru, alpha « et oméga Scripturœ, secretarius Verbi œterni, the- « saurarius omnium ejus opum et charismatum. » Les autres Evangélistes, dit saint Augustin, marchent sur terre avec i'IIomme-Dicu : « Istum autem quasi piguerit in terra ambulare, sicut ipso exordio sui sermonis intonuit, erexit se non solùm super terram, et super omnem ambitum aeris et cœli, sed super omnem etiam exercitum Angelorum, omnemque constitutionem invisibilîum Polestatum, etpervenit ad eum per quem facta sont omnia, dicendo : In principio erat Verbum. » (In Joan. 36.)
N'est-ce pas encore là ta gloire, ô virginité ? C'est toi qui as donné des ailes à saint Jean pour prendre son essor, toi qui as épuré son regard, toi qui l'as associé aux plus sublimes Séraphins, toi qui lui as permis de plonger au sein de la Divinité : « De Domini divini- j
late quomodô nullu-j alius est locutus : hoc eructabat quod biberat. >Ton enim sine causa de illoin islo ipso Evangelio narratur, quia et in convivio supra pectusDomini discumbebal. » (S.Aug. ibid.). Et qui pourrait dire l'abondance de lumière et de grâce qu'attirait sur lui tous les jours Marie , comme elle échauffait son cœur par la communication des ardeurs du sien, l'impression que faisait sur son âme ce regard modeste, cette conversation plus qu'angélique?
Colloques : 1° Avec Jésus. « Ecce venio ad te, quem amavi, quem quœsivi, quem semper optavi. » (Offlc. S. Agnetis). « Qui pergis inter lilia, septus choreis virginum, sponsus decorusglorià, sponsisquereddens praemia. » (Offic. Yirg.). « Rex virginum , et amator castitatis et integritatis, cœlesti rore bcnedictionis tuœ exstingue in corpore meofomitem ardentis libidinis: utmaneat in me ténor castitatis corporis et animée-. » (Orat. S. Ambr.)
2° Avec Marie. Obtenez-moi la pureté , afin que moi aussi je puisse me dire et me signer: l'ami de Jésus et l'enfant de Marie.
3° Avec saint Jean. Puisque la virginité vous a mérité le cœur, la mère et le regard d'intuition de Jésus, obtenez-moi la pureté, et avec elle l'amitié de Jésus, la protection maternelle de Marie, et une plus claire vue de Dieu dans le temps et dans l'éternité.
Jésus lavant les pieds de ses Apôtres , instruit le Sons-Diacre exerçant ses humbles emplois.
Premier Prélude. Saint Jean relève d'abord la charité et la grandeur de Jésus ; il le peint ensuite aux pieds de ses Apôtres, aux pieds de Pierre, aux pieds de Judas -, puis il cite le précepte que donne Jésus, après avoir donné l'exemple.
Deuxième Prélude. Se représenter le Cénacle , la table ; les lits placés autour, les Apôtres, Jésus ceint d'un linge et tenant un bassin,
Troisième Prélude. Demander la grâce de comprendre et d'imiter ces grandes leçons de charité , d'humilité , de pureté.
4° Préambule. Charité de Jésus. « Ànte diem festum Paschse, sciens Jésus quia venit hora ejus ut transeat ex hoc mundo ad Patrein , cùm dilexisset suos, qui erant in mundo , in finem dilexit eos. Et cœnà factà, cùm diabolus jam misisset in cor, ut traderet eum Judas Simouis Iscariotce... » (c. xm.)
Le jeudi au soir, la veille de sa mort qui devait être sa Pàque et la nôtre , c'est-à-dire le passage de ce monde à son Père , après avoir mangé l'agneau figuratif et pris le repas de famille qui suivait cette cérémonie, Jésus, sans se laisser arrêter ni par la trahison et le sacrilège de Judas qu'il connaissait, ni par les trahisons et les sacrilèges des laïques et des prêtres de toutes les nations et de tous les siècles, voulut nous donner, dans le lavement des pieds et dans l'institution de l'Eucharistie, le gage d'un amour plus tendre et plus intime, d'un amour plus libéral et plus communicatif, d'un amour soutenu jusqu'à la fin et poussé jusqu'à l'excès.
0 Jésus, aux approches de ma mort, faites-moi produire des actes de vertu plus héroïques , tant pour croître toujours en sainteté , que pour édifier mes frères à ce moment solennel, et pour mériter un heureux passage.
Grandeur de Jésus. « Sciens quia omnia dédit ei Pater in manus, et quia à Deo exivit et ad Deum vadit. » Maître absolu de tout, et comme Créateur par le droit de sa naissance, et comme Rédempteur à litre d'achat et d'acquisition ; sorti de Dieu qui l'engendre et avec lequel il est consubstantiel, et retournant à
Dieu dont la gloire lui est propre et naturelle ; sur le point d'accomplir ce glorieux retour et de prendre possession de son empire : étant tel et se sachant tel, ayant présent à l'esprit tout ce qu'il était dès l'éternité et dans le temps, et ce qu'il allait devenir par sa résurrection et son ascension triomphante, Jésus voulut bien nous laver les pieds !
0 mon àme, n'oublie jamais les grandeurs de Jésus dans ses abaissements. Plus il s'humilie, plus il faut l'adorer. Et toi, de quelques dons que tu te croies comblée, descends, descends jusqu'à ton néant.
2° Lavement des pieds. Des Apôtres. « Surgit à cœnà, et ponit vestimenta sua : et cùm accepisset linteum, prœcinxit se. Deinde mitîitaquam in pelvim, et cœpit lavare pedes discipulorum, et extergere linteo quo eratprsecinctus. » Il dépouille les habits d'honneur que portaient les personnes libres, et ne garde que l'habit qu'ont coutume de porter ceux qui servent ; il se ceint d'un linge, comme cela se pratique dans les plus vils services j il lave les souillures et la poussière qui s'attachent autour des pieds en marchant nu-pieds, comme le font à leur maître les derniers d'entre les serviteurs. Lui-même fait tout sans l'aide de personne : lui-même il pose ses habits ; il se met luimême le linge ; il verse l'eau lui-même dans le bassin: de ces mêmes mains qui ont guéri les malades, de ces mêmes mains qui dispensent toutes les grâces, de ces mêmes mains qui sont les mains d'un Dieu, il lave et essuie les pieds de ses disciples.
Me plaindrai-je encore et de ce que j'en fais trop pour les autres, et de ce que les autres n'en font pas assez pour moi ?
De saint Pierre. a Venit ergô ad Simonem Petrum. » Il commence par le chef de l'apostolat, car c'est par les Supérieurs que doit commencer la réforme. « £t dicit ei Petrus : Domine, tu mini lavas pedes ! » Vouss
à moi ! Un Seigneur, et un tel Seigneur, à son esclave ! Le Fils de Dieu, à un pécheur ! « Respondit Jésus, et dixit ei : Quod ego faeio, tu nescis modo, scies autem posteà. » Laissez-moi faire, je sais pourquoi je le fais. Vous ne connaissez encore ni le mystère de mes humiliations, ni la nourriture divine que je vous destine et à laquelle je vous prépare. Mille autres desseins de ma providence à l'égard des hommes et à votre égard vous sont inconnus aujourd'hui. Laissez vous conduire, croyez, adorez, et vous comprendrez chaque chose en son temps. « Dieit ei Petrus : Non lavahis mihi pedes in œternùm. » On reconnaît ici la vivacité du caractère de Pierre, la grandeur de sa foi et la profondeur de son humilité. Mourir pour Jésus , à la honne heure •, mais le souffrir à ses pieds, jamais ! « Respondit ei Jésus : Si non lavero te, non hahebis partem mecum. » Etre séparé de Jésus, ne faire point la Pâque avec lui, n'être plus de sa compagnie, n'avoir plus de part à son royaume ! cette pensée fait frémir. Combien cependant de pécheurs, en refusant de se laisser laver de leurs souillures dans le sang du Sauveur, en s'éloignant de sa table pour se livrer plus librement à leurs passions, tombent sous le coup de cette menace ! « Dicit ei Simon Petrus : Domine, non tantùm pedes meos , sed et manus, et.caput. » Pieds et mains, tout ce que je suis, la tète même, je vous livre tout. Lavezmoi commevous voudrez, je veux être avec vous, être à vous, à quelque prix que ce soit; faites ce que vous voudrez, non-seulement de mes pieds, mais encore de mes mains et de ma tête. « Dicit ei Jésus : Qui lotus est, non indiget nisi ut pedes lavet, sed est mundus totus. » Comme celui qui sort du bain n'a besoin avant de se mettre à table, que de cette précaution pour nettoyer la poussière contractée en marchant; ainsi celui qui a été purifié de ses péchés par le Baptême ou la Pénitence, n'a besoin, avant de s'approcher
2Î3 de l'Eucharistie, que de se purger des fautes vénielles contractées dans l'usage de la vie humaine. L'acte de contrition, ou une simple confession suffit •, qu'est-il nécessaire, o scrupuleux, de vouloir encore laver les mains et la tète par des confessions générales ?
De Judas. « Et vos mundi estis, sed non omnes. Sciebat enim quisnam esset qui traderet eum ; proptercà dixit : Non estis mundi omnes. » Judas, tu vois l'état humilié de Jésus qui te lave les pieds et s'offre à laver ton àme, et tu n'es pas touché ! Jésus voit l'état criminel de ta conscience dont il signale la noirceur, et tu n'es pas effrayé !
0 Jésus, lorsque tant d'autres vous adorent dans votre Sacrement, ne permettez pas que je vous trahisse jamais.
3° Leçon donnée. Obligation d'imiter Jésus. « Postquam autem lavit pedes eorum, et accepit vestimenta sua, cùm recqbuisset iterùm, dixit eis : Scitis quod fecerim vobis ? Vos vocatis me Magister, et Domine ; et benè dicilis : sum etenim. Si ergô lavi ego pedesvestrosDominus et Magister , etvosdebetis alter alterius lavare pedes. » Vous ne descendrez jamais si bas que moi ; pratiquez l'humilité et la charité, surtout à l'égard de vos confrères, lorsqu'ils vous prieront de purifier par l'absolution leur âme souillée.
Motifs de remplir cette obligation, « Excmplumeni-m dedi vobis, ut quemadmodum ego feci vobis, itàetvos faciatis. Amen, amen dico vobis :Non est servus major domino suo ; neque apostolus major est eo qui misit illum. Si haec scitis, beati eritis si feceretis ea. » Dans ma vie tout est instruction. Nulle dignité qui affranchisse de l'obligation de m'imiter. Ici-bas les consolations intérieures, dans le ciel une félicité immortelle : tel est le partage de mes fidèles imitateurs.
Colloque avec Jésus. Qu'il nous donne sa chariJÀ et son humilité, la foi et la docilité de saint Pierre.
Travail incessant «le sanetificalSion. spécialement rccouinian«lé au .Vous-SSiaerc.
Premier Prélude. Le Pontife recommande au Sous- Diacre d'être : « assiduus ad ccclesiam, vigil, sobrius, castus, strcnuus, sollicitus e\cubitor, obediens facto ac dicto parens... »
Deuxième Prélude. Se représenter le Pontife donnant le manipule : « Accipe manipulum, per quem designantur fructus bonorum operum. »
Troisième Prélude. Demander la grâce de bien comprendre la nécessite de travailler à sa sanctification, et la grâce d'y travailler de toutes ses forces.
Trois choses importent souverainement au Sous- Diacre.
1° Se convaincue que le Prêtre doit être saint : 4° Comme sacrificateur. Dieu exigeait autrefois des victimes sans défauts, dit Pliilon, « ut per hoc monerentur offerentes, nitidam et immaculatam in conspectu Dci producere animam, eamque cum victimâ suâ offerre. » Quelle sera la sainteté de ceux qui offrent une Victime divine? — 2° Comme paranymphe de V Epouse de Jésus-Christ : « Quanta illum virtute non suà lantùm unius, sed et cœlesti preeditum esse convenit, cui sorte contigit ut Christo sponsam colat, ornetquc? » (S. Joan. Chrys. de Sacerd.). — 3° Comme prédicateur. Saint Bernard appelle monstrueux ce contraste : « Lingua magniloqua, et manus otiosa ; sermo multus, et fructus nullus ; vultus gravis, et actus levis ; ingens aucloritas, et nutans stabiiitas. » (De Consid. 1. n). — 4° Comme médecin des âmes. « Cùrn curam populi electus praesul suscipit, quasi adaegrum medicus accedit. Si ergô adhuc in ejus corpore passfones vivrait, quâ pr.vsumptione percussum mederi properat. qui in facic vulnus portât? » (S. Grcg.
Past. P. ï, c. 9). — 5° Comme modèle des vertus : « Sit communis omnium schola, exemplarque virtutis, vit.e ' tuse splendor omnibus propositus ad imitandum, velut primitiva qucedam imago omnium in se habens quee bona et honesta sunt. » (S. Joan.Chrys. Nom. 4, in Ep. ad Tit.). — G0 Comme purificateur des con sciences : « Reetor semper cogitation* sit mundus , quatenùsnulla hune immunditia polluât, qui boc suscepit offîcium, utinalienis quoque cordibus pollutionis maculas tergat : quia necesse est ut esse munda studeat manus, qure diluere aliorum sordes curât : ne tactu quœque deterius inquinet, si sordida in se mens lutum tenet. Hinc namque perprophetam Isaiam dicitur : Mundamini, quijerlis vasaBomini. » (S. Greg. Past. P. il, c. 2). — 7° Comme médiateur entre le ciel et la terre. Saint Eucher appelle les Prêtres : « Columnse quee nutantis orbis statum orationibus sustinent. » (Hom. 3). Si le monde croule de toutes parts sous le poids de ses crimes et sous les coups de la foudre céleste, a qui faut-il s'en prendre?
Que si l'on demande la définition de la sainteté, les Docteurs répondent : « Sanctitas est ab omni immunditia libéra et perfecta et omninô irnmacuîata munditia. » (S. Dionys. de div. Nomin. c. 12). « Sanctus , 5v«>s, quasi «yo, id est sine terra, qui scilicet à terrenis fsecibus est secretus, purus, cœlestis, ac Deo cohœrens et addictus. » (Orig.). On est d'autant plus saint, qu'on s'éloigne et qu'on se dégage davantage des choses terrestres et impures, pour se remplir des dons célestes et s'unir à Dieu. Saiiit Augustin et saint Thomas parlent dans le même sens.
2° Redouter par-dessus tout de demeurer stati'onnaire. Le plus grand fléau des navigateurs, dit Rodriguez, c'est le calme plat où ils consument leurs provisions sans avancer. « Sidixeris: Sufficit, periisti. Semper adde, semper ambula, semper profice. Noli in
via remancre, noli retrô redire, noli deviare; rcmanet qui non profîcit : relrô redit qui ad ea devolvitur unde jom abscesserat;, deviatquiapostatat. » (S. Aug.). Dans l'échelle! de Jacob, tous les anges montaient ou descendaient : Grande leçon ! s'écrie saint Bernard; il faut se perfectionner ou se pervertir, point de milieu : Dieu seul est immuable. Celui qui a commencé l'œuvre de sa sanctification, dit saint Grégoire, ressemble à l'homme qui remonte à la nage un fleuve rapide ; qu'il cesse un moment de lutter et de se raidir, le courant l'entraîne. S'arrêter, c'est reculer ; ne pas acquérir, c'est perdre ; déposer les armes, c'est être vaincu ; travailler avec lâcheté, c'est défaire son ouvrage : « Qui mollis et dissolutus est in opère suo, frater est sua opéra dissipantis. » ( Prov. xvm ). Ah ! vous ne voulez pas devenir meilleur, vous voulez donc cesser d'être bon i Vous ne voulez pas grimper au sommet , vous voulez donc rouler dans l'abîme !
« Un débiteur ne se croit pas quitte pour avoir payé cent écus, s'il en doit mille, dit saint Grégoire, et le voyageur compte pour peu d'avoir fait la moitié de la route, s'il ne va au bout ; ainsi en doit-il être de la dette de la sainteté et sur le chemin du ciel. » {Moral. L. xxii, c. 5). Oubliez le passé, à l'exemple de l'Apôtre ; ne vous complaisez pas dans les mérites acquis ; ceignez chaque jour vos reins, et, loin de considérer l'espace parcouru, élancez-vous avec une ardeur toujours nouvelle dans cette carrière dont il a été dit : « Pauci inveniunt, pauciores intrant, paucissîmi percurrunt. »
3° Viser a ce qu'il y a de plus haut dans la perfection, atiu d'atteindre au moins au devoir strict et indispensable ; demandera la nature les plus pénibles efforts, les sacrifices les plus héroïques, pour en obtenir au moins ce qui est juste et nécessaire ; se promettre d'éviter même les imperfections et de sui-
Si 7
vrc les conseils, onn de s'affranchir au moins des péchés mortels et véniels, et d'accomplir les préceptes ; se proposer l'acquisition de l'humilité la plus profonde, de la pureté la plus angélique, du zèle le plus ardent, pour arriver au moins à la médiocrité de ces vertus. Qui ne sait que notre volonté, selon la comparaison de Rodriguez, est un arc relâché 5 qu'on n'atteint le but qu'en visant beaucoup plus haut?
D'ailleurs, la perfection est une dette que le Prêtre paie toujours, sans l'acquitter jamais 5 c'est le pain quotidien dont il se nourrit, et qu'il gagne à la sueur de son front ; c'est le .négoce où il doit faire fructifier tous les talents reçus , sans mettre à son ambition ni terme ni mesure. Nul n'est parfait, s'il n'est travaillé du désir toujours plus ardent d'une plus haute perfection ; ce désir est le signe d'une perfection commencée, et le préservatif contre les défaillances et l'engourdissement de l'âme. Le parfait se croittoujours novice, toujours pauvre. Tout manque, au contraire, à l'imparfait qui s'imagine ne manquer de rien. De là la différence des tendances : « Sanctus ponit ascensiones in corde suo, peccator descensiones. » (S. Hier, in verba Ps. 83 : « Beatusvir cujusest auxiliumabste : ascensiones in corde suo disposuit. »). L'un, comme s'exprime l'Ecriture, ressemble au soleil en son matin, qui monte toujours ; l'autre au soleil du soir, qui ne fait que descendre.
Vous dites : Je suis assez riche, je n'ai plus besoin de rien, je ne veux pas être meilleur que mes pères... Ce langage n'est pas d'un chrétien, répond saint Macaire : quiconque jouit de Dieu, ignore la satiété ; plus il le goûte, plus sa faim redouble ; et puisque vous ne sentez pas cette faim, c'est une preuve que vous n'avez pas goûté la manne céleste. Nous avons été créés pour copier Jésus-Christ, pour nous déifier, dit saint Grégoire : croyez-vous donc être déjà un Dieu, un autre Jc-
sus-Christ? Saint Thomas affirme que plus les choses ont de proximité avec leur principe, par exemple, le ruisseau avec sa source, les objets éclaires avec le foyer delà lumière, plus elles doivent participer à sa perfection. Et vous qui aspirez à être le lieutenant de Dieu, le plénipotentiaire de Jésus-Christ, son ange terrestre, vous refusez d'aller de vertu en vertu , de courir à l'odeur de ses parfums, de donner à l'homme intérieur des accroissements toujours nouveaux! Sachez que c'est rét-ister à sa grâce, insultera sa bonté, vous rendre indigne de l'avoir pour modèle et pour maître. « Jésus proficiebat sapientiâ et rctate... Exullavit ut gigas ad currendam viam... Salit in montibus... Transilit colles... » C'est ainsi qu'il s'élance pour descendre jusqu'à vous , ne ferez-vous rien pour monter jusqu'à lui?
Colloques: 1° Avec Notre-Seigneur. Lui adresser, en se l'appliquant à soi-même, l'oraison récitée par le Pontife: Domine sancle, Pater omnipotens...
2° Avec Marie. Lui confier la garde de notre chasteté : Memorare, ôpiissima Virgo Maria, etc..
3° Avec l'Ange Gardien. Le prier de nous rappeler nos résolutions et nos vœux : Angele Dei, qui custos es tnei , etc...
EXERCICES