Le plan de l’ouvrage, au lieu d’être arrondi
présente la forme d’un quadrilatère 3 c’est la plus facile à exécuter, parce que les pierres de la cuve sont
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ordinairement très-dures et qu’on éprouverait beaucoup de difficultés à les tailler en forme ronde , et à les faire joindre parfaitement. Lorsqu’on ne peut se procurer d’assez bonnes pierres , on fait le creuset de toutes pièces avec de l’argile réfractaire et du sable quartzeux qui doit être d’une pureté parfaite. Passées au tamis , ces deux substances sont intimement mêlées ensemble 5 le mélange est humecté avec très-peu d’eau , et battu ensuite à la manière du pisé dans des cadres de bois, qui lui donnent la forme prescrite. Mais toute la partie composant le mur antérieur, y compris la tjmpe , doit être en pierres , pour offrir une plus grande solidité *.
578. Les pierres de l’ouvrage exposées à la chaleur la plus intense, sont sujettes à se fendre et à se déliter , si elles ne sont pas très-sèches -, il est nécessaire pour cette raison de les conserver pendant un an dans un endroit couvert et aéré. La résistance qu’elles sont susceptibles d’offrir, ne peut être indiquée par leurs caractères extérieures ; on ne doit s’en rapporter
* Cette manière de reconstruire les creusets, usite'e exclusivement pour les fourneaux à charbon de bois de petites dimensions, a été employée aussi à Gleiwitz, pour les hauts fourneaux à coke. La construction est facile , prompte et peu dispendieuse. Le fourneau peut être remis en activité au bout de trois semaines ; tandis qu’il peut l’être à peine en quarante jours quand on reconstruit l’ouvrage en pierres. Comme il conserve, dans le premier cas, beaucoup plus de chaleur, il entre plus tôt en plein rapport, et donne même de la fonte grise après la première coulée. Mais , malgré les éloges donnés à ce genre de construction par M. l’inspecteur des fonderies de Gleiwitz, il paraît pourtant que les creusets confectionnés en terre battue durent moins long-temps que ceux qui se construisent en grès réfractaire. Archiv. für Bergbau und Hüttenwesen. T. 2, cahier 1, page 116 et suiv. L. T.
4o QUATRIEME SECTION.
qu’à l’expérience: cependant, il ne faut jamais employer des pierres contenant beaucoup de mica et d’amphibole, ou dont la couleur brune annoncerait la présence du fer.
L’ouvrage s’élargit ordinairement depuis la sole jusqu’à son extrémité supérieure. Les pierres reçoivent le retrait prescrit. Taillées avec les meilleurs outils, elles ne doivent présenter aucune inégalité à leurs surfaces : toute espèce de bosse ou de ressaut devient une cause de destruction. Il faut que leur lit soit parfaitement horizontal; ce n’est jamais en leur donnant une position inclinée à l’horizon qu’on doit former le retrait. La surface qui est dans l’intérieur de la cuve, doit être très-unie et travaillée avec la plus grande précision.
57g. Le nombre des pierres employées dépend de leurs dimensions et de celles de l’ouvrage : on peut le construire avec huit blocs : on pourrait le faire aussi avec une vingtaine ; mais il faut tâcher cependant de se procurer de très- grosses pierres pour diminuer le nombre des joints. Elles ne sont pas dressées ou placées de bout l’une à côté de l’autre * : on les superpose , et si une seule longueur n’est pas suffisante, on emploie deux blocs ; mais il faut que le joint tombe hors du foyer.
Si l’ouvrage était divisé en deux parties, par un plan vertical , parallèle à la tympe et passant par la tuyere, l’une s’appellerait Y avant et l’autre Y arrière foyer ; si le plan , passant toujours par la tuyère, était horizontal , l’une serait la partie supérieure , et l’autre la partie
* On construit quelquefois la rustine avec une seule pierre place'e de bout. Le T.
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inférieure de l’ouvrage; cette dernière s’appelle
aussi
creuset La partie qui est au jour porte le nom à' avant creuset *.
56o. Lorsque l’on reconstruit l’ouvrage, on commence d’abord par placer la pierre de fond, qui, établie sur une couche de sable de 1 6 à 02 centim. d’épaisseur reçoit une position horizontale (pi. 4, fig, Après avoir déterminé l’axe de la cuve avec la plus grande exactitude , de manière qu’il se confonde avec celui de l’ouvrage, on place la rustine (b) en lui donnant l’inclinaison convenable **. Ses côtés contre lesquels viennent s’appuyer les autres pierres , sont taillés d’après l’évasement prescrit. La partie antérieure de l’ouvrao-e reste ouverte le plus long temps possible, afin qu’on puisse approcher les matériaux plus commodément On place les costières (c) et l’on continue d’élever l’ouvrage du côté delà rustine. Quoiqu’il serait avantageux que chaque costière ne fut composée que d’une seule pièce, afin qu’on pût éviter le joint, il est rare de pouvoir se procurer de si grandes pierres, parce qu elles doivent dépasser la rustine de toute son épaisseur; on est donc obligé de les composer , ce qui donne lieu aux arrière et aux avanUcostières.
Sur l’une des arrière-costières , 011 place la pierre de tuyere, dans laquelle est creusée une ouverture , qui doit être assez grande pour que l’oti puisse enlever et replacer là tuyère avec facilité ***; mais il ne faut
* L espace que nous désignerons sous le
^ cuaroon est plus léger. Le T.
pour la tuyère est percé ordinairement dans la
pas que la pierre soit affaiblie inutilement. Sur l’autre costière , on range une ou plusieurs assises dont la première s’appelle le contre vent. La rustine, composée quelquefois de diffé rentes pièces , est élevée d’abord jusqu’à la naissance des étalages.
Après avoir achevé la construction des trois faces de l’ouvrage, on ferme la partie antérieure à l’aide d’une grosse pierre (/J surmontée de plusieurs autres qui sont plus petites (gj. La première qu’on appelle la tympe, reposant sur les costières, vient s’appuyer contre la pierre de tuyère et celle du contre-vent. Les costières la dépassent et forment par leur prolongement l’avant creuset, couvert en partie par la tympe. Enfin les quatre faces de l’ouvrage se terminent au même plan horizontal. Pour fermer le creuset par devant, on place entre les costières une pierre appelée dame * * (b). Le creuset reste alors ouvert en partie par le haut; de sorte que, si l’on appuie les ringards sur la dame, on peut, en les glissant sous la tympe, atteindre jusqu’à la rustine et à tous les points qui sont à la hauteur et au-dessous de la tuyère **. On doit conserver ensuite entre la dame et l’une des costieres, oïdinai— renient celle du contre-vent, une ouverture de 6 à 8 centim. ; c’est le trou de la coulée , qui règne dans
pierre placée sur la costière; ce ne serait que dans le cas ou cette dernière serait trop épaisse qu’on y pratiquerait une partie de cette ouverture. Si la tuyère est en argile , on encastre dans la costière une plaque de fonte, qui remplace le plat de la tuyère et sur laquelle s’appuient les buses. Le T.
* Ce mot vient de l’allemand damm , qui signifie digue , parce que cette pierre forme une digue qui retient la fonte dans le creuset. Le T.
** La dame est de plusieurs pouces plus basse cpie la surface inférieure de la tympe , afin de faciliter le travail du fondeur. Le T.
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toute la hauteur du creuset, et qu’on bouche avec de la terre glaise : la largeur de la dame est donc de 6 à 8 centim. plus petite que l’écartement des deux costières.
58 r. Latympe soumise plus que toutes les autres pierres aux changemens de température, souffre davantage aussi pendant le travail du fourneau. Pour empêcher qu’elle ne se fonde et pour la garantir du contact de l’air, on la garnit à l’extérieur avec une plaque de fonte, d’une forte épaisseur. Cette plaque repose sur une barre de fer de 8 centim. d’équarissage, disposée en travers sur les deux costières. Il est nécessaire que cette barre soit en fer forgé, afin qu’elle ne soit pas trop sujette à se fondre. Elle sert en même tems de point d’appui aux ringards lorsqu’on travaille dans le creuset.
582. L’espace compris entre les pierres de l’ouvrage et le muraillement extérieur, se remplit avec du sable, des briques ou des pierres concassées , etc. , etc. Il est essentiel de murer la tympe et la pierre de tuyère, autant qu’il est possible, pour les dérober à influence de l’air extérieur , sans empêcher cependant qu on puisse approcher du creuset et de la tuyère. Le quadrilatère formé par l’extrémité supérieure de ouviage, se rattache, par les étalages, aux parties de la cuve qui sont restées intactes. Les parois se construisent en briques réfractaires, fortement cuites. Si l’on employait des briques qui n’eussent point subi l’action de la chaleur et qui éprouvassent un retrait considérable, ce serait commettre une grande faute, dont l’effet deviendrait funeste, à moins qu’on lit usage d’un vent faible et de mauvais charbons.