La hauteur de l’ouvrage dépend de celle du
fourneau : variant entre im,a5 et am,o5 , elle n’a que im,25 dans les fourneaux de 5 à 6m d’élévation ; ira,56 à i 1,1 7 2 dans les fourneaux de 7™, à 9m,5o de hauteur ; i™,88 dans les fourneaux qui sont plus élevés encore , et au moins 2m ,o5 dans les fourneaux alimentés avec du coke. Il est donc évident que la chaleur deviendra d’autant plus intense que l’ouvrage dans lequel la fusion doit s’effectuer , sera plus rétréci et plus élevé. Il existe, au reste, un certain rapport entre les dimensions du foyer , la nature des minérais , la qualité du combustible, la force du vent, la hauteur et la largeur du fourneau. Cependant , il faut préférer en général, les ouvrages élevés à ceux qui n’ont qu’une faible hauteur ; mais on manquerait son but, si, en les élevant et en les rétrécissant davantage, on ne pouvait employer à leur construction des matériaux plus réfractaires.
584. Pour juger des dimensions qu’il faut donner à la cuve et à l’ouvrage , il est nécessaire de se rappeler les phénomènes de la réduction des minérais : c est en générale nature etla qualité des matières premières qu’on doit considérer pour cet objet, ainsi que pour la foi ce qu’il faut donner à la machine soufflante j et il est pourtant rare qu’on y ait suffisamment égard. On croyait que la fusion , la réduction et la carburation du métal étaient trois opérations séparées, qui avaient lieu a des périodes différentes-, mais le fer doué d’une si grande affinité pour le carbone , ne peut se réduire sans qu’il se charge d’une certaine quantité de cette substance : il n’existe aucune raison qui s’y oppose , puisque les minérais sont toujours entourés de charbon. Les essais en petit manqués par défaut de chaleur , nous prouvent d’ailleurs que la désoxidation peut seulement
DU FER CRU
«''effectuer après que les minerais ont passé à un certain état de mollesse. C’est pour cela que ceux qui sont réfractaires se réduisent difficilement et qu’on n’obtient qu’une masse agglutinée non réduite ou imparfaitement vitrifiée , lorsque la température n’a pas été assez élevée pour fondre les matières et pour développer faction du carbone sur f oxigène contenu dans les minérais.
Si les scories de fer , quoique plus fusibles que la plupart des minérais réfractaires, exigent un si haut degré de chaleur pour abandonner leur oxigène , on ne doit l’attribuer qu’à l’intimité de la combinaison de ce corps avec le fer dans les oxides vitrifiés : la réduction est difficile lors même que les oxides vitrifiés proviennent d’oxides terreux, et que, pendant la fusion, ils n’ont éprouvé aucun changement dans leurs parties constituantes.
585. La supposition que le fer, dans un premier état de pureté, se charge peu à peu de carbone, est contraire à tous les faits observés pendant la réduction des minérais. Il est probable que cette assertion ne doit son origine qu’à la présence hypothétique de l’oxigène dans la fonte blanche et qu’à la quantité de carbone supposée plus grande dans la fonte grise. On ne peut nier que la fonte grise ne soit produite uniquement dans le cas où la dose de charbon est plus forte qu’elle ne devrait l’être pour opérer la réduction des oxides; mais il ne s’ensuit pas que la fonte blanche soit obtenue parce que le carbone considéré comme réactif a manqué dans l’opération; car l’expérience journalière nous prouve que la fonte blanche qui résulte d’une allure très- dérangée, exige pour sa formation plus de combustible que n’en demande la fonte grise.
Gardez-vous donc de croire que si, par une surcharge de minerais, le point de la fusion est descendu très -bas et que la fonte soit devenue trèsblanche , le fer réduit n’ait pu trouver assez de charbon pour s’en saturer ; il arrive au contraire qu’on en retire alors par le creuset une grande quantité qui n’a pas eu le temps de brûler. Qu’on n’objecte pas le fait d’expérience , que dans les fourneaux alimentés avec du charbon de bois , un vent fort produit souvent une fonte moins grise qu’un vent plus faible : car si le courant d’air est plus fort, les descentes des charges sont plus rapides, et la proportion de charbon et d’oxigène n’est pas changée. Il s’ensuit donc aussi que le rapport du charbon au minérai reste le même *. Mais nous faisons observer, au contraire, que dans les fourneaux à coke , il est souvent impossible d’obtenir de la fonte grise en diminuant la dose de mi~ nérais ; on n’y parvient qu’en augmentant le courant d’air. On peut donc affirmer de la manière la plus positive , que la sous- espèce blanche de la fonte grise ne doit pas toujours sa naissance à une trop faible proportion de charbon.
586. Les minérais fusibles, quand bien même ils ne contiennent point de manganèse , ainsi que les scories de forges , sont très-disposés à donner de la fonte blanche. Si l’on est obligé de les traiter pour fonte grise , on consomme plus de charbon qu’on n’en brûle pour réduire des minérais réfractaires de même richesse. C’est aussi pour cette raison que la fonte devient blanche par une forte addition de fondans. Si le combustible est en proportions démesurées, une
* On verra plus bas, que c’cst la rapidité de la descente des charges qui produit souvent de la fonte blanche. Le T.
DU FER CRU
partie du fer cru se trouve oxidée de nouveau , entre en vitrification, et le fourneau, quoique la fonte soit très-grise, paraît surchargé de minerais. Le meilleur moyen qu’on puisse employer pour obtenir de la fonte grise avec des oxides fusibles , est de baisser la température en diminuant le courant d’air , lorsque , par une construction défectueuse, ou par des charbons trop légers , le fourneau est disposé à donner de la fonte blanche *.
587. D’après les observations qui ont été faites jusqu’à présent, on obtient de la fonte blanche :
i°. Par une trop grande fusibilité des minérais, ou ce qui revient au même , par un excès de fondans , par des charbons légers, et par un vent trop fort^ sans que le fourneau soit déréglé dans sa marche ; ’