Le moulage pratiqué dans le sol de l’usine ne
DU FER CRU
devrait servir à la rigueur que pour des pièces dont la surface est unie et dont les modèles peuvent être retirés en entier du sable. Au moyen des plaques ou des châssis de recouvrement, on pourrait mouler des objets ornés dont il faut décomposer les modèles. Ce genre de travail fait donc une transition au moulage en châssis, ou pour mieux dire, les moules couverts sont de véritables moules en châssis, dont la partie inférieure est immobile ; mais comme les plaques de recouvrement sont pénibles à préparer, on ne les emploie que dans le cas où l’on n’a point de châssis de grandes dimensions.
Les moules en châssis les plus simples sont ceux qui se décomposent en deux parties , ou ceux qui sont contenus en entier dans une des caisses , tandis que l’autre fait seulement fonction de couvercle. Il est clair que ces châssis doivent s’ajuster parfaitement, afin que les deux parties jointes ensemble, ne forment qu’un tout égal au modèle. Ce dernier doit être divisé de manière qu’on puisse démouler chaque partie, sans dégrader l’empreinte obtenue.
821. Comme les moules sont fermés de tous côtés, il est inutile qu’ils reçoivent une position horizontale : on leur donne même une inclinaison, si les pièces sont très-longues ; afin que la fonte soit soumise à une plus forte pression, qu’elle remplisse mieux toutes les cavités et qu’elle devienne plus compacte *.
* Il existe pourtant des moules qui devraient toujours être placés horizontalement , ceux des obus , par exemple. L’arbre du noyau ne se trouve pas si solidement fixé dans la barette qu’il ne puisse éprouver quelque variation par une inclinaison donnée au châssis ; et c’est à ces variations occasionnées par l’entêtement et la négligence des mouleurs , qu’il faut attribuer en partie les grandes excentricités qu’on découvre souvent en recevant ces projectiles. Le T.
a4o QUATRIEME SECTION.
Les châssis ont des dimensions dépendantes de celles de l’objet qu’on veut couler 3 on peut les confectionner en fer ou en bois, parce qu’ils ne sont point exposés à la chaleur. Pour y retenir le sable, on munit les châssis, s’ils sont petits, d’un rebord adapté au côté ouvert; ceux qui ont plus d’étendue et qui sont de fonte, portent en outre des pointes à leurs parois intérieures. Les châssis de bois ont des rainures et sont pourvus de traverses ou liteaux. Il est facile , du reste , de faire tenir le sable dans ceux qui sont étroits , quelle que soit leur longueur. Lorsqu’ils sont très -longs et très -larges, comme ceux qui ^servent au moulage des grilles , la pièce inférieure est toujours immobile, et l’autre se trouve traversée intérieurement par des liteaux en fer, qui, placés de champ , descendent presqu’aux trois quarts de la hauteur de la caisse et sont espacés entr’eux de quinze centim. tout au plus. Le mouleur doit damer alors le sable avec beaucoup de soin et le pousser même avec les doigts sous les traverses.
82a. Les châssis sont ajustés l’un à l’autre par des liteaux glissant dans une coulisse, ou bien à l’aide de plusieurs gougeons qui entrent dans des trous pratiqués dans l’autre caisse. Le châssis du milieu se divise quelquefois en deux parties qui peuvent être enlevées par le côté, en tiroir, et qui sont jointes l’une à l’autre , ainsi qu’aux deux caisses extrêmes avec des crochets ou des gougeons. Les châssis de grandes dimensions sont assemblés avec des boulons et des clavettes.
La hauteur et le nombre des caisses dépendent entièrement de la division du modèle.