Le sable employé au moulage en châssis doit
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être plus collant que ne l’est celui qui sert aux moules pratiqués dans le sol de l’usine : il faut donc qu’il contienne un peu plus de parties argileuses. On n’y ajoute point de poussière de charbon, parce que cette substance en détruit la liaison et que d’ailleurs les vapeurs peuvent s’échapper facilement des moules qui sont petits j ceux qui ont de grandes dimensions reçoivent des évents qui offrent aux gaz un passage. On calcine le sable avant de l’employer. Il ne doit être ni trop gros ni trop fin; en le frottant entre les doigts, on doit encore sentir les grains. Après l’avoir calciné, on le tamise, on le répand sur une grande surface, on l’humecte et l’on y ajoute du sable plus gras, calciné également et passé par un tamis très-fin; on travaille le mélange et l’on y verse encore de 1 eau, quoiqu’en très-petite quantité. Ce mêlant doit être alors assez gras pour que, sans contenir beaucoup d eau, il puisse conserver la forme qu’il reçoit étant comprimé dans la main. On le porte ensuite sur le banc des mouleurs, établi le Ion- des murs de 1 atelier ; c’est sur ce banc , qui doit être suffisamment éclairé, que s’exécute le moula-e de tous les objets dont les châssis sont maniablest 824. On remplit les châssis successivement; l’ordre suivi, dépend de la forme du modèle. Lorsque ce dernier a de grandes dimensions et qu’il n’est pas divisé, 011 le place dans un châssis immobile. Le mouleur commence alors par remuer le sable qui est dans ce châssis pour le rendre moins compacte ; il le serre ensuite entre les parois de la caisse et ceux du modèle, au moyen des battes en fer ou en bois. Si le modèle laisse subsister des reliefs qui forment des noyaux 1 ouvrier doit les consolider avec des clous et battre le
sable si fortement qu’il puisse à peine recevoir l’impression du doigt. Quand ce travail est termine , la surface supérieure du modèle se trouve dans le plan des bords du châssis. Après avoir enlevé avec une règle l’excédant du sable , le mouleur saupoudre tout le plan avec de la poussière, qu’il chasse ensuite du modèle seulement en y soufflant; il place le châssis supérieur en se servant pour cet effet d’une grue, si le cas l’exige ; dame le sable entre les liteaux et les traverses, et dispose en même temps le jet et les évents.
Si la position de la caisse inférieure n’est pas horizontale, le jet doit aboutir au point le plus élevé du moule. Les ouvertures qui laissent entrer la fonte, et celles qui offrent un passage aux vapeurs, sc ménagent dans le sable avec des morceaux de bois que l’on y enterre, et dont l’une des extrémités touche au modèle , tandis que l’autre dépasse tout le système.
Le sable ne doit pas être battu avec autant de force dans le châssis supérieur qu’il l’est dans l’autre , afin de ne pas opposer trop d’obstacle au dégagement des vapeurs ; mais il doit l’être suffisamment pour ne point s’ébouler. Quand on a fini de le damer, on le perce de plusieurs ouvertures avec une broche en fer , qui doit pénétrer jusqu’au modèle. Après avoir evase a l’extérieur les jets et les évents , on retire les morceaux de bois qui ont servi à les former, et l’on soulève le châssis supérieur. La poussière répandue sur le sable de la première caisse empeche 1 adhérence : elle présente un moyen certain de séparer les surfaces foliées parle sable de deux châssis qui, pendant qu’on remplit le dernier, sont posés l’un sur 1 autre.
Dès qu’on a enlevé le châssis supérieur, on creuse, en partant du jet, de petites rigoles qui aboutissent au
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modèle et qui servent à conduire la fonte par un plus grand nombre de chemins dans le moule, afin que toutes les parties en soient remplies à la fois. On ôte ensuite le sable provenant de ces rigoles et Ton retire le modèle, on démoule ÿ opération qui peut exiger la présence de plusieurs ouvriers , à cause des petits noyaux qu’on doit ménager. Cela fait, il faut nettoyer le moule, le noircir, replacer le châssis supérieur, le faire joindre à l’autre avec précision, le charger de poids pour consolider le système et procéder ensuite à la coulée , pendant laquelle on a soin d’allumer avec du bois ou de la paille , les gaz qui s’échappent par les évents.
Lorsque la piece est coulée , on retire le châssis supérieur et l’on met à nu les endroits où le métal est le plus épais, afin que le refroidissement soit plus uniforme. En négligeant cette précaution , on peut occasionner la rupture des pièces dont les parties ont des grosseurs différentes.
825. Quant aux objets qui sont plus petits et dont le modèle n est point divisé , on les moule sur les bancs de la manière suivante : le modèle et le châssis appuyés sur une planche garnie en-dessus de deux liteaux qui doivent en faciliter le maniement, sont disposés de façon que le premier soit au milieu de l’autre , et qu il puisse etre retire du sable après que tout le système a été retourné. Après avoir disposé le modèle de la sorte, le mouleur remplit le châssis de sable damé, le couvre d’une deuxième planche, le renverse, afin de retirer la première , saupoudre la surface du sable avec de la poussière très-fine, place le châssis supérieur , le remplit en ayant soin de former le jet , enlève ce châssis , fait dans le sable une ou plusieurs
rigoles à partir du jet, si toutefois ce dernier ne communique pas immédiatement avec le modèle , retire celui-ci , nettoie le moule , le noircit , replace le cliâssis supérieur , le charge de poids et procède à la coulée.
826. On suit à peu près le même procédé pour les modèles divisés en deux segmens; mais on place le premier sur la planche de manière qu’en retournant celle-ci, le plan de jonction se trouve en haut. Quand le châssis inférieur est donc plein de sable damé, le mouleur le renverse, ajuste la deuxième partie du modèle sur la première; place le châssis supérieur, qu’il remplit aussi en ménageant les ouvertures nécessaires, telles que les jets et les évents ; sé- , pare ensuite les châssis pour démouler ; et assemble 1 de nouveau ces deux caisses qui renferment le moule prêt à recevoir la fonte.
827. La plus grande difficulté consiste dans la division du modèle , dont les différentes parties déterminent la forme et les dimensions des caisses qui servent au moulage.
Si deux châssis ne suffisent pas , on fait usage d un troisième placé au milieu et dont la hauteur dépend entièrement de celle de la partie du modèle qui lui correspond. La forme de 1 objet permet souvent de démouler ce tronçon tout en enlevant le châssis intermédiaire. Quelquefois aussi on ne pourrait retirer du sable la pièce du milieu , si le châssis 11e se divisait pas dans le sens vertical, de maniéré que les deux parties pussent être enlevées en tiroir.
828. En faisant usage de trois châssis, l’ouvrier moule d’abord la pièce intermédiaire, la retourne, place le châssis inférieur, le remplit, renverse le système de nouveau , place le châssis supérieur, l’enlève
aprcès cela noue démouler cette partie, retire aussi le châsssis intermédiaire, en ôte le modèle et finit par le châssis inférieur , sans que pour démouler il ait besoim de le retourner. Après avoir nettoyé , pare , noirci les moules, préparé les jets el les évents, le mouleur replace les châssis sur le dernier qui est reste immo bilce , en commençant par celui du milieu, les fait joimdre parfaitement et les charge de poids pour y verser enssuite la fonte.
Si le jet doit être à talon, on doit déjà s’en occuper en remplissant le châssis intermédiaire. On fait usage de ces jets quand on craint que la fonte ne détruise, parr l’impétuosité de son cours, quelques parties délicates du moule.
<829. Les noyaux en sable doivent être établis solidement sur le châssis inférieur. On ne peut donc mouler- de cette façon que les objets creux dont la cavité 111 ces t pas trop profonde , par rapport à la base que doit avroir le noyau, qui sans cela, s’écroulerait par son prcopre poids. Les chaudières, les marmites, les creuseits, les vases sont des objets de sablerie; mais on ne pemt mouler ainsi des tuyaux, à moins qu’ils ne se cornpoisent de cônes ou de cylindres très-courts, ce qui seirait désavantageux ; il vaut donc mieux confectionner leurs noyaux d’une manière plus solide.
O11 moule les grandes chaudières souvent en argile, p cour éviter la dépense qui résulterait de l’achat d’un modèle; mais on aurait tort de la craindre, lorsqu’on trouve un débit assuré de cette marchandise fabriquée d”après des dimensions constantes, attendu quelemoulaige en sable esta beaucoup près le moins dispendieux. P’our les grandes chaudières 011 n’emploie ordinaireement qu’un seul châssis : le modèle , percé au fond
d’une ouverture assez large, placé le fond en l’air sur une couche d’argile préparée convenablement, est rempli ensuite de sable. Apres avoir achevé de damer ce sable qui doit former le noyau , on place le châssis , on le 1 emplit, on 1 enlève, on ote le modèle, en se servant du trou précité, et l’on remet le châssis en place.
La fonte se durcit toujours par le contact immédiat avec le sable humide : on ne peut donc y mouler tous les objets ; mais dans tous les cas où ce durcissement n’est pas à craindre , on doit pour raison d’économie, pieferer le moulage en sable maigre â tous les autres.
83o. Les moules en sable ont souvent des noyaux enterre : comme, par exemple, ceux des projectiles ci eux. Toutefois en Russie, les noyaux de ces objets sont en sable, mais il est difficile alors de les confectionner avec autant d’exactitude qu’en les faisant sur le tour : on les fixe dans le moule à l’aide du même arbre qui a servi à les tourner. C’est dans une traverse percée d’un trou, adaptée au châssis supérieur et appelée barette , qu’on introduit l’arbre passant par l’oeil du projectile ; on l’arrête avec des clous ou bien avec une clavette.
La dessication des noyaux est un point très-important pour les usines confectionnant beaucoup de projectiles creux. Afin de ne pas exposer les noyaux à crever , on les fait sécher avec lenteur, on les soumet progressivement à des degrés de chaleur plus élevés et 1 on finit par les cuire à un feu de charbon assez intense. La terre glaise avec laquelle on les moule , ne doit pas être très-grasse; on la mêle ordinairement avec de la paille hachée. Les arbres sont confectionnés
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en fonte et pourvus d’une rainure longitudinale assez profonde, dans laquelle on place un brin de paille ; cette rainure doit offrir un passage aux gaz sortant du noyau.
83 r. Il est probable que bientôt on fabriquera les moules d’une manière plus avantageuse. Si l’on humecte le sable ordinaire avec une dissolution de sel de cuisine, on le rend susceptible de pouvoir être séché , et de former , étant soumi,s à une chaleur qui dépasse un peu celle de l’ébullition , une masse trèsdure. Ce sable est donc éminemment propre à la confection de certains moules; il ne retient pas l’humidité avec autant de force que l’argile ou le sable gras , et il peut se durcir comme eux sans exiger un si haut degré de chaleur. Cette composition servirait avantageusement pour faire des noyaux de projectiles, qu’on moulerait avec une grande facilité dans une boîte et qu’on ferait sécher à peu de frais *.