‹ Manuel de la métallurgie du fer (volume 2)Chapitre 46 sur 83 · DE ^AFFINAGE A ^ALLEMANDE · texte numérisé non relu

DE ^AFFINAGE A ^ALLEMANDE

go5. On appelle forge , une usine dans laquelle se trouve un ou plusieurs feux d’affinerie * , y compris les machines soufflantes, les marteaux ou les cylindres. L’aire du foyer élevée de 3 1 à 3p centimètres audessus du sol, a 1^,88 de longueur et 94 centimètres de largeur; il se trouve placé sous une cheminée qui est soutenue par des piliers. Le massif dont la surface supérieure couverte par des plaques de fonte forme l’aire, est pourvu d’une ouverture ménagée dans un des coins et dans laquelle on construit le creuset; le reste ne sert que pour la manœuvre, pour l’emplacement de la fonte et du charbon. Une partie de la face antérieure du massif n’est fermée que par une

* On appelle ordinairement renardière un feu d’affinerie à l'allemande, et le mot de feu d’affinerie dans son acception vulgaire, ne se dit que des feux à la wallonne. (903, 1). Le T.

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des taques qui composent le creuset. Les fondations doivent être assez solides pour qu’elles puissent supporter la cheminée. Celle-ci ne s’eleve pas directement au-dessus du creuset; elle est placée dans le coin formé par le grand côté du derrière de 1 aire et par celui de la tuyère , afin que les éteincelles soient arrêtées sous le manteau.

La machine soufflante peut servir à plusieurs feux lorsqu’elle est assez puissante : chacun doit avoir alors ses porte-vent et sa caisse d’air.

906. Il est essentiel que l’ouvrier connaisse parfaitement la fonte qu’il veut affiner , parce que toutes ses dispositions et tout son travail changent avec la nature du fer cru. La forme extérieure même n’en est point indifférente. En trop grosses pièces, il fondrait difficilement et occasionnerait une perte de temps et de charbon ; en morceaux minces , il fondrait trop vite et deviendrait trop liquide. On coule la fonte destinée à l’affinage le plus souvent en pièces alongées appelées gueuses : elles ne doivent jamais avoir une largeur excédant neuf pouces, pour qu’elles soient exposées suffisamment à l’action du vent; ni une épaisseur plus forte qu’un pouce et demi, afin que l’ouvrier puisse en réunir deux de différentes qualités et les affiner ensemble , ce qui est souvent fort avantageux. Leur longueur varie selon les usages des pays.

Pour utiliser convenablement les brocailles , les jets, la fonte répandue, que dans les fonderies on n’obtient qu’en trop grande quantité , il faut que l’ouvrier sache les traiter en les plaçant soit sur la gueuse, soit sur les charbons , d’après la marche que suit le travail.

907. La gueuse blanche, qui fond plus tôt que la grise, ne tombe dans le creuset d’affmerie que par

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morceaux ou écaillés, au lieu de se détacher par gouttes , et il n est plus guères possible ensuite de la rendre liquide; elle s’épaissit plus vite que l’autre, passe plus facilement à l’état de malléabilité. Mais il faut éviter qu’elle ne se coagule trop promptement et que la fonte grise ne reste trop long- temps sans prendre de la cohérence , parce qu’on nuirait à la qualité des produits. On est maître de hâter ou de retarder l’affinage, c’est-à-dire la réunion de tout le métal en une masse de fer ductile, par la manière dont on monte le feu *. L’art de l’affineur consiste donc particulièrement a modifier la construction du creuset, la position et l’inclinaison de la tuyère, d’après les propriétés du fer cru.

Si la fonte est grise et si l’on a négligé de prendre les moyens convenables pour en accélérer l’affinage, on perdra beaucoup de temps et de combustible ; mais on peut obtenir de bon fer avec un faible déchet. Si la fonte est blanche, non exempte de défauts et qu’elle se coagule promptement, elle subira un déchet considérable; le fer sera de mauvaise qualité, mais on en obtiendra une assez grande quantité dans un temps déterminé.

On traite souvent de la fonte qui est peu disposée à se convertir en fer malléable, sans que l’affineur doive accélérer cette opération par le montage du feu; comme, par exemple, la fonte d’un haut fourneau alimenté avec du coke , lorsqu’elle donne beaucoup de scories qui ne pourraient en être séparées, si l’affinage se faisait trop rapidement. Ce n’est en général que par tâtonnement qu’on parvient à connaître , pour

* Construire le creuset, placer la tuyère et les buses, s’appelle monter le feu. Le T.

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chaque cas particulier , la meilleure manière de monter le feu.

La quantité de fer cru qu’on fond en une seule fois, pour faire une loupe, ne peut se déterminer d’une manière positive , parce que l’affineur occupé à forger le fer qui est dans le feu , se voit forcé souvent de prolonger le temps de la fusion. On laisse fondre ordinairement 117 à 140 kilog. de gueuse , qui donnent une loupe de 80 à 100 kil.

908. Pour travailler avec succès, il faut de boijs charbons; ceux que donne le bois dur exigent plus de vent et développent plus de chaleur que ceux qui proviennent de bois blanc. Ces derniers brûlent trèsrapidement, ne donnent pas une chaleur continue et doivent être embrasés par un vent faible. Or, plus la température est élevée, plus la fonte devient liquide et moins elle est disposée a se coaguler, à se convertir en fer ductile; il faut donc, dans ce cas, favoriser l’affinage par la construction du feu.

Parmi les charbons légers, on préfère le charbon de pin sylvestre au charbon de sapin ou d’épicia, bien que ce dernier soit aussi d’un bon usage pour les feux d’affinerie; mais il est souvent brûlé dans les meules, et les eaux pluviales le détériorent promptement *.

Un objet futile au premier abord, mais digne d’exciter toute l’attention des affineurs, c’est le sable at-

* On a reconnu que les charbons de bois blanc employés dans les feux d’affinerie, rendent le fer plus doux et plus tenace. Ce fait, difficile à expliquer, ne provient peut-être que de leur grande coin- , bustibilité qui les empêche de se combiner avec le fer aussi facilement que les charbons durs, parce qu’ils sont entraînés avec plus de force par leur affinité pour l’oxigène. Le T.

taché à la surface ou logé dans les fentes du charbon éteint avec de la terre. Les charbons chargés de sable produisent des scories rouges et s’opposent à la coagulation de la fonte qui, dans le même feu et avec d’autres charbons, s’affinerait très -facilement. On ne peut remédier à ce mal , en favorisant l’affinage par la construction du feu , puisque la qualité du fer en souffrirait. La quantité de sable entraînée de cette manière dans les creusets d’affinerie, est souvent trèsconsidérable * *.

Si l’on rentre les charbons par un temps sec , les cahots et les secousses font tomber la terre dont la présence est si nuisible dans le foyer d’affinerie : mais chargés et transportés pendant la pluie, éteints sur un sol gras , les charbons se couvrent entièrement de ces impuretés qui reçoivent une couleur noire et peuvent à peine être distinguées. Il ne reste alors aux affineurs qu’à faire un triage à la main.

Les charbons qu’on brûle dans des feux d’affinerie ne doivent pas être très- gros , parce qu’ils formeraient de trop larges interstices , et que le vent refroidirait alors la matière ; trop petits , ils fermeraient le passage à l’air qui ne pourrait plus agir sur la fonte. La meilleure grosseur est celle du poing ou d’un oeuf; ceux dont le volume est plus grand doivent être cassés par l’affineur au moment où il les jette dans le feu. Les charbons de sapin n’ont besoin d’etre brisés que dans le cas où ils sont très gros, puisqu’ils éclatent facilement au feu , mais les charbons de bois dur et même ceux de pin sylvestre, exigent a ce sujet beau-

coup d’attention.

* Le sable attaché aux taques du creuset lorsqu’elles sont neuves et mal dépouillées , retarde aussi l’affinage et peut rendre le travail des ouvriers très-pénible pendant plusieurs jours. be T.

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909. On n’emploie point de flux ou fondans dans letravail de Raffinage ; on a toutefois essayé de corriger le fer cassant à froid par une addition de 2 à 5 pour cent de chaux, et l’expérience a prouvé que c’est un excellent moyen de correction pour les fers contenant du soufre ou du phosphore. Il est possible même que la chaux favorise la séparation des autres substances d’avec le métal. Elle améliore le fer dans beaucoup de circonstances et elle ne l’a jamais détérioré qu’on sache. On doit avoir la précaution de ne pas l’ajouter à la loupe vers la fin de l’opération, mais immédiatement après la fusion.

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