‹ Manuel de la métallurgie du fer (volume 2)Chapitre 47 sur 83 · Pour hâter la coagulation, le changement de · texte numérisé non relu

Pour hâter la coagulation, le changement de

nature * , on emploie avec avantage les battitures , les sornes ou les scories qui n’ont pas éprouvé une vitrification complète ; ces matières, en corrigeant l’allure du feu, augmentent le produit. Si au contraire le métal se fige trop promptement, on est forcé quelquefois de le dissoudre avec du sable; mais ce procédé qui annonce toujours une mauvaise manière d’affiner la fonte augmente le déchet considérablement. *

Parmi ces additions , on peut compter aussi l’eau qu’on projette sur le feu ; le but réel de cet arrosage est d’empêcher que le charbon ne se consume trop rapidement. Mais, lorsque la masse fondue reste longtemps à l’état de fer cru, l’eau jetée dans le feu raraichit le fer, l’empêche de refondre aussi promptement, le maintient par conséquent davantage dans le courant d’air, le décompose, oxide une partie du métal qui , se trouvant réduite plus tard par le charbon favorise l’affinage.

* G est 1 expression des ouvriers. Le T.

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gu. La quantité d'air que doit recevoir le foyer, bien qu’elle soit modifiée selon les différentes périodes de l’affinage, dépend aussi de la nature du 1er cru, à égale ouverture de tuyère , la fonte blanche exige un vent plus fort que celui qui est demandé par la fonte

grise.

La qualité du charbon influe aussi sur le volume d’air qu’on doit lancer dans le foyer ; il faut employer plus de vent, si le charbon est dur que s’il est léger. L’uniformité du jet d’air, exigée pour les hauts fourneaux , ne peut convenir pour les feux d’affinene 5 l’ouvrier doit être à même de le modifier selon les circonstances et selon les différens procédés de raffinage. Chacun d’ailleurs a sa manière de procéder ; tel affineur fond le fer cru sans le changer de nature, et commence alors par donner un vent fort; un autre avant l’habitude de lui faire subir pendant la fusion un premier degré d’affinage , emploie d’abord un vent

plus faible.

Si pendant le premier soulèvement , la tonte est rebelle à l’affinage , on doit forcer de vent, sans compter qu’en général il faut plus d’air vers la fin qu’au commencement de l’opération. Le travail dit par attachement ne peut s’exécuter qu’à l’aide d’un courant d’air très-rapide , afin qu*e le fer presqu’ entièrement purifié soit remis encore une fois en liquéfaction.

Une bonne fonte grise exige pendant la fusion 4607 à 4046 décimètres cubes ( i5oà 160 ppp. du Rhin) d’air atmosphérique par minute ; la fonte blanche en

demande 4946 à 5364 (160 à 180 ppp. du Rhin). Quand on fait la pièce, il en faut, suivant la nature de la fonte, 6200 à 65oo ; ef quand on avale, 7400 a 7700 : c’est la dernière opération que l’on fasse subir

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à la loupe. En affinant par attachement, on emploie quelquefois 12366 litres d’air par minute (400 ppp. du Rliin).

912. Le feu ou creuset dans lequel on opère, est construit avec des plaques de fonte d’une forme rectangulaire; il en faut ordinairement cinq : une pour le fond et quatre pour les côtés; celle du devant est remplacée quelquefois par le prolongement de la plaque dont la face antérieure du massif est revêtue. Chaque plaque du pourtour a un nom particulier; celle de la tuyère s’appelle vanne ; celle qui lui est opposée, contrevent } celle du devant, chio ou laiterol ; celle du derrière, liaire ou rustine ‘ la cinquième est le fond.

On rehausse ordinairement la haire avec une vieille plaque, pour retenir les cendres et les empêcher de retomber dans le feu.

Le laiterol est percé d’un ou de plusieurs trous appelés aussi chio s j lorsqu’il manque , les ouvertures dont il s’agit, sont pratiquées dans la plaque antérieure du massif qui , dans ce cas , le remplace.

Sur le devant de l’aire , on met encore une plaque de 26 centimètres de largeur, qui sert de point d’appui aux ringards et qui empêche les charbons embrasés , et quelquefois même des morceaux de fer, de tomber dans l’usine.

913. Les plaques du creuset, principalement le fond, s’échauffent quelquefois si fortement que le fer s’y attache. Pour prévenir cet accident, on les rafraîchit avec de l’eau; on pratique à cet effet sous le fond, un petit canal mis en communication avec un tuyau, dans lequel on fait tomber un filet de ce liquide, si le cas l’exige.

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Il ne faut rafraîchir le fond qu’après avoir retiré la loupe du creuset; on ne doit jamais le faire quand on travaille dans le feu : l’ouvrier en reconnaît la nécessité lorsque la pièce qu’on chauffe pour l’étirer, est pâteuse à l’extrémité inférieure, ou mieux encore, lorsque les autres plaques deviennent rouges. Si l’on faisait couler l’eau sans précaution dans le canal de refroidissement, on briserait le fond ; il ne serait plus possible alors de continuer le travail, parce que la fonte ne changerait plus de nature. Ce phénomène singulier ne peut s’expliquer que par le jeu successif de l’oxidation et de la désoxidation du fer, dues à la présence des vapeurs d’eau et du charbon *.

Il faut éviter en général que le foyer ne soit construit sur un sol humide , parce que la température ne s’élèverait pas au degré convenable.

914. La distance du laiterol à la haire est plus grande que celle de la varme au contrevent; c’est pour cette raison que la première s’appelle longueur- et la deuxième largeur. ,

Il est essentiel que les plaques soient assujetties entre elles par des calles de la manière la plus solide , afin qu’il ne se fasse aucun dérangement pendant le travail.

Pour construire le creuset, on fixe d’abord les plaques de tour dans leur position; ensuite on place le fond sur une couche d’argile. S’il était trop petit , on y remédierait en mettant une barre de fer forgée ou fondue le long du contrevent ou du ehio , et en bouchant les fentes avec de la terre glaise. Mais il importe dans tous les cas que le fond joigne exactement

* Cet effet ne provient peut-être que du refroidissement occasionné par les vapeurs d’eau. Le T.

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contre la vanne et la rustine, tandis que le vide qu’il laisserait du côté du cliio, pourrait n’être fermé qu’avec de la terre. Pour hausser ou baisser la sole, on ajoute ou l’on ôte un peu d’argile.

La varme et le contrevent dépassent la longueur du creuset, de sorte que la haire se trouve enchâssée entre eux. A l’aide de cette disposition, on calle les plaques si bien qu’elles ne peuvent éprouver aucune déviation pendant le travail. L’affineur enfonce pour cet effet du côté de la rustine, un coin entre le mur et la partie de la varme qui dépasse la longueur du creuset; ce coin fait joindre la haire au contrevent et appuyer la partie antérieure de la varme contre le mur; mais afin que celle-ci ne prenne pas une direction oblique , il enfonce près du laiterol un deuxième coin entre le mur et la partie antérieure de la varme.

Pour fixer la haire entièrement et pour donner au contrevent la position voulue , on enfonce un troisième coin entre le mur et l’extffémité postérieure du contrevent , coin qui poussant cette plaque contre la haire et celle ci contre la varme , achève de les consolider entre elles. Le contrevent ne peut d’ailleurs sortir de sa direction du côté du chio , parce qu’il s’appuie contre le mur qui le retient. Lorsqu’on veut changer une seule plaque , on desserre les coins et on les renfonce ensuite après avoir opéré le changement.

Le feu a 84 centimètres de longueur et 63 à 68 de largeur. Ces dimensions peuvent varier sans inconvénient; ruais il faut que la distance du laiterol à la haiie soit toujours plus grande que l’autre , afin qu'on ait plus de facilité pour travailler le fer ou pour soulever la masse avec les ringards.

g 1 5 . Quant à la position des plaques, sur- tout de celle du fond, elle est beaucoup plus importante que la largeur et la longueur du feu. Le contrevent et la rustine sont rarement d’aplomb; ils penclient en dehors, afin qu’on ait plus de facilité pour faire sortir la loupe du creuset. Cette déviation du plan vertical ne peut avoir aucune influence sur le travail de l’affinage. Plusieurs métallurgistes sont néanmoins d’une opinion contraire; ils pensent qu’elle favorise la conversion de la fonte en fer ductile et qu’une inclinaison inverse la retarderait. On ne pourrait incliner les plaques dans le foyer, parce qu’il deviendrait trop difficile et quelquefois même impossible d’en retirer la loupe. La varme seule ( elle est rarement verticale ) peut avoir une semblable position; on en retire plusieurs avantages : on empêche cette plaque de s’échauffer trop promptement; on porte la chaleur plus près du contrevent , ce qui est très - avantageux , puisque la fonte s’affine plus vite du côté de la varme; enfin on peut donner une plus gdande stabilité à la tuyere, si elle doit plonger.

916. Le fond reçoit ordinairement une position horizontale ; mais si la fonte est très - grise , si elle passe difficilement à l’état de fer ductile , le fond peut recevoir une légère pente du contrevent vers la tuyère. Cette pente n’est que d’un pouce pour toute la largeur du creuset; quelquefois elle est encore plus faible, et dans ce cas, on la détermine en jetant sur la sole un peu d’eau qui doit s’écouler lentement vers la varme. Si, au contraire , la fonte tend à se coaguler avant d’être entièrement épurée, on baisse le fond près du contrevent ; mais cette disposition est défectueuse, parce que le fer s’affine ordinairement moins

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bien clans la partie de la loupe tournée vers le contrevent , et alors il y devient encore plus mauvais .

917. La direction et la force du vent influent particulièrement sur le succès de 1 affinage : elles influent à la fois et sur la qualité et sur la quantité du produit. L’inclinaison j l’ouverture, la direction de la tuyere et des buses sont par conséquent de la plus liaute importance.

Dans beaucoup d’usines on fait déjà usage d’une seule buse ; mais il existe encore un grand nombre de métallurgistes praticiens qui prétendent qu on doit affiner avec deux buses , afin d’obtenir un vent croisant; ils pensent que c’est la seule manière de bien opérer, quoique le contraire leur soit prouvé tous les jours. Le croisement est plutôt nuisible qu’utile, parce qu’il réduit à un seul point , l’endroit du foyer où le fer entre en fusion, et que le vent y est toujours intermittent. On doit perdre même une grande quantité d’air qui, sans produire beaucoup d’effet, va brûler le charbon dans les coins du creuset. Qu’on ne prétende pas qu’avec deux buses il soit plus facile de donner au vent une direction particulière, de le conduire, par exemple, dans un angle du foyer, attendu qu’il ne doit jamais recevoir ces sortes de directions : c’est à l’ouvrier de présenter au courant d’air traversant le milieu du creuset, les parties du métal qui ne sont pas encore épurées. L’emploi d’une seide buse peut être appuyé par les raisons suivantes qui doivent lui mériter la préférence :

i°. Le point où s’effectue la fusion se trouve soumis à un vent constant et reste toujours le même.

* Les feux montés en France à la champenoise , se construisent de cette manière. Le T.

2°. L ouvrier a plus d’espace auprès de la tuyère ; il est moins gêné dans son travail.

3°. Il est plus facile de diriger une seule buse et, de la rendre plus ou moins plongeante pendant l’opération de raffinage.

La seule objection qu’on puisse faire, c’est qu’il devient plus difficile d’assujettir la tuyère d’une maniéré invariable , lorsque son plat n’est pas pressé par le poids des deux buses ; mais on peut remédier à ce léger inconvénient; il suffit d’appuyer la buse contre la tuyère au moyen d’un étançon , et de la fixer dans sa position avec des coins.

Il est évident que la buse doit recevoir une position telle que son axe passe par le centre de la tuyère; elle est placée de 65 à 94 millim. en arrière de celle-ci , afin que l’air rafraîchisse la partie du cuivre qui est dans le feu et l1 empêche de se fondre.

918. On place la tuyère ou dans une boîte de fonte appelée chapelle et dont la forme est carrée , ou immédiatement sur la varme'y elle plonge ordinairement ^ dans le foyer. Après avoir reçu l’inclinaison déterminée par la nature du fer cru, elle est consolidée dans la chapelle avec des coins. Il faut qu’elle y soit établie dè la manière la plus invariable, puisqu’elle est exposée à beaucoup de secousses et que le plus léger dérangement changerait toute la construction du feu. Dans beaucoup d’usines , on la fixe pour cette raison avec deux crampons en fer qui , d’un côté , pressent contre son plat, et de l’autre, trouvent une résistance contre les parois de la chapelle.

919. On fait les tuyères en cuivre, pour pouvoir en agrandir ou diminuer la bouche à l’aide d’un mandrin confectionné en fonte ou en fer ductile. Si

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l'on veut changer l’ouverture de la tuyère, on la chauffe au rouge, on y passe le mandrin et on la frappe avec qn marteau. Il faut non - seulement que ce mandrin ait la forme qu’on veut produire, mais aussi que sa surface soit polie sur la meule, afin que celle de la tuyère devienne très-lisse, et qu’on n’ait pas besoin de la limer pour faire disparaître toutes les inégalités. Le cuivre ne doit pas avoir une trop forte épaïs , seur, afin de bien obéir à l’action du marteau.

920. La bouche de la tuyère est demi- circulaire ; ses dimensions dépendent des propriétés du fer en/ Une fonte blanche disposée à se coaguler, exige l’emploi d’une tuyère étroite, dont l’orifice ait tout au plus 46 millimètres de largeur sur 29 de hauteur. Si I on affinait de la fonte grise, cet orifice pourrait avoir 5a millimètres d’un côté et 33 de l’autre.

Serait- il possible d’obtenir une plus grande quantité de fer dans un feu de forge, en employant des soufflets plus forts et des buses plus larges, de manière que la quantité d’air lancée dans le foyer soit augmentée et que le charbon brûle néanmoins avec la vitesse convenable . c’est ce qui n’a pas encore été bien prouvé par 1 expenence. Les essais avec deux tuyères n’ont point i'éussi ; la raison en est facile à deviner: mais on peut s’attendre à plus de succès en élargissant les buses et la tuyère, et en augmentant la force de la machine soufflante.

. Lf r?P°r* qU' eX'Ste entre P®1 de la buse et la bouche de la tuyère n’est point Indifférent L’aie cherche à s’étendre de tous côtés en sortant de la buse, b.en que la majeure partie poussée avec beaucoup de force par les tranches successives du fluide conserve sa première direction ; mais quelque puis-

santé que soit cette pression , elle ne peut empecher entièrement Teffet produit par l’élasticité. Il s'ensuit que le jet doit augmenter de diamètre à mesure qu il s’éloigne de la buse et que le fluide se dilate davantage. On doit donc, pour ne pas perdre de vent , ne reculer la buse que le moins possible ; on l’éloigne tout au plus de 65 millimètres de la bouche de la tuyère On ne peut guère l’avancer davantage, parce que la tuyère ne serait pas assez raffralchie. C’est encore pour empêcher les pertes de vent, qu’il faudrait donner à 1 œil de la buse et à la bouche de la tuyère, la même forme , et que le premier ne devrait jamais être plus grand que

l’autre. t

92 a. On fait quelquefois à la tuyère une lèvre; c est

un côté des parois qui dépasse les autres. On forme la lèvre supérieure en coupant une partie du plat de la tuyère , la lèvre inférieure en coupant un morceau de la partie conique j enfin on laisse dépasser aussi dans certaines circonstances le côté de la tuyère tourné vêts

Les deux premières formes sont essentiellement vicieuses : il faut éviter d’en faire usage. On fait dépasser le bord supérieur lorsque le charbon est de mauvaise qualité , qu’il brûle très- vite sans produire assez d’effet. La lèvre réfléchit alors l’air sur le bain et diminue la trop rapide combustion; mais on perd en temps ce qu’on gagne en combustible.

Lorsque la gueuse fond trop lentement , on fait dépasser le bord inférieur ou le plat de la tuyère , afin de conduire le vent d’une manière plus directe sur la fonte , mais 011 consume alors plus de charbon et le fer devient plus mauvais. Quelquefois aussi on emploie ce moyen pour liàter la combustion , si le charbon est très-dur.

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On fait dépasser le bord tourné vers la haire quand le vent se dirige trop de ce côté , et que la fonte s’affine trop promptement ; l’air se porte alors vers la partie antérieure, la masse fondue se fige plus lentement et raffinage en est retardé *, mais on parviendrait au même but en augmentant la distance de la tuyère à la rustine.

923. Toutes choses égales d’ailleurs, on retarde le passage de la fonte à l’état de fer ductile, en rapprochant la tuyère du cliio, et on l’accélère de la manière inverse. Mais on ne doit pas abuser de ces moyens, principalement du dernier, parce qu’on porterait le point de fusion trop près de la rustine, ce qui rendrait la manoeuvre plus difficile , et parce qu’on peut favoriser la coagulation du fer cru d’une autre manière. La distance la plus avantageuse de la tuyère à la haire, est de 23 centim.

On ne doit pas non plus diriger la tuyère vers la haire pour hâter la coagulation des matières, parce qu’on peut atteindre ce but d’une autre façon. Il n’en est pas de même de la direction donnée vers le lailerol, lorsqu’on veut retarder l’affinage ; car, en s’y prenant différemment, on perd quelquefois beaucoup de temps et l’on obtient de mauvais fer. C’est aussi un moyen de favoriser l’écoulement des scories et la circulation du vent, parce que le fraisil arrosé d’eau fréquemment dans cette partie du foyer, obstrue toujours le passage de l’air.

924. La longueur dont la tuyère avance dans le feu , ne dépend nullement de la nature du fer cru ; il est évident qu’on peut rapprocher la gueuse à volonté. Il paraît même que cette longueur est assez indifférente pendant l’affinage et qu’elle exerce peu

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d’influence sur la qualité du fer. Mais, comme la chaleur est plus intense du côté de la varme, qu’elle ne l’est près des autres taques , et que le fer s’y affine plus tôt , il est bon d’en éloigner un peu le point où. s’effectue la fusion , afin de la ménager et d’en prévenir la trop prompte destruction. Si la tuyère entrait trop dans le feu, elle gênerait l’ouvrier pendant le travail, sur-tout lorsqu’il soulève la masse. Elle dépasse ordinairement la varme de 78 à 92 miilim. ; c’est à tort qu’on a prétendu que le fer devenait moins bon , si l’on raccourcissait le museau de la tuyère.

928. La profondeur du creuset est la distance du fond au bord supérieur delà varme ou bien à la tuyère. On l’augmente ou on la diminue, en haussant ou en baissant le fond. La position de cette plaque, de la plus grande importance durant l’affinage, influe et sur la qualité et sur la quantité des produits : elle dépend entièrement de la nature du fer cru qu’on veut affiner. La règle générale , c’est que la coagulation de la fonte devient d’autant plus prompte que le creuset a moins de profondeur. Il s’ensuit que la fonte blanche exige des feux plus profonds que ceux dans lesquels on traite la fonte grise.

Cette règle est toutefois soumise à des exceptions : on ne peut nier qu’un feu profond ne produise une économie de fonte et qu’il ne retarde la coagulation de la masse on le changement de nature du fer cru , ce qui est fort avantageux dans le traitement de la fonte blanche ; mais l’affineur obtient dans un temps donné moins de fer et d’une qualité moins bonne, et il consomme plus de charbon La petite économie de fonte ne pourrait donc entrer en comparaison avec les inconvëniens et les pertes qui résulteraient d’une

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semblable construction du feu. Il lie faut donc pas en augmenter la profondeur outre mesure, d’autant plus que l’on connaît d’autres moyens de retarder le passage du fer cru à l’état de fer ductile.

Quelque blanche que soit la fonte , on ne doit pas donner au feu plus de 23 centim. de profondeur. On aurait tort d’affiner dans un semblable foyer, la fonte grise pour en diminuer le déchet *, à moins qu’elle ne fût d’une pureté parfaite. En général il faudrait toujours avoir égard à la qualité du fer cru : s’il était trèspur, on pourrait employer un feu d’une faible profondeur, un feu plat y on gagnerait du temps et du charbon, bien que le déchet serait un peu plus grand; mais la fonte qui donne du fer rouverin ou cassant à froid y. ne pourrait être traitée dans un foyer de cette forme, parce que le produit serait d’une mauvaise qualité. Il faut alors baisser un peu la plaque de fond pour retarder la coagulation du métal; il en résultera une perte de temps et une plus grande dépense en charbon , mais on obtiendra de meilleur fer et avec un plus faible déchet.

La gueuse grise et pure pourrait se traiter avantageusement dans un feu de 18 centimètres de profondeur ; mais il devrait en avoir 2 r à peu près , si la fonte , quoique grise , était souillée de matières étrangères et nuisibles à la qualité du fer. En dépassant cette limite .on retombe dans le défaut qu’on veut

* En Allemagne, les ouvriers sont obligés de fournir une certaine quantité de fer par mille de fonte : le surplus leur est payé. Il arrive alors qu’au détriment de la qualité , ils cherchent à augmenter le poids du produit. On ne leur passe aussi qu’un certain nombre de pieds cubes de charbon par mille de fer, afin qu’ils ne brûlent pas le combustible en pure perte. Le T.

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éviter, on brûle trop de charbon , on perd du temps et l’on obtient un mauvais produit.

La fonte grise qui , traitée dans un feu d’une faible profondeur (18 centimètres à peu près), donne de mauvais fer , produit ordinairement pendant l’affinage une grande quantité de scories rouges et pauvres. Pour les loger, on est alors obligé de rendre le feu plus profond qu’il ne serait nécessaire sous d’autres rapports*, mais il faut avoir soin qu’en augmentant la distance de la tuyère à la sole , on ne le fasse pas aux dépens de la qualité du métal.

En général tous les fers disposés à devenir rouverins ou cassans à froid, ne pourraient s’épurer dans des creusets peu profonds , et bien moins encore dans ceux qui pécheraient par un excès opposé. La limite pour l’affinage de la fonte blanche est 23,5 centimètres : si le métal était encore disposé à louper (se liger promptement), on y remédierait en rendant la tuyère, plus plongeante. La fonte grise qui donne des fers vicieux , ne doit pas être traitée dans un feu qui ait moins de 19,6 centimètres de profondeur: souvent même on porte cette quantité à 21 centimètres, si la grande abondance des scories l’exige.

La fonte mêlée s’affinerait avec le plus d’avantage dans un feu dont la distance de la tuyère au fond serait de 22,2 centim.

926. Enfin, ce qui nous reste encore à examiner, c’est la position de la tuyère. Le vent au lieu de suivre xme seule ligne, tend à se répandre dans tous les sens; mais, en mettant la main dans un creuset, on s’aperçoit que le jet principal suit toujours la direction de la tuyère.

On dit que le courant d’air plonge de tant de degré»,

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lorsque la tuyère fait avec l’horizon un angle, qu’on détermine au moyen d’un fil à plomb , d’un petit quart de cercle ou d’un simple pied de roi. Pour faire usage de ce dernier , l’affineur donne à la tuyère une inclinaison telle, que la partie antérieure soit élevée audessus du fond de quelques lignes de moins que le bord supérieur de la varme ; mais cette manière d’opérer est très-vague , parce qu’il faudrait avoir égard aussi à la longueur de la partie de la tuyère qui avance dans le foyer.

Avant de placer la tuyère, il faut l’examiner d’abord, et voir si son plat n’est pas confectionné de manière à donner au vent une inclinaison , lors même qu’on la disposerait horizontalement : ce qui peut avoir lieu lorsque cette surface légèrement évidée en dehors, ne forme pas un plan parfait. Dans ce cas, le jet d’air peut plonger souvent jusqu’à 5 degrés , lors même qu’on a donné à la tuyère une position horizontale : il faut donc en tenir compte.

Le vent devrait toujours avoir une certaine inclinaison ; dans le cas contraire, on consomme trop de charbon, la fonte devient loupante, et l’on perd une partie du vent qui se répand vers le haut. Le plongement de la tuyère est d’ailleurs le meilleur moyen de retarder la coagulation et l’affinage , si l’on tâche d’obtenir un produit de bonne qualité.

Plus la tuyère est plongeante , plus le métal reste long temps liquide ; plus elle approche de l’horizontale, plus la fonte passe promptement à l’état de fer ductile. Il s’ensuit que la gueuse blanche exige un vent plus plongeant que ne le demande la grise.

Les métallurgistes qui soutiennent au contraire qu’il faut un vent plus plongeant pour l’affinage de la fonte

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grise que pour celui de la fonte blanche, n’ont besoin que de visiter les forges pour revenir de leur erreur.

927. La profondeur du feu et le plongement de la tuyère doivent être proportionnés l’un à l’autre.

Une fonte blanche non exempte de défauts, ne pourrait s’épurer convenablement dans un feu très-profond; et, comme il est pourtant essentiel d’empêcher la trop prompte coagulation , il faut rendre la tuyère très- plongeante. Si cette disposition ne produit aucune économie en matières premières et en maind’œuvre , du moins elle n’occasionne sous ce rapport aucune perte , et le fer obtenu est d une qualité bien meilleure, que si l’on avait employé d’autres moyens pour retarder le changement de nature du métal. L’affineur pourra même faire quelques bénéfices sur le fer, moins considérables pourtant que si le feu était plus profond , mais il gagnera du charbon et ne perdra point de temps *. La raison décisive, c’est la qualité des produits ; et l’inclinaison de la tuyère les améliore bien plus que la profondeur du feu. La fonte blanche dont il s’agit pourrait être affinée convenablement dans un feu qui aurait 22 à 23 centim. de profondeur et une pente de tuyère de 10 millim. qui correspondent à 10 degrés. Si le fer cru passait moins facilement à l’état de fer ductile, il vaudrait mieux rehausser un peu le fond que de rendre le vent moins plongeant.

Une bonne fonte grise s’affine très -avantageusement dans un feu qui n’a qu’une faible profondeur ; mais, si la position delà tuyère favorisait aussi le passage du fer cru à l’état de fer ductile, la fonte chan-

* Voyez la note du paragraphe 925. Le T.

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gérait déjà de nature en tombant dans le creuset : il en résulterait une économie de main-d’œuvre et de charbon; mais le déchet serait considérable et le fer de mauvaise qualité, à moins que la gueuse ne fût très-pure. U est donc nécessaire d’entretenir le métal quelque temps dans un certain état de liquidité. Lorsque la fonte est bonne, il suffit d'employer un vent trèspeu plongeant : le feu peut avoir alors une profondeur de 18 centim. et la tuyère une pente de 6 millim.

Comme on dispose rarement d’une si bonne fonte, on est souvent forcé de baisser le fond , soit pour retarder davantage la coagulation du métal, soit aussi pour loger les scories. Cependant, pour ne pas tomber dans l’excès, puisque le creuset 11e peut avoir tout au plus que 2 1 çeutimètres de profondeur, on conserve au métal le degré de crudité convenable par le plongement de la tuyère , qui dans ce cas , penche quelquefois de 10 degrés dans le foyer, comme si la gueuse était blanche.

Si l’on affine une fonte grise qui donne une grande quantité de scories pauvres, parce qu’elle contient beaucoup de matières étrangères, comme, par exemple, le fer cru sorti des hauts fourneaux à coke, on est obligé quelquefois de faire plonger la tuyère de i3 millimètres pour retarder l’affinage et pour opérer la séparation de toutes les substances nuisibles ; en un mot, on donne à la tuyère une forte pente pour ne pas rendre le feu trop profond. On doit conclure de tout ceci que les affineurs qui travaillent sur un fer cru non exempt de défauts , ne peuvent jamais obtenir de bons résultats, si leur vent est rasant, quoiqu’ils puissent économiser le charbon et le métal et fournir beaucoup de fer dans un temps donné.

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928. En résumé, 'voici les règles principales de la construction des feux :

L’emploi d’un vent rasant et d’un foyer de 18 centimètres de profondeur seulement, ne peuvent convenir que pour une fonte grise de la meilleure qualité. Si elle était un peu moins bonne, on ne changerait pas la position du fond , mais on donnerait à là tuyère une' inclinaison de 6 millimètres à peu près ; disposition recommandable d’ailleurs dans tous les cas , parce qu’elle diminue le déchet.

Une fonte grise de mauvaise qualité devrait être traitée dans un feu de 20 à 2 1 centimètres de profondeur et dont la tuyère serait très-plongeante.

Un feu très-profond de 23 à 24 centimètres et un vent x’asant, ne doivent être employés que pour une bonne fonte blanche ; mais il vaut mieux diminuer la profondeur du creuset et augmenter le plongement de la tuyère , réduire l’un à 22 centimètres et donner à l’autre une pente de 1 o millimètres , si toutefois on a pour but principal d’obtenir un très-bon fer; lorsqu’on veut plutôt économiser la fonte , il faut préférer l’emploi d’un creuset profond.

Un feu dont la tuyère élevée près de la varme de 23 centimètres au-dessus du fond, plonge de 10 millimètres, convient à l’affinage d’une fonte blanche impure et peut servir aussi au traitement de la plupart des fontes mêlées, lorsqu’on veut en obtenir un bon fer.

Si , malgré le plongement de la tuyère , on était obligé de baisser davantage le fond et de donner au feu 25 à 26 centimètres de profondeur , ce ne pourrait être qu’en affinant une fonte extrêmement blanche et très-disposée à louper; mais il est rare que les dimensions ci-dessus indiquées ne puissent convenir.

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