‹ Manuel de la métallurgie du fer (volume 2)Chapitre 49 sur 83 · OXIGÈNE · texte numérisé non relu

OXIGÈNE

Le protoxide ,

Fe.

IOO

L’oxide des battitures,

2Fe-}-Fe.

lOO

Un ier. oxide magnétique, . . . .

3Fe-j-2Fe.

IOO

Un 2me. oxide magnétique, . . .

Fe-J-2F.

IOO

Fe.

IOO

Ces quantités d’oxigène évaluées pour une même quantité de fer , sont entre elles comme 6:7:71/6:8:9.

Nous devons faire observer que la composition du premier oxide magnétique 3Fe-f-2Fe, donnée par M. Karsten (263), n’est pas entièrement d’accord avec la formule : si l’on effectue les calculs d’après les tables de M. Berzelius, on trouve 73,87 de fer et 26, i3 d’oxigène. Au reste cet oxide se rapproche tellement de celui des battitures, qu’on peut regarder l’un comme l’analogue de 1 autre, et dans ce cas on doit accorder la préférence à la formule de M. Berthier, parce quelle est plus simple, et parce que les expériences de ce chimiste , répétées de différentes manières , ne laissent aucune incertitude. Le T.

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dont le bout est arrondi , on puisse le traverser facilement et pénétrer jusqu’au fond, le fer a conservé presque toute sa crudité.

L’allure est très-bonne au contraire , si la masse a une consistance pâteuse, de manière qu’on puisse à peine sentir la plaque de fond. Bien qu’elle doive résister sous le ringard jusqu’à un certain point, il ne faut cependant pas qu’elle soit dure comme un corps solide : si elle ne se laisse pas traverser par le ringard l’affinage est trop avancé ; mais il ne faut point se tromper à cet égard ; il arrive souvent que la surface de la loupe devient très- dure et que l’intérieur reste à l’état de fer cru.

933. Avant d’approcher la gueuse de la tuyère, on voit d’abord s’il est nécessaire de rafraîchir la plaque de fond; ensuite on garnit la partie antérieure de l’aire et tout le pourtour du creuset avec du fraisil ou de petits charbons ; on retire du foyer la sorne et les scories, à moins que, d’après la nature du fer cru, il ne faille les y conserver, et l’on couvre aussi le fond de menus charbons provenant de l’affinage précédent. Le but de cette disposition préliminaire est de rétrécir le foyer, déconcentrer la chaleur et d’économiser le combustible.

On arrose le fraisil continuellement afin que le vent ne puisse l’enlever.

Cela fait , on avance la gueuse dans la direction de la tuyere. Placée sur des rouleaux, elle devient plus lacile à manœuvrer; elle est rehaussée, afin que le vent puisse la caresser en dessous au lieu de la frapper directement. La gueuse grise doit être rapprochée à 6 pouces de la tuyère ; la fonte blanche en est tenue à une plus grande distance. Si l’on sait par 11 43

expérience que la fonte reste long- temps liquide, on jette dans le feu de la sorne, des battitures, etc. Si elle loupe et si l’on a des raisons pour ne pas changer la construction du feu, on y jette 20 à 3o liv. de brocaille, ou fonte répandue, qui, entrant en fusion , entretient la masse fondue à l’état pâteux. Dans d’autres circonstances, on affine la brocaille en la plaçant sur la gueuse.

Pressé par le temps , on met quelquefois un morceau de fonte dans le feu, lors même que le métal n’est pas disposé à louper , ce qui peut arriver lors qu’on travaille en très-gros fer et que le forgeage s’expédie trop promptement ; il faut alors prendre ses mesures pour donner au métal fondu, une certaine consistance et pour favoriser son passage à l’état de fer ductile.

Si, après la fusion, le métal est tellement disposé à se durcir, qu’on ne puisse l’entretenir à l’état pâteux 0J1 faisant usage de brocailles , on est force d en venir aux moyens extrêmes, et de jeter du sable dans le foyer ; mais ce cas se présente très -rarement, lorsque le feu est monté d’une manière convenable.

ç)34. Après avoir avancé la gueuse et mis dans le creuset , selon la nature du fer cru, de la sorne ou de la brocaille, on y verse une rasse de charbon et l’on fait agir les machines soufflantes. Si la fonte est blanche , le vent doit être plus fort qu il ne le serait si elle était grise. L’attention de l’ouvrier doit se porter alors surlefraisil qu’il arrose souvent, pour l’empêcher d’être chassé parle vent; sur les scories, qui ne doivent point s’accumuler dans le feu en trop grande quantité , il les sonde pour cet effet avec le ringard , ou bien il consulte l’aspect de la tuyère et les fait écouler, s il

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ëst nécessaire; sur les charbons qu’il arrose et qu’il comprime souvent avec la pelle , afin que le vent ne puisse les déplacer; enfin sur la gueuse qu’il fait avancer à mesure que la partie antérieure est mise en liquéfaction. La percée par laquelle il lâche les scories, ne doit pas être trop basse, parce qu’une partie de ces matières doit rester dans le feu, pour empêcher l’oxidation de la fonte et pour diminuer le déchet. L’affineur examine la consistance de la masse fondue : si elle est un peu dure, il augmente le vent; dans le cas contraire , il tâche de la soulever près du contrevent avec le grand ringard , qu’il enfonce et qu’il abat ensuite, en prenant pourpoint d’appui la plaque de 1 avant foyer; si, au bout de quelques minutes, il n’en résulte point de changement marqué, il jette dans le foyer du laitier riche , de la sorne ou bien des battitures, et recommence la même opération.

Le but de toutes ces manipulations est d’amener la masse fondue vers la fin de la fusion à l’état de pâte épaisse, afin de faciliter le travail ultérieur, de diminuer le déchet et d’obtenir de bon fer.

935. Apiès avoir fondu de cette manière la quantité de fer cru nécessaire pour une pièce , on commence le travail de la loupe. Cette opération présente deux pé- 1 iodes bien distinctes : pendant la première on soulève une ou plusieurs fois la masse avant qu’elle soit disposée à entrer en effervescence ; pendant la deuxième, 011 soulève le métal qui, déjà épuré, fond ensuite en bouillonnant ; c’est ce qu’on appelle avaler la loupe *. Aussitôt que la fusion est terminée, l’affineur enlève

Nous nous servirons, pour de'signer la première de ces opérations , de l’expression soulever la masse ou le gâteau; pour la euxieme , nous conserverons le terme d’ouvrier avaler. Le T.

les petits charbons qui couvrent la partie antérieure de l’aire , la débarrasse entièrement , met le fer à nu , détache la sorne du côté du chio d’abord et ensuite près du contrevent. Cela fait, il commence le travail de la loupe , saisit le grand ringard , l’enfonce près du contrevent jusqu’au fond, appuie sur l’autre extrémité de tout le poids de son corps pour soulever la masse, et, pour la dégager complètement , il enfonce son ringard dans le coin formé par la varme et le laiterol , embarré ensuite dans une direction diagonale et parvient de cette manière à la séparer de la varme , à la rapprocher davantage du contrevent et à l’élever a une certaine hauteur, afin de pouvoir alors la tourner a volonté.

p36. Le travail subséquent ne dépend que de la nature du métal contenu dans le creuset. Il peut se présenter trois cas différens : ou l’affinage se. trouve trop avancé , ou il est trop retardé , ou bien il est au point voulu.

Si la fonte a été trop décarburée pendant la fusion , elle ne forme, étant soulevée, qu’un seul gâteau. Il peut toutefois arriver que l’affineur laisse refioidir le feu, afin de faire coaguler la masse qui alors ne forme qu’une seule pièce , quoique le fer ait conservé toute sa crudité; mais c’est une pratique des plus vicieuses qui jamais ne devrait être tolérée , parce qu on a d’autres moyens de faciliter le soulèvement. Lors donc que le premier cas a lieu, l’affineur embaiie avec son ringard d’abord au contrevent et ensuite au coin formé par la varme et le laiterol , soulève toute la masse , la fait avancer de la varme vers le contrevent, la dresse de manière que la surface supéiieuie soit placée vis-à-vis de la tuyère, fait jeter une rasse de

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charbon dans le feu et renverse ensuite le gâteau sur ce charbon, de manière que le côté qui touchait au contrevent, soit tourne vers la tuyeret et vice versa . Dans cet état de choses, le travail est assez facile; l’affineur 11e fait qu’alimontcr le feu et maintenu le fer au-dessus des charbons incandescens, jusqu au moment où le métal suffisamment épuré , puisse être fondu ; mais il perd beaucoup de temps , de combustible, de fonte et il obtient plus tard très- peu de fer par attachement. U doit dans ces circonstances laisser agir les machines soufflantes lentement , couvrir le gâteau avec des charbons, enipechei le contact de l’air extérieur, qui hâterait 1 affinage , renchait la séparation des matières imparfaite et refroidirait le fer.

A mesure que les charbons se consument' en-dessous , l’ouvrier les remplace par ceux qui , couvrant le gâteau, sont déjà embrasés , afin de ne pas occasionner de refroidissement *. Si l’on ne retardait pas l’affinage, on obtiendrait un mauvais fer qui manquerait d’homogénéité et 11e pourrait pas se forger. On ne peut empêcher le trop prompt affinage qu’en employant un vent faible et qu’en laissant le fer toujours couvert de charbon.

Les scories qui se forment pendant cette opération doivent être lâchées, mais il faut en conserver dans le foyer, pour que le fer ne puisse toucher le fond immédiatement.

* Il est évident que le but de toutes ces précautions est d é lever la température le plus qu’il est possible , sans qu’on fasse usage d’un vent fort. C’est l’unique moyen qu’on puisse employer pour favoriser l’oxidation des matières étrangères , en retardant la combustion du carbone contenu dans le métal. Le T.

g37. Lorsque la masse fondue est encore chargée de carbone, ou lorsque l’affinage est retardé, ce qui a lieu ordinairement pour la première pièce de chaque semaine, le creuset étant alors refroidi, les scories crues s’accumulent en si grande quantité, qu’on est obligé de les faire écouler en entier avant le premier soulèvement et après avoir ôté les charbons. Dans ce cas, la masse qu’on veut soulever se partage en une foule de petits morceaux, qui souvent n’ont que le volume du poing ou d’un oeuf. L’affineur détache d’abord ceux qui se trouvent près du contrevent et les retire du feu; il fait de même au centre du creuset et finit par enlever ceux qui touchent la varme et qui sont un peu plus affinés que les autres. Après a\oir vidé le creuset entièrement, il y verse une rasse de charbon, il dispose ensuite sur le combustible les différens morceaux de fer, selon leur degré d’affinage, à une distance plus ou moins grande de la tuyère; ceux qui étaient près de la varme trouvent leur place du coté du contrevent et réciproquement. Les fragmens dont la décarburation est très*avancée sont mis à l’abri du vent en dessus de la tuyère ; quelquefois même ils sont conservés jusqu’au deuxième soulèvement, ou, lorsqu’il n’a pas lieu, jusqu’à ce qu’on avale la loupe. Au fer disposé de la sorte, on ajoute une pelletée de battitures, que l’on jette près du contrevent; mais on doit ménager ce moyen d’accélérer l’opération , pour laisser aux matières étrangères le temps de se séparer du métal.

On fait agir ensuite les soufflets avec lenteur, afin que les différens morceaux puissent s’agglutiner peu à peu : on facilite cette opération en les rapprochant ensemble avec le ringard ou la pelle; ou évite sur’- tout que

le vent ne se fasse un passage entre les: fragmens , ou que des charbons ne viennent se loger entre eux , ce qui retarderait la décarburation bien plus encore. Quand l’ouvrier s’aperçoit que les morceaux présentés toujours au foyer de la chaleur , commencent à ne plus former qu’une seule masse, il précipite le mouvement des machines soufflantes pour élever la température et accélérer l’affinage. Une issue ménagée alors au vent du côté opposé à la tuyère , laisse échapper des torrens de scories crues lancées en l’air sous forme d’étoiles rouges ou bleuâtres. Ce moyen suffit pour s’en débarrasser lorsqu’elles ne sont pas trop abondantes : si on les faisait écouler, on augmenterait le déchet. En usant de ces précautions , on laisse fondre tout le gâteau, et si le cas l’exige, on jette encore une pelletée de battitures dans le creuset.

Il est clair qu’en faisant agglutiner de cette façon les morceaux séparés , on perd beaucoup de temps et de charbon , mais on obtient de bon fer , sans que le déchet soit trop considérable.

938 . Examinons à présent le cas où la masse a reçu pendant la fusion le degré d’affinage le plus convenable. Lorsqu’on la soulève, elle se divise alors en trois ou quatre parties, qui, soumises à l’action du vent, présentent assez de surface pour être épurées en peu de temps et de la manière la plus avantageuse. L’affineur commence son travail près du contrevent , passe au milieu du creuset et finit près de la varme ; il retire du feu les fragmens de métal, y verse une rasse de charbon, dispose ces fragmens sur le combustible, en les dérobant ou bien en les soumettant plus ou moins à l’influence du courant d’air, selon leur degré d’affinage, ainsi que nous l’avons dit précé-

demment (9^7). Cela fait, il donne un vent fort, et jette, si le cas l’exige, une pelletée de battitures dans le feu.

Il n’est pas nécessaire de faire écouler les scories , il suffit de leur ouvrir un passage du côté du contrevent, afin qu’elles soient chassées hors du feu sous forme d’étoiles. Les interstices laissés entre les morceaux de métal, doivent être remplis de charbon, principalement lorsque ces morceaux paraissent disposés à s’agglutiner promptement. Dans le cas contraire , il faut bien se garder de les mêler en quelque façon avec le combustible, parce qu’on retarderait encore l’affinage et qu’on augmenterait la consommation de charbon. Traité de cette façon, le fer entre en fusion et descend dans le creuset. Lorsque le travail suit une marche si favorable, l’affineur gagne du temps, du charbon , et il obtient un fer d’une bonne qualité.

Pour économiser le combustible , on garnit le pourtour du foyer avec du fraisil et de la charbonnaille qu’on arrose fréquemment , ainsi qu’on le pratique pendant la fusion de la gueuse.

939. Si l’ouvrier s’aperçoit que le fer conserve trop de crudité , il le soulève de nouveau ; mais le travail est alors plus facile que la première fois , parce que le métal ne se partage ordinairement qu’en deux ou trois morceaux ; on s’y prend du reste de la façon que nous venons d’indiquer.

940. Quelquefois la fonte se refuse tellement à changer de nature , qu’on est obligé de procéder même à un troisième soulèvement avant d’avaler la loupe , ce qui occasionne une perte considérable de temps et de charbon , bien que le déchet se trouve compensé par la grande quantité de battitures qu’on jette dans le

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Creuset. Si l’on était obligé de soulever la masse une quatrième fois , il faudrait à l’instant changer la construction du feu , à moins que , pendant le travail , on n’eût commis quelque faute essentielle.

941. Il existe des affineurs qui ont l’habitude de conserver à la fonte presque toute sa crudité pendant la fusion * ; elle reste alors entièrement liquide et l’on ne pourrait la soulever sans la refroidir d’abord. On arrête pour cet effet le vent aussitôt que la gueuse a été retirée et qu’on a enlevé le charbon qui Couvre la masse fondue 5 on arrose cette dernière et Ton attend dix minutes , souvent même une demi-heure ; pendant ce temps, l’afïineur détache à plusieurs reprises les scories qui se figent plus tôt que le fer. Le métal ne forme ensuite qu’üne seule masse qu’on est obligé de traiter compie si la fonte était loupante , comme dans le cas où la décarburation est trop avancée.

Ce procédé , qu’on peut appeler l’affinage par refroidissement , est on ne peut plus vicieux : il en résulte des pertes de temps, de chaleur et de fonte même , puisqu’ avec les laitiers on enlève toujours quelques parcelles de métal. De plus, le fer étant coagulé en un seul gâteau, ne présente plus assez de surface à l’action du courant d’air , ce qui prolonge l’opération et multiplie les dépenses de tous genres. Cette mauvaise méthode est du reste fort commode pour les ouvriers paresseux qui craignent de s’exposer à la chaleur. Elle devient plus défectueuse encore lorsqu’ils jettent après le soulèvement une certaine quan-^ tité de quartz dans le creuset , usage que l’on voit

* II suffit , pour cet effet , de l’exposer directement au courant d’air. Le T.

subsister encore aujourd’hui dans quelques provinces rhénanes *.

Il existe à la vérité des fontes qui donnent pendant l’affinage tant de scories crues qu’on est obligé pour les enlever, de refroidir la surface du bain, en y jetant de l’eau ; mais cette opération qui doit s’exécuter avec promptitude, n’a pas pour but de rafraîchir le ferj on aurait tort de la confondre avec l’affinage par refroidissement.

942. Il est rare que les bons ouvriers soulèvent la masse plus d’une ou de deux fois avant d % avaler la loupe : ils observent l’allure du feu , et emploient en fondant le fer cru les moyens précités pour la régler de la manière la plus avantageuse.

On reconnaît la nécessité de soulever la masse à la couleur de la flamme , si toutefois le charbon est d’une bonne qualité. Une flamme blanche indique une bonne

* L’usage du quartz jeté dans les creusets d’affinerie, se pratique dans la plupart de nos forges ; quelque défectueux que puisse être ce procédé, il est probable qu’on le suivra long-temps encore : rien de plus commode pour l’ouvrier; peu lui importe que la fonte soit très-disposée à louper, il saura toujours par ce puissant agent, et sans donner un coup de ringard de plus, rendre a la matière le degré de consistance voulu; c’est de cette maniéré que, dans le même foyer , et sans changer la profondeur du creuset ni l’inclinaison de la tuyère, on affine indistinctement la fonte blanche et la gueuse la plus grise. Quelle que soit la nature du fer cm, on emploie toujours des battitures pendant la fusion, sauf a détruire leur effet avec des cailloux. Qu’en résulte-t-il? on ne peut obtenir de bon fer qu’autant que les fontes sont excellentes, les produits manquent d’homogénéité , une certaine quantité en est toujours vicieuse , puisqu’une partie de la silice se réduit , et que le métal terreux se combine avec une portion de fer rendu par cet alliage plus dur et plus aigre ; le reste ou la majeure partie de la silice entre avec l’oxide en vitrification et augmente le déchet.

Le T.

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allure et un affinage suffisamment avancé.. Une flamme bleuâtre annonce un état de crudité et le besoin de soulever encore une fois le gâteau avanit d’avaler la loupe. Il en est de même, si le fer a une couleur rouge ou seulement blanche rougeâtre , et si au lieu de former une seule masse , il est divisé en plusieurs morceaux. Mais une couleur claire, jointe ài l’apparition des étincelles blanches argentines chassées par le vent, ne laissent plus de doute sur l’inutilité d’un soulèvement ultérieur.

943. Quel que soit l’état du métal fondu et son degré d’affinage, il faut toujours le soumettre encore à la dernière opération que nous allons décrire , à moins que la fonte ne soit d’une pureté parfaite. Pour économiser le temps et le combustible, on a quelquefois essayé de s’en dispenser, mais l’expérience s’est prononcée presque toujours contre cette manière d’abréger le travail : le fer devenait médiocre, se laissait cingler , mais il ne pouvait être étiré en barres.

944* Pour avaler la loupe on soulève toute la masse au-dessus de la tuyère, sans jeter d’abord de combustible frais dans le creuset, pour ne pas le refroidir : les charbons incandescens qui s’y trouvent se logent naturellement sous le métal et produisent le haut degré de chaleur qui est nécessaire pour le faire entrer en fusion. Le vent passe tout à fait sous le gâteau et creuse , pour ainsi dire , le lit que la loupe doit occuper après avoir été fondue. L’afïîneur de son coté , le prépare en retirant la SornG attachée à la plaque de fond ; il sonde avec son ringard dans toutes les directions, l’enfonce près de Ja tuyère , le promène le long du laiterol et ensuite dans la diagonale qui joint le sommet de l’angle formé par la varme et le

laiterol à celui qui lui est opposé , et finit par l’autre diagonale en allant du contrevent vers la varme. Lorsqu’il trouve quelque matière solide , il la détache et cherche à la faire sortir du feu.

Après avoir renversé la masse sur les charbons embrasés, l’ouvrier la couvre de combustible frais et l’arrose, afin de la maintenir un peu plus long-temps audessus de la tuyère , ce qui est avantageux sur- tout pour un fer qui a changé difficilement de nature. Lorsqu’on veut opérer par attachement , le métal ne doit pas être parfaitement purifié , afin qu’il puisse devenir assez liquide. Mais il faut dans tous les cas produire un haut degré de chaleur, qui fasse bouillonner le fer, le rende demi - liquide et opère un départ complet des scories. L’activité des machines soufflantes, le bouillonnement de la masse qui présente au vent des points de contact nombreux, la haute température, tout concourt à l’épuration du métal. Il s’ensuit qu’il ne doit point descendre dans le creuset avec trop de lenteur, ce qui aurait lieu s’il avait atteint le dernier degré d’afïinage * ; il faudrait alors le couvrir de charbons soigneusement : mais on doit craindre de tomber dans le défaut opposé , de le faire disparaître trop promptement de devant la tuyère, ce qui aurait lieu s’il avait conservé beaucoup de carbone. Dans l’une et dans l’autre hypothèse, le fer ne serait pas assez exposé à l’action du courant d’air.

Quelle que soit la force du vent, il est difficile qu’il produise assez d'effet, lorsque l’affinage est très-avance j l’oxidation occasionne d’ailleurs un déchet considérable ; c’est pour cette* raison que dans ce cas il ne

♦ Parce que le bouillonnement ne serait pas assez actif. Le T»

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faudrait pas prendre de fer par attachement. Si au contraire la masse n’est pas assez affinée , le bouillonnement devient faible et l’attachement ne peut avoir lieu que d’une manière forcée.

En général, quand on avale la loupe, la température doit être extrêmement élevée , afin qu’on puisse mettre le fer dans un état presque liquide, pour chasser complètement le carbone et les matières étrangères. Il faut donc employer un vent très-fort, et si l’on ne pouvait accélérer le mouvement des soufflets , ou si l’affineur avait des raisons pour ne pas le faire , comme dans le cas précité *, il ne pourrait obtenir un bon produit. Les scories douces qui se produisent pendant cette période, entourent la loupe. Si elles s’accumu^ laient en trop grande quantité , il faudrait les faire écouler, parce qu’elles gêneraient le travail de l’attachement ; du reste elles forment la sorne et Ton tâche de les conserver dans le creuset autant qu’il est possible.

g45. L’affinage par attachement n’est pas généralement adopté dans les usines où l’on suit la méthode allemande. Des maîtres de forge prétendent que cette pratique est préjudiciable à la bonté de la loupe; ce qu’il y a de certain , c’est que le fer obtenu par attachement vaut bien mieux que l’autre; mais il ne s’ensuit pas que la loupe en soit devenue plus mauvaise. La méthode par attachement présente les avantages suivans :

i°. L’ouvrier gagne du temps; la production en est donc augmentée ;

20. Il gagne du charbon , parce que le forgeage subséquent ne dure pas aussi long-temps ;

* Lorsque le fer est encore un peu cru.

Le T.

35o CINQUIEME SECTION.

5°. Il obtient une portion de fer d’une qualité excellente, et celui de la loupe, loin d’en être détérioré , devient souvent meilleur.

946. On prend du fer par attachement, après avoir soulevé la loupe, pour l’avaler et au moment où la masse commence à bouillonner. Pour cet effet, l’affineur promène son ringard en différentes directions, depuis le laiterol jusqu’à la haire , en restant toujours dans le plan horizontal passant par la tuyère; quand il voit qu’il s’y attache et qu’il y adhère fortement du fer d’une couleur blanche, il tâche de former un creux, sans toucher cependant à la masse qui est en train de fondre. Cette espèce de voûte établie sous le gâteau devant la tuyère où la chaleur est le plus intense, lui facilite le moyen de bien tourner la barre d’attachement qu’il y enfonce.

Aussitôt que l’ouvrier sent par le poids de cette barre qu’elle est chargée d’une certaine quantité de fer, il la retire, la plonge dans l’eau pour en détacher les scories , lui donne quelques coups de marteau et la refroidit ensuite dans ce liquide, pour accélérer l’attachement du fer qui s’y fige mieux lorsqu’elle est froide. U répète cette opération jusqu’à ce que son lopin ait acquis un poids de 8 à 10 kil. ; le second ouvrier l’étire ensuite, d’après les dimensions exigées. Pendant ce temps, le premier place dans le canal une seconde barre, qu’il soigne de la même manière que l’autre , tout en réparant le creux à mesure que les matières qui s’éboulent de tous côtés, viennent à l’obstruer. Après avoir achevé le deuxième lopin, il remet la première barre dans le feu, et ainsi de suite jusqu’à ce que toute la masse soit descendue et que le bouillonnement ait cessé.

DU FER DUCTILE

947. Il est nécessaire de se débarrasser des scories qui se forment pendant reffervescence de la masse, parce qu’elles gêneraient le travail par attachement : on tâche de les diriger vers le contrevent. Lorsqu’elles remplissent le creuset et que par la tuyère l’affineur les voit bouillonner, il est forcé de les faire écouler; mais il doit en conserver une partie dans le feu, pour ne pas brûlerie fer en le mettant à nu. Une flamme vive, d’une blancheur éclatante, l’avertirait de cette combustion; il y remédierait en jetant des battitures dans le foyer.

La production d’une grande quantité de scories est la preuve de quelque mal-adresse et d’un affinage qui est trop avancé , ou qui ne l’est pas suffisamment.

948. La masse de fer qu’on obtient par attachement est très-variable : elle dépend et du poids de la loupe et principalement de la nature du gâteau qu’on avale, ainsi que de l’adresse des affineurs. Quelquefois ils ne peuvent obtenir qu’un , deux ou trois lopins , quelquefois ils en obtiennent neuf à dix. On ne peut trop recommander d’accélérer le mouvement des soufflets; en oubliant cette condition indispensable, on perd tout l’avantage qu’offre cette manière d’opérer.

Tous les ouvriers s’efforcent d’obtenir beaucoup de fer par attachement; mais dans les moyens qu’ils emploient ils sont souvent de mauvaise foi. Us baissent l’extrémité de leurs baiTes jusqu’à la plonger dans la masse qui est déjà fondue ; ce n’est pas alors un véritable fer par attachement qu’ils obtiennent , comme il est facile d’ailleurs de s’en convaincre par l’inspection des lopins. Quelquefois aussi ils soulèvent une seconde fois la masse fondue, ce qui est contraire aux intérêts du propriétaire, parce qu’il en résulte non-

3 5ü CINQUIEME SECTION.

seulement beaucoup de décliet , mais aussi un fer dur et aciéreux. Si l’on force de cette manière l’attachement, il se forme des scories crues dont il faut se débarrasser aussitôt , ce qui est la preuve d’un procédé des plus défectueux.

949. Lorsque le travail de l’attachement est terminé , on ralentit le mouvement des soufflets et l’ori achève de faire la loupe.

Il existe toujours de petits morceaux de fer qui, séparés de la masse par la force du vent, se trouvent répandus sur l’aire ou disséminés dans les charbons. L’ouvrier les cherche , les réunit à la loupe mise à nu sur une petite surface , les frappe à coups de pelle ou de crochet , jette même des battitures dans le creuset et débarrasse la tuyère , afin de favoriser cette agglutination.

950. Cela fait, l’affineur tâche d’égaliser la surface delà loupe, de lui donner une forme plus régulière, lui applique des coups de crochet, la rafraîchit avec un peu d’eau, arrête le vent et la fait sortir du feu de la manière suivante :

Il commence par jeter d’abord une pelletée de bat— titures devant la tuyère , afin que les scories liquides ne puissent l’obstruer; il détache la loupe avec le ringard du côté de la varme ; embarre dans le coin formé par le laiterol et le contrevent pour la soulever complètement, tandis que l’autre affineur et le goujat la saisissent avec le crochet et l’entraînent sur la plaque antérieure de l’aire. Après en avoir détaché d’abord la sorne qu’on rejette dans le feu, on la fait tomber sur le sol de l’usine qui est couvert de plaques en fonte; on la frappe à grands coups de masse pour en unir la surface, et on la traîne près de l’enclume

DU FER DUCTILE. 353

sur un petit chemin de fer cru. Aussitôt que le creuset est débarrassé , on le dispose pour la fu:sion suivante.

p5r. Il faut que la loupe ait une forme ronde, légèrement allongée; c’est une preuve que le point où la chaleur est le plus intense, se trouve vers le milieu du feu , et que le vent n’est pas trop dirigé ni vers la rustine ni vers le chio : sa longueur doit être dans le sens de la largeur du creuset. Il faut qu’elle ait une couleur très-blanche au sortir du feu, que son éclat soit gras , qu’elle perde la sorne par écailles pendant le cinglage , qu’elle reçoive facilement l’impression du marteau et qu’elle ne donne pas une trop grande quantité de laitier.

g52. Lorsque le fer est hors du creuset, l’opération chimique est finie; il ne s’agit plus que de l’étirer au moyen d’opérations purement mécaniques *.

On profite de la chaleur de la loupe pour lui donner une forme régulière et pour la couper en plusieurs parties qui puissent être maniées et forgées en barres avec facilité.

Les loupes obtenues par l’affinage à l’allemande ne pourraient etie e tirées par des cylindres , puisqu’elles sont trop grosses et que cette méthode ne permettrait pas de les diminuer; il faudrait les couper en lopins. Au reste, les travaux ultérieurs qu’on peut leur faire subir ne font pas essentiellement partie de l’affinage et peuvent s’exécuter de différentes manières.

955. Le marteau, qui pèse 200 kilog. , doit fournir au moins 90 à 100 coups par minute, et frapper avec beaucoup de force contre le rabat dont l’élas-

* Voyez à ce sujet la note du traducteur ajoutée au paragraphe 880. Le T.

licite augmente considérablement l’eftet qu’il peut produire. Il faut qu’à l’état de repos son manclie soit horizontal et que sa panne se confonde avec la table de l’enclume ; elles doivent être l’une et l’autre le plus étroites possible , pour abréger le forgeage.

La table de l’enclume reçoit une légère pente du devant à l’arrière. Si les barres qu’on veut étirer sont larges, cette pente doit être plus forte, afin qu’on puisse les parer lorsqu’elles sont placées de champ; sans cela le martean frapperait par son talon et produirait des entailles.

Il est essentiel en outre, que la table de l’enclume soit parfaitement plane ; creuse , elle ferait naître dans les barres des fentes longitudinales.

On doit visiter fréquemment les coins de l’ordon, et veiller à la solidité de la machine.

Au commencement de chaque semaine , on chauffe le marteau avec des charbons rouges, pour éviter qu il ne se brise pendant le forgeage.

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