‹ Manuel de la métallurgie du fer (volume 2)Chapitre 50 sur 83 · Les outils du forgeron sont · texte numérisé non relu

Les outils du forgeron sont

i°. Un gros levier qui est tantôt en bois et couvert de tôle au milieu, tantôt en fer et garni à ses deux extrémités de deux manches de bois : on s’en sert pour placer la loupe sur l’enclume.

20. Une barre de fer ou un levier plus petit, servant à retenir la loupe pendant le cinglage.

5°. Deux hacherons, un grand et un petit. Us sont en fer forgé et ressemblent à une hache à main , dont le taillant serait obtus et le manche en fer. On s’en sert pour couper la pièce en lopins ; il suffit de placei le hacheron et de laisser agir le marteau.

40. Une grande tenaille ( écrevisse ). On en fait usage pour saisir la loupe et pour la tenir sur 1 enclume au commencement du cinglage.

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S°. Une petite tenaille à cingler. On s’en sert pour achever le cinglage.

6°. Deux tenailles à chauffer la pièce et les lopins.

70. Deux tenailles à retenir les lopins, pendant qu’on les dégrossit.

8°. Deux tenailles à coquilles. Elles servent à tenir les lopins ébauchés, pendant qu’on les étire en marquettes.

On a en outre de petites tenailles pour la réparation des outils.

g55. Quand la loupe est près de l’enclume, le forgeron la saisit avec l’écrevisse, la soulève un peu, afin que ses deux aides puissent engager le gros levier et la mettre sous le marteau. Elle est tenue de manière que la partie qui était tournée vers la varme soit couchée sur fenclume, et que le côté opposé dont le fer est moins bon et moins bien soudé , éprouve d’abord l’action du marteau. Ses coups se succèdent lentement et pour aplatir la loupe et pour en faire sortir le laitier ; bientôt le mouvement est accéléré. Le forgeron avance alors, retire ou tourne la pièce de telle sorte que la surface en devienne uniforme. Il est aidé dans ce travail par un ouvrier qui soutient la masse avec le levier de fer et l’empêche de tomber.

Cela fait, il la retourne sur sa largeur de manière que le côté qui avoisinait le laiterol soit placé sur l’enclume, et que le marteau frappe sur celui de la haire. L’ouvrier maniant la pièce comme précédemment, fait agir le marteau avec toute sa vitesse : voilà ce qu’on appelle cingler la loupe.

g56. Il saisit ensuite la pièce avec la petite tenaille à cingler, la tourne de manière que le côté qui était en dessus dans le foyer , touche l’enclume et que la

surface opposée reçoive les coups du marteau , qui doit agir avec sou maximum de force et de vitesse : la pièce reçoit alors la forme d’un parallélipipède. Après cela , le forgeron la saisit à l’endroit de la tuyère, l’étire un peu et ordonne à son aide de placer le hacheron du coté où était le contrevent, pour la couper en 4, 5 ou 6 morceaux. A mesure qu’on détache ces lopins, on les place dans le feu, mais on dégrossit un peu le dernier et l’on reporte les autres sur l’enclume , pour les ébaucher de la même façon , afin qu’ils occupent moins de place dans le foyer et qu’ils subissent le plus faible déchet possible.

957. Pour étirer ces lopins, on les chauffe au blanc soudant ; on a soin de les placer dans un certain ordre, eu égard à la température à laquelle ils sont exposés, au temps qu’ils restent dans le foyer et à leur degré de pureté.

Comme toutefois le lopin de la varme est le plus refroidi , on ne pourrait le chauffer et l’étirer le premier sans une perte de temps, quoique le fer en soit réellement le mieux affiné; on le place pour cette raison au-dessus de la tuyère, afin de ne point l’exposer au courant d’air. Le lopin du contrevent ainsi que son voisin, les moins épurés de tous, sont au contraire soumis un peu à l’action directe du vent.

Les deux lopins intermédiaires tenus entre les ténailles les plus près de la tuyère, reçoivent les premiers le degré de chaleur voulu ; mais on doit donner les chaudes avec précaution : si la loupe était complètement affinée, il faudrait plonger ces deux lopins dans le laitier; si elle l’était moins, on pourrait les exposer légèrement à l’influence de l’air.

L’ouvrier les retourne de temps à autre, pour les chauffer également sur toutes les faces.

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Les bonnes chaudes suantes peuvent corriger un fer vicieux et lui donner le degré d'affinage convenable ; elles ne le détériorent jamais.

Lorsque le lopin placé le plus près de la tuyère , est parvenu à la chaleur blanche , on le saisit avec les tenailles à coquilles, pour le porter sous le marteau et on le remplace par le lopin de la varme, qui était mis en dépôt au-dessus de la tuyère ; mais en le chauffant on doit avoir égard aussi à son degré d’affinage.

958. On étire les lopins à moitié pour les changer en maquettes , on les refroidit dans l’eau et on les met d,e côté , jusqu’à ce qu’ils aient tous subi la même opération. Comme celui du contrevent est le moins affiné, on le conserve plus long-temps dans le feu et on ne le forge que le dernier.

Dans certaines usines on ne procède à l’étirage de ces différentes maquettes que pendant la fusion subséquente. Ailleurs on les étire tout de suite, ce qui est plus avantageux , parce qu’on profite de la chaleur qu’elles retiennent encore ; mais alors on ne peut se dispenser de plonger l’extrémité des barres dans l’eau , opération scabreuse , si les fers sont de médiocre qualité ; quoi qu’il en soit, il faut dans tous les cas les chauffer suivant l’ordre précédemment indiqué.

Pendant l’étirage des lopins en maquettes et de cellesci en barres, le marteau doit marcher sans discontinuation, a moins d’accidens particuliers, et parmi ces accidens, il faut compter l’humidité du charbon, qui occasionne toujours une perte de temps et une augmentation de déchet.

Si l’ouvrier est adroit, il abrège la durée du martelage , parce que son coup d’oeil le dispense de contreforger le fer; il peut épargner nombre de coups de

marteau qu’un homme moins habile, placé dans les mêmes circonstances, serait obligé de prodiguer. Il faut qu’en parant la barre, il la place exactement dans la direction de l1 enclume , pour ne point former de rebords. La manière dont le marteau est emmanché contribue beaucoup à la netteté de l’ouvrage.

Des ouvriers paresseux laissent frapper le marteau sur les mêmes faces et négligent de retourner la barre , de manière que ses quatre plans puissent toucher suc cessivement l’enclume , dont la table est toujours bien plus lisse que la^anne du marteau.

La promptitude- de l’étirage dépend non-seulement de la force du coup , mais aussi de la forme du marteau : plus la panne est étroite , plus le travail se trouve accéléré.

Si le forgeron s’aperçoit qu’il ne peut étirer une barre en une seule chaude, il laisse subsister à l’extrémité une petite masse appelée corrond , qu’il fait chauffer plus tard.

Le temps employé pour le forgeage prolonge quelquefois la durée de la fusion , parce que l’affineur ne peut commencer le travail de la loupe avant que le feu soit débarrassé entièrement.

Lorsque tout le fer doit être foi’gé d’apres des dimensions exactes, l’opération devient naturellement plus lente ; les ouvriers doivent alors redoubler d’attention pour l’abréger autant qu’il est possible.

p 5p. Un feu bien desservi doit occuper cinq ouvriers : un maître affmeur , un marteleur , deux chauffeurs et un aide. Le maître et le premier chauffeur travaillent ensemble, ainsi que le marteleur et le deuxième chauffeur; l’aide est à leurs ordres. Le travail commence dans la nuit du dimanche au lundi, et se

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prolonge sans discontinuer jusqu’au soir du samedi. Le marteleur et le deuxième chauffeur font toujours la première tournée de chaque semaine. Pendant la fusion de la fonte, on étire les lopins de la dernière pièce; le deuxième cliauffeur reste au feu pour soigner les chaudes et la fusion de la fonte ; le marteleur est chargé du forgeage. L’aide apporte les charbons, tire la pale et tient les échantillons j il a fini sa tournée aussitôt que le fer est forgé. Si la masse fondue est alors assez grande pour une loupe , le marteleur procède au premier soulèvement. Il est secondé de toutes les manières par le chauffeur qui apporte les charbons, enlève les scories , etc. , etc.

Lorsqu’on prend du fer par attachement, le deuxième chauffeur tient une barre dans le feu, pendant que le marteleur en étire une autre; il la tourne, la rafraîchit et la porte sous l’enclume, si toutefois il sait déjà forger. Dans le cas contraire, il est remplacé par le premier chauffeur , dont la présence et d’ailleurs nécessaire, puisqu’il faut toujours trois ouvriers pour bien exécuter cette opération : un d’eux est constamment au marteau , un autre tient la barre et le troisième soigne le feu, tire la pale, etc. C’est pour cette raison que le deuxième chauffeur commence aussi la tournée suivante à la même période du travail.

Quand on est près de faire sortir la loupe du feu, on appelle aussi le maître. Le marteleur tient le ringard et soulève la masse, tandis que les deux chauffeurs la saisissent avec le crochet et l’emmènent sur la plaque du devant. Après l’avoir traînée près de l’enclume, le marteleur la saisit avec l’écrevisse, la soutient, afin que les deux autres ouvriers puissent engager le gros levier et la porter sous le marteau. Le premier cingle

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la loupe et ceux-ci la retiennent avec des barres de fer. Pendant ce temps , le maître prépare le feu et fait agir les machines soufflantes.

Lorsque la loupe est cinglée , le premier chauffeur achève de lui donner une forme parallélipipedique ; la cédant ensuite au marteleur qui la tient par le bout de la varme , il pose le hacheron et la coupe en lopins. Le deuxième chauffeur continue de la soutenir avec une barre de fer. Le maître porte et place les lopins dans le feu; c’est ainsi que se termine la tournée; celle du maître avec le premier chauffeur va commencer.

Ces deux ouvriers exécutent le forgeage alternativement. L’aide revient pour tirer la pale et tenir les échantillons ; il s’en retourne quand tout le fer est forgé.

Durant l’affinage , le premier chauffeur rend au maître les services que le marteleur recevait du deuxième chauffeur : l’un et l’autre de ces ouvriers secondaires doivent, du reste, chercher à s’instruire dans le travail de l’affinage , pour avancer et devenir marteleurs à leur tour.

Quand on fait sortir la loupe, on rappelle tous les ouvriers, l’aide excepté; le marteleur la cingle, le maître arrange le feu, y porte les lopins , etc.

C’est ainsi que le travail est réparti entre les différens ouvriers. Chacun est à même de pouvoir s’instruire; l’aide pour devenir deuxième chauffeur, le deuxième chauffeur pour devenir mateleur et le marteleur pour remplacer le maître au besoin. lien résulte une émulation avantageuse dans leur intérêt et dans celui du propriétaire. Le maître est chargé du reste de monter le feu et d’entretenir les soufflets. Le mar-

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Icleur a Tordon sous sa surveillance; il doit le visiter fréquemment, serrer les coins, placer l’enclume, emmanclier le marteau et lui donner une direction convenable. C’est en raison de cette disposition que le maître et le premier chauffeur sont dans l’obligation de dégeler la roue des soufflets (briser les glaçons qui empêchent le mouvement), tout comme le marteleur et son chauffeur doivent le faire pour la roue du marteau.

On voit donc qu’il y a un chef dans chaque tournée, mais tous les ouvriers qui appartiennent à un feu, se trouvent néanmoins sous les ordres du maître. Cet arrangement est indispensable, sur- tout dans les usines où le maître répond des matières premières , où il est payé des économies qu’il peut faire et chargé du remboursement d’un excès de consommation.

Il vaut mieux du reste distribuer le travail comme nous venons de le dire, que de suivre Tusage adopté dans plusieurs usines, où toutes les loupes sont affinées par le maître aidé du premier chauffeur, tandis que le marteleur et le deuxième chauffeur ne sont chargés que du forgeage. C’est une disposition vicieuse; elle empêche les ouvriers d’apprendre leur métier et elle détruit l’émulation entre le maître et le marteleur. De mauvais ouvriers surveillant la fusion du fer cru, pourraient d’ailleurs augmenter les difficultés de l’affinage à dessein, pour se reposer plus long-temps; ils pourraient même jeter du sable dans le creuset. En un mot, celui qui affine doit avoir assisté à la fusion, pour savoir traiter le métal d’une manière convenable.

960. Dans les forges allemandes le maître affineur est responsable de la fonte et du charbon accordés par « 46

mille de fer ; les quantités en sont déterminées par le marché ; s’il en use davantage , il est obligé de payer le surplus à un prix fixé d’avance; s’il en use moins, il reçoit des primes proportionnées aux économies faites sur les matières premières. C’est un moyen non- seulement d’alléger le fardeau de la comptabilité et de la surveillance , mais aussi de rendre les ouvriers plus soigneux et plus économes.

Le déchet, qui est très- variable, dépend delà nature de la fonte et de l’adresse de l’ouvrier. Il augmente , lorsque le régule contient beaucoup de matières étrangères et qu’il est disposé à donner du fer ou rouverin ou cassant à froid , parce qu’on est obligé de soulever la masse un plus grand nombre de fois : il peut s’élever jusqu’à 40 pour cent. Le déchet du fer cru ordinaire est à peu près de 28 pour cent. Dans les usines royales, on doit, fournir pour 7 quintaux de fer cru, 5 quintaux de fer ductile ; le déchet est donc de 2 8,56. Ces conditions sont assez avantageuses pour les ouvriers; ils peuvent faire des bénéfices , lorsqu ils ont du zele et de l’intelligence : si le fer cru est de bonne qualité , le déchet n’est souvent que de 26 pour cent.

La consommation de charbon dépend également de l’habileté des ouvriers et de la nature du fer cru. Dans les usines royales de la Silésie, on passe ordinairement imèt- cub-)847 de charbon, par 100 kil. de fer ductile.

La quantité de fer fabriquée par semaine , dépend non- seulement des ouvriers, mais aussi de la force des machines soufflantes , du poids et de la vitesse du marteau, delà qualité du fer cru, de celle du combustible et des dimensions exigées pour les barres. A mesure que les eaux diminuent, on obtient moins

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de fer dans un temps donné et l’on consomme par mille, plus de fonte et plus de combustible. Si les diverses circonstances réunies ne sont pas trop défavorables, on en obtient par semaine dans un feu, 2342 à 2810 kilog. (5o à 60 quintaux de Berlin)*.

96 1 . Quelque simples que paraissent les principes de l’affinage, l’application en est pourtant assez difficile. Si Ton avait pour but unique la séparation du carbone d’avec le fer , il faudrait affiner de préférence la fonte blanche, parce qu’elle l’abandonne plus vite et passe plus facilement à l’état de fer ductile , quoiqu’elle puisse en contenir une aussi grandd quantité que la fonte grise. Mais l’affinage a pour but aussi de chasser les matières étrangères, et la gueuse blanche présente à ce sujet de plus grandes difficultés que 11’en offre la grise, puisqu’elle est moins pure et qu’elle se change en un mauvais fer ductile avant d’être épurée. On est donc forcé de la maintenir plus long-temps à l’état de fer cru, et l’on y parvient principalement par la manière dont on opère la fusion dans les foyers d’affinerie. Plus elle est rapide, plus le métal conserve de carbone , étant exposé moins long-temps au courant d’air.

A mesure que le feu devient plus profond, la matière liquide est mieux garantie du vent, ce qui en retarde l’affinage ; mais , comme elle est dérobée aussi à l’influence de la chaleur, l’opération devient incomplète.

Un vent plongeant exerce pendant la fusion moins d’action sur la gueuse que sur les charbons contenus dans le creuset. La masse fondue devient donc plus liquide, étant moins privée de son carbone, mais en-

* Cette quantité serait très-petite, si les barres n’étaient pas d’un faible échantillon. Le T.

suite elle est plus exposée au courant d’air qu'elle ne le serait par un vent horizontal qui , pendant la fusion , agirait sur la fonte avec plus d’énergie*.

A mesure qu’on augmente la rapidité du courant d’air, la chaleur devient plus intense, les gouttes se succèdent avec plus de rapidité , la fonte est moins long-temps exposée au vent avant d’être liquide -, elle

* L’explication de ce fait telle qu’elle est donnée par M. Karsten, nous semble un peu vague : il est d’ailleurs essentiel d’éclaircir un point qui, dans d’autres ouvrages, a donné lieu à de graves erreurs. On peut établir en principe que, dans les feux d’affinerie , la fonte conserve d’autant mieux son carbone en se liquéfiant, qu’elle est exposée plus directement à un fort courant d’air , parce que la fusion en est alors plus rapide. Il semblerait en résulter au premier abord , qu’un vent plongeant devrait la décarburer pendant la fusion plus que ne le ferait un vent horizontal, et pourtant il n’en est pas ainsi , parce qu’on peut hausser ou baisser à volonté le devant de la gueuse, en sorte qu’on est toujours maître de lui donner la même position par rapport au jet d’air. Si le vent plonge, la gueuse pénètre plus profondément dans le creuset , se trouve soumise alors à une chaleur plus concentrée, fond pour cette raison plus vite et perd moins de carbone que dans le cas ou le vent est horizontal. Mais ce n’en est encore qu’une raison secondaire : la fonte se décarbure principalement dans le trajet que font les gouttes ou les écailles métalliques , qui se détachent de la gueuse et tombent dans le creuset ; or , ce trajet est d autant plus petit que le vent est plus plongeant, parce que la gueuse se trouve alors d autant plus rapprochée de la sole, et que les gouttes, à mesuie qu’elles se réunissent a la masse , sont dérobées a 1 action du vent , soit par les charbons , soit par la couche de laitier qui couvre le bain.

Quand on travaille la loupe, un vent plongeant agit avec beaucoup d’énergie sur le fer et en hâte la decarburation ; mais , comme cc vent produit aussi beaucoup de chaleur au fond du creuset, le .fer conserve long-temps 1 état liquide ou pâteux. Il s ensuit donc que le plongeaient du jet d air doit elre employé sur-tout pour 1 alli— nage de la fonte blanche, parce qu’il l’empêche de louper ou de se coaguler trop vite , et qu il prolonge le travail tout eu contribuant essentiellement à l’épuration du métal. Le T.

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conserve son carbone et pourrait meme, si Ici température était très -forte, en absorber une nouvelle quantité; c’est pour cette raison que le charbon dur retarde toujours l’affinage, parce que, pour le brûler avantageusement, on est obligé d’employer un vent rapide. En général les effets combinés du charbon et de l’oxigène sont très-variables, selon les différentes périodes de l’opération : un vent fort et plongeant retarde l’affinage pendant la fusion et peut le favoriser lorsqu’on travaille la masse : tout dépend du degré de liquidité du fer et de la manière dont il est entouré par le charbon. Pendant le travail du métal, on évité le plus possible de le mettre en contact avec du combustible frais, et on l’expose au courant d’air; le contraire a lieu pendant la fusion.

La méthode allemande a pour but de rendre la masse fondue très liquide. Si l’on voulait hâter l’opération par l’emploi d’un feu moins profond et d’un vent moins fort et moins plongeant, on obtiendrait plus de fer dans un temps donné et avec une moindre consommation de matières premières ; mais on ne parviendrait pas à éloigner les substances nuisibles : le fer serait cassant «à froid ou rouverin. L’ouvrier qui traite une fonte impure doit donc retarder l’affinage, quelle que soit la tendance de la masse à se figer et à se convertir promptement en fer ductile ; si au contraire le métal sc coagule difficilement, il ne doit pas combattre cette disposition par des moyens trop énergiques. Ces difficultés sont inconnues auxaffineurs habitués à travailler sur des fontes pures; ils préfèrent même celles qui se changent rapidement en fer ductile, et loin de s’y opposer , ils montent leur feu de manière à hâter ce changement. Quelquefois ils rendent leur

fer déjà malléable après le premier soulèvement. D’af— fineur allemand pourrait y parvenir aussi ; mais , opéîant sux' des fontes moins bonnes, il n’obtiendrait qu’un mauvais produit.

Concluons de tout ceci , qu’il faut se procurer avant tout, la fonte la plus pure possible. Quelles que soient les pertes qu’on voudrait supporter en fer , en combustible et en main-d’œuvre, il serait difficile à l’affineur de remédier entièrement aux vices du fer cru. 11 en resuite aussi qu’une amélioration essentielle dans le pi’océdé allemand, serait d’abréger le travail par 1 affinage des fontes à la fois pures et faciles à convertir en fer ductile. Ce problème ne serait pas difficile à résoudre , il suffii'ait d’obtenir des fontes très-grises dans les hauts fouimeaux, de les faire blanchir et de les griller ensuite au contact de l’air avant de les porter aux feux d’affinerie, afin que le métal fut disposé a se coaguler en tombant dans le creuset. Ce procédé devient plus avantageux encore et plus facile à mettre en pratique , loi’sque les minérais sont d’une si bonne qualité, qu’ils ne produisent jamais de mauvaise fonte, quelle que soit l’imperfection de leur traitement *.

962. D’api'ès la méthode allemande, on étire le fer pendant que la fonte est mise en liquéfaction. Des barres de faible dimension retardent le tiavail , ce qui prolonge la fusion et empêche de donner au métal le degré d’affinage voulu. On a par conséquent essayé de séparer les deux opérations : on a voulu chauffer les lopins dans des feux de chaufferie particuliers 5

* On verra dans les notes que nous avons ajoutées au paragraphe 983 , que le blanchiment de la fonte par le refroidissement subit , ne peut convenir que pour les usines de moyenne grandeur. Le T.

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mais l’expérience a prouvé que la consonnmation des matières premières qui en résultait, ne ^pouvait être compensée par l’économie de temps, et (que souvent on nuisait à la qualité du fer, parce qu’om ne pouvait lui donner de bonnes chaudes suantes , moyen de correction très'puissant lorsque le fer n’a pas; été parfaitement affiné. Quoi qu’il en soit, il ne faut point rejeter le principe d’où l’on était parti 3 si l’on a mal réussi, en ne doit en accuser que les dispositions qu’on a prises pour le mettre en pratique.

Pour accélérer le travail , on doit aussi hâter ou la fusion ou la conversion de la masse fondue en fer ductile; mais, si l’on est obligé de conserver au fer sa crudité durant la liquéfaction, 011 ne pourra regagner le temps perdu par un étirage séparé , et la consommation de charbon restera la même, que si la fusion avait été moins rapide. Il s’ensuit que, pour employer les feux de chaufferie avantageusement, on doit accélérer l’affinage , afin d’économiser d’abord le charbon qui doit alimenter ces foyers , et l’on n’y parviendra qu’en affinant de la fonte blanche qui ait subi un grillage préalable. Les lopins se chauffent mal dans les feux séparés ; souvent on les grille , ne pou vant les protéger suffisamment contre le courant d’air. D’un autre côté , l’étirage est trop long sous les marteaux, quel que soit leur poids. Il faudrait par conséquent chauffer le fer dans des fours à réverbère construits pour cet effet , et l’étirer au moyen des cylindres cannelés.

La méthode allemande perfectionnée, exigerait par conséquent l’emploi d’un certain nombre de feux d’aflinerie , où l’on ne traiterait que de la fonte blanche et grillée ; des fours pour chauffer les lopins , et

des cylindres pour les étirer : il suffirait d’une seule macliine pour une assez grande quantité de feux, et il ne faudrait qu’un seul marteau pour servir à quatre de ces foyers.

Dans plusieurs endroits, on n’a qu’un marteau pour deux feux ; il s’ensuit qu’il faut chauffer à l’un pendant qu’on affine à l’autre. Mais cette disposition est très-vicieuse , car il peut se présenter mille accidens qui retardent ou qui accélèrent le travail. L’inconvénient deviendrait encore bien plus grave , si les barres devaient recevoir de petites dimensions , parce que le temps du forgeage durerait plus longtemps que celui de l’affinage.

DES PROCÉDÉS d’âFFINAGE DÉRIVÉS DE LA MÉTHODE ALLEMANDE.

g63. La plupart des procédés d’affinage sont des variétés de la méthode allemande ; ils doivent leur origine , soit à la nature de la fonte , soit aussi au caprice ou à l’ignorance des ouvriers.

L’affinage par masse , dit Butschmiede , ou l’affinage allemand à deux fusions, exige l’emploi d’une bonne fonte blanche rayonnante. Les dimensions du feu indiquées par Rinmann sont inexactes. Ce métallurgiste a oublié la condition essentielle que le vent doit être horizontal. La profondeur du feu est de 28 a 3i cent, (n à 12 pouces du Rhin). Pendant l’étirage des lopins, on fond le fer cru très-lentement et l’on obtient de cette façon un gâteau demi-affiné , une masse appelée But en Suédois. Cette méthode est caractérisée , en ce qu’on ne soulève la masse que pour avaler la loupe. On retire d’abord les charbons, on arrête

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les machines soufflantes, on arrose le métal pour le rafraîchir, on le soulève et on le renverse sur du charbon frais pour le remettre en fusion et le faire bouillonner. Le produit est ordinairement de bonne qualité et le déchet est assez faible; mais il ne faut traiter ainsi qu’une fonte très-pure. Si l’ouvrier commettait quelque négligence pendant la fusion , s’il attendait la coagulation et l’affinage de la fonte, du temps et du hasard, plutôt que de son travail, il n’obtiendrait que de mauvais fer et consommerait une grande quantité de matières premières. Ce procédé pourrait être amélioré par une diminution de la profondeur du feu et par un plongement donné à la tuyère, sur-tout si la fonte n était pas exempte de défauts.

En Suède, on affine par cette méthode une fonte blanche excellente. La quantité de fer cru mise en fusion pour chaque loupe est de roo à i5o kilog. Dans quelques usines allemandes les pièces ne pèsent que 5o kilog. , comme dans les forges de Rasselstein , près Neuwied, sur le bord du Rhin; mais on y consomme beaucoup de charbon, on perd du temps, le déchet est très-fort, il s’élève à 3o pour cent, quoique la fonte soit d’une très-bonne qualité.

964. Rinmann cite encore une autre espèce d’affinage où la masse fondue se divise en petits fragmens qu’il faut réunir ensuite; mais c’est le cas ordinaire de l’affinage allemand, lorsque le métal reste trèscarboné après la première fusion.

960. L’affinage successif opéré par lopins (Sulusc/imiede) est une méthode allemande défectueuse. L’affineur, en travaillant dans le feu, prend les morceaux de fer qui paraissent les plus affinés et qu’il distingue à leur couleur blanche éclatante, les fait sortir du

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foyer successivement et les porte sous le marteau pour les étirer. Rinman observe, avec raison, que ce fer est toujours aciéreux. C’est d’ailleurs une preuve de négligence ou de mal-adresse de la part des ouvriers, que d’affiner le fer trop inégalement, attendu qu’ils doivent réunir tous leurs soins pour obtenir une loupe homogène.

g66. La méthode demi- wallonne usitée en Suède seulement, différerait, selon Rinman, de la méthode allemande ordinaire en ce qu’on étire les lopins dans des feux de chaufferie particuliers, qu’on ne rafraîchit pas le fer demi-affiné et qu’on le travaille toujours sans arrêter les machines soufflantes ; mais il en est de même dans l’affinage allemand, on ne doit pas arrêter le vent , à moins que la fonte ne donne beaucoup de scories dont on ne peut se débarrasser autrement. U est évident d’ailleurs qu’on obtient une plus grande quantité de fer, si l’on est dispensé du forgeage.

La profondeur du feu serait de 26 ccntim. d’après Rinman , qui prétend que la tuyère est plus plongeante quand on affine la fonte grise , qu elle ne 1 est pour le traitement de la fonte blanche. La distance de la haire à la tuyère serait de 3i centim. , ce qui paraîtrait fort blâmable.

Les affineurs qui travaillent à la demi - wallonne , n’emploient qu’une fonte pure et truitée,qu onpouirait traiter avec plus d’avantage par la méthode allemande à deux fusions, en y apportant les corrections voulues. D’après la méthode duni - wallonne , on soulève la masse une fois de plus que si l’on travaillait d après la méthode wallonne ; mais 1 affineur à la wallonne peut se trouver aussi dams la nécessité de soulever la masse avant de l’avaler. Ces deux procédés se ressem-

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bleraient donc parfaitement, si dans les feux à la demiwallonne on n’affinait pas de grosses loupes dont chacune donne plusieurs lopins.

967. L’affinage par attachement est présenté par Rinman , comme une méthode particulière ; mais il n’est ni plus ni moins que l’affinage allemand , pendant lequel on prend du fer par attachement. Il est certain que ce fer surpasse en bonté celui de la pièce , qui devient quelquefois plus mauvais , parce que l’affineur occupé d’un travail secondaire, ne donne pas autant de soin au métal qui tombe dans le creuset et qui peut ou brûler ou devenir aciéreux. L’ouvrier cherche à éviter l’un et l’autre effet, en empêchant que le fer ne soit ni trop en contact avec le charbon ni trop exposé à l’influence du vent ; mais , lorsqu’il travaille par attachement, son attention se trouve partagée, d’autant plus qu’il s’efforce d’obtenir de cette façon beaucoup de lopins , et voilà comment la loupe devient quelquefois moins bonne.

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