DE L AFFINAGE DE BOHEME ET DE MOR*AVIE
Brechsmiede.
979. Cette méthode différé de la précédente, en ce qu on ne tiaite pas la fonte avec du laitier riche pour la solidifiei ; mais on lui enleve pendant la première fusion et par l’action seule du courant d’air, assez de carbone pour qu’elle puisse devenir solide d’ellememe et se partager, étant soulevée, en un grand nombre de morceaux. Il est vrai qu’on laisse pour cet effet une certaine quantité de laitier riche dans le foyer.
Les procèdes suivis pour ce genre d’affinage varient du reste suivant les pays où ils sont usités.
En Boheme et en Moravie, la fonte est affinée à demi pendant la première fusion, de manière qu’en la soulevant, elle se partage en plusieurs morceaux qu’on dispose sur le massif de la forge du côté du contrevent. On remplit le feu de charbons , on y remet ces fragmens , pour les fondre un à un devant la tuyère, et l’on retire ensuite le fer par attachement. On peut liquéfier de cette manière une grande quantité de fonte à la fois , parce que les morceaux demiaffinés sont traités successivement. On ne fait que cingler les lopins, mais pendant la fusion on étire en barres ceux qui ont été obtenus précédemment. Cette méthode produit un très-bon fer, le décliet n’est pas trop grand , mais la consommation de charbon dépasse celle qui résulte de l’affinage à l’allemande.
On pratique une méthode semblable en Hongrie, sans néanmoinsy procéder par attachement, parce qu’on
DU FER DUCTILE
y brûle du charbon très-dur qui ne paraît pas contenir a ce genre de travail *, mais on fait souder ensemble une assez grande quantité de fragmens pour former une barre, et Ton retire les lopins à mesure qu’ils sont parvenus à leur degré d’affinage. Au reste on obtient peu de fer dans un temps donné.
Jars fait mention d’un procédé pareil usité en Norwége : on y forme des morceaux demi- affinés à mesure que la fonte tombe par gouttes dans le creuset ; lorsque l’ouvrier s’en est procuré une quantité suffisante, il arrête les soufflets et débarrasse le feu, pour y traiter ensuite ces morceaux à moitié décarburés et pour les réunir en une seule loupe. Le forgeage se fait pendant la fusion.
Rinmann cite une méthode de cette espèce suivie dans le Smaland : elle ne diffère de l’autre, qu’en ce que la masse fondue doit être soulevée une fois, et qu’après le soulèvement, l’ouvrier cherche à obtenir de petits morceaux demi-affinés, qu’il fait sortir séparément du foyer et dont il forme une loupe par une seconde fusion.
L’avantage de l’une et de l’autre de ces deux méthodes ne me paraît pas démontré.