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cbe , qu'on n'en donnerait si la fonte était grise. Cependant le contraire se pratique avec raison dans toutes les forges où Ton affine des fontes d'espèces différentes. On doit d'ailleurs se rappeler, pour sentir toute la portée de ce conseil , que l'inclinaison de la tuyère est de la plus haute importance dan< l'affinage.
Comme la fonte blanche était supposée contenir peu de carbone et beaucoup d'oxigène ,on a dû penser qu'elle ne pouvait être affinée avantageusement dans les fours à réverbère , parce qu'elle ne s'y trouvait pas en contact avec une substance charbonneuse qui pût en achever la désoxidation. On a donc recommandé aux maîtres de forges, de ne traiter que des fontes grises dans ces sortes de foyers 5 et comme ces méthodes d'affinage étaient encore toutes récentes en France , plusieurs propriétaires d'usines , se conformant aux conseils qu'ils avaient reçus , ont fait leurs essais avec ce fer cru , qui se traite difficilement dans les fours à réverbère. Ne parvenant qu'à de mauvais résultats, ils changèrent la construction des fours , varièrent le travail de différentes manières, et firent des expé-* riences inutiles avant qu'ils ne connussent la cause de leur non réussite.
Ces faits nous prouvent que la théorie suivie jusqu'à présent, n'a pu prêter un secours efficace à la pratique* Cependant , c'est à cette théorie , ou plutôt à ses îm-* mortels fondateurs, que nous devons des idées positives sur les différens états métalliques du fer: leurs premiers principes subsisteront toujours ] ils servent de base à la nouvelle théorie devenue nécessaire.
On doit demander comment il se fait que la font«
TOM. I. d
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blanche contenant autant ou plus de carbone que la grise , ainsi que le prouvent aussi les analyses faites par M. Karsten , donne souvent des résidus d'une couleur peu fonce'e, et fait dégager moins d'hydrogène que n'en développe la grise. Nous répondrons avec un chimiste célèbre , que Pacide «ulfurique étendu d'eau , et l'acide hydrochlorique concentré , sont de très-mauvais réactifs lorsqu'il s'agit de découvrir la dose de charbon ou de soufre contenue dans le fer ^ que le carbone et le soufre peuvent s'échapper en entier avec l'hydrogène mis à nu ^ au point que la dissolution du protosulfure de fer dans l'acide hydrochlorique , n'offre pas une trace de soufre:; qu'une dissolution de fonte blanche dans l'acide sulfurique non concentré , laisse souvent un résidu blanc, tandjs que la. même fonte , dissoute dans l'acide nitrique , donne un résidu noir» . Si maintenant on admet avec M. Karsten, que le carbone est dissous en entier dans la fonte blanche , tandis que la fonte grise en contient la majeure partie à l'état de mélange , on conçoit facilement que l'hydrogène doit exercer une action dissolvante beaucoup plus éuer- ^que sur le carbone naissant de la fonte blanche , qu'il ^ ne le ferait sur celui de la grise. Le résidu de la dissolution doit donc contenir bien moins de charbon , si la fonte est blanche , qu'il n'en contient lorsqu'elle est grise , et l'hydrogène doit être plus condensé dans le premier cas , et occuper , par conséquent , un moindre volume.
Ces observations ont été faites en partie par Yandermonde , BerthoUet et Monge ^ mais ils ne remarquèrent pas que l'acide sulfurique étendu d^eau , qu'ils em-
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ployèrent dans leurs expériences , ou plutôt que l'hydrogène dégage', agissait différemment sur le carbone des deux espèces de fonte. A la simple inspection de ces deux régules , on doit être convaincu que le carbone est plus intimement combiné avec le métal dans la fonte blanche qn'il ne Test dans la grise qui présente à la cassure l'aspect d un mélange. Ce combustible se trouvant donc dans un état de plus grande ténuité dans l'un de ces régules , lorsque , par l'effet de l'oxidation , il est abandonné par le fer , doit être plus disposé à se dissoudre dans l'hydrogène* Cette remarque , si elle eût été faite, aurait donné lieu à de nouvelles recherches et aurait conduit peut-être au résultat énoncé par M. Bcrzelius.
Quoiqu'on ne puisse nier que la fonte grise et lanoire ne doivent leur couleur à la présence de la plom-«* bagine , on ne peivt en induire cependant , que la fonte blanche doive la sienne à l'absence du charbon , puisqu'il existe beaucoup de matières charbonneuses qui sont parfaitement blanches.
Si nous avons tâché d'établir en principe , que la différence de la fonte blanche à la grise ne doit être attribuée , ni à la présence de l'oxigène , ni aux proportions du carbone , nous ne prétendons pas , toutefois , que le fer ne puisse se combiner avec une petite dose d'oxigène et former des espèces de sousoxidcs : mais rien ne prouve que la fonte soit un composé de cette nature«
M. Lampadius dit avoir obtenu une certaine quantité d'acide carbonique , en traitant !e fer cru avec du charbon purgé de ce gaz. Maisses expériences , qui sont
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très-incertaines , peuvent s^expliquer facilement par la décompoMtion de la silice, provenant, soit du charbon , soit de la matière de la cornue.
Quant aux expériences en grand , que ce professeur a faites en traitant la fonte dans un four à réverbère , il me semble qu^on peut en tirer une conclusion bien différente de celle qu^on en a déduite.
Nous allons indiquer ces essais en peu de mots*.
Premier essai avec le simple Jeu du fourneau.
On versa de la fonte grise encore liquide , dans un four à réverbère et on la remua fréquemment. Après avoir bouillonné pendant quelques heures, elle devint blanche , un peu plus malléable , et se laissa traiter facilement, pour fër, dans un feu d^afBnerie ordinaire.
Deuxième essai ^ te! feu du four étant secondé
par Veau en vapeur.
On versa dans un four à réverbère trois quintaux de fonte grise , qu'on venait de puiser dans le haut fourneau. Ou mit dans une cornue tubulée 9 à 10 kilogrammes d'eau ; 6n adapta au col un canon de fusil communiquant avec le foyer , et Ton fit bouillir celte eau de manière que les vapeurs se répandissent avec la flamme sur le bain de fonte , qu'on remua de temps à autre. Le bouillonnement qui arriva plus tôt fut plus considérable , et la flamme sortant de la cheminée devint plus claire. On renouvela l'eau, et lorsque le
métal épaissi manifesta le caractère du fer affîné , on
* Voyez le Journal des Mines ^ toi. 16 , pag» agî — 3oa.
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arrêta ropéradon. Le grain du fer était plus fin que celui qu^on avait obtenu précédemment et la masse était criblée de soufflures.
Ce fer livré à raffineur^ étdt beaucoup plus difficile à traiter que la fonte öi^inaire 5 mis dans une cornue avec du charbon purgé diacide carbonique, il donna une plus grande quantité de gaz que n'en fait dégager la fonte blanche ou la grise.
Troisième essai , le/eu du four étant secondé par V action â!un soufflet.
On opéra dans le même fojer 5 la cornue était remplacée par un soufflet dont le courant d'air , parallèle à la flamme, donnait sur le bain de fonte.
La chaleur devint beaucoup plus intense qu'elle ne l'avait été dans les essais précédens , et les phénomènes de l'affmage se manifestèrent plus tôt \ mais la matière conserva plus long-temps sa liquidité : elle était encore très-fluide au bout de quatre heures. On se mit alors à la travailler , afin d'eti expQser toutes les parties au contact.de l'air. Cette opération éleva le degré de température, et produisit une scintillation semblable a celle de l'acier mis en combustion dans le gaz oxigène ; aussitôt qu'on cessait de remuer, tout redevenait trauquille.
Enfin on n'arrêta l'opération qu'au bout de sept heures, lorsque le métal parut s'épaissir ^ parce qu'il diminua considérablement en quantité.
Le fer ayant été traité dans une cornue avec du charbon , donna moins d'acide carbonique qu'on n'en retira de celui qui fut obtenu par le deuxième ei^al. Les
XXX OBSERVATIONS
quantités d^oxigène des deux dernières espèces de fer et celles de la fonte grise et de la blanche , étaient supposées être entre elles dans le rapport suivant :
Fer dit suraflinë par Peau en yapeuis ... iqî \ . , ,
id, par un soufflet 174 l >e«tnit U« p^uce« ca-
Fonte blanche ordinaire i65 | obtenu« «ve« une de- Fonte grise .• • 99J «»-livre de métei.
On pensa que ces expériences, dont nous avons donné une idée succincte , venaient à Tappui de la théorie.
Si Ton voulait adopter les conclusions de Fauteur, en admettant que Toxigène ne pénètre pas à travers le» pores de la cornue ; qu'il ne provient ni d 5 la matière de ce vase ni du charbon ni des scories renfermées dans le métal, il en résulterait que le fer peut, en se combinant avec une petite dose de ce fluide , former des sous-oxides. Mais comment concilier alors le rôle que , dans la théorie , on fait jouer à Foxigène , avec la manière de se comporter de ces fers dits suraflinés ? On dit que Foxigène rend la fonte plus dure, plus cassante et plus fusible. Comment se fait-il alors que le fer ayant absorbé une très-petite dosed'oxigèiiede plus qu^il n'en contient à Fétat de gueuse blanche , soit devenu-doux^ malléable et beaucoup plus réfractaire? Le caractère le plusdistinctîfdela fonte comparalîvementau fer ductile, c'est la fusibilité et le défaut de malléabilité. Il s^ensuit donc que Foxigène ne peut être regardé comme un principe caractéristique du régule , ainsi qu'on Fa prétendu 5 puisque, d'après les expériences que nous venons de rapporter et dont nous voulons même admettre pour le moment toutes les conséquences 5 puisque , dis-je , il existe du fer contenant à peu près autant, et même