SUR LA THÉORIE ACTUELLE. XXXJ
un peu plus d^oxigène que la fonte blanche , et se rapprochant néanmoins du fer ductile auquel il ressemble^ sur-tout sous le rapport du haut degré de chaleur qu'il faut employer pour le mettre en fusion. Aucun Élit n'^est donc plus contraire à la doctrine reçue que ces essais présentés pour en être une confirmation.
Plusieurs personnes regardent PefTervescence qui a lieu au momept où le métal passe à fétat de fer ductile , comme une preuve de la présence de Poxigène dans la fonte ] mais celte effervescence n'est due qu'à l'action énergique du courant d'air dont l'oxigènese combinant avec le carbone produit de Tacide carbonique qui , en se dégageant ^ soulève les scories dont le fer est toujours enveloppé 5. car, si l'on opère l'affinage par des additions de laitiers riches, plutôt que par l'oxigène libre, le bouillonnement, s'il a lieu, est très-faible. C'est pour cette raison que la méthode allemande, dans laquelle on fait un usage moins fréquent de ces additions , a ^été appelée par les suédois , affinage par bouillonnement.
Dans la relation du troisième essai que nous venons de citer , il est dit que la masse devenait tranquille aussitôt qu^on cessait de la remuer. II s'ensuit que PefTervescence ne provenait pas de l'oxygène contenu dans le métal , et qu'on doit l'attribuer seulement au contact de 1 air et au renouvellement des surfaces.
On a regardé aussi les ampoules du fer qui a été
soumis à la cémentation, comme une preuve que la
réduction n'en était pas complète , et qu'il se trouvait
' encore combiné avec une certaine partie d'oxigène.
D*un autre côté on suppose le fer mou plus pur , plus
XXXI j OBSERVATIONS 5 etc.
affiné que le fer dur. Maïs il est prouve que c^est prë* cisémeut le fer mou qui se couvre le plus de ces bulles , tandis que le fei* dur changé en acier ^ en est quelquefois entièrement exempt. On ferait la même objection aux personnes qui supposeraient que c^est riiydrogène abandonné par le carbone au moment où ce dernier entre en combinaison avec le métal , qui est la cause de ce phénomène que nous avons expliqué , du reste , dans une note ajoutée au paragraphe il 17 de la première édition*.
Si Ton admettait avec les partisans de la théorie reçue , que le régule et le fer ductile ne sont pas entièrement désoxidés , comment se ferait-il donc que la fonte ne se boursouffle pas comme le fer, lorsque , pour la rendre malléable , on la cémente , soit dans la poussière de charbon , soit dans des cendres JosF Réaumur et Rinman , dans leurs nombreux essais , ne rémarquèrent jamais d^ampoules sur la fonte traitée de la sorte 5 et ce n^est point par oubli qu'ils négligèrent de faire mention d'une circonstance si importante , puisque les soufflures auraient mis hors de service les objets de fer cru qu'ils cémentèrent pour les adoucir.
Metz, le 1®*^ novembre 1839.
F. J. CÜLMANN.
* Cette explication, qui a paru satisfaisante à M. Karsten, a é\À insérée en partie dans le texte de la deuxième édition (paragraphe i373)« D^autres notes que nous avions ajoutées à la première édition, a^ant mérité Fapprobation de Pauteur, ont aussi trouvé leur^place dans le texte de cette nouvelle édiuon.