‹ Manuel de la métallurgie du ferChapitre 5 sur 104 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

fait connaître. Je ne voulais tracer d^abord , pour mes auditeurs , qu'une esquisse du système qui devait servir de base à mes leçons ^ mais en travaillant , je résolus de faire un traité complet , qui n^eût besoin d^aucune ^explication orale , persuadé que je répandrais plus de lumières sur la pratique de la métallurgie du fer ^ c^est ce qui a donné un si grand développement à ce Manuel , et Ta fait paraître en deux volumes : le premier peut être regardé comme préparatoire, le deuxième s^occupe des moyens d^exécution.

J'espère qu'on ne méconnaîtra pas l'empreinte d'originalité qui caractérise cet écrit, ni la nouveauté de mes idées. J'ai toujours été obligé de m'appuyer sur mes expériences et de suivre mes opinions , sans pouvoir profiter de celles des autres , quoique , dans un petit nombre de cas , f aie trouvé des prédécesseurs expérimentés , tels que Garney , pour ce qui regarde la construction et le travail des hauts fourneaux. J^ai considéré comme appartenant à l'art des forges, la deuxième division de la seconde section relative aux combustibles, et la troisième section concernant les machines soufflantes : l'une et l'autre sont du ressort de la métallurgie en général 5 mais j'espère ne point encourir le blâme des praticiens, ils me sauront gré, au contraire , d'avoir traité ces parties avec toute l'attention qu'elles méritent.

^ La première section fera connaître le fer dans ses

DE LA: PREMIÈRE ÉDITION. xi

differens états, par ses propriétés physiques et chimiques : j'ose espérer qu'elle rectifiera les erreurs que la théorie du jour n'a que trop enracinées. Pour les détruire, je me suis étendu au-delà des bornes prescrites par le plan de l'ouvrage. Quant à la partie pratique , elle est entièrement neuve ^ on en sera convaincu sans peine, en la comparant à tout ce qui a. paru sur cette matière. /

Ne pouvant profiter des lumières d'auteurs plus anciens, je dois craindre que mes vues ne paraissent quelquefois exclusives et même erronées. Je recevrai donc volontiers les renseîgnemens qui pourront contribuer à perfectionner le Manuel du sidérurgiste ^ j'éprouverai une vive reconnaissance pour ceux qui voudront bien me donner des avis , soit par la voie publique , soit par des correspondances privées, pour corriger , développer , éclaircir plusieurs articles de- Fart des forges restés encore dans l'obscurité...

Les progrès que la fabrication du fer a faits en Silésie , par la sagesse et l'activité sans exemple dé M. le comte de Reden , ministre d'état , sont appr-éciés de toute l'Allemagne , quoique les inventions de son génie ne soient jamais parvenues , par ses propres écrits , à la connaissance du public. C'est ainsi que se perpétue de soi-même le vrai mérite , la véritable grandeur. La mémoire de M. de Reden est sacrée pour Tétat et surtout pour la province de Silésie ,. à laquelle il a voué

t\] PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION.

la plus belle partie de sa yie ; elle est sacrée pour, moi qui étais honoré de sa confiance j j'ai participé pendant ses dernières années à Fexecülion de ses projets. Il ne lui fut point donné de voir prospérer toutes les améliorations que la justesse de son coup*d^œil sur Part des forges avait préparées pour l*avenir. Mais si sa mémoire parmi nous est impérissable , que son esprit , que cet esprit d'union , de zèle , d'activité , d'infatigable persévçratice reste aussi parmi nous à jamais ! Que le ciel bénbseles efforts de sçs successeurs qui marchent sur ses traces ! puissent-ils atteindre le but qu'il s'est proposé ^ celui âiî bonheur et de la prospérité de l'état.

Breslaw, le i*' mars 1816.

G. J. B. KARSTEN.

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