Le bon acier est éminemment élastique ^ cette qua
* L^aigreur est donc une espèce de fragilité qui n^a lieu que par le choc et qui ne nuit point à la résistance dW corps éprouvée par des poids ou par une pression : sans être en opposition avec la ténacité, elle peut cependant rendre les aciers intraitables dans le travail et impropres à presque tous les usages. Réaumur , dans ses mémoires , désigne la qualité opposée à Faigreur par le mot corps , qu^il ne faut jamais confondre avec force ou résistance. Uacier est plus fort que le fer , et celui-ci a plus de corps que Facier. Le T.
lité prouve en quelque sorte sa force et sa dureté ; mais il acquiert aussi plus d'^aigreur à mesure que sa dureté augmente ^ ce qui paraîtrait absurde ^ si Fou oubliait que Taigreur est indépendante de la ténacité ou de la modifir« cation dont il s''agit ici ^ Télasticité. Il en résulte néanmoins que Facier très-dur peut devenir impropre aux usa-« ges qui Fexposeraient à des chocs ou à des secousses.
Le fer mou peut posséder une grande flexibilité ^ sans £tre élastique ^ il appartient alors à la classe des fers forts. S^il est peu flexible ^ on le range parmi les fers cassans et non aigres.
Le fer dur est souvent très-flexible et doué dW peu d'^é-^ lasticité y dans ce cas ^ il mérite d^occuper le premier rang parmi les fers forts. S''il manque de flexibilité et si ce dé^ £iut provient de Faigreur ^ une chaude le fait disparaître ; si au contraire ^ il est inhérent à la nature du métal ^ le fer est cassant et aigre : les fers tendres ou mal afllnés sont dans ce cas.
La fonte grise parait être un peu flexible et élastique 5 mais la fonte blanche^ dépourvue de toute espèce de flexi-» bilité^ est extrêmement aigre.
94< Le fer fort et dur jouit dW haut degré de duc-* tilîté ^ il n''est surpassé que par le meilleur acier. Le fer tendre et le fer cassant et mou en sont faiblement doués^ tandis que le fer fort et mou ^ s^il ne possède pas cette qualité à un degré plus élevé que le fer fort et dur ^ peut du moins Fégaler sous ce rapport.
Le fer fort et dur s^aîgrit davantage par le travail^ on est obligé de Fétirer avec lenteur et de le recuire plus souvent. La fabrication du fil de fer et du fil d^a— cier ^ est basée sur la ductilité de ce métal. Le fer le plus fort peut s''étirer aussi en fils les plus minces^ quelle que soit du reste sa dureté ^ en supposant toujours qu^oa le recuise assez souvent et qu'ion le travaille d^une manière convenable à sa nature.
La fonte grise possède un peu de ductilité ^ la fonte blanche^ au contraire^ en parait totalement dépourvue.
95. Nous manquons d^épreuves comparatives sur la malléabilité des fers. On prétend que le fer fort et mou surpasse sous ce rapport le fer fort et dur. Une chose incontestable ^ c^est que celui-ci sVigrit davantage ^ qu^'on est forcé par conséquent de le chauffer^ de le recuire plus souvent ^ et cette opération a ses inconvéniens^ comme nous le verrons par la suite ^ le premier ^ au contraire ^ exigeant moins de précautions ^ est naturellement préférés à Tautre **.
La fonte grise jouit d'^un peu de malléabilité ^ la fonte blanche n^en laisse pas apercevior le moindre signe.
Cest sur cette propriété du fer et de Tacier^ que repose la fiibrication des tôles.