‹ Manuel de la métallurgie du ferChapitre 92 sur 104 · LIEUX · texte numérisé non relu

LIEUX

Sileue snpërienre, mÎMlleiiw-Loiiîse»

id. galerie dn Roi.

id. fd* de Heoriette.

û/. id, de Guolîne.

id. id. de Thifr^.

Silène infiéiieiire, mine David«

id» Louis Auguste.

id. id.

id. Blercliweiler

De la Saale , Loebejim»

id. id.

ao

WestphaEe, Tourterelle.

idm Louise.

yA

7ii4

id» SperUng.

id. Hambourg.

Saxe, Flaùiu (dite pioforme].

lî»

Pajs-Bas, Mous.

DES MATIÈRES PREIttlÈRES.

HOÜIIXES SÈCHES.

UEÜX

lyOV ELLES PROVIESIIEirr*

Silène supérieure, mine Giroline.

id» Charlotte.

*i4im Béate.

ùL Théodore.

id» Joséphine.

Suésie iofécieore , Laure.

tV. id,

id, Fuchsgmbe*

Sarrebruck., Geislautren.

Bardenbeig, Neulançeaberg.

id* Hoheettch.

id^ Fûrtlu

id. Abgnnst.

De la Saale , Löbejün.

Westphalie , Vieux-Iièyre.

id. Hundsnoc^en;

id. Schwarzer Junge.

Angleterre, KilLenni* BurésQ, id.

id. id.

flS

ai

eu

ji=ss»s^

Si

,3ai3

,3ia5

xxi9

Of8

Oî7 1,75

9vd

8<Sü

9»iî»

Les grandes différences qu'on remarque dans les cokes obtenus soit sous le rapport de la quantité^ soit sousle rapport des propriétés physiques , prouvent déjà le» nombreuses variations que doit présenter la houille dans sa composition. Il n''en existe peut-être pas deux espèces qui soient parfaitement semblables ^ mais quand on connaUn la comiposîfion de quelquest-unes^ ainsi que la nature et

la composition des cokes qa^efles produisent ^ on pourra classer approximativement tontes les antres^ en Ëûsant un essai de carbonisation sur une petite quantité (553).

56 1« Presque toutes les houilles contiennent un pen d^azote^ mais^ comme il y est toujours en petite quantité et pour ainsi dire accidentellement ^ on Fa né^igé dans ]es analyses dont nous allons communiquer les résultats: eu ^ard à ce gaz^ la quantité d'^oxigène est donc estimée un peu trop fort. Nous avons ajouté à ce tableau^ pour objet de comparaison^ la composition du bois. Les différentes espèces de houilles ont été séchées préalablement à la cha-> leur de Tébullition.

DKSTCNATION

ESFÈCB

Sa

cou POSITIOV.

des

dediaibon

hl Ell

GOMBCSTIBLES.

obtenu.

Bois de chêne.

polyérulent.

Bois (ossÜ» fibreux

id.

Bois fossile con-

choîde (Jayei).

id.

HouUle de Lëo-

poldine.

id.

Houille de Kœ-

nig;sgnibe.

fritte.

HouiUe de Wel-

lesweüer.

boursoufflë.

Houille deNeuack

id.

8,ii3

Houille de Hunds-

nockeo.

pulvérulent.

Houille dite de

Kilkenni.

boursoufHé.

Houille de New-

castle.

id.

Houille d'Eschwei-

ler. id.

le contenu de carbone de ces diverses espèces de lionllles varie entre 7 3^88 et 96 p. 71. On voit à Taspect de ce tableau, que la nature du coke ne dépend point du poids des gaz renfermés dans le combustible , et quWle est modifiée seulement par le rapport qui existe entre la dose d'*oxigène et la dose d'^hydrogène. Ainsi la houille est d^autant plus grasse , et fournît des cokes d^'autant plus boursoufflés que ITiydrogène s^y trouve en plus grande quantité par rapport à Toxigène.

562, Les houilles pauvres en carbone présentent toujours une couleur brunâtre, lorsqu^en même temps Fhydrogène est en quantité considérable par rapport à Toxi— gène. Un noir intense, joint à un état vif et à une grande dureté^ annonce toujours une grande quantité de carbone et un excès d^oxigène : toutefois Féclat résineux n'^indîque pas autant de carbone que ne le ferait Féclat vitreux. Le noir, un éclat vif, peu de résistance et de dureté, caractérisent les houilles riches en carbone et dans lesquelles Fhydrogène s'^est accru. Le noir, un aspect terne , beaucoup de résistance et de dureté, annoncent des houilles moins riches en carbone et dans lesquelles Foxigène domine fortement sur Fhydrogène: si la coulçur passe au noir -brun, la proportion d^hydrogène augmenta ^ mais si la houille devient en même temps plus terne et que la dureté diminue, sans que la résistance change, le contenu de carbone diminue davantage, et Foxigène reste prédominant sur Fhydrogène. En général, la dureté de la houille diminue à mesure que le rapport de Fhydrogène à Foxigène augmente^ et la fermeté ou résistance s'^accroît avec le rapport des deux gaz au carbone.

563. L^anthracite fibreux , autrement dit le charbon de bois minéral^ habite toujours avec la houille. Trèsdifficile à brûler-, ce charbon est regardé ordinairement comme une blende charbonneuse. On le trouve le plus sou--

vent en couches de 3 lignes à i pouce d^épaîsseur et parfaitement parallèles à la stratification des bancs. Souvent aussi il a contribué à la formation de la houille^ dont une grande partie est composée des mêmes fibres végétales qui ont donné naissance à cette espèce dVnthracite. Dans ce cas les deux substances ne forment qu'une masse ^ etil / ne reste de Tanthracite que les empreintes des fibres dont il était composé.

L'anthracite fibreux n'^est pas aussi difficile à détraire qu''on le croit ordinairement. Sous la moufle du fourneau d'essai^ il brûle avec une flamme très-vive ^ preuve quil est loin de constituer un charbon pur. Entassé en grande quantité dans les hauts fourneaux^ il résiste à Tactiön des plus fortes machines soufflantes et se présente, retiré du creuset, sous forme d'une poussière fine, qui ne parait avoir éprouvé aucun changement^ mais la poussière de charbon de bois se comporterait d'une manière analogue. Ajoutons que le vent pénètre encore plus difficilement dans la poussière de charbon minéral que dans la poussière de charbon de bois, la première étant douée d'une plus grande pesanteur spécifique. Au reste, cette difficulté de brûler se manifeste dans tous les corps qui ne se laissent point traverser par Tair: on en voit un exemple dans des masses de papier disposées par feuilles et légèrement comprimées.

Le charbon de bois minéral , variable dans sa composî- .tion , ne diffère des masses de houille qui le renferment , que par un plus grand contenu de carbone. J'ai retiré par la distillation de ce corps 80 à gS p. % <le coke. L'anthracite fibreux doit être classé parmi les houilles sèches ^ il montre d'une manière frappante, que parmi les fibres ligneuses qui ont donné naissance aux houilles, il s'en trouve qui sont plus avancées que d'autres dans leur décomposition.

564- Le rapport du carbone à l'hydrogène et à l'oxigène varie, dans les anthracites fibreux, de la même manii^re

que dans les houilles qui renferment ces anthracites. Cette variation^ et Fanalogie dans la manière d'hêtre des deux corps ^ sont d^autant plus marquées que les masses de houilles sont moins éloignées de leur état primitif, ou , ce qui revient au même , qu^elles (Contiennent plus d^oxigène • et d^hydrogène. Cest aussi pour cette raison que Thomogénéîté de la composition ne se rencontre que dans les houilles riches en carbone. Les autres se composent toujours d^un mélange de parties plus riches et moins riches. Les premières sont noires, présentent un éclat résineux ordinairement très -prononcé, joint à upe cassure conchoïde^ ils paraissent aigres, sans avoir de fermeté. Les deuxièmes ont une couleur brunâtre, manquent d^éclat, offrent une cassure plane ou légèrement conchoïde , paraissent fermes et sont pourtant aigres. Lorsque la houille contient beaucoup de carbone, les deux espèces sont mélangées entre elles ^ dans le cas. contraire, elles sont en couches distinctes et parallèles. Le rapport de Foxigène à Vhydrogène est le même dans les deux couches 5 lorsque Tune est une houille sèche ou maigre ou grasse , Tautre Test aussi.

565. Quand les couches alternatives sont très -minces, ce qui arrive fréquemment, la houille ne peut être convertie en coke, à moins quelle ne soit cîollante. On trouve aussi de la houille dont les couches alternai ive& ont un ou deux pouces d^épaîsseur ^ ces couches peuvent être divisées par des fissures tantôt imperceptibles, tantôt très-larges, vides ou remplies de substances étrangères. Les fissures , formant avec la surface de la couche des angles qui se rapprochent de Fangle droit, partagent la masse dans le sens de la direction et dans celui de Finclinaison , en morceaux rhom— boïdaux^ et elles ne sont jamais parallèles à la stratification. Cest ce qui prouve évidemment que les fissures sont des fentes produites par la dessication de la matiSfe. Les so— lutions de continuité dans les houilles riches en carbone

ne sont guères dues qu^à ces fentes; on peut à peine reconnaître entre plusieurs morceaux une différence dans le con«tenu de carbone: la décomposition de la masse est pour ainsi dire achevée.

566. Les couches de charbon de bois minéral divisent au contraire la masse dans le sens de la stratification^ mais il est à remarquer que ces couches ne sont jamais traversées par les fissures dont il vient d''ètre parlé (665).

567. La classification en houille piciforme^ schisteuse^ lamelleuse«, scapiforme, grossière et en houille deKilkenni ^ repose uniquement sur le mélange ^ ou sur Tabsence du mélange de houilles plus ou moins riches. Elle prend la qualification de schisteuse^ lorsqu^eUe se compose des couches alternatives dont nous avons parlé ^ et qu^elle est traversée par de nombreuses fissures et des couches minces d^anthracite fibreux. Lorsque ce$ altemations sont très -fréquentes et que les couches sont par conséquent très -minces^ on rappelle houille lamelleuse. Quand ^ au contraire^ on naperçoit point de couches au premier aspect^ ou quand ces dernières sont très -épaisses^ le combustible est riche en carbone^ possède un éclat résineux^ une cassure conchoïde et s'^appelle houille piciforme. Il prend le nom de houille de Kilkenni^ lorsque moins riche en carbone , il possède peu d''éclat. Ces deux espèces mêlées intimement ensemble et non séparées par couches alternatives^ figurent dans les systèmes oryctognostiques sous le nom de houille grossière.

Cette classification établie seulement sur des caractères accidentels^ n''a point de rapport avec la nature de la houille ^ au point quVne houille schisteuse peut différer d^une autre de la même espèce ^ plus qu elle ne différerait d''une houille de Kilkenni.-Pour bien déterminer la qualité de ce combustible, il est nécessaire qu^on fasse connaître le degré d^homogénéité de la masse , sa couleur, son édat,

sa résistance et sa dureté : la forme du coke et son poids ^ pourront au besoin compléter ces renseignemens.'Eu égard ä> la grande variété de la houille ^ il doit paraître évident que toutes les espèces ne sont pas propres aux mêmes usages.

568. La houille développe en général d^autant plus de chaleur quelle est plus riche en carbone : sa combustibilité au cpntraire suit un rapport inverse. Les houilles riches et sèches^ donnent peu de flamme et rendent moins de service dans les fours à réverbère, que ne le font les houilles demi -grasses douées dVne égale richesse: on fait bien de les mêler. Lorsqu'elles sont f rès-grasses , elles ne peuvent être brûlées dans les fours à réverbère, parce quelles se boursoufflent trop fortement et qu'elles interceptent le courant d'air ^ de plus brûlant trop vite , elle ne produisent pas un degré de chaleur élevé et soutenu. Celles qui conviennent le mieux pour cet objet, sont les houilles demigrasses, ou pour mieux dire celles qui forment la transition entre les houilles maigres et les grasses. Ces dernières , employées sans mélange", sont très-propres aux usages domestiques et pour tous les genres de chauffage où il n'est pas nécessaire que la température soit très-élevée. On les emploie très -volontiers aussi pour chauffer le fer et l'acier, parce qu'elles forment une voûte qui concentre la chaleur et garantit le métal du contact immédiat de l'air..

Les houilles demi- grasses fussent-elles pauvres en car- })one , donnent encore une chaleur rapide et soutenue ^ tandis que les bouilles pauvres et grasses, ne peuvent être employées avec avantage que pour produire une chaleur modérée.

Les houilles sèches et d'une richesse moyenne, ne produisent pas une chaleur intense, et à plus forte raison, celles qui. sont pauvres ^ on peut les regarder comme les plus mauvaises.

La houille la plus convenable pour la fabrication du

446 DEUXIÈME SECTIO».

ga2 ^ est celle dont le rapport de Thydrogène à Toicîgène^ et celui des deux gaz au carbone^ sont les plus grands. Cest par conséquent la houille la plus grasse et en même temps la plus pauvre en carbone.

569. Ces données vraies en thèse générale sont ensuite modifiées par d'haut res circonstances. Uanthracite fibreux^ par exemple^ peut rendre une houille sèche impropre à toute espèce d^usage^ parce qu^en la divisant^ la réduisant en fraisil^ il empêche la circulation de Pair. Mêlé à la houille grasse ou demi-grasse ^ il est moins nuisible^ parce que les morceaux de ces dernières se collent ensemble^ ou parce qu^elles entrent en fusion et qu eUes forment corps.

Un autre obstacle provient des terres mêlées à la masse du combustible. Elles augmentent la quantité de cendres, qui s'^opposent aussi à la circulation de Fair et au développement d^une forte chaleur. Si la houille était en même temps sèche ^ elle se diviserait en petits fragmens incohérens et ne pourrait servir à aucun usage.

S^o. Sous le rapport de la carbonisation ^ les trois espèces de houilles doivent être considérées séparément.

Toutes les houilles sèches et certaines houilles maigres , bien qu'acnés soient homogènes et par conséquent riches en carbone (564) 1 ^^ donnent pas de bon coke ^ si elles présentent un trop grand nombre de fissures ^ parce que ce coke se réduit en petits fragmens et ne peut alors être employé dans les hauts fourneaux. Quant aux houilles sèches extrêmement riches , on n'^a pas besoin de les carboniser^ elles contiennent si peu de gaz qu^on peut les regarder comme des cokes naturels. Ces charbons anthraciteux pourront servir à Tétat cru dans les hauts fourneaux^ pourvu quHls ne se divisent pas en petits morceaux^ mais on doit les verser toujours sur le minerai ^ et terminer par conséquent chaque charge par une couche de ce combustible.

DES MATIÈRES PREMIÈRES. . 44î/

Si les houilles sèches et pelles qui donnent des cokes frittes^ étaient pauvres en carbone et composées i, par conséquent^ de parties brillantes et de parties mattes^ elles ne pourraient être carbonisées que dans le cas où les deux espèces de houilles seraient intimement mêlées : si elle^ se présentaient en couches alternatives^ il en résulterait de nombreuses solutions de continuité^ augmentées encore par les fentes verticales qui divisent les couches noires et riches. Ces fentes se remarquent toujours dans les couches noires et bxillantes^ ou bien elles se manifestent après la carbonisation. La division du coke et son incombustibilité qui en est le résultat^ ont fait croire long -temps que les couches noires des houilles maigres ^ constituaient une es*^ pèce d^anthracite^ puisque les petits fragmens de coke se retirent des creusets des hauts fourneaux sans qu''ils aient éprouvé aucune altération.

Les houilles pauvres et sèches dont les couches altem&rtives ont 4^5 pouces d^épaisseur^ et qui ne sont pas divisées par des fentes ni par des couchas de charbon miné-« ral^ peuvent être carbonisées.^ mais elles produisent un coke dur^ très- dense ^ et ne pouvant brûler que dans un air très -comprimé.

Quant au contenu de cendres ^ on peut admettre que le coke qui en laisse au-delà de 5 p. %^ peut à peine servir au traitement des minerais de fer *,

Celles des houilles maigres qui forment la transition aux

■ ■■ ■ Il ! *■ ■ ■■.■11.11 I |ii I I I , , —

* Nous ayons lieu de croire que cette limite est beaucoup trop res« serrée. Les cokes , surtout lorsqu'ils sont boursouillés , peuvent serrir très-bien dans les hauts fourneaux , lors même qu'ils laissent 7 à 8 p. y^ de cendres : le coke brûlé au haut fourneau du Janon en fournit la preuve. Cette limite doit d'ailleurs dépendre des minerais employés. En effet il «'agit de liquéfier les cendres , et ce n'est que l'impossibilité de les mettre en fusion, sans une trop grande perte d'oxidule de fer, qui peut déterminer le rejet du coke. Le T.

44B DEUXIÉBIE SECTION.

houilles grasses ^ peuTent fournir encore du coke en assex gros morceaux^ lors même qn''elles offrent des solutions de continuité.

S^f. Les houilles grasses ne présentent pas les inconvéniens que nous venons de signaler. Soumises à la carbonisation ^ elles entrent pour ainsi dire en fusion et donnent toujours du coke en gros iqorceaux^ à moins quelles ne contiennent une très-grande quantité d^anthracite fibreux et de substances étrangères. Mais de moindres quantités d'^anthracite fibreux et de terres ^ renfermées dans ce coke boursoufliez exercent souvent une influence très-^nuisible sur le travail des hauts fourneaux ^ et doivent nécessairement inspirer de la méfiance sur Temploi de ce combustible z avant ^e sa qualité n'hait été constatée par des essais ^ tandis que le coke provenant de la houille maigre ou de la houille sèche ^ peut s^employer en toute sûreté ^ lorsqu^il se présente en morceaux volumineux.

5^2. On croirait que le coke demi-fondu, provenant des houilles grasses ,' devrait, eu égard au poli de la sor- &ce, être moins inflammable que le coke à surface rude, obtenu des houiUes sèches ou maigres. Cest ce qui a lieu efiectivement sous la mouffle des fourneaux dressai. H en est tout autrement dans les hauts fourneaux où le combustible est entassé en grande quantité. Les cokes boursoufHés y laissent , par leur forme , de si nombreux interstices et des vides si considérables , que la circulation de Fair nVst jamais entravée. Les cokes frittes au contraire se compriment déjà plus fortement. Mais les cokes des houilles sèches réduits en petits moreaux , soit par la carbonisation, soit dans les hauts fourneaux, s''y trouvent serrés au point que tous Jes vides sont remplis, que Tair décomposé ne trouve plus de passage pour sortir , et que la combustion doit nécessairement se ralentir ou s^arrêter.

5^3. On doit penser diaprés ce qui précède, que le coke

bouTSOuiBë est en tous cas lo meilleurij il en est ainsi pour le coke donné par une houille qui nW pas trop grasse : les cokes très-boursoufflés ^ s'^écrasent par leur propre poids dans des fourneaux qui ont une grande élévation. Ces cokes ne sVmploient avec avantage que dans les cubilots ou dans les fourneaux de petites dimensions ^.

Celles des houilles grasses qui forment la transition aux houilles maigres ^ méritent donc la préférence pour la carbonisation et le traitement des minerais de fer. La houille maigre ne doit pas offrir beaucoup de fissures^ et la houille sèche ne pourrai^ servir^ si elle ne se présentait en grandes masses non interrompues par des solutions de continuité. Toutefois les cokes en gros morceaux ^ provenant de houilles maigres ou sèches^ présentent par leur volume même la preuve de leur pureté ^ avantage que n**ont pas les cokes boursouflés.

5^4* L'^exploitation de la houille donne lieu à une grande quantité de petits morceaux ou de poussière. Il est inutile de rappeller que ce menu combustible ne peut se carboniser qu'hantant que la houille est grasse ^^, Dans ce cas ^ on en sépare le plus possible les matières étrangères qui le souillent^ et qui proviennent du toit ou du lit de la couche, des terres qui remplissent les fissures ovi failles^ enfin de l'anthracite fibreux qui traverse la masse. Cette menue houille doit donc être extraite de la mine avec beaucoup de soin. Si elle était pure , ce qui du reste est rare , elle

* Quand la houille est trop grasse, eu ég^rd aux dimensions des hauts fourneaux^ <»i peut, en modifiant les procèdes de caibonisatîon , riendre le coke moins bom'soufflé , plus dense et plus résistant : ce ne se-* rait donc pas jone raison pour rejeter ces sortes de houilles qui , en général, sont préférables aux houilles maigres. Le T.

** Ce sont toujours les houilles grasses qui donnent le plus de mena combustible , parce qu^elles ont moins de fermeté que les houilles mai«gres ou saches. Le T.

45o DEUXIÈME SECTION.

donnerait du coke cpi serait pesqu^'aussi bon que celui qyCon obtiendrait avec la houille en gros morceaux ^ bien quHl soit plus léger que ce dernier.

5^5. On carbonise les houilles ou dans des fourneaux ou en meules^ en suivant le premier procédé^ on a pour but de recueillir et d^'utiliser les vapeurs qui se dégagent.

La carbonisation de la houille n^exige pas autant de précautions que celle du bois^ parce que la température doit être plus élevée ^ que le coke conserve le même volume^ quil en augmente même^ quand on opère sur de la houille grasse :} quWna pas à craindre^ comme pour le bois^ les graves inconvénîens qui résultent du retrait^ et que le coke étant moins inflammable que le charbon de' bois^ ne subit pas un déchet aussi considérable par le contact de Fair. La houille maigre et la houille sèche ne peuvent même se carboniser qu^à Faide dW courant d^air assez fort^ ce qui occasionne un déchet considérable^ et présente aussi un grand obstacle à la carbonisation de la houille sèche et riche.

Les meules de houille étaient anciennement circulaires comme celles du bois :j on leur donnait de 3 à 5 mètres de diamètre à la base ^ de i5 à 21 centimètres d'élévation a la circonférence ^ et de 46 à 66 au centre^ on les couvrait d'^abord de paille et de feuilles ^ et ensuite de terre ^ on les allumait par le haut et Fon gouvernait le feu^ eu pn^iqoant des ouvreaux dans la couverture. Bientôt on s'aperçut que ce procédé était susceptible d'une grande simplification^ qu'il suiBsait de placer sur la meule une couche de menue houille ^ et de couvrir les endroits qui ne donnaient plus de flamme^ avec de la poussière de coke (du fraisil) pour étouffer le feu. Alors ^ au lieu d''employer la forme circulaire^ on disposa la houille en tas alongé^ présentant un denûrcylindre coupé par son axe ^ afin d'en carboni* ser à la fois une plus grande quantité.

Il est hors de doute que cette méthode occasionne uti déchet plus fort: on devrait donc revenir à Fancien usage pour la houille grasse^ si toutefois, vu la grande consommation , on ne pouvait la carboniser dans des fourneaux , ce qui serait la manière la plus avantageuse.

5^6. Le mode de carbonisation en tas àlongés est ex— ^ trémement simple. On choisit un emplacement non sablonneux et assez élevé pour que Téau ne puisse y se-- )oumer. Si la terre est trop légère , il faut la couvrir d'une couche d'argile et de mènuaille de coke, de 1 6 cent, d'épaisseur , la damer et l'aplanir. Par suite du travail, le terrain s'encombrant nécessairement, on est au contraire obligé de le déblayer.

Après avoir enlevé , avec des râteaux de fer, le fraisil de la cuite précédente, composé de coke en poussière, ou de petits fragmens d'anthracite, et après avoir égalisé la faulde, le charbonnier enfonce dans le sol^ le long d'un cordeau tendu dans le sens de l'axe, des piquets de 65 centim. de hauteur, espacés de 65 centim., ou à une plus grande dis-? tance, si la houille est grasse. Ces piquets désignent lés^r. points où le tas doit être allum.é;

On dispose ensuite le long du cordeau, les- plus gros-^; morceaux de houille, en les inclinant l'un vers l'autre, de manière à former une galerie ou un conduit d'air, qui règne dans toute la longueur de la meule. La largeur de ce canal est réglée par le degré d'inflammabîlité du combustible^ elle est d'autant plus considérable que ta houille est plus maigre et plus pesante. On appuie contre ces premières rangées, en laissant le moins de jour possible, les rangées suivantes dont les morceaux vont toujours en décroissant de hauteur.

La largeur de la meule est ordinairement àe3k 4^'^les plus gros morceaux de houille ont tout au plus 3o décimètres cubes de volume^ les fragmens de o,o5 décimètres

cubes ^ ne peuvent servir que pour le remplissage et k con^ verture. La longueur de la meule ne dépend que de Tein-^ placement et de la quantité de coke que Ton veut obtenir d We cuite : on lui donne de 3o à 4o mètres. L''arrangemeiit des gros morceaux est^ dans cette opération ^ la chose essentielle: on les place de champ ^ de manière que leur lit de gisement soit perpendiculaire à Taxe ^ afin que la houille soit mieux exposée à Taction de Tair atmosphérique.

La hauteur de la meide est de ^o à 60 centimètres au milieu^ et de la à 16 centimètres vers les c6tés du demicylindre. La seconde couche de houille n'^est )amais régalière^ on y place de champ ou sur leur plat^ des fragmeos dont la grosseur allant toujours en diminuant vers les côtés^ servent à la fois à remplir les vides et à produire la forme arrondie. On répand ensuite sur toute la masse ^ use couche de ménuaille destinée à modérer Tinfluence de Tair ou à servir de couverture,

La houille grasse comporte une plus grande hauteur de meules^ mais elle demande aussi que la couverture en houille menue ^ soit plus épaisse et plus soignée. La houille pesante et difficilement inflammable^ doit être carbonisée en meules basses et pourvues d^une faible couverture ^ cpi ne puisse pas trop intercepter le passage de Tair atmosphérique«

577. Après avoir achevé la construction de la meule ^ le charbonnier enlève les piquets et projette dans les vides qui en résultent de la houüle enflammée ^ qui ^ au bout de 4 à 6 heures^ détermine la combustion de toute la masse. Le soin de cet ouvrier consiste alors à remarquer les points où la houille^ cessant de fumer et de brûler avec flainme^ se couvre de cendres blanches :; c'^est un indice que la carbonisation y est achevée : au fur et a mesure qu^il voit blanchir un endroit , il tâche d'y étouffer le feu , en y jetaat du fraisil rangé en tas le long dès c6tés de la meule.

La cuisson commence^ à Tordinaire^ sur les bords et se propage ensuite )usqu^au centre. Il est trës-€ssentiel dVn suivre les progrès et de saisir^ pour chaque point ^ le moment précis où il faut éteindre le feu. Si la combustion dure trop long-temps^ on brûle trop de coke^ si elle est arrêtée trop tôt^ après que la flamme a cessé ^ mais avant Tentière dissipation de la fumée^ le coke est mal cuit^ dur^ etil résiste aux plus forts courans d-air^ suMout lorsque la houille est maigre ou sèche.

Le temps que la meule doit rester en combustion dépend de la nature de la houille : très-grasse^ elle demande de 36 à 48 heures^ depuis le premier moment de la mise en feuij plus maigre^ elle est cuite déjà au bout de la à 1 6 heures. Un air sec ^ froid ^ légèrement agité ^ abrège le temps de la carbonisation. Si la fumée qui se dégage est très-abondante^ le coke sera léger. Quelquefois il est léger sans quHl y ait beaucoup de fumée produite. Ce cas arrive avec la houille grasse et riche en carbone. On juge favorablement de sa qualité ^ si la houille ^ pendant la cuis-« son^ présente une couleur blanche plutôt que rougeàtre.

Couverte de fraisil^ la meule doit rester en cet état pendant 3 à 4 jours ^ afin que le feu s^éteigne complètement. Le coke est tiré ensuite avec un crochet et un râteau en fer:j cette opération commence par un des petits côtés de la base.

578. La méjihode que nous venons d'exposer est simple^ mais elle peut occasionner un déchet considérable. La perte est moins forte avec la houille maigre d^une richesse moyenne ^ et avec la houille grasse et riche en carbone. Si d'^ailleurs le coke de la première est un peu trop brûlé ^ il acquiert plus de porosité et devient plus traitable dans le haut fourneau : cet effet a lieu sur-tout lorsque les meules sont peu élevées. La houille grasse d^une moyenne richesse qui^ par elle-même^ donne déjà du coke léger ^ subit un

déchet plus fort ^ à cause de rimperfection du procédé. Il faudrait la carboniser avec plus de soin^ dans des meules couvertes de terre ^ ou dans des fourneaux qui n^offriraieat qu^un faible tirage.

En Angleterre^ on suit une méthode très-avantageuse pour la carbon^ation de la houille grasse : on dispose les mbrceauï^ en suivant les précautions indiquées au paragraphe 5^6 ^ autour à^une espèce de cheminée ^ en forme d^entonnoir^ construite avec des briques réfractaires. Cette cheminée ou fourneau a o"^9 de diamètre à sa baSe^ o^^j à sa partie supérieure ^ et i" de hauteur. Le vide intérieur est un tronc de cône^ dont le diamètre de la base a o'°^3^ et celui du petit cercle^ o'^^iS de longueur.

On ménage dans cette cheminée^ à des hauteurs différentes ^ troiis séries d'^ouvertures horizontales : chaque série contient six de ces ouvreaux qui ont 5 centimètres sur 8. Les premiers^ si Ton part du sol^ sont plus grands^ on leur donne lo cent" sur i5. La dernière série ou la troisième est aux deux tiers de la hauteur*totale. L^'ouvertttre supérieure de la cuve peut se fermer avec une plaque ea fer. Les morceaux de houille sont placés de champ^ les joints tournés vers le fourneau et de manière que les enveloppes circulaires aillent toujours en diminuant de hauteur^ à mesure qu'acnés s^éloignent du centre. Il y a i^^S à i"^9 de distance du cercle extérieur au pied du fourneau, ce qui donne 4" à 4^6o pour le diamètre total.

Sur la première couche de houille rangée sur Taire^ on en met une deuxième et ainsi de suite ^ jusqu^à ce qu^on ait gagné la hauteur de Fentonnoir^ ayant soin de diminuer Fépaisseur des couches en s''écartant du centre ^ afin que le tas reçoive une forme conique ^ dont la pente soit même assez roide : les morceaux de combustible les plus petits sont placés par -dessus.

Après avoir bouché avec la houille menue les jouis laisses

entre les fragmens^ on donne à toute la meule une couverture en fraisil de 5 à 8 cent™ d^épaisseur : on Farrose d^eau pour en aiigmenter la cohérence^ afin qu^elle ne puisse être percée ni par la flamme ni par la fumée.

On jette dans la cheminée quelques morceaux de houille incandescens qui^ à Taide des ouvreaux inférieurs^ embrasent toute la meule. Elle reste 36 à 48 heures en feu ^ la fumée cherchant une sortie ^ ^asse dans les ouvreaux et s''échappe par Tentonnoir. ^opération se termine lorsqu'^on n''aperçoit plus de fumée ni de flamme bleuâtre. Alors le. charbonnier ferme avec une plaque en fer ^ Fouverture supérieure du fourneau pour étouffer le feu;j mais il ne peut enlever le charbon quam bout de trois jours. Il faut souvent arroser et réparer la couverture. Ce mode de carbonisation est très-avantageux pour la houille grasse. Si en volume^ elle donnait une moindre quantité de charbon que dans les meules découveiles^ on en serait amplement dédommagé^ parce que le coke obtenu de cette manière est toujours plus compacte et produit plus d^efiet ^.

*' La houille soumise, en Angleterre, à ce procédé de carbonisation n'^est qnê demî-^^rasse ; elle ne donne point de coke fondu ou boursonfflé. Ce procédé est partieulièFement usité dans le Strafibrdshire ; c^estaux environs de Yenesbury qu^il a pris naissance. Je ne Tai pas vu pratiqué dans lé pays de Galles on cependant on carbonise sottvent de la houill« très-brasse. Voici au restée de plus amples détails sur cette méthode qui , en général , présente d^excellens résultats. La cheminée se construit en briques deminréfractaires placées de champ , de manière à laisser autant dé vides que de pleins. Il existe par conséquent une ouverture au-dessus et an-dessous de chaque brique. Cette espèce de cône tronqué a i^^^io g i™,5o de hauteur , 8o à loo centimètres à la grande base et 65 à 8o cen«* timètres à la petite base. Il est surmonté dW tuyau en fonte de a5 centimètres de hauteur sur ad centimètres de diamètre.

On dispose autour du cône les plus grands morceaux de houille et de manière à laisser le plus. devise gu'il est possible» Les morceaux ^moins gros se -rangent ensuite autour de ce noyau. Lorsqu^on a achevé cette première couche on empile une deuxième , etc. , etc» .

.579. On ne peut carboniser la houille menue ^ en suivant la méthode précédente^ parce que les petits fragmens ne laisseraient pas assez de passage à Fair qui doit entretenir la combustion. Du reste ^ ce n^est jamais que la menuaUle des houilles grasses que Ton peut convertir en coke. On la carbonise dans des fourneaux cylindriques^ ou mieux encore ^ sur une aire couverte A^une voûte trèssurbaissée et formant un four semblable à ceux des boulangers. Par le premier procédé^ on brûle trop de charbon en pure perte ^ on consomme pour allumer le feu et pour établir des conduits d''air une trop grande quantité de houille en gros morceaux^ et quelquefois on a beaucoup de peine à retirer du fourneau le coke réuni en une seule masse : il faut donc préférer Fautre méthode.

Les fourneaux cylindriques serviraient très-bien à la carbonisation des houilles sèches^ si Ton se trouvait dans

Les petites meules, dont le cône a i^^^io de hauteur, ont 4 métrés de diamètre à la base: les grandes, dont le cône a i"',5o de hauteur, ont 5,5o de diamètre à la base. Les petites meules restent deux jouis CD feu , les grandes sont en combustion pendant 7 à 8 |oars. Lorsque la flamme a disparu entièrement, on ferme la cheminée et ronpcatùjne dans la couverture une ou deux séries de troua. Les petites meules reçoivent 8 trous et les grandes 16. On verse ensuite dans chaque trou trois ou quatre seaux d^eau. L^expéiience a fait connaître que cet arrosage, qui parait très->abondant , est un moyen d^enlever au coke une partie du soufre qu^il retient encore. Après la à a4 heures, on tire le coke et Ton éteint avec de Teau les morceaux qui sont encore incandescsens.

Dans certains endroits , on arrose la houille avant d^ mettre le fea: on pense avec raison que le coke obtenu ensuite est moins sujet à se fendiller ou se diviser.

On ne casse jamais les blocs de houille \ quelque gros qu'ails soient , les morceaux de coke ne deviennent que trop petits. Le combustible perd par la carbonisation ^ et quelquefois j de son poids. Si la carbonisation n'était pas entièrement terminée , le coke , brûlé dans les hauts fourneaux, rendrait la fonte blanche et , s^il était employé dans les feux d^affinerieS| il occasionnerait un trop grand déchet. Le T*

le cas de les utiliser pour cokes. Elles n'éprouveraient pas un si fort déchet que dans les meules, et la chaleur intense de ces fourneaux ferait pénétrer la carbonisation jusqu''âu centre des fragmens.

Les fours surbaissés ont ordinairement une grandeur telle que la menue houille répandue sur faire ou la sole, puisse former un volume de 12 pieds cubes, la couche n'ayant que 6 pouces d^épaisseur. La porte par laquelle on charge le four, sert à faire sortir le coke, et à donner une issue à la flamme et à la fumée. Cest la nature de là houille , la direction du vent, Fétat de l'atmosphère, qui modifient la durée de la combustion ^ on laisse brûler jusqu'il ce qu'on n'aperçoive plus aucun dégagement de flamme ou de fu-* mée, et jusqu'à ce que la houille se couvre de cendres blanches^ alors on tire le coke avec un fourgon en fer, on l'éteint avec de l'eau , on le transporte sous des hangars et l'on recommence Topération. Il n'est pas nécessaire d'al-» lumer ensuite la houille^ le fourneau qui reste à peu près six heures en feu, acquiert un degré de chaleur as^ez élevé pour qu'elle s'enflamme spontanément.

Par la première cidte on obtient ordinairement moins de coke que par les autres ^ parce que le feu se répand au commencement d'une manière très -inégale à travers la masse du combustible. '

On voit que , dans ce travail , il se perd une grande quantité de coke par la combustion. On cherche à dimi-^ nuer le déchet, en surbaissant la voûte et en diminuant l'influence de l'air atmosphérique.

Comme la flamme, en se dégageant, enlève une por-^ tion de charbon à l'état de nature , on joint h la carboni-* sation de la houille, la fabrication du. noir de fumée. Pour cet effet, les vapeurs fuligineuses sont conduites par un assez large canal dans un vaste réduit, tapissé de toile ^ 1^ laajeure partie du charbon se dépose dans ce récipient sous TOM. h 58

458 DEUXIÈME 8ECTI0M.

forme de noir de famée ^ quW recueille et qa'on fait recuire lensuite dans des vaisseaux clos.

58o. La forme des fourneaux de carbonisation dont nous venons de parler^ est représentée par les figures 5^ 6, 'j ^ pi. I. La s61e se compose de briques posées à plat ^ soit sur de Targile maigre ^ soit sur du sable pur. Lorsque les briques sont trop chères^ la voûte peut se construire en grès houiller de bonne qualité :* on la couvre extérieuronent avec une couche d^argile et de sable ^ pour préserver les pierres du contact de Tair froid« Une fente ménagée dans la voûte ou dans la face antérieure^ au-dessus de la porte ^ * donne une issue aux vapeurs et à la fumée. Cette porte est en fonte ou en forte tôle ^ on la soulève pour chaîner ou pour vider le fourneau. L^opération est terminée lorsque la houille cesse de brûler avec flamme.

Il est essentiel que la première cuite se fasse avec de la houille contenant une assez grande quantité de gros morceaux ) parce que la poussière se consumerait presqu en entier avant que le fourneau ne fût assez échauffé.

Les figures 8 ^ 9 et i o^ pi. I ^ présentent un fourneau d une forme un peu différente. La sole est ovale ^ au point culminant de la voûte se trouve une cheminée pour le passage de la flamme et des vapeurs. Les deux ouvertures par lesquelles le combustible sHntroduit et se retire^ sont aux extrémités du grand diamètre de Fellipse. L^encadrement de ces ouvertures est en fonte ^ et le devant est pourvu d'une plaque qui protège la maçonnerie^ quand on décharge le fourneau. La porte allégée par un contre poids peut s abaisser et s^élever aisément. Quelques petites ouvertures pratiquées dans cette porte donnent accès à Fair atmosphérique. On les ferme lorsque le fourneau est en train ^ et surtout quand il fait du vent.

Pour mettre un semblable fourneau en feu^ on est oblige de le chauf&r au rouge avec de la houille en gros morceauXt

Après cela on y introdoit de la Bdenue' houille ^ qui ne doit fermer dVbord qu^une couche de 4 on 5 centimètres d^épaissear: i^le s^enflaxuine tout de suite. On ferme les portes, jusqu**» ce qu'il tie paraisse plus de flamme^ ensuite on achève le chargemeùt en deux reprises^. On ouvre Tune des portes, on y introduit la houille jusqu^au centre du foyer, et lorsquHl est à moite plein , on la ferme et Ton achève de remplir lefonmeau par leeôlé opposé. Lorsque la carbonisation de la première moitié est terminée, on tire le coke ■et on lé remplace tout de suite par la houille crue. Après quoi on vide le doté opposé et ainsi de suite.

SI la houille est ti^ès-grasse , le coke forme une seule masse cpx^on bri^'à coup de ringards. On laisse volontiere ^elques morceaux de coke incandescent sur la sole pour iiccélérer Tinflammation de la nouvelle charge. On est obKgé de charger par couches successives , lorsque lahouîllo est très -grasse^ parce que la trop grande quantité de vapeur» s'oppose à la propagation du feu et pourrait même l^éteindre*

Ali Janon^ près de S* -Etienne, on suit un procédé particulier pour la carbonisation de la menue houille. Oit la passe d^abord par une claie, pour en séparer tous les laiorceaux qui peuvent servir Sur les grillés î; parce qtié ces itiines ne les fournissent pas en très-grande quantité. On tépàud la 'menue houille sur une aire, on l'arrose forteinentet on la tnèle, afin quelle puisse prendre une forme déterminéCé La carbôiiisation de cette houille mouillée se fait ensuite en plein air. Le tas peut èti^è oti'^'coriiquc ou prismatique. Les meules coniques ont 4" de diamètre à la gt^nde base et2",3o & la petite: leur hauteur est i",i5. La longtieur des prismes est de 1 6 à ao^, ou plus grande encore, selon Féépace dont on peut disposer:; la largeur est de i",3o à la base et de o",65 à la surface supérieure;; la hauteur est aussi de i",i5. Le moule qui doit donner

46x) DEUXIÈME SECTION^

la forme à la meiilie^ se compobe de j4aiiches liées Fûne à Tautre par des crochets en fer^ et de manière qu'ion peiâ les joindre et les enlever facilement^ lorsque la houille a été dansée dans le moule. Les planches des meules co^ niques ou pyramidales ont la folme du trapèze. Pour donner accès à Fair datas Tintérieur dû tas ^ on y ménage des canaux circulaires^ à Taide de pieUx ou rouleaux. Pour cet effet ^ les planches ont trois séries dWvertiùre de 8 à lo centimètres de diamètre. La série inférieure est an niveaadu sol, la deuxième est au premier tiers, et la troisième est au deuxième tiers de la hauteur du tas. Ces ouvertures sont distantes de .65 centimètres ruu^ de I autre, et disposées de manière que celles qui sdnt à la même hauteur, correspondent à la moitié de la distance qui sépare les ouvertures de la série qui suit ou qui précède, afin que Fair puisse mieux se répartir dans toute la sdassedu combustible.

G^est par ces ouvertures qu^on introduit des rouleaux qui ont 8 centimètres d^épaisseur : ils sont un peu moins gros à Fune de leurs extrémités , afin quW puisse les retirer avec plus de facilité^ ils communiquent entre eux par des pieux verticaux.

Après que les planches ont été dressées et liées ensemble, un ouvrier entre dans Fîntérieur de ce moule pour damer la houille qaoa lui jette. Les rouleaux de la série inférieure ainsi que les pieu^ verticaux, sont mis tout de suite en place^ ceux de la deuxième çt de la troisième série ne le sontqu-après que le tas sW élevé à la hauteur convenable*

Lorsque le damage de la houille est. achevé, OU retire les cylindres au moyen d'^anneaux^daptés a Fun des bdut^, on enlève ensuite les planches,, et la meule liest prête i Recevoir le feu.

Pour allumer le tas , on jdispose des morceaux de boiiilk

autour des ouvertures^ et Fou y ajoute quelques charbons incandescens. Il est essef&tiel que les canaux ne se bou«^ cbent pa^! «^ cet accident arrivait^ il faudrait y remédier^ en donnant jour avec les ringards. On ne doit pas allumer gÇar le bas ^ la meule se déformerait trop vite par le boursoufflement du coke.

Quand il ne parait plus de flamme ^ que la cuisson est achevée et que la meule est encore en pleine incandescence^ on y verse de Teau qu on fait pénétrer au centre du tas le plus qu^il est possible. Le feu en reçoit une nouvelle activité ^ et il se répand une odeur très-forte. On retire ensuite le coke et on Téteint par les moyens ordinaires. On obtient au Janon ^ par ce procédé ^ du coke très-cohérent qu^on est obligé de casser quand on le tire. La carbonisation de la meule s'^achève en 6 à 8 jours *.

58 1. n est reconnu qu^en distillant la houille dans des vaisseaux clos ^ on en retire plus de charbon ^ pris au poids^ que par les autres modes de carbonisation. Mais ce procédé , trop dispendieux pour être d'un uss^e général ^ n'est employé que dans le cas où il s'agit de recueillir tous les produits de la distillation. Ccst alors sur ces produits que

* Les trous des tas prismatiques sont espades de 5o centimètres. Un Canal régne dans toute là longueur de l^axe de la base. Des' ouvertures verticales lui correspondent de 5o en 5o centimètres. Les trous de la seconde se'rie horizontale ne sont pas dans les mêmes sections verticales que ceux de la première et ceux de la troisième , afin que le tas soit mieux crible dans tous les sens \ mais comme il importe pour la circulation de Pair , qu'il y ait communication entre les canaux verticaux et tous les canaux horizontaux , on est force d'incliner sur les côtés du rectangle les puvertures de la deuxième se'rie. On ne peut construire ces tas que par partie de 4 mètres de longueur , parce quHl serait impossible de ménager le grand canal de Taxe au moyen dWe seule perche. On construit donc un prisme ayant un peu moins de 4 mètres , d''après la règle indiquée \ on retire le rouleau qui a 4 mètres de longueur , et dans le prolongement de ce premier prisme , après avoir enlevé la planche qui boipse sa lox^ gueur, on en construit un autre et ainsi de suite. Le T.

46a DEUXIÈME SECTION.

roulent les spéculations^ et le coke n^est plus quVn objet accessoire*,

La distillation de la houille s^opère^ soit dans des chambres de fonte ^ formées par des plaques jointes ensemble et munies à leur partie supérieure de tubes, qui conduisent la vapeur au récipient:; soit dans des cylindres couchés, dont une des bases sert de porte par laquelle on charge et Ton retire le coke, et dont l'autre extrémité communique par des tuyaux avec les vaisseaux réfrigérans. Nous avons dit précédemment (568) quelle est l'espèce de houille qu'ion doit employer. Il est évident que les produits ne doivent pas être les mêmes, que lorsque la houille en se carbonisant brûle avec flamme.

582. Cest à Faide de fours, non chauffés par une chaleur extérieure , mais dans lesquels la carbonisation se fait par une combustion lente, qu^on peut convertir dWe manière avantageuse les houilles en coke , et recueillir en même temps les autres produits de la distillation. Ne prenant point de retrait, ce combustible, s'il est carbonisé dans les fours , ne présente pas les mêmes inconvéniens que le bois. On choisit d'ordinaire des houilles médiocrement grasses^ elles donnent plus de bitume ou de goudron que les houilles maigres, et elles se prêtent mieux à cette opération, en ce qu'elles n'exigent pas un courant d'air aussi fort : elles ne doivent pas être trop grasses , parce qu en se fondant, elles pourraient fermer le passage à l'air, et quç d'ailleui^ il serait difficile d'enlever du foyer les masses agglutinées.

La forme des fourneaux est assez indifférente en elle-

* Le coke obtenu par la fabrication da gaz ou par celle des autres produits de la distillation , est en général très-mauvais , et ne peut gnéres servir que pour les usages domestiques ; il. donne moins de chaleur, etil retient plus de soufre que n^'en contiennent les cokes £aJ>riqné8 en ple^ air. Le T.

même: cependant pour bien gouverner le feu^ on doit toujours les faire ronds. On leur donne, de 7 à 9 mètres cubes de capacité ^ de l'^^So a a'^^âo de diamètre et de a"*,5o à 2"*,8o de hauteur dans œuure* Ils se rétrécissent vers le haut : leur ouverture supérieure^ qi4 n''a que 94 cent, de diamètre ^ peut sa fermer avec une plaque en fonte. Le mur dWe assez forte épaisseur^ et bàti^^n briques réfractaires^ se trouve consolidé par des bandes et des ancres; en fer.

- Au milieu de la sole du fourneau est une grille de o"^94 de diamètre ) placée au-dessus dVn cendrier^. et dont les barreaux sont espacés de 1 3 millimètres : cette grille devient inutile, si la houille est tressasse. Dans Tune des faces , on ménage une ouverture de i™,55 de hauteur, sur unelaigeur de o",78^ elle sert pour le chargement du fourneau^ on la ferme avec des briques lorsqu^il est en activité. Au dehors est un battant de porte, en fer, pour consolider le mur construit seulement en briques placées de champ, afin qu^on puisse le faire et le défaire avec plus de facilité. Dans le pourtour du fourneau, on pratique à différentes hauteurs quatre systèmes d^évents de 4o millimètres de diamètre:) cq sont d^ordinaire des tuyaux en fonte : la série inférieur^ composée de G évents est au niveau du sol ^ les autres sont éloignées entre elles , et de celle-ci de 5o cent.

Dans la partie supérieure du fourneau, près de Fouver-« ture de la cheminée, est adapté un tuyau en fonte de ao à 26 cent, de diamètre, qui traverse le mur du fourneau, reçoit les vapeurs et les conduit dans le récipient. Lorsqu''on a -deux foyers pour un seul récipient, il faut ouvrir et fer-* mer les tuyaux de communication avec beaucoup de soin, pour, ne pas donner lieu à des explosions.

583. En chargeant le fourneau , on place sur la grille du bois sec ou résineux. Arrivé à la hauteur de la porte , on la ferme nvec le mur de briques, en y laissant, pour allumer

le feu, une ouverture correspondante à un canal que Ton a ménagé dans la masse de la houille. La cuve remplie jusqu à Tembouchure du conduit à vapeur , est fermée avec une plaque dont les joints sont lûtes. On allume ou par le cendrier ou par le canal ^ les évents des trois séries supé- . rieures se ferment et ceux de la base restent ouverts. Au bout de lo à 1 1 heures, on aperçoit le feu par les éveuts de la deuxième série ^ alors ceux-ci s'ouvrent et les premiers se ferment. On continue de la même manière pour les autres séries, en observant que la deuxième doit rester ouverte lo heures, la troisième 1 6 et la quatrième 3 heures.

Après que tous les soupiraux sont fermés , le fourneau est maintenu i a heures dans cet état ^ ensuite on abat le petit mur qui ferme la porte, on tire le coke incandescent et on Féteint avec de Teau. >

n ne faut pas que la houille brûle avec flamme dans le fourneau. Sa couleur doit être rouge«orange ^ on bouche toutes les ouvertures aussitôt qu^ le s'^éclaircit et qu^'elle passe au blanc :; le courant d''air venant du cendrier est alors assez fort pour alimenter la combustion : on y adapte même une porte pour intercepter le tirage quand il fait un grapd vent.

Il est presquHnutile de faire observer que les soupiraux tournés du côté d'où vient le vent, doivent s'ouvrir trèspeu ou rester bouchés entièrement. On ne doit jamais ouvrir de trous avant que le combustible, vu par les ouvertures qui sont immédiatement aurdessous, ne paraisse roug&-orange. Il est suiwtout très«essentiel que les matières qu'on aperçoit par les évents supérieurs, conservent toujours une couleur foncée^ le trajet pour l'air et les gaz étant. très- petit, ces gaz peuvent par conséquent contenir de l'air non«<lécomposé, s'enflammer alors et occasionner une explosion.

584* Dans les fourneaux on çbtient une plus grande

DES MÂTrÉREâ PREMIÈRES. 4^5

quantité de coke prise au poids ^ dâils les meules une plus grande quantité^ prise au volume^ mais^ dans cette esti«^ mation^ ne devant avoir égard qu'au poids ^ on trouvera que Favantage eSt toujours du côté des fourneaux '*'.

La houille qui ne se gonfle pas , qui donne dû coke dur et pesant ^ se traite dans lés meules avec le plus dé suc*-* ces 5 tandis qu'on devrait toujours carboniser dans des fourneaux la houille niédioci^ement grasse^ on en reti-^ rerait du Coke plus dense et en plus grande quantité^ et Ton recueillerait les autres produits^ qui sie dégagent par la carbonisation *^.

Ces produits soüt de Feaü , un peu de carbonaïe d^am*^ moniaque^ de Thuile, un peu d'hydrqgène chaîné d'ammo-» niaque et plusieut^ autres gaz incoercibles. L'ammoniaque et rhuîle forment quelquefois tme espèce de savon^ De tous ces corps , il n'y a que l'huile dont on puisse tirer partie*, parce que l'ammoniaque ne se trouve qu'en trop faible dosé. Cette huile est plus oii moins pure , selon la quantité d'eau employée à là condéttoatibn dés vapeurs.- Après en avoir «éparé tirié certaine pörtioti dVa'ù par le te^os de la masse', öti obtient le goudron brut,- contenant entore' de l'huilè Volatile et beaUdoùfl d'feàù^ ou les chàsfeépkr l'ebuUition,

* If ous fbrook obsènrer' qiïé Ic^ houilles sulfu^usès carbonisées dans les fourneaux , donnent de matrrtÔB boke , du möiiis pour le UakemeUt des minerais- de fer. I^e T.

** On le ferait toujours 5 si Ton -p<HiFait obtenir par ce moyen mq coke aussi pur que par la carbonisation .en plein air. H en résulterait une éco* nomie considérable j puisque la houille qui , dans les fourneaux , peut donner 65 p. % de ebke , obmtne par exemple celle de S'^Etienne', ne fournit en plein air que 5o à 55 p. % i ^^ puisque, par le pcemier procédé, onpounait encore utiliser les autres produits de la 'distillation. Mais Tex— perience a prouvé que ce coke venant des fours , blamchit la fonte dans les hauts fourneaux et augmente le déchet aux 6neries. (Test à ces graves ibconvéniens qù'^est dû l^lngénieux projcédé du Jan^n pour la carbonisation de la menue hpiillle (sn plein air^ Lie T,

TOM. I. 5c)

4^6 BEUXIÈME SECTION.

pour former ce qu^oa appelle le goudron cuii^ si Ton coih tiuue la concentration , on le change en poix pâteuse et ensuite en poix dure.

Uévaporation se fait quelquefois dans un alambic en fer, avec un récipient du même métal ^ destiné à recueillir les huiles essentielles. La meilleure forme qu^on puisse donner au récipient est celle d^un entonnoir^ dont le col tourné en dessous^ se trouve muni dVn robinet. En ouvrant ce dernier^ on fait couler Teau^ que sa pesanteur spécifique fait descendre .daps la partie inférieure du ^aisseauij dés qu il passe un peu d^huile , on referme le robinet et ron attend que le récipient soit encore une fois rempli aux trois quarts : Topéràtioupeut continuer sans interruption, si Talambic^ disposé de manière qu^on puisse y verser le goudron jsansjôterJaxAayu^^ porte ^ au point le plus bas, un conduit destinéii recevoir Je goudron épuré ou parvenu à la consistance voulue.

Xlhuile noircit promptement à Fair. Etant de nature volatile^ on pourrait Tenypjoyer pour certains vernis. £lle donne beaucoup iLe vapeurs dans :1a combustion : il ne serait donc possible de la brûler que dans les lampes qui auraient un tirage considérable ^ mais on xlj a pas encore réussi ]usqu'*à présent ^ elle exhale Todeur fétide du goudron brul. Le goudron convenablement cuit n a plus qu^une faible odeur^ et la poix esX entièrement inodore.

Ce goudron minéral remplace parfaitement le goudron de bois. Mélangé avec du noir de fuQiée ou des couleurs terreuses^ il reçoit de la consistance ^ et il pénètre dans le bois plus que le goudron végétal.^ mais on est obligé den multiplier les couches.

Les gaz incoercibles ne peuvent guère servir à Tédairage^ ils se forment à une trop faible chaleur^ lorsque le but de Topération est la fabrication du coke ou celle du goudron.

Page 1