La quantité de coke obtenue de loo parties de
houille^ varie entre 8ù et ÔS« En prenant les deux coip? au volume ^ on compte sur autant de coke que Ton emploie de combustible cru: les houilles grasses en donnent or— dînairement de 5 à 1 5 pour cent en siis^ et les houilles maigres de i à lo pour cent en mt>ins. 0ans les fourneaux^ la dilatation^ et par suite le volume du coke^ ne sont'pa^ aussi considérables que dans les meules^^ mai» il y a com-^ pensation sous le rapport du poids ^ pttisqu''il pèse de ro à z5 pour cent de plus que le coke des meules.
La houille qui^ carbonisée à Fair libre ^ ne se gonfle pas^ subit ordinairement^ dal^s les fourneaux y un déchet de i6 à i5 pour cent mesuré au volume^ mais le coke pèse de la* à i6 pour cent de plus que celui des meules.
La houille très^grasse devrait être carbonisée en meules couvertes en terre (5^5 et 57&). La menue houille col-^ lante^ carbonisée au four ^ donne toujours^ parties égales de coke prises au volume, et quelquefois même une augmentation de lo pour cent, quoique par cette méthode , on en brûle évidemment une assez grande quantité.
586. Le coke, dans son état de perfection, ne possède ni Féclat vitreux, ni Téclat gras ^ il est mat dans sa cassure et montre tout au plus un faible éclat soyeux : sa couleur ne passe jamais au noir de fer , mais seulement au noir gri-satre * ^ dans la cassure , elle est quelquefois bigarrée. S^îl provient de la houille grasse, il oflFre un aspect coulé ^ tous les autres cokes ont du reste une porosité particulière que seulement , dans cçux qui sont très-pesanS , on ne reconnaît pas au premier coup-d''oeil : ces derniers ont une forme cubique ou rhomboidale. Le coke boursoufflé est indéterminé dans sa forme ^ il ressemble aux choux-fleurs ou à une sorte de végétation. La présence d^une grande quantité de terres
* Le noir grisâtre est moins foncé <jue le noir de fer. Voyez, pour la couleur des substances minérales diaprés Wemer , le système de Chim^; par M» Thomson. Le T.
pu de charbon minéral^ le divise ^ arropdit ses arrêtes et lui donne une forme tuberculeuse.
La grosseur des cokes prouve en fayeur de leur pureté* Quoique la majeure partie de Fenthracite et du charbon minéral reste sur place dans le fraisil ^ les cokes en renfer-* ment encore une certaine quantité: il faut donc les trier et rejeter aussi les morceaux souillés par Targile schisteuse qu^on reconnaît à sa blailcheur.
58^. Sous le rappoiTt chimique^ le coke ne difiere point du charbon de bois \ le tissu de Fun est seulement plus serré que pqlui de Tautre, Il est vrai que les cendres du coke ne sont p^s de la même nature que celles du charbon de bois ^ mais les cendres ne sonl que mêlées aux combustibles et peuvent çn être séparées par les acides et sans incinération. Ces corps mélangés aux charbons n^exerccnt d^autre inlluence que de rendre les laitiers plus fusibles .ou plus réfractaires. . 588. Quoique la houille ne soit pas avide dWu^ il payait que ce liquide entre cotnme partie essentielle dans sa composition^ presque de la même manière que dans celle du bois séché à Fair atmosphérique. Mise à sec dans son gite long «^ temps avant d'être exploitée, elle se délite par TefTet de Teau qui s'évapore, et donne ensuite de mauvais coke 5 il en existe même qui , pour cette raison , et bien qu'elle ait séjourné long-»temps à Fair, ne peut être carbonisée. Non- $eulement Teau ne peut lui nuire, mais elle la bonifie même. Avant de la soumettre à la carbonisation, on Farrose quelquefois^ afin d^'en activer la cond)ustion, et d'obtenir des luorceaux de coke plus volumineux et plus compactes.
Mais le cok0 , comme le charbon de bois, ne supporte pas Feau^ il peut absorber au-delà de %o pour cent de ce li-* quide , brûle alors trèsMlifficilement et ne dégage qu'une faible chaleur. On ne devrait le faire sortir des meules qu'au moment où on veut l'employer, à moins de le mettre Sous un hangar pour le préserver de la pluie«
689. Faut-il préférer le coke léger au coke pesant , ou celui-«! à Tautre ? c'*est ce qu'on ne peut décider en général que dVprès la quantité de cendres ou de charbon minéral qu''ils renferment. Cependant le coke fritte ou légèrement bouTSoufflé mérite la préférence ^ toute chose égale d'ailleurs (5 7 3).
590. Par Fincinération de la houille en plein air ou sur une grille^ on peut juger déjà^ avec assez de certitude^ de Tinfluence des cendres sur le traitement des minerais : si ^ en brûlant avec rapidité ^ elle laisse des cendres blanches et légères y et qu'en même temps elle ne soit pas trop fendillée^ son coke sera d'un excellent usage. On le trouvera mauvais ^ si la houille brûle lentement et qu'elle se couvre de cendres lourdes et jaunâtres^ qui la préservent du contact de Tair et qui arrêtent la combustion ^ à moins que le courant d'air ne soit très-rapide.
691. A volumes égaux et pour des ^airtités de cendres constantes^ les cokes denses développent plus de chaleur que les cokes légers ^ mais à poids égaux ^ ces derpiers produisent toujours plus d'effet.. Quant à la houille i, celle qui est légère et grasse^ prise au volume mème^ peut remporter sur une égale partie de houille maigre et pesante ^ lorsque *lcs contenus de cendres sont les mêmes de part et d'autre.
Le rapport entre les effets produits^ k poids égaux i^ est donc plus favorable pour le coke léger ^ quoique la différence-soit moins forte que dans les houilles crues. La cause de ce fait dépend probablement^ pour les houilles non carbonisées comme ppur les bois ^ de )a durée de la combustion ^ en ce que la houille légère bnile avec une plïjs grande rapidité.
Il serait difficile d'expliquer pourquoi les charbons de houille ou de bois, pris à poicls égaux, ne donnent pas Je même degré de chaleur ^ si ce n'était un fait prouvé par l'expérience, que la densité de l'air doit être proportionnée
à la nature da charbon ^ pour que ^ dans des temps égaux ^ il puisse en brûler des quantités égales. Il s^ensuivrait donc que si les poids absolus étaient les mêmes ^ les charbons devraient toujours produire le même effet ^ si la combustion avait lieu dans un air dont la pression fut en rapport avec leur compacité^ ou bien si ^ dans un même temps ^ on en brûlait des quantités égales.
On a fait k Gleiwitz^ dans la Haute-Silésie , des essais comparatifs sur Feffet de plusieurs cokes obtenus avec des houilles en morceaux ou en poussière. Ces cokes ont été employés à la fusion du fer cru^ dans des fourneaux à manche.
Le mètre cube de cokes boursonffiÄ , pesait ... « 4^^ ^*
Le mètre cube de coke» obtenu en meules, pesait . . 4?^ Le mètre cube de coke obtenu dans des fourneaux
distillatoires , donnait un poids de 5i5
Mille kilogrammes de fonte ont demandé pour entrer en liquéfaction :
met. cube.
G>kes boursoui&ës i,ia
Coke obtenu en meules • • i,i4
Coke obtenu dans des fourneaux distillatoires. ... i,oi
Ou en évaluant ces quantités au poids :
Cokes boursoufflés . • é • . 4'^^*
Coke obtenu en meules 544
Coke obtenu dans des fourneaux distiUatoirés. • . . Sao
n en résulte^ qu'yen mesurant ce combustible au volume^ c^est le coke le plus pesant qui produit le plus dWet^ tandis qu^en le prenant au poids ^ cW le coke le plus léger qui parait développer le plus de chaleur *.
* La dernière partie de cette conclusion n^est pas tout-à-fait exacte, puisque le coke des meules est plus léger que celui des fourneaux , et qu'ion a pourtant brûlé du premier une plus grande quantité prise au poids, qu'*il n''en a fallu employer du deuxième. Le T.
Ces sortes dVxpériences exigent beaucoup de soins ^ il est essentiel que la quantité d^air et la vitesse du vent^ soient toujours en rapport avec la nature du charbon ^ c^est diaprés ces considérations qu'ail faut juger des expériences de Mu&het^ dont les résultats ne sont pas assez favorables pour les charbons pesans.
592. Plusieurs auteurs ont voulu comparer la houille et le bois ^ sous le rapport des quantités de chaleur dégagées^ mais leurs calculs^ en tant qu^ils sont établis sur les poids de ces deux combustibles^ sont très-incertains^ parce que la pesanteur du bois ri est pas encore exactement déterminée. DVilleurs^ les bois difi[<^rent dans leurs effets^ ces sortes de comparaisons ne peuvent donc avoir lieu quWec des essences données^ sous un état hygrométrique déterminé^ et pour des houilles connues sous le rapport de leurs pro^ priétés. Ceux qui pensent qu^un kilogramme de houille est équivalent à deux de bois de pin^ peuvent être aussi bien fondés dans leur opinion^ que ceux qui ^ diaprés d^autres expériences^ croient que ce kilogramme peut produire au«^ tant d^effet que 4 kilogr. de pin silvestre.
n est tout aussi difficile de \ouloir déterminer ce rapport d'après le volume, parce que les espaces vides qui restent dans les cordes , Tage et la qualité du bois et celle de la houille, modifient les résultats de diverses manières. On ne peut donc établir ces sortes de comparaisons que pour chaque cas particulier. On pense communément que les houilles produisent , par la combustion , le même effet que cinq ou six fois leur volume de bois de pin ^ mais ces données ne sont point susceptibles dWe application générale. Diaprés des essais comparatifs faits à ledlitz, dans la Haute-Silésie, on a trouvé que, dans un fourneau à chauffer la tôle, 100 mètres cubes de bois produisaient autant d'effet que 16 mètres cubes de houille^ ou ce qui revient au même, que 100 mètres cubes de houille pouvaient êtne substitués à 635 stères de bois.
593. Ce que nom avons dit des erreurs qui peuvent provenir de la pesanteur spécifique de la houille crue et de celle du bois^ s'applique aussi au coke et au charbon de bois. On admet eu général, que i" Cube de charbon de pin pèse i5'j kilogrammes;; mais cette donnée est très -incertaine ^ elle varie considérablement avec la grosseur des charbons^ avecTétat hygrométrique de Tatmosphère , etc. Il en est de même du coke« En thèse très -générale on peut cependant admettre que^ pour le traitenlent des minerais ^ fer ^ dans les fourneaux à cuve^ YbSet du coke^ pris au volume^ est à celui du charbon de bois comme â I i^ ou qu'avec une partie de coke^ on obtient la même quantité de fonte qu avec 2 parties de charbon végétal.
Prises au poids ^ il faut 3 parties de coke pour en remplacer 2 de charbon^ il est probable que la cause de cette différence provient de ce que les cendres du coke sont très-^ réfractaires et qu une partie de VefSet du combustible est employée à leur liquéfaction *•
Pour obtenir dans les usines de la Haute-Silésie 100 kil. de fonte^ les minerais ayant été les mêmes ^ on consomma
met, cttb. kil.
Charbon de pin i,oo444 i^7)^^7
Coke 0,56359 370,7^0
De sorte qu'en prenant ces combustibles à la mesure^ les quantités de charbon de bois ou de coke qu il faut employer^ pour produire un effet donné ^ seront entre elles, comme jop I 5o^ et qu'en les prenant au poids, comme 100 ! i^i.
Il parait que dans les fourneaux à manche , le rapport est plus favorable pour le coke: si l'on admet, comme terme moyen (936), que pour refondre 100 kil. de fer cru, il faille c .
^ L^effet produit est le même que si les minerais ou les fondai étaient |ilus réfractaires , et dan6 de cas ^ il ÜGwdrait plus de oharbon pour vcat 4|vàntité dé fonte donnée. Le T.
DES MATIÈRES PREMIÈRES. J^'ji
aiAt.cttb. Ul.
Charbon de pin 0,4^.89 .66,:i5
Cote OV09899 4;7,G
n s^eQSuit que^ prises à la mesure ^ les quantités de char-f boa ou les quantités de coke qu'ail faudrait employer pour fondre une certaine quantité de fer cru^ seraient entre elles conune 100: a 3^ et quen prenant ces combustibljss au poids .^ elles seraient conune 100 : 71.
Dans les cubilots très-el^evés^ ce rapport devient plus fa-r Yorable pour le bois ^ dont la consommation se trouve ré^ duite de presque moitié (9^5)^ ce qui prouve évidemment Tinconstance ou le défaut die généralité de ces sortes de résultats K
594. On ne peut établir en principe^ que les hauts four-r ueaux doivent être activés avec le coke ^ plutôt quVvec le charbon de bois^ ou vice versa. Ce sont les localités ^ les
* Les résultats de ces sortes d^expëriences par lesquelles on voudrai^ apprécier les effets relatifs des combustibles, ne pourraient dans aucu« cas recevoir une application générale. Os sont modifiés non-seulement par les causes d^erreu^ précédemment énumérées, mais aussi par la forme de$ appareils ou fourneaux dans lesquels s^opére la combustion, et surtoujt par le degré de chaleur quVn a besoin de produire. Si , en fondant dn plomb , on voulait comparer Teffet du coke à jcelui du charbon de boi$ blanc, on obtiendrait des résultais tout autres que ceux qui seraient donnés par la liquéfaction dW métal moins fusible , de Tacier par exenn* pie. Dans ce dernier cas, le charbon de bois blanc produirait un effe( relatif beaucoup plus petit qu*il ne le serait dans le premier, H se pourrai^ même . dans un essai de ce genre, que Teffet du charbon de bois blanc fut presque nul par rapport à celui du coke. Cest ce qui arriverait , s'il allait élever la température à un degré tel qu'on pi;t à peine le produire par la combustion d'un charbon léger. Ces expériences comparatives peuvent être très-utiles , quand eUes ont été faites avec les précautions voulues , quand le$ qualités et les propriétés des combustibles employés, ainsi que les circonstances accidentelles , ont ét^ bien observées ; mais on commettrait de graves erreurs, si, généralisant les données, on voulait appliquer les résultats d'une expérience spéciale à des opérations quelconques ou d'une autra nature. Le T.
prix de Tune et de Tautre de ces substances qui doivent décider la question. Cependant nous devons ajouter^ que pour les fourneaux alimentés avec du coke ^ les frais d^établissement et dVntretien sont plus considérables^ le travaü du fondeur est plus difficile et plus compliqué^ enfin la qualité des fontes est plus dépendante de la nature du combustible^ d^un autre côté^ la grande chaleur qui doit régner dans Fouvrage de ces fourneaux^ opère une réduction plus complète des minerais. Mais la fonte se charge de bases terreuses et devient^ en général ^ moins pure que celle quW obtient au charbon de bois^ demande plus de soii^ pendant raffinage et subit un plus fort déchet. Ces inconvéniens sont diminués considérablement ^ lorsque les minerais sont de bonne qualité^ que le coke renferme peu de cendres^ et surtout quand les chaînes sont composées de manière que les laitiers acquièrent la liquidité convenable.
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