‹ Manuel de la navigation à la côte occidentale d'Afrique (volume 2)Chapitre 12 sur 136 · CANAL ORIENTAL OU DE RIO-GÏIANDE · texte numérisé non relu

CANAL ORIENTAL OU DE RIO-GÏIANDE

lombeat d'ordinaire vers le soir et cessent à peu près dans la nuit» pour ne reprendre que vers onze heures ou midi ; ils s'élèrent le plus souvent du S. S. O. an N. N. O. par l'O., et se rapprochent bientôt après de la direction des terres, ce qui facilite en général la descente du canal ou son trajet.

Les nHirées, comme dans lo Rio^Géba, sont régidières; le Sot porte principalement vers le N,, suivant le gisement des cotes, le jusant vers le Sud. Seulement, il arrive quelquefois qu'entre la pointe Sud de Tilo Gagnabac et l'ile Cavale, le flot se dirige à TE. N. E., le jusant à TO. S. O.; puis ils reprennent dans les deux branches la direction des rives jusqu'à leur sortie. La mer marne de 4"* 0 à 4* 9 ; le courant varie de force suivant la largeur et la profondeur du canal; sa vitesse ne dépasse guère S milles dans les grandes marées.

A nie de Miel, l'établissement est 10 heures 20 minutes; à File Polon, M est 14) heures 10 minutes.

Les sondes du canal Oriental sont extrêmement variables, et dans plusieurs de ses parties, elles atteignent jusqu'à 56 mè* très. J'ai même trouvé jusqu'à 102 mètres, fond de sable, sur qndques points du canal en Ëice deCagnabac. Dépuis l'Ile Arcas jusqu'à File Buiama, la nature dominante du fond est de la vase. Depuis Buinma jusqu'à la sortie parle S., la vase devient plus rare, le sable domine mélangé avec des coquilles ou du gmvier. Près àf^ Hantère, on trouve quelquefois du sable rou<gefttre.

Tous les bancs qui garnissent les deux côtés du canal, la plupart formés de sable dur, parsemés de roches ferrugineuses,, sont extrêmement acoores, et Ton ne peut se fier seulement à la sonde pour les éviter. 11 faudra donc, en outre de ce moyen, assurer constamment sa position par des relèvements successifs et répétés, surtout quand on sera obligé de louvoyer, ce qui nous est arrivé quelquefois.

On con^rend que nous ne donnerons pas ici des instructions pour ce cas, la direction du vent rendant les routes trop variables ; nous parlerons seulementdes routes à suivre pour traverser le canal avecle v^nt favorable ainsi que la marée; nous terminerons ces observations en disant qu'il est prudent, vers la fin de la marée, d'être en position d'atteindre un plateau de petits

Sondes cî nflturf> du rond.

38 LES BISSAGOS.

fopds pour y jeter l'ancre, à nioinft que la brise ne soit Ta-, vorable et qu'on ne puisse refouler le courant contraire. Dans tout rarcbipel des Bissagos, on ne navigue guère qu'avec la marée favorable, et très-rarement de nuit. Ce^te prudence e&% surtout indispensable pour les grands bâtimeinta. noutwdcBisMoau Lor^quo Ton quitte le mouillage de Bissao, entre cet établissentent et l'île Sorcière, il est avantageux, si l'çn veut faire route pour le canal Oriental, d'appareiller un peu avant la fin du flot. Celui-ci porte à TE. N. E., le jusant à TO.S. O., avec une vitesse de 3 milles, dans les grandes marées d'hivernage. Le vent étant favorable , aussitôt qu'on aura dérapé on fen^ route au S., de manière à doubler dans TE. à bonne distance, nie Bourbon, par des fonds de 15 à 16 mètres à la haute mer.

Quand on sera sur le parallèle de l'Ile Bourbon, la roule sera du S. au S« S. O., suivant la force du courant, de manière à conserver File Bourbon au N. 30° E. du monde, l'espacede 8 milles Vs environ, ou jusqu'à ce qu'on relève la pointe Sud de Tile Arcas à l'E. ^

On sera alors à l'ouvert du canal Oriental, ayant à tribor4 l'extrémité du plateau des Perroquets ou banc de Gancbo, sur lequel, à basse mer, il reste 3» 6 à 4 mètres; à bâbord^ les bancs de l'iie Arcas, qui marquent d'ordinaire.

Il est bon d'arriver à ce point avec le commencement du jusant, et l'on aura alors 10 mètres à l'accore des deux bancs d'entrée, tandis que, dans le canal, les fonds varieront de 16 à 19 mètres, fond de sable vasard.

H^ ArM<. Dès qu'on aura ramené à TE. la pointe Sud de l'Ile Arcas et

long.o i7°57'54 '. Qu N. 20^ O. le bois de Saint- Martin, la route sera le S. 19<> 30' E. à peu près, ou bien le cap sur la pointe Nord de Gailinas, qu'on aperçoit parfois à cette distance ! on conservera ainsi les fonds de 15 à 16 mètres , mais ils diminueront sensiblement dès que l'on montera sur l'accore de l'un ou de l'autre banc, ce que l'on vérifiera par (les relèvements. Le chenal d'Arcas s'embranche avec le Rio-Géba , à environ

* Autrement dit : On tiendra l'ile Bourbon à é^ale distance de l'fle Sorcière et de la pointe Bandish, et cette direction est celle qui mènera directement à rouvert du canal Oriental.

ROCHE PEDRALVA. 39

10 iniHes de Bissao. Sa partie la plus étroite est de 1 mille Vi entre les fond9 de 6"" 4 de chaque côté. II y a 26 et 29 mètres pour les plus grands fonds dans quelques parties de ce canal, tandis que, dans d'autres, on ne trouve que 9 mètres ; il en résulte souvent avec la marée des clapotis qui peuvent causer quelque inquiétude.

Comme nous l'avons dit, il existe dans l'O. de la pointe Bernafel , et à peu de distance » une touffe d'arbres remarquable par sa hauteur, et nommée bois de Saint-Martin, En se mettant dans Talignement formé par cette toufle et la pointe Ouest de Bulama» et gouvernant sur la pointe même, on suivra la meilleure direction pour parcourir cette partie du canal Oriental. L'heure de la haute mer est 10 heures 10 minutes. I^ mer marne de 2>> 8 à 4» 3 ; la vitesse du courant est de 2 milles Vs à 3 milles à l'heure ; sa direction avec le flot est le N. E., avec le jusant elle est le S. 0.

L'Ile Arcas est prolongée dans l'O. par un récif qui brise uécife rt puimux d'ordinaire, et s'en écarte de 1 mille Va » puis par un plateau '^''^^** dont la limite est à 3 milles Vs de sa pointe de l'Ouest. Sur ce plateau, on trouve à basse mer 4°" 9 et 3°" 2, sable vasard, le fond étant très-rirrégulier jusqu'à rapproche des récifs. On pourra donc observer une légère diminution dans les fonds, lorsqu'on courra pour arriver sur le parallèle de la pointe Sud de nie Arcas, si en donnant dans le canal on rallie d'un peu près ce plateau ; mais ils reviendront bientôt à 15 et 16 mètres, comme précédemment. Il est, au reste, préférable de hanter le plateau d'Arcas, plutôt que celui des Perroquets, où les fonds plus durs sont plus inégaux et les accores moins bien signalées.

On continuera la route entre le S. 19« 30' E. ou le S. 21® E., chau^s^^e et roche et peu après avoir dépassé dans le S. la pointe Sud de TUe Arcas, J^^ïaiva **" '"** les fonds augmenteront et accuseront bientôt, à cette route, [^I, ^^/Y^f^*©' 21 et 23 mètres pour retomber très-rapidement à 13 mètres, 9™ 7 et 6" 6, suivant la marée, alors qu'on relèvera la pointe Sud d' Arcas au N. 51<> E. Mais avant d'être à ce relèvement, on aura probablement aperçu par tribord la roche du N. E., récif assez étendu, découvert à basse mer et qui brise ordinairement à la haute mer : il a été en outre balisé en 1847. Cette

40 L£S BISSAGOS.

balise est en bois» surmontée de deux losanges en croix. On sera .alors sur une espèce de chaussée ou de barre, de 1 mille Vs de largeur du N* au S., qui joint, en traversant le canal Oriental, la roche du N. E. appartenant au plateau des Pen*oquets, aux bancs du S. 0. de l'île Arcas.

Cet écueil reste, de la pointe Sud de cette île au S. ôâ*" O. environ à 5 milles Va de distance. Le moindre fond dans TE. près de cette roche est de 4"^ ô.

B«ncs s. o^d€ i lie La direction de la chaussée est à peu près N. E- et S. O. Les bancs S. O. de Tile Arcas forment, dans cette partie, le c6té Est du canal. Ils ne brisent pas toujours, et sont séparés de ceux plus à TE. et plus au S., nommés bancs de Bulama, par une fosse de grands fonds qui permet de se i^endre très-près dans TE. de Tile Arcas. Pour chenaler, on continuera la route indiquée plus haut, gouvernant sur la pointe Ouest de Bulama. A cette route, les fonds augmenteront dès qu'on aura franchi la limite Sud de la chaussée, et Ion ne trouvera plus que des fonds de 30 à 40 mètres dans le canal jusque par le travers de Tile Bulama. Ce n'est qu'en s'approcbant de sa pointe de TO. qu'on aura ceux de 25 à 16 mètres. Mais à 4 milles Vs de dis-* tance de cette pointe, bien que les récifs qui la garnissent soient accores et qu'on puisse la rallier sans crainte à 1 mille» on devra gouverner à peu près au milieu de la passe qu'elle forme avec l'Ile de Gallinas, jusqu'à ce qu'on l'ait dépassée dans le Sud. Alors, si on veut mouiller devant Bulama, on serrera la côte dans le S. de la pointe Ouest qui, bien que garnie de rochers, est saine; on dépassera le poste portugais établi à peu de distance, et l'on viendra jeter l'ancre dans la baie Ualrymple sur le plateau de sable et vase qui prolonge la côte assez loin dans l'O. par une pente très-douce, mais qui est très- Pointe oupbt de accorc du côlé du canal. On mouillera, relevant la pointe Ouest ut >f frTrsv'. de Bulama au N. W 0., et lorsqu'on sera sur la ligne qui joint Long 0 17058'!". [^ pointe Sud dc cette île, la pointe Hacket, avec la pointe Nord de Gallinas par 9^ 7, sable vasard. C'est le point que l'on atteint d'ordinaire dans la première marée de descente '.

* l^a mer est haute à iO heures 5 minutes à Bulama ; elle marne de 3 à 4 mèlres. La vitesse du courant est de 2 milles </s à 5 milles ; sa direction du

ILE GALLINAS.

On sera en face de Taîf^de située sur la plage même et à petite distance d'une factorerie appartenant à un négociant de Bissao. L'eau de Bnlama, fortement chargée de parties ferrugineuses, est néamoins passable quand elle a reposé quelque temps. On est long à la faire, car on la puisse seulement dans des trous creusés à la plage.

Une quarantaine de noirs, la plupart esclaves, habitent la fisictorerie et font quelques cultures de manioc, de maïs et de bananes. Ils font aussi quelques échanges avec les naturels des lies voisines. On s'y procure, avec assez de difficultés, des volailles, des cochons, des citrons et des oranges.

Le poste portugais, établi près la pointe Ouest de l'Ile, hisse son pavillon au passage des bâtiments, et se compose de quelques cabanes entourées d'une palissade, qui servent de demeure à cinq ou six soldats commandés par un sergent.

L'ile de Bulama, ainsi que celle de Gallinas, présente comme toutes les lies de l'archipel , une riche végétation , sur un sol dont la base, formée de cailloux siliceux et ferrugineux mélangés d'une argile jaunâtre, est recouverte d'une couche de terreau épaisse de C» 3 à 0"^ ô. On y rencontre plusieurs espèces de bois utiles ou recherchés ^

L'Ile Gallinas est peuplée , et le roi habite un village situé à sa partie Nord. Cette pointe est prolongée par un banc de roche qui découvre et longe la côte Est. La côte N. 0. parait se relier au plateau des Pen*oquets, qui présente des inégalités, ou plutôt est coupé par des fosses assez profondes, bien qu'inaccessibles dans cette partie pour des bâtiments.

La côte Sud de l'ile Bulama forme la rive droite d'embouchure du Rio-Grande, dans l'intérieur duquel de forts navires pewent remonter assez loin. Nous reviendrons ci-aprês, dans

Atguade ot tnclorcrie de Bulama.

Ile Gallinats.

Kio-Graodc.

N. 0. au N. N. 0. avec flot, du S. 0. au S. S. 0. avec jusant, au mouillage et dans fe canal en faee de Ttle.

* Le port Bemr, qui a pris sas nom é'tm étsMinement fait ea IT92 à Bulama, par le capitaine de ce nom , est sur la côte Est de l'ile. Il fut abandonné peu après. Cette baie est d'un accès facile, comme nous le dirons plus tard, dans la navigation du Bio-Bolole. La tenue y est excellente, le fond de vase, et l'abri parfait, quel que soit le vent. Le débarquement, en outre, y csl facile. Heos MviMidruns sur ce point.

FoinU; Toniboli.

Oatlinas.

un article à part, sur la navigation de ce fleuve, pour ae pas^ interrompre la description du canal Oriental. En partant dii mouillage indiqué à Bulama , il faudra s'écarter un peu de. rUe, se placer sur la ligne qui joindrait la pointe Ouest de Bulama à la pointe Tomboli, pointe Sud de File Mantère, et. courir sur cette dernière.

On évitera ainsi les bancs de roche au S. E. de Bulama» qui assèchent en grande partie à mi?marée, ainsi que le banc de. Banc iiocket. sablc nooimé Hacket qui se trouve au S. de la pointe de ce nom à 1 mille Vs* On se présentera ainsi devant Terobouchure du Rio-Grande, se défiant du courant qui porte N» E. avec flot et S. O. avec jusant, ayant une vitesse de 2 milles Vs ^ 3 milles; ce dernier porte sur les bancs S. £. de Gallinas. Banc» du S. Ë de Pc l'autrc côté OU Ipugcra, à 1 mille de distance, l'accorc des bancs au S. E, de Gallinas, dont plusieurs assèchent à rai-marée et laissent à découvert plusieurs grands plateaux de roche. L'accore Est du plateau de Gallinas qui longe la côte Est de cette lie, près de la pointe S. Ë.'^de laquelle existe un Uot boisé et détaché, court au S. 50° E. Tespace de 7 milles environ depuis la points Nord de Gallinas.

Là elle se coude brusquement à la rencontre de la ligne qui joindrait la pointe Ouest de Qulama à la pointe Tomboli, avec la ligne qui joindrait la pointe N. E. de Gagnabac à la pointe la plus E^t de Bulama, en face, à peu près, du milieu de l'embouchure du Rio-Grande, et se dirige au S. jusque sur le parallèle de la pointe Tomboli, vers le banc de la plus Est des Iles des Porcs. Elle est séparée de ce banc par une fosse de fonds variables de 16 ^ 20 mètres.

Le banc d^ Gallinas, dont nous venons de parler, est fort à craindre. Les fonds à son accore sautent brusquement de 24 mètres à 9" 7. Au coude qu'il fait dans sa partie la plus à TE.» il ne découvre pas, et la sonde accuse de 6°" 9 à 7°" 3, fond de roche, à la basse mer. Plusieurs autres points au S. du coude découvrent et présentent çà et là des plateaux de roches, dont quelques-unes sont à fleur d'eau.

On fera route, comme ilestdit plus haut, dans l'alignement de lu pointe Tomboli et de la pointe Ouest de Bulama, jusqu'à ce qu'on ramène à YK. la pointe Malou de l'entrée du Rio-Bololeet

ILE CAGNABAC.

Nature du fond.

1ère.

pointe Nord de File Manière, et à VO. la pointe S. E. de Gallinas. On gouvernera alors vers la pointe Nalou , mais en la laissant de 20^ sur bâbord jusqu'à ce qu'on ramène au N. la pointe la plus Est de Bulama nommée Benison. En observant bien Teffet du courant un peu avant de relever au N. cette pointe de Bulama, on portera directement au S. pour contourner les bancs S. £. de Gallinas dont on dépassera ainsi le coude.

En général, aux routes précédentes on ne trouvera pas de fonds à 30 mètres, dans cette partie du canal. La profondeur très-vaciable depuis 28 mètres, qui est le plus petit brassiage atteint jusqu'à 54 mètres. La nature du fond sera sable et coquilles; mais, en s'approchant des bancs de Manière, on trouve uc et bancs de Mon du sable pur et les fonds à leur accore sautent brusquement d un sondage variable de 36 à 16 mètres qu'on y trouve à 1" 8, sauf aux environs de la pointe Tomboli.

Ces remarques et les gisements indiqués pour la route, puis le relèvement au N. de la pointe E. de Bulama , les feront facilement éviter. Les bancs de Manière sont formés de sable dur, dont quelques endroits sont rongefltres. Ils assèchent en partie à la basse mer et près de la pointe Tomboli ; dans le S., on remarque un plateau de roches qui brise d'ordinaire.

Dès que la pointe Est de Bulama restera au N., on courra au S. jusqu'à ce qu'on relève à l'O. 10«» S. la pointe Nord de la grande Ile des Porcs, située au N. de Tile Cagnabac. Puis alors on gouvernera sur la pointe Barel , la plus Est des pointes de cette île, la maintenant un peu par bâbord, ou se tenant dans l'alignement de cette pointe par la pointe Nalou.

On dépassera ainsi à droite le groupe nommé lies des Porcs, qni sont au nombre de douze, dont les principales sont : Babag, Chiouga, Gorette et Rioubane; groupe au milieu duquel on peut pénétrer en conidurnant dans le S. l'Ile de Cagnabac et en entrant dans le canal formé par la côte Ouest de cette Ile d'une part, et la côte Est de Babag et de Chiouga de l'autre, ^la hauteur de la pointe Nord de Cagnabac on ralliera la côte Est de cette Ile pour atteindre les petits fonds et mouiller dans la baie du Diamant.

Toute la côte Est de l'île Cagnabac est saine et Ion peut la ",'ouS"e'' ranger d'assez près par des fonds de G'» 7 à 16 mètres. Sa par- ["j^^^,, noo(?iî''

Iles des Porrs.

LES BlSSAfiOS.

Poinlp Barcl.

Daie df> Manel.

Ilot ronip.

Bair du Diainaot.

Récifs de Hantère è Jombère.

Ilr Churrh.

(Innal rie l'ilp ('. kurdi ou du Ra-

Vfll.

lie du M.y^coimnl: Tespace de quelques milles N. et S. jusqu'à Isi» pointe Barel, présente de belles plages de sable blanc, couronnées de grands arbres et interrompues çà et là par des plateaux de ro* ches noirâtres où s'implantent des palétuviers. La pointe Bard, élevée d'environ M mètres, est très-accore, coupée à pic et d'une couleur rougeàtre. Au S. de cette pointe» la côte forme une baie assez profonde, appelée baie de Hanel, interrompue par une pointe avancée; près de^^tte pointe se trouve un Ilot détaché sur un banc de sable qui découvre à basse mer et qu'on nomme tlot Pomp. On ne devra pas s'enfoncer dans cette baie ou dépasser la ligne qui joindrait la pointe Barel à la pointe Sud de rile Cagnabac ; le fond en dedans manquerait tout à fait, si Ton voulait y aller prendre mouillage. Mais il est préférable, sauf dans la saison des tornades, de jeter l'ancre au N. de la pointe Barel, devant l'enfonce-ment sablonneux nommé baie du Diamant, relevant la pointe Barel au S. 20<> O., et la pointe Sud de l'Ue Est des Porcs au N., par un fond de 13 mètres, sable. A ce mouillage l'heure de la haute mer est 10 heures. La mer marne de 4 mètres à 4™ 3. La vitesse du courant est de 2 milles Vio à Z milles Vio* Le flot porte N. E. et N. N. E., le jusant S. O. et 5. S. 0.

La limite du canal Oriental, en face de l'Ile Cagnabac, est formée par une ligne non interrompue de récifs et de dangers, sur lesquels la mer brise parfois, et qui relient entre elles les îles de Hantère et de Jombère; plusieurs parties assèchent à basse mer. Ces récifs sont d'autant plus redoutables qu'on trouve à les toucher des fonds de 16 à 10 mètres. J'en ai parcouru en canot la plus grande partie. Ce sont des bancs de sable dur, assis sur des plateaux de roches, dont quelques sommets débordent çà et là et laissent entre eux des fonds très-variables.

Un peu au N. de Jombère et de la petite île Cimrch, située près de sa pointe Nord, le récif présente une coupure qui donne accès dans un canal très-étroit, circulant dans l'E. de l'ile Jombère, et qui permettrait de dâ)ouquer au S. de l'archipel (les Bissagos. La partie Mord de ce canal est formée par le ré* cif mémo, la partie du S. par le plateau de l'ile Church et la cùte Est de Jombère. 11 présente des fonds variable^s de 9°" 7 à 13 et 16 mètres; mais il ne peut convenir qu'à de très-

ILE CAGNABAC.

petits bâtiments, à cause de son peu de largeur. Il est, du reste, à peu près impraticable, vu la difficulté de reconnaître son entrée sur le canal Oriental. Je l'ai traversé en canot.

Le lonc de Cagnabac, les fonds diminuent d'une manière as- Nature du ibnd oi sez graduelle depuis le milieu du canal» ou us sont variables de 32 à 52 mètres. Leur nature est généralement sable, gravier et coquilles ou gravier.

Je n'ai point vu d'aiguade à Gagnabac, mais des filtrattons dans le sable portant des traces ferrugineuses. En y creusant, on trouverait sans doute de Teau potable, du même genre que celle de Bnlama^.

L'ile de Gagnabac, l'une des plus grandes de celles qui bordent le canal Oriental, est aussi une des pins élevées. Sa plus grande élévation est dans la partie du Sud. Elle offre des terrains sablonneux, ferrugineux et volcaniques, comme toutes les autres. Elle est très-peuplée, surtout du côté de l'Ouest. Les habitants ''^'P"^"*^^ !*•' ^^' y sont, d'après ce que l'on dit, d'un naturel méchant et perfide; cependant, nous n'avons pas eu l'occasion de faire cette remarque. Ils sont plutôt défiants ; ils marchent toujours armés. Les femmes de Cagnabac portent un costume fort singulier ; elles s'entourent les reins d'une ceinture faite avec les feuilles d'un palmier particulier^, qu'elles teignent en brun rougeâtre, et de laquelle pendent plusieurs rangs de feuilles découpées en rubans minces et étroits, qui leur tombent à peu près aux genoux. Dans la saison froide, elles se couvrent la gorge avec une ceinturer sanblable passée autour du cou, et s'en mettent une troisième sur la tète. Ce bizarre costume n'est adopté, à ma connaissance, que dans cette lie.

* Dans la baie du Diamant, on peut se procurer de l'eau en abondance, mais il est nécessaire de la faire bouillir et filtrer avant d'en faire usage, parce que le long étang duquel on la tire e^t garni d'arbres qui le couvrent et qu'il est toujours rempli de feuilles tombées. La décomposition de celles-ci donne à Peau un l^ût désagréable et une mauvaise odeur. Cet étang est parallèle à la plage sur laquelle il s'écoule doucement, mais le niveau de l'eau est maintenu par des sources fort abondantes situées dans le voisinage. {Sailiny Directions for the Western coast of Africa.) — Je n'ai, je Tavoue, vu à la place de l'étang qu'un marais infect et presque desséché dans la belle saison.

• Poèlong ou poilong.

LES BISSAGOS.

RMMNirro».

Routes dfCafpaabae a Cavale.

fmnier débOuque»

ment.

Canal Oriental oo de Hio-(trandc.

R'flf Branro.

Les boutons de métal sont une monnaie courante dans le pays; et ceux de nos habits étaient un objet de convoitise très-grande» surtout pour les femmes, qui cherchaient sans cesse à s'en emparer à notre insu.

On trouve dans cette lie des bœufs, des cochons et quelques volailles. Le village du roi est situé dans l'intérieur, à 2 milles de la plage. La défiance, Tamourdu vol, sont les penchants les plus décidés que j'aie remarqués parmi ces populations esssentiellement pillardes, mais peu courageuses.

Du mouillage indiqué précédemment, à Cagnabac, on longera la côte, puis on reviendra graduellement prendre à'-peu près le milieu du canal, qttand on sera sur le parallèle de la pointe Barel) de manière a s'en placer à 1 mille Vs environ. La route alors sera le S. 35<> O^ O., en se défiant des courants qui, bien que suivant en général la direction du canal, portent cependant sur l'une ou l'autre rive, selon la marée, dès qu'on a dépassé dans le S. nie Cagnabac. Là, quelquefois le flot porteà l'E.N. E., et le jusant à l'O. S. O., jusqu'à ce qu on ait atteint le milieu de rile Cavale. Le courant est très-violent.

J'ai trouvé jusqu'à 102 mètres, fond de sable* dans quelques parties du canal entre Cagnabac et Cavale.

Deux branches alors se présentent pour la sortie des Bissagos. Nous prendrons d'abord celle à l'O. de Cavale, l'une des îles du plateau qui divise en deux l'embouchure du canal Oriental.

Cette première branche qui, comme nous l'avons déjà dit, consene le nom primitif de canal Oriental , par sa largeur et la profondeur qu'on y trouve, doit être la seule adoptée par les grands navires. J'ai dit plus haut que, par le parallèle de la pointe Barel, on ferait route au S. 3^"* O'O. On tiendra cette route jusqu'à ce qu'on relève an S. la pointe Nord de l'île Cavale. On sera alors à 3 milles Vs àe distance du banc de sable qui prolonge cette Ue dans le N. et dont une grande partie assè^che. On mettra alors la route au S. 38^ O., et quand à cette route on aura fait 22 milles, on sera hors des Bissagos; il faudra alors mettre le cap au S. q. S. E. pour s'écarter des bancs et des brisants du S. E. qui resteront par tribord.

Dans ces routes , on laissera sur sa droite un petit plateau qui brise le plus souvent et sur lequel les fonds varient de 1>" 2 à

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