‹ Manuel de la navigation à la côte occidentale d'Afrique (volume 2)Chapitre 11 sur 136 · ILE ARCAS · texte numérisé non relu

ILE ARCAS

dirigé de l'E. à TO. dans une étendue de 4 millè& Vs» i^'^ que

1 mille du N« au S. ; sa partie Ouest glt à peu près sur le

méridien de la pointe Saint-Martin. Sa partie Est se réunit

an grand plateau des Perroquets, qui remonte ensuite vers

le N.) jusque sur le parallèle de Tile Arcas, tie qui indique à ne ArcaÀ

gauche l'entrée du petit canal dont nous parlerons plus tard.

Le banc des Perroquets^ distant de 5 milles Vi de la pointe

Saiol^Hartin, est formé de sable et de gravier. Il est très-accore

du côté du N., où Ton trouve depuis 11 mètres jusqu'à G*» 5»

pais le fond manque brusquement. Il vaut donc mieux, dans

celte partie, s'approcher de la rive droite, dès qu'on aura dé«

passé le banc de Saint-Martin.

Du méridien de la pointe de la rive gauche de la rivière Saint- Martin, et même un peu avant d'y arriver, on mettra la route à TE. 22<» 30' N. jusqu'à ce qu'on arrive par celui de la pointe Bernafel ; c'est-à-dire qu'on fera 1 1 milles Vs environ à cette route. Depuis la pointe Saint-Martin jusqu'à celle de Bernafel, la côte se creuse assez fortement; elle est saine dans cette partie et l'on peut s en approcher sans crainte à moins de 2 milles. Elle est partout garnie d'un plateau de vase qui assèche à basse mer. Un peu à l'O. de la pointe Bernafel, il existe une touffe d'arbres élevés assez remarquables, que l'on appelle bois de Saint-Martin. Dans l'O, à 1 mille Vt de celui-ci, est un grand arbre nommé casheater. Un peu avant d'être sur le méridien de cet arbre, qui présente deux touffes l'une près de l'autre, il faudra, si le fond diminue à la route indiquée, rallier un peu la rive du N. pour éviter un banc qui s'étend dans le N. E. q. E. de celui des Perroquets ou Arriscado, et que B«nc de «anchot l'on appelle banc de Gancho. Il est situé à l'angle N. E. du banc des Perroquets, formant le côté Ouest du canal Oriental. 11 assèche en plusieurs points. Il ne faut pas s'en approcher par moins de 9 mètres.

La pointe de Bernafel est prolongée vers le S. par un banc pomté «t banc d«de roches d'une étendue de 1 mille Va* Dans son méridien, on Bernaw. devra donc la doubler à distance convenable. Elle est peu facile à reconnaître, vu l'uniformité de la côte; mais elle est exactement sur le méridien des brisants Ouest de l'Ile Arcas, que l'on voit parfaitement d'ordinaire. Il faut se maintenir par le travers de

LES BISSAGOS.

\\o Bourbon.

Ile Sorcirrc

riateau do Dourben.

' Bissao.

Lat.N.H«5r2Ô".

Loog.().n*r»5'18".

Var N. 0 20"l.r.

cette pointe par des fonds de 13 à 15 mètres à 1 mille Vs- Alors on sera en vue de Tile Bourbon et de Tile Sorcière, et en ouvrant la dernière de la moitié de sa largeur» à TE. de la première» on évitera le banc de Bernarel.

L'ile Bourbon» basse et boisée» prolongée vers le S. O. par un petit banc» est accore dans sa partie de TE.» à 800 mètres de laquelle on pourra passer par des fonds de 13 mètres.

De là, ou mettra le cap au N. entre File Sorcière, située vis-à-vis de Bissao, et cet établissement, ralliant la côte de préférence à l*ile qui» dans le S. 0., est contournée par un plateau de petits fonds» et on viendra jeter Fancre devant le comptoir par un fond de vase de 0 mètres à 8*° 1, sur la ligne qui joint le fort à la pointe Sud de Tlle Sorcière.

On peut indifféremment passer dans le K. ou dans le S. de l'Ile Bourbon pour se rendre à Bissao. On trouve au N. des fonds de ô**" 6 à 10 mètres, et le passage» bien qu'étroit, est sans danger.

Dans l'E. 16'' S. de Tile Bourbon, il existe un petit plateau sur lequel les sondes varient depuis 4"^ 9 jusqu'à 2^ 4, fonds de vase. Son point central est distant de 3 milles de l'tle Bourbon ; son accore Ouest l'est de 2 milles. Ce plateau est situé à peu près au milieu du Rio-Géba, et c'est pour l'éviter qu'on doit rallier à petite distance l'ile Bourbon, lorsqu'on vient au mouillage de Bissao ou qu'on le quitte. Hais, dans ce dernier cas» il faut se défier beaucoup du jusant qui jette sur la pointe rocheuse de la cdte au N. de cette ile , nommée pointe Bandish, et sur l'ile Bourbon elle-même ^

La rade de Bissao est formée dans le cours du Rio-Géba, entre la c6te Sud de l'ile de Bissao et l'Ile Sorcière, dans le S. O. de laquelle l'ile Bourbon est à 3 milles Va- Le mouillage y est parfaitement sûr dans toutes les saisons. La mer y est toujours belle, et le fond y présente une excellente tenue. Il y a cependant quelques fonds de roche lorsqu'on relève le fort au Nord. Si on y afTourche, on le fera M. £. etS. 0., directions du flux et du reOux, afin que dans les tornades qui soufflent surtout du

« L« pointe Bandish, en face de Tile Bourbon» est nommée Middieton par les Anglais ; les îles Bourbon et Sorcière sont nommées Passaro et Rer.

FORT DE BÏSSAO. 33

S. Ë. les ancres travaillent en môme temps. Je n'ai jamais mouillé qu'une seule ancre sur la rade de Bissao. L'établissement est 12 heures au mouillage et 1 1 heures à la plage. C est à 12 heures 30 minutes que cesse au mouillage le courant à TEst. La mer marne de 2°^ 5 à 4°^ 5. La vitesse du courant est de 3 milles. Le flot porte à TE. N. E., le jusant à TO. S. 0.

Le fort portugais qui protège l'établissement forme un carré ^^^^ ^^ q^^^^ dont chaque angle est flanqué d'un bastion. Il est bâti à 200 mètres de la plage, sur une petite élévation qui la domine ; trois de ses côtés regardent la campagne, l'autre bat le fleuve et le mouillage. Chaque côté présente une longueur de 200 mètres ; le mur de revêtement a 10 mètres de hauteur au^essus du fossé : il est en fort mauvais état. Quelques pièces de 12, montées sur alTûts en fer, sont les seules susceptibles de service. Une fortification, commencée sur l'ile Sorcière en face, devait compléter le système de défense du mouillage. En 1846, après l'attaque du fort par les populations indigènes, on a établi une muraille qui eneeint l'établissement depuis le bastion du S. O. jusqu'au delà de l'aiguade située à 600 mètres au S. de ce bastion. Cette Aigunde. muraille près de la plage est flanquée d'une petite tour surmontée de quelques pierriers. Le gouverneur du comptoir est on lieutenant-colonel , et la garnison , composée d'une cinquantaine de soldats, est commandée par un capitaine et deux lieutenants.

Indépendamment de l'eau et du bois, on trouve à Bissao des Ressourco». coo bœufs, des cabris, des cochons, des volailles, du riz, du maïs, des ignames, quelques fruits, tels que des oranges, des citrons, des bananes, quelques légumes et du poisson de médiocre qualité.

Le principal commerce de Bissao consiste en riz, arachides, cuirs verts, bois, etc. Dans les criques du haut du Rio-Géba, on a découvert de la gomme copale en quantité considérable, fignore si on a commencé l'exploitation. Il y a peu de cultares dans le Rio-Géba, et, à Bissao même, la traite des esclaves trouve encore un foyer actif, bien qu'il n'en soit plus l'entrepôt, ce qui nuit considérablement à l'exploitation de ce sol si riche et si fécond.

On construit et on répare à la plage de Bissao d'assez grands

UANUEL. — T. II. 3

MaodïDgues.

Villaipe de Bioum.

Papplt.

Rivière d Otok.

Village de Uandish.

Balai) tes.

Comptoir lir («éba.

llisiorique abrégé de l'éeab'.i^M'inent franrais de Rissao daua «ou or:{;ine.

navires caboteurs. On peut s'y échouer sans dangel* snr In vase ; à la mer haute» des débarcadères y facilitent la descente, assez diilGcile par leur assèchement à la basse mer.

Les populations qui habitent la rive droite du Rio-Géba forment trois tribus :

Les Mandingues, qui possèdent depuis Tile de Cayo jusqu'à la rivière Saint-Martin. Cette grande tribu se divise en deux peuplades gouvernées chacune par un roi. L'une s'étend depuis Cayo jusqu'à la pointe Diombé : le roi réside à Bisis. L'autre commence à la pointe Diombé et possède jusqu'à la rivière Saint-Martin : le roi réside à Bioum» sur la crique de ce nom, dans l'E. de la rivière Saint-Martin. La rivière Ancoras sert de limite naturelle à ces deux peuplades.

Les Papels» qui sont répandus depuis la rivière Saint-Martin, dans l'Ile de Bissao, jusqu'à la rivière d'Otok ou Curbolo, située à TE. de l'établissement de Bissao« Le roi réside à Bandish, village bâti à 1 mille Vs du fort et dans l'O.

Les Balantes, peuplade qui commence à la rivière d'Otok et habite le haut du fleuve. Cette dernière population est la plus riche et la plus commerçante ; aussi les Portugais se sont-ils réservé le monopole de la navigation du fleuve jusqu'à l'établissement de Géba, à 60 milles de Bissao; c'est leur centre commer-* cial dans cette partie, et il communique avec Farinha sur le Rio* Cacheo par un cours d'eau qui s'embranche avec les deux fleuves.

La population sur la rive gauche, en face des Balantes, esi celle des Biaflares.

Quant aux iles de l'archipel qui sont peuplées, elles sont indépendantes et régies par des chefs ou rois particuliers; elles se font souvent la guerre pour se procurer des esclaves, et viennent même parfois attaquer les populations de la rive droite pour ce motif.

Les Français ont eu un établissement dans l'Ile de Bissao, dès l'année 1585. Ce comptoir, n'ayant pas prospéré, fut détruit, puis rétabli par le chevalier Brue, directeur de la compagnie du Sénégal eu 1700, après un traité d'alliance conclu avec le roi de Bissao. Une polémique s'engagea à ce sujet entre la compagnie du Sénégal et la cour de Portugal, et amena l'abandon du fort portugais, qui fut rasé en 1703. Les Français restèrent

CANAL ORIÉiNTAL OU DÉ RIO-GRANDE. 33

donc seuls, à cette époque, établis dans File de Bissao. Ce dernier établissement, n'ayant pas eu plus de succès que les précédents, fut à peu près abandonné par la suite. J'ignore depuis quelle époque les Portugais en ont repris possession et d'après quelles conventions ; mais leur comptoir est aujourd'hui dans l'état le plus languissant et le plus misérable, malgré ses relations assez fréquentes avec les Iles du cap Vert.

Au delà de Bissao, le lit du Rio-Géba se rétrécit beaucoup, et la navigation est rendue difficile par le grand nombre de bancs qui obstruent son cours : ils ne laissent pour remonter qu'un étroit et sinueux canal, où la profondeur est très-variable, et parfois très-faible. Il ne serait donc accessible qu'à de petits bâtimentSy et d'ailleurs sa navigation est interdite aujourd'hui aux étrangers. La crue du Rio-Géba, comme celle de toutes les rivières de ce littoral, a lieu à la mi-juillet; elle dure pendant le mois d'août. La baisse commence à la mi-septembre et finit en octobre.

Le canal de TE., qui traverse les Bissagos^ prend indifférem- Petitomai. eanai ment les nomsdePetit-Canal,decanalOriental ou de Rio*Grande. Rio^rasde^"

L'archipel des Bissagos, coupé de l'E. à l'O. dans sa partie du N. par le canal de Rio-Géba ou Grand-Canal que nous venons de décrire en détail, l'est aussi dans sa partie de TE. par un second canal dirigé du N. au S., qui vient tomber dans le fleuve nommé Rio-Grande, au S. de File Bulama.

Ce second canal^ auquel nous donnerons néanmoins, dans toute sa longueur à travers l'archipel, le nom de canal Oriental ou de Rio-Grande, permet d'en sortir ou d'y entrer par le S., et peut être considéré comme l'embouchure du Rio-Grande sur rOcéan. On l'appelle aussi Petit-Canal, par opposition à celui du Rîo-Géba.

Le canal Oriental s'embranche avec celui du Rio-Géba, à la hauteur de l'Ile Arcas.

Sa limite Ouest, en la prenant du N. au S., est formée par le plateau des Perroquets, qui s*étend à l'E. des lies de ce nom, et descend au S. jusqu'à l'Ile Gallinas ; par l'ile de ce nom, les bancs qui la joignent aux îles des Porcs, et enfin par l'ile Cagnabac.

La limite Est est formée par les bancs et File d'Arcas,

LES BISSAGOS.

Première branche.

Clitp Caméléon ou cap Jaune.

Dcuxi^utc hrar.clic.

V«iiU.

et les bancs au S. qui la joignent à File Biilamà. Coupée à là pointe S. O. de celte fie par Tembouchure du Rio-Grande, elle reprend à Hle Mantère ou Bosessame, puis descend par une ligne non interrompue de bancs et de récifs jusqu'à Tlle de Jombère.

A cette hauteur, le canal principal se divise en deux branches : Tune conservant le nom primitif de canal Oriental et courant au S. 0. q. S. est la plus large et la plus considérable; elle a pour limite de l'O. une partie de l'ile Harangou Orango et des bancs qui l'entourent. La pointe S. E. de cette lie, r^ marquable par quelques taches jaunes, se nomme cap Caméléon ou cap Jaune : elle est entourée et prolongée dans le S. ZO^ O. par une chaîne de récifs ayant 10 milles de longueur, et qui limitent dans cette partie le canal.

La limite de VE. est formée par un plateau de 16 milles d'étendue du N. au S., sur lequel, parmi plusieurs bancs de sable qui assèchent des brisants et des hauts-fonds dangerenx, on remarque les Iles Cavale, de Miel, Dutaillis etPolon, la plus Sud de l'archipel. Ce plateau a 7 milles dans sa plus grande largeur de l'E. à l'O.

La seconde branche, à laquelle je donnerai le nom de branche de Jombère, se présente à la hauteur de cette !le qui en forme le cAté Est avec les bancs et les récifs qui la prolongent et s'étendent à la distance de 6 milles au S.

L'autre côté du canal est formé par la partie Est du plateau de Cavale, de Miel et de Polon, cité précédemment.

Les bâtiments prennent indifféremment les deux branches; mais la première, vu sa largeur, convient beaucoup mieux aux grands bâtiments : elle a environ 6 milles. Dans ma navigation à travers les Bissagos, j'ai cependant flréquenté plus habituellement la seconde, bien qu'elle soit fort étroite, de 1 mille à 1 mille Vs de largeur. On y reneontre aussi, à la hauteur de Jombère et de Cavale, une chaussée ou barre sur laquelle, à basse mer, on ne trouve que 6" 5 à 4*" 9 de fond.

Avant de décrire en détail le canal Oriental, nous ferons, comme pour le Rio-Géba, quelques remarques générales sur la navigation.

Les vents sont le plus souvent faibles dans ce canal ; ils

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