BANC DE GÀMA-SAINT-JEAN
supérieur ne doit pas mouiller sur ce point, à haute mer. Sa limite Nord est an delà du mari^çoi de Nagout.
A 2 milles de Victoria, dans Les terres, se trouve le villap:e qui est aujourd'hui la résidence du roi des Nalous.
Le second bassin du Rio-Nunez se termine à Victoria, comptoir qui appartenait autrefois à un homme de couleur des États- Unis, nommé M. Skelton. Victpria présente une plage sabloiioeuse et quelques rochers ferrugineux qui rendent, à la haute mer, le débarquement facile. Cette pDige se prolonge en pente douce assez loin sous Teau, de manière à former devant^ ce point dans rO. un plateau de petits fonds assez étendu et qui barre priocipalemenc le marigot de Tesagoua. Il faut donc mouiller au milieu du fleuve. Celui-ci se divise à Victoria en deux bras ; l'un, dirigé à TO. N. O., va, dit-on, rejoindre la rivière Caria- Fan et les rivières du N. 0. Cest le marigot de Tesagoua. L'antre bras, se dirigeant d'abord à TE,, est le Rio-NuneZf qui commence à décrire des sinuosités que nous allons suivre jusqn a sa source.
Ijà largeur du fleuve diminue considérablement à Victoria, où elle n'est plus que de Vi mille. Le chenal est dans son milieu ; Ton doit, dans cette navigation, veiller avec soin l'effet des courants, pour n*étre pas porté sur les pointes. Le courant y jette généralement, et atteint une vitesse de 3 milles à 3 milles Vs à rheure.
En partant de Victoria, on rencontrera peu après, sur la rive gauche» le village de Daplomb où se trouve une factorerie, située sur un petit marigot; puis, sur la rive droite, à i mille plus haut, ceux de Contchoucou et de Cavéqui où réside le vieux chef des Nalous.
Les ibnds dans le canal varieront entre 8<>» 1 et 6*° 5 ; leur nature est vase molle. Après qu'on aura fait quelques milles, la sonde accusera des fonds durs, et rapportera une espèce de i^n^o ciment rouge, ressemblant à de la brique pilée ; bientôt elle signalera des roches. On sera alors sur le point d*arrivei* au village de Gama-Saint-Jean, qui s'élève sur la rive gauche du fleuve.
Devant ce village, un banc de roches dangereux obstrue la plus grande partie du lit du fleuve, et si la marée et le vent ne sont pas favorables, H sera prudent et même indispensable à
Villngis de Daplomb, (k»ntrhuut-ou et ûv (invéqui.
VUliiitP de Ganta-
Sain(-Jenn.
Lal.N.<n°50':.!l"
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IJanr de Gnnia- Saint-Jcaii.
78 ' LES BISSAGOS.
de foMs bâtiments de mouiller en aval pour attendre ie moment favorable de franchir le banc.
Le danger de ce passage se complique par la sinuosité qu'y fait le fleuve. La pointe saillante à la riVe droite, en fate à peu près du village, est garnie d'un petit pluteau de roches qui découvrent seulement à basse mér. On Tévitera en gouvernant d*abord au milieu du canal , puis sur le village même, en ral<* liant la rive gauche, de manière a écarter cette pointe et à la doubler ; mais alors il faudra revenir brusquement chercher la rive droite dès qu'on aura bien ouvert les deux grands bao^ babs plantés dans le village, sur le bord du fleuve. On prolongera alors la rive droite à 64 mètres de distance environ , jusqu'au coude suivant que fait le fleuve. On trouvera de 3» 2 à 4 mètres dans le chenal.
On évitera ainsi le grand banc de roche qui garnit la rive gauche, depuis le village en amont duquel il s'étend, jusqu'au coude suivant du fleuve. Il occupe environ les deux tiers de sa largeur et ne découvre pas ; quelques tètes de roches sont seulement recouvertes par 0"' 8 à 1*° 6 d'eau, à basse mer; les autres parties du banc sont signalées par de forts remous.
Le courant, vis-à-vis du village de Gama-^Saint-Jean, jette en travers sur le banc de la rive gauche avec le flot. 11 porte avec ie jusant, sur la pointe de la rive droite où existent aussi des ro^ ches. 11 sera donc bon d'essayer de franchir, seulement lorsque la marée aura perdu de sa force, et quand on aura une brise assez favorable pour ne pas craindre d'être pris de calme, ou par le renversement de la marée avant d'avoir franchi la passe dans laquelle il n'y aurait pas d'évitage possible, s'il arrivait qu'on fût contraint d*y mouiller.
Il sera nécessaire, avec une faible brise, de se faire gouverner par des canots remorqueurs, et la nuit, d'être précédé par une embarcation légère qui, en chantant les sondes, facilitera au moyen d'un feu la route du navire.
vir.n^r o( mnrigot £n facc dc la pointe Ouest du banc de Gama-Saint Jean, sur la rive droite, on voit 1 entrée dun large cours d eau dirige vers l'Ouest. Le village de Caniope, résidence de Lamina, l'un des principaux chers nalous, se trouve sur ce cours d'eau auquel il donne son nom. Du fleuve, on. n'aperçoit pas le village,
VILLAGE DE SOMNA.
caché au milieu des arbres qui garnissent parlout les rives du ftio-Nunez. Pour entrer dans le marigot ou rivière de Caniope, il faut longer la rive à droite en entrant, la rive qui reste à gauche étant garnie d'un banc de roche qui occupe les deux tiers de sa largeur à son embouchure y et sur lequel , à mimarée» des eniibarcations peuVent toucher. On longera donc la rive droite en entrant (rive gauche de la rivière) jusqu'en face du village de Caniope, situé à la rive droite de la rivière, stir lequel on pourra alo^s couper directement pour aborder. Les navires ne doivent pas entrer dans cette rivière, mais peuvent mouiller en face de son ertibouchiire.
A 2 milles plus loin, on rencoûtre Sur la rive gauche, le village vniage de Kawiico-
Lat.N.10»50'2r'.
Long.O.16«50''20".
de Kassacobouly, autrefois résidence de Salifou, dei*nier roi des Nalous, Village détruit en 1844 par les Anglais.
Le fleuve, près de ce village, fait un double coude ; en face du village même, bâti sur une berge élevée de 14 tiiètres, et en àmont, il existe une pointe saillante remarquable par quelques palmiers ; il en part un banc qu'il faut éviter, d'autant plus qu'il est formé de roches ; des plateaux de vase s'étendent également dans cet endroit, sur la rive gauche, en face du village. Ces deux bancs rendent fort étroit le passage qui se trouve à peu près à mi-distance des rives. Depuis Gama-Saint-Jean jusqu'à ce passage, les fonds varieront de 3°" 9 à 6°" 5 ; mais, dans le passage même, ils seront, à basse mer, de 3'»2 à 2 mètres. Il ne faut donc passer qu'avec la marée convenable pour le tirant d'eau.
L'établissement de la marée est 1 1 heures 45 minutes à Kassacobouly. La mer marne de 3°^ 2 à 4°" ô.
Au delà de Kassacobouly, les fonds de 4™ 9 à 6°* 3 reprendront, et l'on verra peu après, sur la rive droite, la factorerie de Catégoumat au sommet d'une berge assez élevé ; c'est le seul établissement agricole qui existe dans le Rio-Nunez. Il est dirigé par un Français, M. Auguste Santon. On y cultive surtout des arachides ou pistaches de terre, plante oléagineuse.
Peu après, on doublera la pointe de Tambalamba, et, continuant sa route, on passera devant le village de Somna, premier village sur cette rive, appartenant à la population des I^ndoumans. Il s'y fait quelques cultures de riz, d'ignames
(latégoumat (fhrlorerie).
Tointe de Tnmbalamba.
Village de Somna.
^ LES BÏSSAGOS.
et (le manioc. De ce côté, la limite du pays des Ndloiis el des Landoumans est un peu en aval de ce village, habité principalement par des esclaves.
Villages factorerie Qh tardera pcii aprcs à atteindre le village de Rappacc ou de
d.» Kappaw ou de -^ i • .|i i mr i i • j •- » i
Hopiws. Koppas, dernier vulage deglNalous sur la rive droite, presdu-
iWo<o«47' quel est établie la factorerie anglaise, appartenant autrefois à M. Porcter, et maintenant à M. Bicaise*.
Un marigot qui se jette dans le Rio-Nunez, un peu au delà de
cette factorerie importante, est sur cette rive la limite du pays
des Nalous et des Landoumans; il se nomme marigot de Roppas.
Marées A Roppas, rétablissement est 1 i heuries 50 minutes. I^ mon^
tée de l'eau est de 3 mètres à 4™ 6.
Biino j,. iioppas Dcvaut U factorcrie même de Roppas, le fleuve est obstrué par un banc de roches de même nature que celui de Gama* Saint-Jean. Il garnit la rive gauche à partir du coude que fait le fleuve en aval de la factorerie, se prolonge à TE. de celle-ci et barre en amont toute la largeur du fleuve dans un court espace, après qu'on a passé devant celle des bouches du marigot de Ropiias le plus à TE.
* La faetorerie dç ce négociant offre aux navires, en outre des relations commerciales immenses qu'il entretient sur tout le littoral de la Séoégambie, des avantages inappréciables dans le Rio-Nunez, en raison des marées qui laissent à sec de grandes étendues de vase et rendent impossibles, i basse mei% les opérations de chargement et de déehargeoMnt. Un môle a été eoutmit devant la factorerie et se projette dans le fleuve aar une étendue de 300 mètres. Les chargements ou déchargements s'opèrent avec la plus grande facilité. Ce mâle, en outre, forme une sorte de bassin qui assèche à basse mer et où les navires peuvent sans danger s*échouer pour se visiter ou se nettoyer, la nature du fond étant de la vase.
Enfin, i Roppas, un navire trouvera des charpentiers, des ealfats et des forgerons avec un atelier complet et des ressources pour se réparer au besoin, qu'on ne trouverait nulle part ailleurs sur cette côte, sauf à Corée, Sainte-Marie et Sierra- Leone.
On construit, à rétablissement de M. Bicaise, des goélettes de 20 à 25 tonneaux avec le bois du pays.
M* Bicaise a rendu d'importants services aux bâtiments de la station d'Afrique; son caractère obligeant et généreux a été de tout temps vivement apprécié psr tous ceux qui Pont connu. Les meilleurs pilotes du Rio-Nunex lui appartiennent. J'engage tous les oHiciers qui se rendront dans ce fleuve à faire sa connaissance, persuadé que, comme moi, dans bien des circonstances, ils n'auront qu'à s'en louer.
VILLAGE DE BEÂUCONFET.
Sur ce point, il n'offre que 1™ 6 d'eau à basse mer; c'est le plus petit fond que l'on rencontre dans le chenal. Quelques roches rougeàtres situées près de la pointe de la rive gauche« en face de la factorerie, découvrent à basse mer. On devra donCy pour franchir ce banc dangereux, attendre la marée favorable et longer la rive droite, où s'élève la factorerie devant laquelle un débarcadère commode a été construit. On peut mouiller en aval de ce débarcadère, à peu près au milieu du fleuve, la factorerie restant vers l'E- 15"^ ou 20° N.
Le Rio-Nunez, après Roppas, se rétrécit graduellement , mais il n'offre plus de danger jusqu'à Wâkaria où sa profondeur est de Z^ 2. Ce village est bâti sur la rive gauche à 10 milles environ de Roppas. Il suffit pour chenaler de se tenir au milieu du fleuve; les fonds varieront depuis 6" 6 jusqu'à 4™ 9; leur nature est vase molle.
A Wàkaria, l'établissement est 12 heures 30 minutes. La montée de l'eau est de 3 à 5 mètres.
Dans cette route, avant d'arriver à Wâkaria, on verra sur la rive gauche les deux villages du grand et du petit Candoumat, peu après Roppas; on dépassera le village nommé Beauconfet bâti sur une colline à la rive droite, et plusieurs marigots, dont l'un, appelé Grand-Marigot, présente à son embouchure quelques rochers; il est à la rive gauche, en amont du village précédent.
Le village de Wâkaria^ résidence de Sarah, dernier roi des Landoumans, a été détruit en 1846, lors des guerres civiles entre les tribus, guerres qui se sont élevées après sa mort. Devant ce village, quelques roches qui se prolongent peu sous l'eau veillent à la rive gauche et servent de débarcadère. On est obligé de s'amarrer à quatre devant ce points le fleuve n'offrant pas assez de largeur pour permettre l'évitage à des bâtiments moyens. Il est rare au reste que les navires remontent jusqu'à ce point ; ils ne vont guère que jusqu'à Roppas, où on leur apporte, par de grandes pirogues^ les denrées du haut du fleuve. On trouve, en face de Wâkaria, de 3°* 2 à 4™ 9, fond de vase. Au delà de ce village, les fonds varient irrégulièrement de 3"* 2 à 4™ 9 et 1» 6; il n'y a donc que de petits bâtiments qui puissent remonter le Rio-Nunez pour amortir dans les bassins de Kassacy, de Manduria ou de Déboqué.
Village deWAkaiiii Ut. N. 40» 54'.
Long.O.46«38'30".
Haférs.
Villages de Candoumat.
Yillege de Beauconfet.
LES BISSAGOS.
L« Karcandy ou Karkondy.
Village de KabataOn.
Village de Kasaacy et banr.
Village de Mandvrir.
Jlorée.s.
Village de Deboqué.
Observation peu
sûre.
Lat.N.I0°57'.
Loi^OICSS'.
Marigot de Batta-
fOD.
G est à Wàkaria que commence le territoire désigné sous lé nom de Karcandy, qui s'étend jusqu'à la source de Rio-Nufiez; partie la plus riche et la plus commerçante du fleuve» soumise il y a quelques années encore à payer tribut à FAlmamy du Fouta-Dyalon. C'est dans le Karcandy que sont établis presque tous les comptoirs européens.
A l'intérieur et à un jour de marche d'homme se trouve le village du Kabatafin, résidence du vieux chef des Landoumans.
En se rendant de Wâkaria à Déboqué ou Deboké, dernier village du Rio-Nufiez et entrepôt de son commerce, on trouve KassacyS village sur la rive gauche et en aval duquel un banc de roche fort étendu de l'E. à l'O., et en partie découvert à basse mer, barre toute la largeur du fleuve. Il est prudent pour franchir ce banc d'attendre la marée convenable, c'est-à-dire en remontant la moitié du flot.
En amont du même point, à 1 mille Vs environ, il existe un barrage de même nature, avant qu'on arrive à Handuria. Ce barrage n'occupe pas toute la largeur du fleuve comme le précédent. Il est principalement sur la rive gauche et laisse le passage libre dans son milieu. Il faut, pour franchir ces barrages, qui gardent à peine assez d'eau pour porter un canot, attendre la marée convenable et l'on pourra atteindre les bassins de Manduria et de Deboqué, oii les bâtiments peuvent amortir par 1™ 6 à 2 mètres, sur un fond de vase.
A Kassacy et à Manduria, on trouve plusieurs comptoirs anglais et français.
A Deboqué, la mer marne de 3°" 3 à 5" 4. L'établissement est 1 heure 30 minutes.
Le village de Deboqué, l'un des plus considérables de Rio- Nufiez, est situé au confluent de ce fleuve «nvec le marigot de Battafon. Il se trouve au penchant du plateau formé par les montagnes dans lesquels le Rio-Nuflez prend sa source. Il est le point central de son commerce et le rendez-vous des caravanes deFoulahs, deMandingues,deBoundounques et de Sarracolets qui viennent par le Fouia-Dyalon.
Le territoire des Landoumans, jadis serfs de l'Almamy du
t Détroit actuellement (1849).