‹ Manuel de la navigation à la côte occidentale d'Afrique (volume 2)Chapitre 20 sur 136 · DESCENTE DU RIO-NLNEZ · texte numérisé non relu

DESCENTE DU RIO-NLNEZ

Descente du Rio- Nunez.

Fouta-Dyalon, s'étend à TE. jusciirauprès de la rivière Tiguilîn- Bi^ère TiguiUutii ta, qui coule dans le Fouta-Dyalon a deux journées de marche de Deboqué et se jette dans le Rio-Nufiez, à ce qu'on dit.

On traite toute Tannée à Deboqué, mais les caravanes s'y rendent principalement en février, mars, avril, mai, juin et juillet. Il ne vient dans les autres mois, le plus souvent, que des marchands d'or ou d'ivoire.

Pour descendre le Rio-Nufilez , les instructions sont celles précédeounent données. On profitera des jusants, en armant les avirons de galère, ou en se faisant remorquer par les embarcations. Il sera prudent d'avoir dans la chaloupe une ancre à jet et un grelin, prêts a.mouiller et à élonger en cas d'échouage ou pour le prévenir. La mer baisse avec une telle rapidité que, dans ces circonstances, on ne saurait agir trop vivement pour se remettre dans le canal; cette précaution m'a été d'une trèsgrande utilité plusieurs fois dans lesBissagoset le Rio-Nuûez. Dans ce fleuve surtout, bien que les rives soient garnies de plateaux de vase, elles sont assez accores dans leur pente, pour faire craindre à des bâtiments fins de chavirer à la marée perdante ou de ne pas se redresser à temps avec le flot.

Il faudra toujours mouiller à la mer étale basse et profiter du commencement du jusant pour passer les trois principaux bancs que nous avons signalés comme dangereux.

Si la brise est bien établie, on devra en profiter. Partant de Roppas, on sortira généralement en trois ou quatre marées» en agissant comme il est indiqué ; mais lorsque les marées de jusant seront dans l'après-midi, on sera plus long à sortir à cause des brises du large qui rendent la descente très-lente et quelquefois impossible dans le haut du fleuve, oii l'on ne peut louvoyer, si elles sont très-fralches. Mais ceci dépend de la brise, vu que parfois il arrive qu'on descend en une seule marée de Roppas à l'île Gonzalez, comme de cette dernière on peut atteindre Roppas.

Le louvoyage est possible dans le premier et le second bassin; on doit le faire avec prudence, la sonde sans cesse à la main, et ne jamais s'approcher des bancs par moins de 4°» 9.

Toutes les terres des deux bassins sont plates et couvertes d'arbres; elles paraissent, en grande partie, formées de ter-

Aspect crénéral des deux bassins du Rio-Nuncz.

LES BISSAGOS.

îri-mter bo«sin

D^uMi me btiff^in.

Cuurs du ticnyf.

rains d*alluvion, sillonnées par un grand nombre de coufs d'eau de peu de profondeur, qui viennent alimenter le Rio- Nufiiez et divisent le sol en un grand nombre d'îles conununi-^ quant entre elles au moyen de pirogues. Les terres de la rivé droite du premier bassin sont pourtant nues à leur pied et présentent des berges de quelque élévation, où l'on remar^ que des traces de sable jaunâtre ou de terre glaise.

Celles de la rive gauche n'ont de relief que par les arbres qui les recouvrent ; les plages en sont basses, garnies d*une ceinture de mangliers on de palétuviers qui interceptent la vue. C'est dépendant de ce côté que l'on remarque les bancs de sable les plus étendus et des plages jaunâtres, mais on ne les aperçoit que lorsqu'on s'est très-rstpproché de la côte; on trouve principalement Ces plages depuis la pointe de l'Amarante jusqu'à l'île Gonzalez, puis de cette lie au Rio-Cappat^ chez et vers le càp Verga.

Le bassin intérieur offre à peu près le même aspect; les deux rives s'y couvrent d'un rideau de palétuviers épais, inter^ rompu parfois dans un court espace qui permet au regard de plonger sur de vastes plaines riches en verdure.

Dans tout le fleuve, la mer, en se retirant, met à découvert le long des rives un plateau de vase molle et puante qui contribue beaucoup à rinsahibrité du Rio-Nufiez.

Victoria présente une petite plage sablonneuse et quelques rochers ferrugineux ; les berges de la rive droite sont bien marquées, celles de la rive gauche à peine indiquées.

En quittant Victoria, les palétuviers reparaissent, les berge» du fleuve s'élèvent, surtout à la rive gauche oii elles atteignent leur maximum de hauteur près de Rassacobouly; elles sont, en cet endroit, de 14 mètres au-dessus du niveau de la basse mer.

Au delà de ce point, elles s'abaissent; le rideau de palétuviers recommence jusqu'à Roppas; les hauteurs de la rive droite viennent à ce point mourir en pente douce au bord du fleuve. De Roppas on aperçoit les hautes montagnes qui séparent le Rio-Pongo du Rio-Nufiez , chaîne qui rejoint les hautes terres du cap Verga et est le premier échelon du Fouta^Dyalon.

Après Roppas , les rives garnies presque partout de palétuviers et de mangliers ne laissent que devant les vil-

Page 1