‹ Manuel de la navigation à la côte occidentale d'Afrique (volume 2)Chapitre 4 sur 136 · RIVIÈRE DE JATTE · texte numérisé non relu

RIVIÈRE DE JATTE

et qui s'avance un peu plus au large que le milieu du fleuve. Il faut, pour Féviter, ranger de près la rive gauche, celle du S.

La marée de flot se fait à peine sentir au-dessus de Salsang et le courant n'est très-fort dans aucune partie de la rivière, si ce n'est vers la fin de la saison pluvieuse qui commence en juin.

Devant Batoor, des parties de terrains argileux se voient entre les massifs de mangliers» les rives deviennent plus accores, rocheuses , et sont couvertes de grands arbres parmi lesquels on remarque l'acajou.

Près de Farinha, les mangliers disparaissent totalement, le pays devient beau ; un sol légèrement incliné et fertile se montre autour de ce village, entouré de plantations de cotonniers. Farinha est situé sur la rive droite du fleuve. Les rapides sont peu éloignés de ce village peu important.

fiatoor est la plus grande ville du fleuve. Ses habitants sont mahométans et de la nation des Mandingues. Cette ville n'a cependant pas une grande importance ni conune commerce ni comme population.

Nous avons parlé déjà des brisants et des bancs de Jatte^. Situés, les premiers au N. de l'île de ce nom, les seconds le long de sa côte Ouest, ils obstruent presque entièrement l'entrée de la rivière de Jatte à la mer, de telle sorte que des embarcations seules peuvent se hasarder, en longeant la côte, à y pénétrer par son embouchure. Cette rivière arrose la côte du N. des îles de Jatte, de Bisis et de Bissao.

En outre des brisants de Jatte qui sont à la partie Est du canal du S. 0. de Cacheo, plusieurs autres points de ce vaste plateau, sur lequel les fonds varient de S'^' 6 à l'» 6, assè-* chent à basse mer ou présentent d énormes brisants.

Un banc de sable, qui découvre de 1°* 8 à basse mer, se trouve au milieu de l'embouchure de la rivièi*e, ne laissant que deux étroits canaux au M. et au S., dans lesquels, à basse mer, le fond est de 1 mètre à 1™ 6 sur la barre.

Aussi n'entre-t-on pas dans la rivière de Jatte par son embouchure, mais on peut y pénétrer par le canal du Rio-Géba en traversant la rivière Sainte-Catherine ou la rivière Ancoras qui réunissent ce fleuve à la rivière de Jatte.

Farinlui.

Batoor.

Ririùre de Jatte.

14 LES BISSAGOS.

Une fois la barre doublée en partant de son embouchure large de 2 milles» la rivière de Jâite est profonde; les fonda y varient de 6^ 5 à 9 mètres jusqu'à son intersection avec la rivière Angoras, mais elle pr^ente plusieurs bancs dangereilt et un barrage. Si Ton était forcé d'y naviguer, ce ne pourrait être qti*avec un petit navire, et même alors il sera bon de se faire précéder par un canot.

Peu après àon embouchure, la rivière tourne du S. S. E. en se rétrécissant et jette sur chacune de ses rives un marigot, l'itn dans Tîle de Jatte, l'autre dans celle de Cacheo. Ce dernier S'ap- Marigotae(-.)o peH^ Cayo. €e marigot est assez large et assez profond pour pemietti'e à des goélettes de mouiller à son entrée. Tout le pays sur les deux rives est très4)oi8é, comme dans toutes les rivières des Bissagos, où les bords des cours d'eau sont garnis d'épais palétuviers. Il existe plusieurs villages sur le marigot de Gayo, distant de 8 milles de rembôuchure de la rivière. Les habitants passeftt pour méchants. Ils sont de la tribu des Mandingues.

La rivière, après ce marigot, tourne à l'E. durant S milles, distance où elle s'embranche avec la rivière Sainte^Gatherine.

Les fonds, depuis le marigot de Cayô jusqu'à la rivière Saintes-Catherine, varient dans la rivière de 7 à 5 mètres. Le fond est vase le plus souvent.

Ri^ifr^ Sainte -co- A SOU embranchement avec la rivière de Jatte, la rivière Sainte^thérine offre des fonds de 3«>» 6 à 5» 4 qu'on trouvera en rhenalant et en se maintenant juste au milieu de la pasàe d'entrée de cette rivière. Elle est divisée dans son milieu et plus au S. par un grand banc sur lequel on trouve de 1°" 6 à 0*>^ 8 d'éau et dont quelques pak*ties assèchent. Le chenal est dans l'O. de ce banc et en longeant la côte Est de l'Ile de Jatte, garnie, dans quelques parties, de grands bancs de vase qui assèchent à mer basse ; au S., là rivière Sainte-Catherine, en se joignant au canal de Géba, offre des profondeurs de 3» 6 à 5" 4 sur la barre. Il faut aussi, dans cette partie, ranger l'Ile de Jatte. Par cette première rivière, comme on le voit, on peut, du Rio-Géba, atteindre la rivière de Jatte.

Revenons à celle-ci.

En face à peu près de la rivière Sainte-Catherine et un peu dans TE., un grand banc de roche sur lequel il reste fort peu

tlicrinr

m- de Biî'i*.

VILLAGE DE CAJOGOIT. 16

ii*eau et qui déeeuvre pre8<|ue dans les grandes iftarées occupe le milieu de la rivière de ittte en s'étèndâht Jusqu'à la rive gauche. Le chenal est dans le N. de ce banc et près de la rive droite. On 7 trouve des fonds de 4 à 5 mètres» et il est fort étroit» la rivière» dans cette partie, n'ayant que 1 mille Vi de largeur et le banc eil occupant les deux tiers. Je Vsd nommé banc de Bisis parce qu'il est à la côte Nord de Tile de de nom.

La Hvièrc$i de ce point, continué à courir à peu près a l'E. durant environ 6 milles, sa rive Nord se creusant un peu jusqu'à la pointe Cajogout.

De celte pointe part ùti banô sur lequel sont assis deux petits po(nt<> Cojogout. Ilots boisés. Sur ce banc le fond Varie de 1 mètre à 0" 9. Les Ilots en indiquent la limite du Sud. Il Amt, pour chenaler» ral-^ lier ici la riVe du S., d'est^'^iré l'ile de Ksiâ» Dans cette partioi le chenal présentera des fonds Variables de 3°" 2 à 4 mètres pendant quelque temps.

En face de la pointe CaJogoUt, dans Tlle de Bisis» on voit Marigot et riiiage un marigot sur les borde duquel est bâti le village de Cajogout ^ ^««out qui eti assez considérable.

A partir de la pointe Gajogt>ttt, la rive droite de la rivière tourne vers le N. £. La rive gauche court à TE. S. £. jusqu'à la rivière Ancoras. Il en résulte qUë» dans cette partie» la rivière de Jatte forme un bassin fort large, mais obstrué» dans sa plus grande partie» par un vaste banc de sable qui en occupe le mi*lieu et qu'on nomme banc de Bougoya. De ce bassin» on voit se diriger au N. la rivière de Bougoya ; au N. E«, le marigot des BWèredeBout©T«. Hippopotames; dans TE., la rivière de Jatte elle-même, et dan^ le S.» la rivière Ancoras.

Une lie asset étendue de l'E. à TO.» couverle de palétuviers» signale la tète de l'Ë. et l'accore Sud du banc dont nous venons de parler. Il faut, pour chenaler» passer entre cette fie qui a a milles de TE. à l'Ô.» et la côte de i'iie de Bisis. On aura des fonds de 5 à 6 et 13 mètres à la jonction de la rivière de Jatte avec celle d* Ancoras dont nous parlerons plus tai*d. C'est la seconde rivière qui permette d'entrer dans celle de Jatte.

Il y a environ 4 milles de la pointe Cajogout à la rivière An- Rivière Anrora». coras. Il faut, pour chenaler dans cette rivière, ranger la rive de rile de Bisis» parce que la rive de Ttie de Bîssao est pro-

lu LES BISSAGOS.

longée par des bancs dont partie assèche. On viendra de là passer dans TE. de 111e Kellet, où le chenal est large et profond. La rivière Ancoras est barrée à son embouchure. Nous y reviendrons ci-après.

De sa jonction avec la rivière Ancoras, la rivière de Jatte court à peu près à TE. q. N. E. l'espace de 18 milles, enton*rant la partie Nord deriledeBissao. Elle jette au S. dans cette "^'^'MJr ^'^''°" ^^^ ^^ marigot de Cannas, dans le N., la rivière des Balantes. De cette dernière , elle tourne au S. E. sur une étendue de 7 milles en se rétrécissant peu et vient se jeter dans le Rio- Géba à la distance de 2 milles Vs àe rétablissement de Bissao dans leN. E., sous le nom de crique de Curbolo.

Pour y naviguer, il faut, à la hauteur de la rivière Ancoras^ passer dans le S. du banc de Bougoya , longeant la rive Nord de rile de Bissao, puis suivre de préférence cette rive jusqu'à la hauteur de la rivière des Balantes. Là on prendra le milieu de la rivière pour chenaler. La rivière de Jatte a environ 45 milles de cours depuis son embouchure jusqu'à sa dernière rencontre avec le Rio-Géba. Elle n'est guère fréquentée que par des embarcations et des caboteurs de Bissao. "**** *rne dMÎivr** D'après les détails donnés précédemment, quand on partira du cap Roxo^ le relevant à l'E., qu'on en sera à 8 milles de distance, par des fonds de 10 à 11 mètres, vase, et qu'on voudra entrer dans l'archipel des Bissagos par le N., il faudra gouverner au S. Z'^ ou 8^ O. l'espace de 20 milles environ, c'està-dire jusqu'à ce qu'on ait atteint le parallèle de 12<* 0', en se maintenant par les mêmes fonds de 11 et 13 mètres, vase bleuâ-» tre ou noire, puis alors courir directement sur l'He de Cayo pour la reconnaître, cette Me étant l'extrémité Nord du grand canal des Bissagos , nommé aussi canal du Rio-Géba.

Tout Tespace qu'on laissera à bâbord à cette route est rempli par des bancs jusqu'à la terre ; un seul marque et brise toujours, c'est celui de Cacheo.

Avant de décrire le Rio-Géba, nous ferons quelques remarques générales assez importantes.

La première observation est que, sur la c6te que nous avons décrite jusqu'ici, les sondes sont assez uniformes, mais la profondeur est peu considérable. De Guimbering au cap Roxo,

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