CAP PALMAS
l'avons dit, est facile à reconnaître par les navires: venant du iar(^e. Elle est dans le S. V4S. O. de la montagne Kablah.
Elle est rocailleuse, et sur son extrémité même s'élève le grand village de Rock-To>vn, domimé par un bouquet de palmiers. Elle est la pointe de la rive gauche d'une petite rivière entièrement barrée par les sables , sur la rive droite de la-* quelle se trouve un autre grand village, nommé village de Rocfc-Town*Supérieur.
Trois roches découvertes se voient : la plus Nord, en face du village Supérieur, l'autre en face de la rivière, la troisième dans rO.S.O. de la pointe de Rock-Town,à IQO mètres environ . Séparé de cette dernière par un canal large de 240 mètres, et profond de 6^ 3, pr«iticab]e aux canots, un long récif court dans i'O. sur une étendue de Va mille environ. Dans I'O. S.O. de la pointe quelques autres récifs sont à près de 1 mille. Plusieurs foclies laissent voir leur sommet sur des récifs, qui brisent avec force.
De la pointe Rock-ToM^n au cap Palmas (ou cap des Palmiers, et par corruption cap des Palmes), la côte est sablonneuse, très-boisée, et se creuse légèrement en une baie, dont le cap Palmas est la pointe Sud. Il reste de la pointe Rock-Town au S, 69° E. à 3 milles */,.
Dans cette baie, il 7 a deux pâtés de roches, dont Quelquesunes apparentes, reconnaissables aux brisants violents qu'elles occasionnent.
Le premier esta V^demilledu rivage, sur* la ligne qui joindrait la pointe Rock-Town au cap Palmas, à 1 mille Vio de la première pointe. L'autre reste de la même pointe à 1 mille dans l'alignement de la pointe du Milieu (Middle-Point) par la pointe Rock-Town. Sa partie S. 0. est sur le méridien de la hauteur Kablah, dont l'arbre, vu de loin, a l'aspect d'un piton conique. Ce récif est écarté de Vie de mille du rivage. On nomme ces deux écueils basses Kablah.
Il 7 a passage pour des canots entre ces récifs, puis entre le rivage et le récif qui en est le plus rapproché. Dans le premier, on trouve 10 mètres, dans le second 6°^ 3.
Le cap Palmas est l'extrémité d'une péninsule rocailleuse, longue de Vi mille environ, sur 222 mètres dans sa plus grande largeur, et jointe au continent par un isthme bas et sablonneux.
Village de Rock- Town.
Rivitre.
Village de Rork- Town-Supérieur .
Récifs de Rock- Town.
Busses Kablah
Cap Palmas.
Feu du cap.
Long.O.10°4'40".
Var. N. O.20«30',
Grand-Tow-n ou Cape-Town.
Ktrthlisscnipnt américain de Harper.
Rivière Pâlmas.
Basses du Cap.
de l'Est.
Basse du Centre.
Ba5«e de l'Ouest ou du Large
Sa partie la plus haute, qui se trouve vers le centre, est élevée de 22™ 6 au-dessus du niveau de la mer.
Sa partie Est est couverte par les cases d'un grand village de naturels, nommé Grand-Town ou Cape-Town. Le reste de la péninsule est occupé par l'établissement américain , fondé en 1835 par la Société colonisatrice du Maryland.
Il a été nommé Harper, du nom de M. Z.-G. Harper de Baltimore, un des ardents avocats des Africains, et parait répondre entièrement aux vues bienveillantes et éclairées de ses fondateurs. De pieux missionnaires ont, près de l'établissement, une école pour l'instruction morale et religieuse des enfants. Elle fut instituée par M. Wilson, qui se dévouait avec zèle à cette tâche en 1837.
La rivière Palmas baigne le côté Nord de la péninsule. Son entrée est large d'environ 91 mètres entre les deux rives, mais une ligne de roches, qui part de la pointe Nord, rétrécit considérablement le canal qui n'offre que 40 mètres de largeur. A basse mer, le fond général sur la barre est de 0" 9. Au delà de celle-ci, le fond, jusqu'au point où elle a été étudiée, ne dépasse pas 1 " 8.
L'entrée de la rivière est bien apparente de l'O.: elle court à rO. N. 0. l'espace de ^Uq de mille environ. La pointe Nord est basse et sablonneuse, et de cette pointe la rive droite court à l'O. N. 0. sur une étendue de Vio de mille.
Ace point, la rivière se coude, et court au N. N. E. Vi E. l'espace de Vio de mille; puis, au N. 60® O. l'espace de */« mille; elle se dirige ensuite au N.
Plusieurs villages se trouvent sur sa rive gauche.
Dans la direction de la péninsule, il y a plusieurs pâtés de roches. Le premier présente une roche couverte de 3 mètres d'eau. Elle reste à 1 encablure dans l'O. du cap; on l'appelle basse de l'Est.
Le second est formé de roches, partie couvertes, partie découvertes à la basse mer. II est à 310 mètres du cap dans rO. 16*> S., et prend le nom de basse du Centre.
Le troisième, nommé basse du Large, sur lequel il reste 2" 7 à basse mer, est une tête de roche isolée, distante du cap de 926 mètres environ dans le même relèvement.
Les sondes dans le voisinage de ces basses sont irrégulières.
ILE RUSSWURM.
el le fond est mauvais. Mais entre la basse de TE. et le cap même, puis, entre cette basse et celle du centre, il y a passage, et on y trouve de 5°* 4 à 6 mètres de profondeur.
Il existe aussi un bon passage entre la basse du Large et la basse du Centre; le fond y est de 8™ 1.
Les navires, cependant, ne doivent pas fréquenter ces passiiges, même en venant de TE. chercher le mouillage de Harper, ils devront contourner ces basses pardes fonds de 16 à 18 mètres.
A la partie Sud du cap Palmas, on voit une petite Ile rocailleuse, couverte d'herbes et de broussailles : elle servait de cimetière aux naturels. On lui a donné le nom dllc Kusswurm, de celui du premier gouverneur de la colonie américaine. Elle a environ 548 mètres de longueur sur une largeur moyenne de 63 mètres.
Une petite hauteur, élevée de 13 mètres, parait à Va de sa longueur en partant de sa pointe Ouest.
Un plateau de roches part de son extrémité Est, s'étend de 91 mètres au large, et se termine par une grosse roche noire élevée au-d^sus de Teau; on l'appelle roche Russwurm.
Dans TE. de cette roche, à Vio de mille de distance, et sur son parallèle, on remarque quelques roches couvertes et qui brisent; à leur partie du S., on trouve 8" 1 de profondeur. Elles sont à un peu plus de f/io de mille du rivage, et dans le S. q. S. 0. de la maison des missionnaires, dont nous avons parlé, et qu'on aperçoit sur un petit monticule dans TE. de la presqu'île du cap Palmas.
A la pointe Ouest de i'ile Russwurm, on voit aussi quelques roches très-rapprochées qui brisent. Dans l'O. 17*'38' S. de la pointe de l'ile , il existe une basse dangereuse, sur le sommet de laquelle il ne reste queO™ 9 d'eau. Elle esta 177 mètres de la pointe Ouest de Tile.
Le canal qui sépare l'ile de la presqu'île du cap Palmas offre un bon passage aux canots avec une profondeur de 3°^ 6 à 8 mètres. 11 faudra seulement veiller une roche à fleur d'eau qui se trouve dans son milieu, sur la ligne qui joindrait le cap Palmas a la pointe Est de l'ile Russvvurni, et sur celle qui joindrait la pointe Ouest de celle île au fort Hall, qui est dans TE. de rétablissement de HP^per.
Ile Russwurm
Roche Russwurm
Bosse Russwurm .
Rocho Harpcr.
Pliure.
Houillogp.
Matées, établissement.
Plateau des sondes entre la ri vitre Sinou rt le cap Palma».
Il faut, pour éviter cette roche, nommée roche Harper, ranger de préférence la côte de la presqu'île, et passer près des roches apparentes qui s*y trouvent.
Un feu fixe est établi sur le cap Palmas. Il est élevé de 30 mètres au-dessus du niveau de la mer.
En venant de TO., le mouillage du cap Palmas est facile à pren? dre, il sufGt de se diriger sur la tour du phare, la (enant dans TE. quelques degrés S., et de venir jeter l'ancre par 1 1 ou 13 mètres, vase, le relevant au S. 77<* 3(y E., fermant bien la tour par rextrémilé Est de Tile Russwurm, à Vio de mille de distance du phare. Ce mouillage est précisément dans le N. et sur le méridien de la ba$se Ouest du cap. Il est import;int, avant de jeter i'anpre, d'inteiYoger le fond, parpe qp'il présente beau* coup de plateaux de roches.
Si on vient de ('£. ou du S., il faudra, comme nous Tavoos dit, contourner Ig basse Ouest du c^p par ()es fonds de 18 mètres, et venir prendre le même mouillage. On devra se défier du courant en contournant dans l'O. le platean, et en passer à bonqe distance. Ce mouillage est dangereux dans la mauvaise saison et lors des tornitdes.
On peut encoi'e mouiller à 4 mille ''/lo du cap, par 22 ou 23 mètres, fond de sable, relevant le phare au N. 77" EL
Le débarcadère des canot^ est à la partie Kord de la presqu'île, près de la barre même de la rivière.
La mer marne de 1°^ 2, rétablissement est 4 heures 30 minutes au mouillage.
Le cap Palmas est facile à reconnaître du large, à la haute terre déjà signalée ci-dessus, qu*on appelle la montagne Plate, et qui en est distante de 25 milles.
Le cap Palmas, quoique peu saillant, est un de ceux où la c6te d'Afrique fait 3a plus grande inflexion. Pendant lO"" de longitude elle va courir vers l'E., présentant de grandes ondulations que nous décrirons ()ans le chapitre suivant.
Nous allons terminer celui-ci ppr quelques observations générales sur la côte que nous avons décrite. Nous parlerons d'abord du plateau de sondes que nous avons laissé à la rivière Sinou.
La ligne des fonds de 200 à 180 mètres qui se trouve devant la rivière Sinon , à 25 ou 26 milles dans le S. O. de cette
rivière, s'écarte d'abord ou large devant les Krou ; on la trouve à 32 milles dans le S. O. de Settra-Krou.
Mais, par le parallèle de 4« 26' de latitude N. , elle court vers l'E. l'espace de 32 milles, puis, vers l'E. S. E. jusque par le travers du cap Palmas, de telle sorte que le plateau de sondes, qui atteint sur le parallèle de Baddoo 50 milles de largeur de TE. à ro., n'a que 18 milles du N. au S. sur le méridien de ce village, et 15 milles sur le méridien du Grand-Sesters. Elle se maintient ensuite à la distance de 13 milles jusqu'au cap Palmas.
Entre ces deux points jusque par les fonds de 50 à 45 mètres, la diminution des sondes est graduelle, quand on court directement sur la terre, c'est-à-dire perpendiculairement à sa direction générale, ou à peu près. Les fonds de 50 à 45 mètres se trouvent à 4 ou 5 milles de la côte, mélangés avec ceux de 40 mètres. Au-dessous, les sondes deviennent très-irrégulières et n'indiquent nullement l'approche des dangers qui garnissent cette côte.
Cependant, on peut dire, en règle générale, qu'en se maintenant a 4 milles de terre et par les fonds de 40 mètres, on n*aura rien à redouter des écueils nombreux qui la garnissent.
Si l'on veut mouiller pour la nuit, il faudra profiter d'un intervalle des rochers pour se rapprocher plus du rivage et chercher avec la sonde un fond de vase ou de sable vasard. On Jettera l'ancre dès qu'on l'aura rencontré avec une profondeur convenable, mais pas au-dessous de 25 ou 30 mètres, sauf aux mouillages que nous avons décrits.
On voit donc que la navigation de cette côte, même dans la belle saison, nécessitera beaucoup de prudence, de précautions et l'emploi continuel de la sonde. En effet, depuis la rivière Sinon jusqu'à celle du Grand-Sesters, au-dessous des fonds de 40 mètres, on trouve presque constamment des fonds de roches, interrompus dans de courts intervalles par de la vase ou du saMe vasard, parfois mélë de coquilles.
Au large, cette espèce de fond est la nature générale du plateau, mais les fonds sont ici plus durs que dans le N., et le sable y domine. On trouve aussi par intervalle, nu large, des fonds de vase et de cailloux, ou du gravier.
Les soudes sont toutà fait variables» comiiie nous l'avons di(, aux approches des plateaux de Coley et de TËcueil-du-Cap; elles sautent brusquement dans le S. O. de ces dangereux écucils, de 77 à 52 mètres, de 47 à 27 mètres, fond de roche, de gravier ou de sable, quand on s'en approche. On ne peut donc rien préciser à cet égard, si ce n'est que, dans dans un rayon de 4 milles, du N. O.au S. £. de la roche Coley, en passant par TO., les fonds varient de 36 mètres, sable, à 52 mètres, roche, et ù 48 mètres, vase, dans la direction du N. O. du S. O. et du S. E.
De nuit, dans ces parages, on devra se tenir toujours dans les grands fonds de 75 ou 80 mètres, surtout de nuit. Alors même, on devra être prêt à mouiller en cas de calmes, si on n'a pas dépassé au S. la roche Coley.
Courants séBéraiu Le couraut général est le courant polaire Nord de l'Afrique S qui se rapproche de plus en plus de la côte, à mesure qu'il descend vers le cap Pal mas. Sa direction au large est TE. S. E. et l'Est. Mais il prend plus de S., lorsqu'on s'approche de la côte, et on le trouve du S. E. à TE. S. E. à la hauteur du cap Mesurade, la suivant à peu près parallèlement, mais, cependant, portant un peu vers la côte. Sa vitesse est de 1 mille à 1 mille Vs ^ l'heure, elle varie, au reste, suivant les mois de l'année; elle est aussi généralement plus forte à 10 milles de terre qu'à 20 milles.
En approchant du cap Palmas, la direction du courant est le S. E. q. E. à 10 milles de la terre. Sur le méridien du cap Palmas, le courant devient E. et E. N. E., il acquiert une vitesse de 1 mille Vio^^ "^>Ues, surtout de juin à septembre.
Au cap Palmas , le courant général change de nom , ei prend celui de courant de la Guinée-Septentrionale. Nous ne reviendrons pas sur les courants du golfe de Guinée, dont nous avons parlé longuement dans le premier volume de cet ouvrage^, nous renverrons à ce qui y a été dit à ce sujet.
Sur toute la côte des Graines, lors de Tharmattan et dans la saison pluvieuse, les courants renversent souvent et portent au N. 0. et au N. E. quelquefois, avec une vitesse de^/i© de mille à
* T. 1", chap. l«r, p. 3« et 37.
• T. I", chap. !«', p. 57 et 38; chap. Il, p. 63 el 64.