‹ Manuel de la navigation à la côte occidentale d'Afrique (volume 2)Chapitre 58 sur 136 · COURANTS ET VENTS · texte numérisé non relu

COURANTS ET VENTS

1 mille à Theure. Il est rare que leur vitesse dépasse cette limite. Nous avons indiqué les marées sur les principaux points de la côte de Libéria on des Graines, la direction du flot et du jusant; il est donc inutile d'y revenir ici; nous dirons seulement que sur toute l'étendue de cette côte, Theure de rétablissement varie de 6 heures à 4 heures 30 minutes, que la montée de l'eau varie de 1™ 8 à 1™ 2.

Les marées ne se font guère sentir qu'à 4 ou 6 milles de la côte.

Il y a sur la côte des Graines, en quelque sorte deux saisons pluvieuses : la grande et la petite. La première commence en avril et finit à la mi-août. On éprouve dan^ ces mois de fortes tornades et des pluies abondantes, presque continuelles en juillet.

Vers la mi-août, la brise de S. O., inégale, est pourtant la brise générale et dominante; le temps s'embellit à cette époque jusque vers la fin de septembre.

En octobre et novembre, on a des grains, de la pluie, mais par intervalle, et des tornades jusqu'au milieu de novembre : c'est la seconde saison pluvieuse.

La belle saison commence dans le mois de décembre : c'est l'époque où s'établissent les brises alternatives de terre et du large. Ces brises sont variables en force et en direction.

La brise de terre varie du N. N. O. au N. N. E., elle règne de minuit à midi. La brise du large varie de l'O. S. 0. à rO. N. O. *. Le changement s'opère par une variation lente, pendant laquelle, au milieu de cette saison, le vent haie le N., il haie le S. au commencement et à la fin de la saison ^, pour dépendre peu à peu de l'E. ou de l'O., selon le cas. Il y a parfois un intervalle de calmé entre les deux brises de terre et du large.

Le vent du large a même, au commencement de la saison sèche et à sa fin, une tendance à haler le S. 0., qui peut, lorsqu'on navigue près de la côte, obliger à faire un bord au large pour s'en écarter 3.

Marées.

Saisons et Tenls.

• Le commandant Baudin, Description de la côte, etc.

*eî * Le commandant Bouël-Willaumez, Description de la côte^ eic.

BrunuM.

L'harmattan soufOe en décembre, mais seulement par intervalle et sans violence. Il n'est pas non plus IVoîd et désagréable, comme sur la partie de côte plus au Nord. Il est accompagné de brumes, commence au jour et finit le plus souvent à midi.

On ressent sur la côte des Graines des tornades aux époques que nous avons indiquées, et aussi des orages. La diflérence la plus sensible qu'on remarque, entre l'orage et la tornade, consiste dans la force du venl« bien moins violente dans le premier que dans la seconde. Quant à ses variations , elles sont les mêmes ; seulement, les tornades viennent toujours de la partie de TE.; les orages soufflent de tous les points de l'horizon, quoique plus particulièrement de l'Est. Us ressemblent un peu à des tornades avortées ^

Une remarque assez généralement faite, c'est que le long de ta côte des Graines* lors de la saison pluvieuse^ le temps est presque toujours moins mauvais près de la terre qif à 30 ou 40 milles au large. A cette époque, on rencontre^ à la batilettr de cette côte, une zone qui s'étend plus ou moins au N., et plus ou moins à l'O., dans laquelle on trouve des calmes, de la pluie, des brises faibles et excessivement variables, qui rendent la navigation très^pénible.

Ainsi, à cette époque, à 6 milles de la côte, on a par moment des interruptions momentanées dans la pluie, et moins de calme que dans une région pluâ éloignée.

Les brumes sont fréquentes dans la belle saison, et si épaisses qu'on ne peut pas voir à la distance de V4 de mille, tiles se forment d'ordinaire vers la Gn de la nuit, et se dissipent à huit ou neuf heures du matin; parfois^ elles durent toute la journée. Généralement, dans la saison sèche^ les terres ne sont jamais parfaitement nettes^ Dans la saison pluvieuse^ elles le sont d'ordinaire davantage, surtout après les tornades.

Les brumes occasionnent également des réfractions énormes, dont il faut se défier dans les observations astronomiques. Elles produisent des effets d'optique singuliers. Parfois, elles font paraître les terres beaucoup plus loin qu'elles ne le sont réellement.

' Voir les tableaux chap. il; 1. 1<^^ p. 76.

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