‹ Manuel de la navigation à la côte occidentale d'Afrique (volume 2)Chapitre 60 sur 136 · CHAPITRE XIÎI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIÎI

La Fraction de côle que nous allons décrire appartient à la Remarques gêné- Guinée septentrionale, qui forme la côle Nord de cette partie "'" de rOcéaUy appelée improprement, à notre avis, golfe de Guinée, et serait, nous le croyons, plus convenablement désignée sous celui de mer de Guinée.

Elle ne nous présentera pas autant de dangers que celle qui précède; néanmoins, nous la retrouverons encore ici, d'une médiocre élévation, offrant dans quelques parties peu de points de reconnaissance, très-boisée à son sommet, parfois rocailleuse à son pied et formant des falaises rouges et blanchâtres ; mais elle est le plus souvent sablonneuse.

Bien que saine en général, elle est garnie jusqu'à la rivière Sassandra d'un grand nombre de roches et de récifs dont la plupart, il est vrai, sont peu éloignés du rivage. Le plus souvent, on pourra la prolonger sans crainte à 2 milles au large, par des fonds de 18 à 20 mètres.

Au delà de la rivière Fresco, la côte, séparée de la partie boisée de la terre par une lagune étroite qui la suit presque parallèlement, n'a plus un seul danger à son rivage ; mais elle est garnie d'une barre formidable de brisants qui rend, sauf Bon-e de la fàt^, dans les mois d'octobre, novembre et décembre, les communications souvent impossibles, et toujours dangereuses.

* Nous empruntons ce chapitre en grande partie à l'ouvrage Sailing Directions for the Wesiem coast of Àfrica, publié par l'amirauté d'Angleterre ; nous le complétons a?ec nos doenments. Nous avons aussi adopté la nomenclature anglaise de la côte.

Elles ne peuvent, en outre, avoir Heu qu'au moyen de pirogues.

Cette barre nuit essentiellement aux relations commerciales, très-actives cependant entre les navires qui mouillent en pleine côte, sans aucun danger, et les indigènes dont l'adresse et l'habileté à la franchir sont très-remarquables. Il n'y a jamais de coups de vent sur cette côte, et les tornades seules peuvent mettre un navire en danger; avec de bonnes ancres et de bonnes chaînes on peut les braver sans inconvénient, vu que la mer est toujours belle, malgré la grosse houle qui existe au large de la côte ; et qui est extrêmement fatigante pour les navires et pour les hommes.

Bien que peu élevée, la côte comprise entre le cap Palmas et le cap Saint-Paul, que nous allons décrire, e^t cependant, jusqu'à la rivière Fresco, plus variée dans son aspect que celle de Libéria; an delà de cette rivière, ce n'est plusqu'une plagede sable blanc, uniforme, couronnée de terrains boisés, d'une élévation inégale^ et offrant çà et là quelques hauteurs dans l'intérieur. ugune du Grand- La lagunc qui commence à la rivière Fresco et se termine au vière Fretco. vulagc du Grand-'Bassam^ qui appartient a la France, longe a peu près parallèlement la côte dans une étendue de 112 milles, et met en communication tous les cours d'eau importants de cette partie du littoral ; bien que peu profonde, elle peut porter d*assez fortes embarcations et de grandes pirogues^ Le Grand-Bassam peut donc devenir l'entrepôt principal du commerce depuis la rivière Fresco, car il n'est pas douteux que les naturels n'aiment mieux livrer leurs produits à des embarca" tiens venues de ce comptoir, que de s'exposer à les perdre en leur faisant, à leurs risques et périls, franchir le brisant pour les porter à bord des navires mouillés au large. Cette partie du littoral, qui appartient à ce qu'on appelle la côte d'Ivoire ou des Dents, est excessivement peuplée et possède en abondance de l'ivoire et de l'huile de palme.

Avec une protection éclairée du Gouvernement, et avec de» négociants loyaux et intelligents, donnant de bonnes marchandises de troque, l'avenir du Grand-Bassam est incalculable.

Le comptoir d'Assinie que nous possédons un peu au delà du Grand*Bassam est aussi dans une position on ne peut plus

Page 1