‹ Manuel de la navigation à la côte occidentale d'Afrique (volume 2)Chapitre 59 sur 136 · BRUMES. 2G · texte numérisé non relu

BRUMES. 2G

La côte, qae nous venons de décrire, n'est pas dangereuse pour les bûtiments qui ne doWent que la prolonger, puisque les dangers qui Tavoisinent ne s*écartent pas d'elle au large à plus de 5 milles, et qu'ils n'en sont le plus souvent qu'à 3 ou 4 milles.

Ia sonde, dont nous ne saurions trop recommander l'emploi^ suffira en général, dans ce cas, pour les faire éviter; mais cette côte est d'une navigation difficile et dangereuse, quand on en fait le cabotage, lorsqu'on doit communiquer avec les nombreux villages qui la garnissent, et par suite quand on est forcé tous les soirs de mouiller assez près de la côte. Il faut alors interroger le fond avant de jeter l'ancre, et dès qu'on trouvera un fond niou convenable, il faut mouiller, car cinq minutes souvent suffiront pour porter sur un fond de roche. Cette nature de fond se trouvera, en général, parmi les sondes de 25 à 30 mètres ; les fonds vasards offrent bonne tenue. Sur quelques points, la sonde est un bon guide, mais sur beaucoup d'autres, il ne faudra s'y fier que médiocrement.

On devra encore choisir son mouillage dans la prévision d'une tornade , qui obligerait à appareiller pour la recevoir 30US voiles, ou qui ferait chasser les ancres. On ne peut pas, sur la côte des Graines, se croire, même dans la belle saison, à l'abri d'une tornade ou d'un orage, bien qu'ils soient peu fréquents alors.

En général, on a peu de points de reconnaissance sur cette côte uniforme et très-peu accidentée. On aura souvent besoin des observations astronomiques. Aussi, nous avons multiplié la position en latitude et en longitude des points principaux. Cependant, les arbres remarquables étant la plupart des arbres fétiches ou sacrés, on les retrouvera généralement. Ces remarques sont précieuses, mais il faut une certaine pratique de La côte pour les utiliser sans commettre d'erreur.

Sur presque toute la côte, en naviguant près d'elle, on sera accosté par des pirogues de naturels ; on en obtient d'excellents renseignements, qu'on ne doit pas négliger de prendre. Dans la nomenclature, nous avons conservé, autant que possible, les noms donnés par les indigènes. Presque tous, en ou(re, prlnit un mauvais anglais, surtout les gens du Krou.

Tout capitaine qui fera ce qu'on appelle le cabotage de la côte , agira prudemment en prenant quelques-uns de ces hommes à son bord ; on les paye par mois 25 ou 30 francs en marchandises , et ils rendent beaucoup de services.

Il serait à désirer, pour le cabotage de la côte» qu'on eût des cartes a grand point. Notre instruction et le portulan suppléeront à peu près à leur absence, et prémuniront, du moins, les navigateurs contre tous les dangers qui existent et sont connus. Nous avons pour tous donné des indications, qui permettront de les porter sur des cartes incomplètes.

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