‹ Manuel de la navigation à la côte occidentale d'Afrique (volume 2)Chapitre 90 sur 136 · COTE DU CALEBAR ET DU GABON OU GOLFE DE BIAFFRA · texte numérisé non relu

COTE DU CALEBAR ET DU GABON OU GOLFE DE BIAFFRA

La baie ou le golfe de Biaffra est compris entre le cap For- ob^rvaiions g.u musc (la pointe Palm du fleuve Niger), situé par la latitude N. "'**

do 4° 16' 21" et la longitude E. de 3^ 44' 10 ', et le cap Lopez placé par la latitude S. de 0° 36' et la longitude E. de 6° 22' 36".

Le cap Lopez gît du cap Formose au S. 27° 30' E., à la distance de 330 milles. C*est Fouverture du golfe, dont la côte décrit entre ces deux caps une courbe assez régulière, dont le rayon serait de 165 milles, et dont le centre serait Ilha-do- Priticipe. L'étendue de la côte est de 490 milles entre les deux caps.

Le golfe de Biaffra renferme Tîle de Fernao-do-Poo, placée à sa partie du N. E., et séparée du continent par un canal, large seulement de 20 milles, Ilha-do-Principe, l'ile de San- Tbomé et file d'Anno-Bom.

Pendant les 156 premiers milles, c'est-à-dire du cap Formose au Rio-del-Rey, partie qui embrasse la côte du Calebar, et forme le delta Est du fleuve Niger ou Quorra, la côte présente un aspect à peu près semblable à celui de la côte Est du golfe de Bénin. Ce sont des terres d'alluyion , dont les limites sont à peine accusées sur certaines parties par une plage étroite de sable ; sur d'autres, par des arbres qui s'implantent

* Dans ce chapitre, aux documents que nous avons recueillis nous-méme, nous avons ajouté des renseignements pris à la Description de feu le commandant Baudin, à celles de MM. Bouèt-Willaumcz et Leps, au Mémoire de Purdy, au Pilote africain, aux capitaines Owen et Allen, de la marine royale d'Angleterre, elc.

Tém.

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dans les eaux, et dont les racines couvrent et découvrent à chaque marëe, en conservant une ligne indicatrice du niveau de la haute mer.

Mais à mesure qu'on avance vers l'E.» on peut remarquer que la ligne de sable est plus nette, mieux tranchée, et qu elle ost aussi plus élevée que le niveau des hautes mers. Enfin, les arbres qui couvrent la cAte sont un peu en retrait du rivage. Sur cette côte uniforme et d*aspect monotone comme celle du içolfe de Bénin, on ne trouve pour points de reconnaissance ({lie quelques arbres plus élevés que les autres, ou préseniani ries formes bizarres. Aussi, comme pour le golfe de Bénin, il est à craindre que, dans quelques années, peut-être, les remarques et les points de reconnaissance que nous avons signalés dans cette instruction aient disparu. Montagnes Cama- Au delà du Rio-dcl-Rey, et au point oii la côte commence à descendre vers le S. E., se trouvent les monts Rumby et les montagnes Camarâos (Crevettes). Les dernières, surtout, sont élevées, et le pic du N, de ce groupe, nommé Mongo-nia- I^bah, atteint une hauteur de 4, 197 mètres. Lepic du S., nommé Mongo-ma-Elindeh, est bien moins remarquable, et sa hauteur n*est que de 1,775 mètres. Le pic Nord des montagnes Camarâos pourrait se voir à 80 milles de distance ; mais, dans la saison sèche surtout, ThoVizon est d'ordinaire si embrumé, que ces hautes terres sont rarement visibles à grande distance. H en est de même pour les pics de Fernao-do-Poo. Celui du N., nommé pic de Fernao-do-Poo, est élevé de 3, 108 mètres.

La côte Est du golfe de Biaffra présente un aspect tout différent de celui qu'offre la côte du Nord. Plage sablonneuse bien tranchée, et où règne une barre redoutable, dont les brisants peuvent s'entendre au loin; elle est couronnée d'arbres, et, dans quelques parties, elle est abrupte et rocailleuse. Vus à 18 ou 20 milles de distance, ces arbres, par leur agglomération, offrent l'aspect de collines d'une teinte sombre ou noirâtre, jusqu'à la hauteur de la baie de Panavia. Mais, à partir de cette baie, en allant vers le S. jusqu'au cap San-Joao, la côte présente deux lignes de hautes collines, longeant le rivage à peu près parallèlement, la ligne la plus rapprochée étant à 7 milles, la plus ëloicnco à 16 milles dans rinlérienr.

RIVIÈRE BENTO. 425

Au delà de ces deux rangées de collines, on aperçoit encore de hautes montagnes isolées ou faisant partie de chaînes plus dans l'intérieur, dont elles sont les sommets culminants, teintées diversement suivant leur distance, et offrant d'excellents points de reconnaissance pour la navigation de cette côte.

Tout le golfe de Biaffra est sain de dangers, sauf très-près de la càte et à l'embouchure de quelques fleuves, où les bancs formés par le mouvement des eaux se sont portés un peu ^an large. *

Les fleuves fréquentés de la rive Nord du golfe sont le Bonny et le Vieux-Calebar. On y trafique d'huile de palme, et d'ivoire principalement. Sur la côte Est, il n'existe que deux cours d'eau considérables, la rivière Camaraos et la rivière Campo, mais elles sont rarement visitées par les navires du commerce. Le golfe de Bénin et le golfe de Biaffra composent la partie de mer appelée golfe de Guinée, assez improprement à notre avis. Nous lui donnerions de préférence le nom de mer de Guinée.

Après ces considérations générales sur le golfe de Biaffra, nous allons décrire la côte avec détail.

Du cap Formose jusqu'au Rio-del-Rey, la côte se dirige à TE. 11* N., ne présentant que quelques légères ondulations. Elle est peu accidentée, d*une teinte sombre, qui est occasionnée par les arbres qui dominent en plusieurs endroits une I plage de sable blanc ou gris, en général fort étroite.

. Un grand nombre découpures, que nous avons déjà signalées

précédemment dans le chapitre XIV, indique Tembouchure d'autant de rivières, appartenant au delta du Niger.

Delà pointe Palm à l'embouchure de la rivière Bento, il y n vière bchio ou

. , -, 1 . . . Sau-Joao.

a 9 milles. Entre ces deux rivières, on remarquera un pre- PouiteouMt miergrand arbre à tête en parasol, situé à i mille dans l'E. de Long, es» 5336 ', la pointe Palm, puis un second à 2 milles Va- Ge dernier présente une tête ronde et touffue. Tous deux sont un peu dans l'intérieur, et dominent les arbres de la plage.

La côte, à peu près à mi-distance du fleuve Niger et de la rivière Bento, forme une saillie peu prononcée, que plusieurs navigateurs ont appelée cap Formose.

1^ rivière Boulo pst ouvorto (|uand on la relèvo au N.; il y a

GOLFE DE BIAFFRA.

Mari?cs.

Kivière San-Nico-

lao.

PoiDt4? Ouest

Lai i\. 4" 18' 25"

Long E ri'Se"

1 mille Vi ^nlre ses deux pointes. Vue du S. S. 0.» à 6 milles, (;es deux pointes sont bien tranchées et assez élevées, et celle de TE. offre Taspect d'une demi-voûte, ce qui est produit par les sommets des derniers arbres, qui débordent de beaucoup la ligne de leurs pieds.

La pointe de TO. plus élevée que la précédente, api'ès une pente assez rapide vers la mer, forme une courbure ou un demi-arc bien apparent. Elle reprend ensuite la hauteur uniforme de la côte.

Cette rivière, qui se dirige l'espace de 6 milles au N.q.N.E., communique par plusieurs criques avec le Niger à l'E , puis dans rO. avec la plupart de celles que nous allons décrire.

Sa pointe Ouest d'embouchure est garnie d'un banc, qui b prolonge dans la direction du S. 63^ E., sur une étendue de

2 milles. L'extrémité de ce banc est à 2 milles de la pointe opposée, et sa partie du N. forme le côté Sud du canal d'entrée qui est dirigé au N. 63^ 0. Pour pénétrer dans la rivière, il faudra donc courir à peu près sur la pointe Est d'entrée, la tenant un peu dansl'O. jusqu'à ce qu'on ait dépassé l'extrémité <lu banc de la pointe Ouest; puis alors, en longeant d'assez près la côte de la rive gauche, faire route en la suivant jusqu'à ce qu'on ait doublé la pointe d'embouchure de ce côté. On verra alors la rivière courir auN., et on se tiendra au milieu pour la remonter. Il est prudent d'attendre les deux tiers du flot pour essayer de franchir la barre.

La mer marne de 1™ 8. L'établissement est 4 heures 18 minutes.

On peut mouiller devant cetle rivière par i i mètres, fond de vase, relevant au N. 8^0. la pointe Est d'embouchure, à 4 milles de cette pointe et à 2 milles de l'extrémité du banc qui prolonge la pointe Ouest.

De la rivière Bento à la rivière San-Nicolao, la côte décrit un arc de cercle régulier d'un rayon de 7 milles. Elle est basse et boisée, et présente à son pied une plage sablonneuse étroite et presque au niveau de la haute mer.

De son embouchure, cette rivière se dirige au N. 50" 0., ei quand on la relève dans cette direction, elle est bien apparente jusqu'à 2 milles dans son intérieur, après lesquels elle tourne vers

bara.

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