VI AVERTISSEMENT
ce genre. La reconnaissance de la côte Ouest de TAfrique au S. de réquateur n'entrait pas d'abord dans le plan de la campagne du Barracouta. Le capitaine Owen n'y put consacrer que fort peu de temps; les marins lui doivent cependant beaucoup pour le service qu'il leur a rendu par cette rapide reconnaissance d'un littoral qui, avant lui, était représenté sur les cartes d'une manière peu exacte.
Je dois aussi avertir que le plateau des sondes n'a été qu'imparfaitement exploré. On pourra cependant avoir confiance en général dans les profondeurs indiquées près du littoral, qui sont données d'après des renseignements récents de divers capitaines, et la carte d'Owen dans quelques parties.
On devra en avoir moins pour le^ sondes du large et la limite du plateau, que j'ai déduites de la comparaison de renseignements plus anciens, des cartes françaises, anglaises et portugaises, et des instructions manuscrites de cette époque , que possède le Dépôt des cartes et plans de la marine. Je citerai entre autres celles de Bernard de Marigny, de Warnet de Recouvrance, de Sané Kerbrat, de Détrais, de Gangy et de Des Fontaines. Ces diverses instructions embrassent la partie de la côte comprise entre le cap Lopez et le cap Negro.
Elles seraient aujourd'hui bien incomplètes, mais elles m'ont fourni souvent d'excellents points de comparaison, bien que je ne leur aie fait que très-peu d'emprunts.
Ainsi qu'on le verra, j'indique, au commencement de chaque chapitre, les noms des capitaines auxquels on doit de connaître à peu près aujourd'hui ce littoral, de manière du moins à pouvoir naviguer avec sécurité dans la plus grande partie de son étendue.
Ce sont leurs instructions que j'ai réunies, en m'attachant à reproduire fidèlement le texte dans la traduction de celles écrites ei^ langues étrangères. Si parfois je m'en suis écarté, c'est dans le but de donner à la description plus de clarté et de précision.
Quant aux documents français, si je ne les ai pas copiés littéralement, c'est que, forcé de les fondre les uns dans les autres et
AVERTISSEMENT. vu
souvent d'y intercaler des fragments traduits, il m*eût été à peu près impossible d'adopter complètement la même forme que celle choisie par l'auteur.
Quant à la nomenclature de la côte, si je puis employer ce mot, elle était fort incertaine et fort incomplète. Ce n'est point par caprice que j'ai adopté les noms donnés à beaucoup de points. Quand je ne les ai pas trouvés dans les instructions modernes, je les ai cherchés dans celles qui leur sont antérieures et sur les cartes qui leur correspondent. J'ai discuté ces noms avec le même soin que les positions des lieux, et je n'en ai adopté aucun qui ne m'ait offert quelque certitude d'être celui appartenant réellement à la localité, ou bien celui qui lui avait été affecté précédemment.
Paris, 1" juillet 1851.
Charles DE KERHALLET.