BAIE DE LOANGO
ramener ia maison de la plage au S. E., et de faire rouie en la tenant à ce relèvement. On évite ainsi le récif qui prolonge la pointe Indienne, que Ton appelle aussi récif indien. I^ fond diminuant très-graduellement dans ia baie jusqu'au rivage, on jettera l'ancre par le fond qui conviendra. Dans la baie, les fonds varient depuis 16 mètres, qu'on trouve sur (aligne qui joindrait les pointes, jusqu'à 4 mètres, qu'on trouve près do rivage. Près de Taccore Est du banc Indien, les fonds varient en par<^ tant de la pointe Indienne, de 4 à 13 et à 14 mètres, qu'on trouve près de son extrémité du N. 0.
On peut encore, pour entrer dans la baie en venant du large, après qu'on a reconnu le bois de Looboo, le ramener au S. 82® E., et gouverner directement sur ce bois en se maintenant à ce relèvement.
Le plateau des sondes parait avoir une grande étendue sur le parallèle du milieu de la baie de Loango. Ainsi, à & milles dans rO. de la ligne qui joindrait la pointe de Kissanga à la pointe Indienne, on aurait les fonds de 22 mètres, vase ; à 14 milles, ceux de 32 mètres ; à 22 milles, ceux de 59 mètres, qui iraient en augmentant assez r^ulîèrement jusqu'à ceux de 112 mètres, qu'on trouverait à 50 milles au large, et sur le parallèle de la pointe de Kissanga.
Le mouillage le plus commode pour faire Teaii est de relever la pointe Indienne au S. 20^0., et la case du rivage an S. 50<^Ë.; on sera par 7 mètres, fond de vase brune rougeâtre, nature générale des fonds de la baie, avec do sable et des coquilles, ou du sable et du corail. Le fond offre très-bonne tenue.
Il est prudent, dans la saison des orages qui commencent en octobre, de mouiller à l'endroit indiqué, car les grains, donnant quelquefois avec une grande violence, viennent le plus souvent de TE., et il ne faut pas alors être trop rapproché du banc Indien, sur lequel on serait porté, si l'on venait à chasser. Ceci est au reste peu probable quand on aura de bonnes amarres, vu que la tenue est excellente et qu^il n'y a jamais de mer. Il est bon à ce mouillage de s'affourcher N. et S. Très-commode pour faire l'eau, il deviendrait dangereux avec un ras de marée; aussi faudrait-il, au premier indice de celui-ci, appareiller ou se touer pour se mettre plus au large do la côte.
Récif Ind if n.
Ripssouroet.
Marées.
Pointe Noire ou
Black-Point.
Lat. S. 4° 49' 0".
Iftng. E.9«25'0".
Nous avons dit qu*on pouvait se procurer de bonne eau daas le ruisseau situé au N. de la maison de la plage. Pourvu qa'on fasse sur la baie un séjour de 24 heures, on pourra obtenir des habitants des poules, des cochons, des chèvres, des légomes, des bananes et des courges ; on peut les échanger contre des marchandises ou des dollars, monnaie la plus connue des naturels qui sont assez voleurs, mais inofTensifs. Le commerce consiste principalement en ivoire qui est très-abondant.
La baie de Loango, d'après le commodore Owen, otTre un excellent abri à des navires de moyenne dimension; elle est même préférable, pour les grands navires, à celle de Cabenda, dont nous parlerons plus tard; plusieurs lacs existent à 60 mè-^ 1res environ du bord de la mer, s'étendant parallèlement au rivage et communiquant avec elle par de nombreuses coupées ou des criques étroites.
La mer marne de 2 mètres dans la baie de Loango, l'établissement est 4 heures 30 minutes; le courant de jusant sort de la baie avec une assez grande vitesse, surtout dans les marées de syzygies.
La pointe Indienne est la pointe Nord d'une seconde baie encore plus sûre et mieux abritée que celle de Loango; on l'appelle baie de la pointe Noire, du nom de sa pointe Sud.
Dans le S. de la pointe Indienne le rivage sablonneux reparaît, les hauteurs laissent entre elles et la mer, une belle plaine couverte d'arbres élevés et d'un feuillage sombre.
Les terres sont de moyenne hauteur, fertiles en apparence et bien cultivées, présentant des montagnes et des vallées, puis une suite de dunes sur lesquelles s'élèvent par intervalles des bois très-pittoresques. Au S. de la baie, ces arbres viennent jusqu'à la plage et forment une pointe basse de couleur sombre nommée par ce motif pointe Noire ou Black-^Point. Cette pointe est Textrémité Sud de la baie du même nom. Au fond de la baie, la plaine a environ 3 milles de profondeur; elle pré^ sente un aspect agréable.
La pointe Noire reste au S. 23° 30' E., à 9 milles de la pointe Indienne. Un banc qui ne brise pas toujours, mais qui marque le plus souvent, prolonge la pointe noire dans le N. 0., sur une étendue de t mille environ^ et de "'/lo de mille dans
BAIE DE LA POliNTE NOIRE. 89
rOuest. Il faudra donc, quand on viendra chercher le mouillage par le S., donner du tour à cette pointe, et en passer à 2 miUes environ. Ce banc est très-accore ; dans sa partie du N., on trouve des fonds de 18 et de 14 mètres qui diminuent régulièrement à son accore de TE. au fur et à mesure qu'on descend vers la pointe Noire.
Les fonds dans la baie sont très-réguliers et diminuent graduellement, depuis ceux de 18 mètres qu'on trouve sur la ligne qui joindrait la pointe Noire et la pointe Indienne jusqu'au rivage.
De la pointe Noire la côte dans l'intérieur de la baie court en s'arrondissant vers TE. l'espace de 1 mille environ, formant une presqu'île basse, sablonneuse, étroite et en saillie. Cette presqu'île, courant parallèlement au rivage du fond de la baie, forme ainsi une sorte de cul-de-sac ayant une entrée étroite, comprise entre la côte Est de la baie et l'extrémité de la presqu'île, en saillie, dont nous venons de parler, ou si l'on veut, on trouve dans la baie de la pointe Noire une seconde baie, fermée au N. par la presqu'île saillante vers l'E. que nous avons indiquée, baie ouverte seulement à sa partie de l'E., et dans laquelle on a des fonds de 3™ 6 et de 4 mètres. L'extrémité de la presqu'île se nomme pointe Sandy. Un lac et un village ^ pointe sandy. se trouve au fond de cette seconde baie.
De ce village, la côte en se creusant remonte vers le N., puis vers rO. N. 0., pour rejoindre la pointe Indienne.
En venant du large donner dans la baie de la pointe Noire, on reconnaîtra, parmi les autres arbres qui couronnent les hauteurs, le bouquet de broussailles ou bois de Looboo dont nous avons parlé précédemment. Quand il restera au N. E., on fera directement route sur lui, et l'on évitera ainsi le banc qui prolonge dans le N. 0. la pointe Noire. Le fond, à cette route, diminuera graduellement de 31 mètres à 9 et à 8 mètres, fond par lequel on pourra mouiller, si on le juge convenable. Au reste le fond diminue graduellement, et l'on peut jeter l'ancre partout dans la baie suivant le tirant d'eau du navire.
Un des bons mouillages est dans l'alignement de la pointe Sandy par le village, la relevant au S. 22<' E. et la pointe Noire au S. 45'' O. On sera par 9 mètres d'eau à Vio de mille de la côte Est de la baie.
Mouillages.
' Cependant nous ferons ici pour le voisinage de la côte, eir cas d'un ras de marée, la même observation que précédemment pour le mouillage de Loango; aussi les grands navires mouillentils de préférence, relevant la pointe Noire au S. 19* 0. et la pointe Indienne au N. 26^ O. à 1 mille de la côte ; à ce mouillage^ on ressent une houle de fond qui est incommode, mais la tenue est bonne.
Marées La mer marne de 2 mètres; rétablissement est 4 heures
35 minutes dans la baie de la pointe Noire.
Lorsqu'on vient attaquer la baie par le S., il faut se garder de confondre la pointe Noire avec une autre pointe située quelques milles plus au S. et qui lui ressemble beaucoup. C'est ce qui rend surtout nécessaire jie prendre connaissance du bois de Looboo afin de déterminer exactement la position du navire. Fausse-pointe-Noi- Ccttc sccondc poinlc sc nommc False-Black-Point ou Faussc- Pointe-Noire. Elle est à 6 milles au S. de la vraie pointe Noire, et Ton ne peut apercevoir le bois de Looboo que lorsqu'on se trouve auN. de cette dernière, c'est donc pour cela que cette reconnaissance est indispensable. Après avoii* couru au N. E. jusqu'à ce que la Fausse-Pointe-Noire se dessine et soit reconnue, on peut mettre le cap au S. S. E. pour atteindre le mouillage en se guidant sur la sonde. Aigundes. Lo débarqucmentcst facile dans la crique du N. de la baie, et
l'on peut aisément s'y procurer de l'eau douce à une source ; cependant elle est peu abondante ; en outre le travail de l'embarquement de l'eau est pénible, en ce que les embarcations ne pouvant s'approcher de Taiguade à cause du peu de fond qu'on trouve dans la crique, il faut transporter l'eau au moyen de barils. On peut cependant en faire un tonneau à l'heure par ce moyen.
La meilleure aiguade et la plus abondante est située à 2 milles plus S. que cette crique. C'est un petit lac alimenté par une source, situé à 40 mètres environ du rivage très-près duquel les embarcations peuvent s'approcher en se tenant sur leurs grappins lorsque la houle n'est pas trop forte.
On parvient à celte aiguade par un sentier qu'il est nécessaire de déblayer d'abord des herbes et des broussailles afin de rendre le passage facile.
La position de ce lac est dans le S. 60° E. du mouillage in-