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BAIE DE MOSSAMEDES

Liltle-Fîsh-Bay ou baie de Mossuniedes.

on i donné le n om de Babia^e^las-Pipas, depuis qu'en 1 842 le commandant de la station portugaise y a fait brûler un grand nombre de barriques destinées à être embarquées sur des navires négriers.

Little-Fisfa-Bay {baie du Petit-Poisson) a été nommée par les Portugais baie de Mossamedes, du nom d'un gouverneur de la province d'Angola, qui, en 1780, fit une expédition dans ces parages et découvrit cette baie, dont il prii possession. En 1840, ils y ont établi un fort, sous le nom de San-Fernando. Nous conserverons donc à cette baie le nom de Mossamedes.

La baie de Mossamedes est limitée au N. par la pointe Ëuspa ou Girando, au S. par la pointe de rAnnunciaçao, distantes Tune de Tautre d'environ 6 milles, la dernière restant de la pointe Euspa au S. 30^ O.

La baie comprise entre ces deux pointes s'enfonce assez profondément dan^ l'E., sur une étendue de 6 milles environ.

La pointe Euspa, qui termine la baie de Mossamedes dans Pointe Euspn.

Lat S 15** 7' 30"

le N., n'a rien de remarquable, si ce n'est sa couleur, beaucoup Long.E.9«44'o". plus foncée que celle des terres qui l'avoisinent. Elle est basse ^"^^ 24«40'. et s'avance peu dans l'O.

. De la pointe Euspa , la côte rocailleuse court l'espace de 3 milles au S. SI"" £., pour former une pointe ronde et large, après laquelle la plage sablonneuse commence à s'arrondir en se creusant vers l'E., et présente, dans l'E. de la pointe même dont, nous venons de parler, une petite anse; cette pointe se nomme pointe Redonda, Elle est assez élevée, très-saine et très- Pointe Redonda. accore. On trouve près d'elle 36 mètres, fonds qui augmentent rapidement dans la direction du S. 1 i"" E. de la pointe. A t mille de distance dans ce relèvement, on trouve 261 mètres; puis les soudes diminuent très-brusquement et tombent à 20 et à 14 mètres dansim espaça de Viod^ û^iUe lorsqu'on se rapproche de la côte Sud de la baie, en couran t dans la même direction le S . Il "" E. delà pointe Redonda. On voit par là qu'il n'y a pas mouillage dans la partie Kord de la baie de Mossamedes, et que le plateau dessoudes où l'on mouille est lui-même excessivement accore.

De la pointe Redonda, la côte décrit un grand arc de cercle, tourné vers l'E., qui se termine au S. à la pointe Negra, assez PomteNegra. élevée et rocailleuse, sur laquelle s'élève le foi't de San-Fernando.

De la pointe Negra, la^côte, assez élevée et présentant de^

l'ointe Grossa,

Jointe lie VAnnuniiaeflo.

fianc de i'Amelia.

m " LE BENGIÎÉTLA.

falaises, se creuse et forme uif e petite anse, terminée à TO^ pafunef pointe rocailleuse élevée, nommée pointe Grossa, sur laquelle est une guérite de guetteur, peinte en blanc. Cette pointe esl taillée à pic, et sa partie supérieure surplombe sa base. C'est entre la pointe Grossa et la pointe Negra qu'est le bon mouillage*

Entre la pointe Grossa et ta pointe Redonda, situées à peu près sur le même méridien, la largeur d'ouverture de la baie de Mossamede» est de 2 milles ^/lo^

A la pointe Grossa, la côte rocailleuse cesse de se montrer. Elle se creuse assez profondément, formant une nouvelle anse,r qui se termine à la pointe de rAnnunciaçào, pointe basse et sablonneuse, difficile à distinguer du large.

C'est entre la pointe de l'Annunciaçâo et la pointe Grossa que se trouve un banc fort dangereux, en ce qu'il ne brise pas toujours, bien qu'on n'y trouve que 3 mètres d'eau, et que^ sur quelques points, il n'y ait que0'»9; il se nomme banc de TAmelta, du nom d'une goélette de guerre portugaise qui s'y est perdue en 1846.

L'extrémité Nord de ce banc, près de laquelle on trouve des fonds de 7, 9 et 14 mètres, reste dé la pointe Grossa àl'O. 6°N., et le banclui-raéme, dans la partie où Ton n'a que 3" 6, est sur ïe parallèle de cette pointe, à 1 mille ^/lo. Ce banc est formé de sable et de roche».

Pour l'éviter, il suffit de tenir le fort de la pointe Negra un

peu ouvert à TE. ou à gauche de la pointe Grossa. Cet amer

en fera passer à ^/lo de mille dans le N.

Manière de donner Quaud OU vient du N. cbcrcher la baie, il suffira de faire roule

Mowamedes^.'^ ^^ sur la poiute Grossa, facile à distinguer, sans jamais passer au S.

de l'alignement de cette pointe par le fort de la pointe Negra.

Quand on vient du S., après avoir reconnu la pointe de TAnnunciaçâo, on en passera à 2 milles dans l'O., et 1 on. fera le N. jusqu'à ce qu'on soit sur Tamer indiqué précéd^ment, dès lors on fera route dans cet alignement jusqu'à la pointe Grossa, qu'on pourra contourner à petite distance. On trouve 1 1 mètres très-près de cette pointe, et, après l'avoir doublée, on serrera le vent pour mouiller par 13 mètres sur la ligne qui joindrait le mât de pavillon de la guérite du guetteur, au fort de la pointe Negra, à égale distance à peu près des deux

BÀIË DE MOSSAMEDËS.

pointes, et à Va mille de la terre. Du mouillage jusqu'au rivage, le fond diminue graduellement, et Ton trouve 5™ 4 à */io de mille de la terre. Le banc de petits fonds de 5™ 4 et de 3°* 6 contourne tout le fond de la baie jusqu'à Taiguade, située à sa partie du N. E., à 2 milles environ du mouillage.

On remarque dans cette partie de la baie, et là seulement, quelques traces de végétation. On voit, aux environs et dans le S., le jardin du gouvernement, où Ton a fait quelques essais de culture; plusieurs cabanes sont aux environs. Uaiguade est une espèce de lac entretenu par divers ruisseaux, dont le principal se nomme Rio-GubaL Devant la pointe Sud de son embouchure, il existe un banc courant, dans le N. 0., sur une étendue de près de 1 mille. Les embarcations pour faire Teau doivent mouiller dans le N. E. de ce banc à Tembouchure du lac, et Ton pourra, avec une longue manche et une pompe, faire l'eau sans débarquer les pièces. Le meilleur moment de la journée pour cette opération est le matin avant Fheure à laquelle se fait la brise du large. Lors des ras de marée, la mer est très-forte sur la barre de la rivière ; elle devient grosse avec la brise du large, et, en outre, lorsque celle-ci est fraîche, les embarcations ont beaucoup de peine à regagner les navires au mouillage. L'eau est de bonnequalité, sauf lors des ras de marée; elle devient alors saumâtre. Il est bon, pour la première fois, d'avoir un hommedu pays qui piloteral'embarcationdestinéeà faire l'eau. Le climat de Hossamedes est sain, sauf dans les environs de 1-aiguade, où l'on trouve des amas d'eau stagnante. En juillet et en août, il fait comparativement froid, et les nuits sont trèshumides ; le temps, souvent brumeux, ne s'éclaircit que lorsque le soleil prend de la force. Dans ces mois, le thermomètre descend à 12 degrés centigrades ; le baromètre ^e maintient assez régulièrement de 760 à 765 millimètres. Il pleut rarement, et les vents sont très-variables. Durant la nuit, on a le plus souvent du calme. Au jour, la brise se lève faible du S., et prend de la force en passant au S. S, 0. et au S. 0.; elle est moins fraîche, quand elle passe au N. par l'O. Au mouillage, les courants sont insensibles.

Le village de Hossamedes se trouve dans la baie comprise entre la pointe Negra et la pointe Grossa. La maison du gouverneur est dans l'E. du fort San-Fernando.

Aiguade.

Rio-Cubal.

Climat.

Courants.

ViUage de Mossamedes.

Population.

Uessources.

(.ap Negro.

Lnl.S.15"40'30".

LoiiK.E.9«33'30".

Bail' du cap Negro.

llivière Dos-Flainengos.

196 LE BENGUELA

Il y a un assez grand nombre d'indigènes établis dans le village de la baie et dans quelques autres aux environs ; c*est une belle race de noirs, nommée Mocoroca, appartenant à la la nation des Mucubal, et qui parait fort intelligente. Ils cultivent le maïs, et possèdent de grands troupeaux de bœufs.

Les principales provisions qu'on peut se procurer à Mossamedes consistent en bœufs et en moutons ; on peut obtenir quelques légumes au Jardin du gouvernement.

Le commerce consiste en ivoire, cire, gomme copal et orseille ; on y a fait beaucoup de traite d'esclaves. Mossamedes est le dernier établissement des Portugais au S. de Téquateur.

De la baie de Mossamedes au cap Negro, la côte assez ondulée et présentant plusieurs enfoncements, ouverts à l'O., court au S. 14^' 0. Elle est sablonneuse dans la plus grande partie de cette étendue, ne présentant que çà et là quelques pointes rocheuses. La terre en second plan est aussi sablonnaise et assez élevée.

Le cap Negro justifie par sa couleur le nom qui lui a été donné. Il a 60 ou 70 mètres de hauteur. En passant près de ce cap, on peut apercevoir la colonne que fit élever, en 1486, Barthélémy Diaz, qui le vit le premier. Ce cap, peu saillant et de forme rocheuse, composé de couches stratifiées dans lesquelles sont incrustées une grande quantité de coquilles fossiles, est dominé par des hautes terres qui l'avoisinent, de sorte qu'on ne le distingue qu'à sa couleur noire, quand il est vu de face ou de 1*0.; mais du N. et du S,, il se détache bien, et se reconnaît à 12 milles de distance. Il est à 30 milles de la pointe de l'Annunciaçâo.

Au N. du cap Negro la côte fait un retrait vers l'E. et forme une grande baie entièrement ouverte , nommée Baie du cap Negro, présentant quelques pointes rocheuses. Dans une gorge formée par ces pointes, et dans laquelle on remarque quelques arbres, se trouve le lit d'un torrent, nommé rivière Dos-Flamengos, sur la rive droite de laquelle, à quelques milles dans riniérieur, est indiqué le village de Lonchaut *. Celle

* Owen signale ces arbres comme les premiers qu'il a rencontrés sur la côte en venant du cap de Bonne-Espérance. Le torrent ou rivière Dos-Flamengos est signalé sur les anciennes caries manuscrites du Dépôt de la marine.

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