‹ Manuel de la navigation à la côte occidentale d'AfriqueChapitre 6 sur 143 · ASPECT DE L*ILE · texte numérisé non relu

ASPECT DE L*ILE

posant sur des couches de grès dans lequel on trouve des fragments de lave. Malheureusement, son climat est fort malsain, les mois les meilleurs sont ceux où règne Tharmattan, qui, aprèi la saison des pluies, purge l'atmosphère des miasmes engendrés par Thumiditc. Il souffle en décembre, janvier et février principalement, mais sans continuité et sans une grande force. Il est remplacé à cette époque par les brises du S. S. 0. au S. O.; celles-ci tempèrent la chaleur et la brûlante sécheresse qu'on ressent pendant la durée de l'harmattan. , Par un temps clair, Tîle de Fernao-do-Poo se voit à une distance de plus de.lOO milles. Le pic de Fernao-do-Poo *, sa plus haute montagne, est élevé de 3,108 mètres. Quand on s'approche de Fîle, le rivage présente des falaises rocheuses de couleur sombre, dominées par des bois élevés et touffus garnissant le pied des montagnes qui traversent Fde dans toute sa longueur; ces bois s'^ctendent sur leurs flancs jusqu'aux trois quarts de leur hauteur, et au delà on ne voit plus qu'une végétation clair-semée, chélive et rabougrie, entremêlée de buissons et d'une herbe brune desséchée.

Par endroits on apei*çoil dans les parties inférieures d'assez vastes terrains cultivés, qui produisent en abondance des ignames d'excellenle qualité.

Lorsqu'on est près de la terre, cet aspect disparaît derrière le rideau des collines qui bordent la côte.

Les forêts de Fernao-do-Poo produisent une grande variété d'arbres, dont plusieurs sont précieux pour îe commerce et les constructions. On y trouve, entre auires, après le palmier, le chêne d'Afrique, l'ébénier, le lignuni-vitœ, une sorle de campêche jaune, plusieurs espèces d'acajou et des bois très-durs.

La population indigène porte, comme tribu, le nom d'Adeyah; mais individuellement, eux-mêmes s'appellent Boubi. Les Européens les désignent sous ce dernier nom. On porte à 5,000 le chifl^re de cette population.

La partie la plus élevée de File est sa partie du N., où se trouve le pic dont nous avons déjà parlé, nommé Fernao-do- Poo (pic de Clarence des Anglais). Dans le N. q. N. 0. de

Aspect de l'Ile.

Population.

* Pic de Clarenee des cartes anglaises.

celui ci y on en voit un second assez rapproché et presque aussi élevé ; puis dans l'O. q. N. 0., un troisième» moins haut que les deux précédents. La chaîne, présentant cinq sommets peu remarquables, court ensuite dans le N. 33° O. jusqu'à la côte Sud de Tile, où Ton voit un sixième pic rejeté dans TO. vers la pointe S. O. de Tile.

L'île de Fernao-do-Poo * est comprise entre les parallèles de 3° 48' et de 3** 13' 30" de latitude N., puis entre les méridiens de 6<> 4' 16' et de G*' 37' 36" de longitude E.

De sa pointe du N. O.» nommée Cabo-Forrooso (cap BuUen), à sa pointe du S. £., nommée èabo-Agudo (cap Barrovtr), elle a en longueur 34 milles ^/^o*

De la pointe du N. £.» nommée Cabo*Horatio, à la pointe du S. O., nommée Cabo-Redondo, elle a en longueur 40 milles. La plus grande largeur de File est de 22 milles Vi ; sa moindre largeur est de 14 milles sur la ligne qui joindrait la baie de San-Garlos (George-Bay) de la côte Ouest, à celle de Caracas (Melville-Bay) de la côte Est.

cabo-Formoso. Cabo-Formoso est une pointe large, saillante, dans le S. 0. et dans TE. de laquelle la côte forme un petit enfoncement. Son pied est garni d'un grand nombre de rochers s'écartant très-peu de la côte, et la plupart apparents. Son sommet présente plusieurs arbres remarquables et fort élevés.

De Cabo-Formoso en allant dans FE., la côte court presque en ligne droite jusqu'au Cabo-Horatio, présentant un grand nombre de découpures, formant de petites anses, dont la principale et la meilleure de toute File est celle de Santa-Isabel (Maîdstoue-Bay) *, à 5 milles dans le S. 67° E. de Cabo- Formoso.

Punta-de-ia-Trim- A 4 miUcs, daus Ic S. 60® 30' E. de Cabo-Formoso, se trouve une pointe basse et peu saillante, nommée Punta-de-la Trinidad, remarquable par un grand arbre. C'est la pointe Ouest d'un enfoncement peu profond, présentant une étroite plage sablonneuse, au fond de laquelle coule un ruisseau. Cette baie

i Nous rétablissons, dans cette description, les noms portugais et espag:nols, en indiquant, entre parenthèses, les noms anglais donnés aux mêmes points, s Ou Clarence-Cove ; elle a reçu ces deux noms.

dad.

Punta-del-Conde.

Baie de lu Vénut.

FERiNAO-DO-POO. - ISLOTE-DON-HENRIQUE. 7

a une étendue de 1 mille environ entre ses deux pointes; elle se termine vers t'E. à la pointe nommée Ptmta-del*Gonde, égalerment peu élevée, et présentant à son extrémité quelques roches.

A Vs de mille du'rivage, on trouve dans <fette baie des fonds variables de 18 à 10 mètres, en le prolongeant à cette distance. Ces fonds augmentent assers graduellement quand on s'écarte de la c6te, et, à Vs mille, on a ceux de 30 ou de 32 mètres.

Punta-del-Cbnde est une pointe aiguë et assez saillante, formant rextrémite Ouest d'une baie qui a Vs de mille environ d'ouverture jusqu'à la pointe nommée Punta-Christina. Dans le fond de cette baie, nommée baie de la Vénus, profonde de Vs de mille à peU près sur la ligne qui joindrait ses deux pointes, se trouve également un ruisseau, qui décharge ses eaux à la mer sur une petite plage de sable. La côte de la baie est partout ailleurs rocailleuse, garnie à son pied de rochers apparents ou de roches sous l'eau ; elle est haute et escarpée. On trouve dans cette baie des fonds de 15 on de 16 mètres.

Punta-Gbristina (pointe Adélaïde) est un morne saillant, étranglé à sa partie du S., se terminant dans le N. par des lalaises rocheuses à pic et élevées. Elle fait sur la ligne de la côte une saillie d'environ 198 mètres, et l'on a pratiqué des marches à sa partie de TE. et à celle de l'O., pour gravir jusqu'à so!^ Commet, qui est bien boisé.

Punta-Christina est la pointe Ouest de la baie de Santa-Isabel.

En face de cette pointe et un peu à l'O. de son méridien, on voit un Ilot long de 241 mètres dans la direction de TE. 17«> N. à l'O. 17^ S. C'est sa |)his grande dimension. Il se compose d'un groupe principal de trois grands rochers réunis à la mer basse par un banc de sable qui leur sert d assise commune ; on le nomme Islote-Don-Henriqiie (Adélaïde-Islét). Il isioie-oon-Henriest, dans sa partie de l'E., situé à 189 mètres de l'extrémité de Punta-Christina, avec laquelle il forme un canal, profond dans son milieu de 15 ou de 16 mètres, et large au plus de 100 mètres, en raison des bancs qui contournent Punta-Christina, ainsi que de ceux qui entourent l'îlot, et sur lesquels on trouve des fonds de 3 et de 1 mètre.

L'Islote-Don-Henrique, qui, vu du large, parait former trois

Punta-Cbrittina.

que.

s LES IU:S m GOLFE m BL4FFRA.

îlots séparés, est prolongé dans TE. à une distance de 95 mètres environ par un banc de petits fonds variables, depuis Ijusqu à 3 mètres. A Taccore de ce plateau , on trouve de 6 à 8 mètres dans cette direction.

Ce même banc se prolonge dans le N. 40° E. de l'extrémité Est de rUot à une distance de 168 mètres. A soa accore dans cette direction, les fonds accusent 10 et 14 mètres, et tombent brusquement à 3 et à 1 mètre sur le banc.

Dans le N., ce même banc s'étend au large à la distance de 180 mètres de l'extrémité de Tilot. Les fonds à son accore dans celte direction sont de 8 et 9 mètres, puis tombent brusquement à 3 mètres siir le banc.

Il se rétrécit ensuite l^eaucoup vers l'extrémité Ouest de rUot, à 76 mètres de laquelle on trouve des fonds de 7, 9 et 10 mètres.

L'Islote-Don-Henriqiie et le banc qui le prolonge dans l'E., forment le côté Oue$t de la passe d'entrée de la baie de San^- Isabei. L'amer pour parer le banc est de se tenir un peu dans TE. du méridien delà partie Est de Punta-Christina. Baie de santo-isa- La baic dc Santa-Isabcl est comprise entre l'Islote-Don-Hen- ^^ * rique et Punta-Chrislina, à l'O., et la presqu'île ou Peninsula-

Vernanda, à l'Est. L'extrémité de. cette presqu'île étroite et formant sur la ligne de la côte une saillie longue de 750 mètres, reste de Punta-Christina au N. E., à un peu plus de Va mille, largeur d'ouverture de la baie. Celle-ci se creuse entre ses deux pointes sur une profondeur de Vs de mille environ, et sa côte formée de falaises rocheuses très-élevées, surtout devant la ville, décrit un arc de cercle à peu près régulier. Une plage de sable étroite s'étend dans la partie de l'E. au pied de ces falaises, dans lesquelles on a pratiqué des escaliers pour gravir jusqu'au plateau, sur lequel s'élève la ville. Ce plateau est vaste et son élévation varie de 30 à 60 mètres.

Une cale a été construite également dans cette partie, et les canots peuvent y accoster très-facilement.

Peninsuia-Feman - Peninsula-Fcmanda est une langue de terre, large de 60 mètres;

da.

< M. le commandant Alphonse Fleuriot de Langle a faK le pl-an de celte baie en 1846; on le trouvera dans le portulan.

FEKNAO-DO-PÔO. — PUiNTA-FERNANDA. 9

formant une courbe dont la concavité est du côté de la baie. Les côtes de la presqu'île^ sont des falaises rocheuses à pic, moins élevées que celles de la baie, et qui la rendent à peu près inabordable du côté de la mer. Quelques roches se trouvent dans la baie près de sa côte de TO.» elles sont partie apparentes et partie cachées, et très-rapprocbées de son pied. Sur cette presqu'île et à son extrémité, nommée Punta- Punta-Femanda.

1 at N 3® 46' 20 -

Fernandai, on voit un arbre élevé, et, un peu dans TE., un Long.k.60 27M6''!

Var \ 23® 12'

grand bâtiment qui est Thôpital; plus loin, la tour du phare, située à 180 mètres de Punta-Fernanda ; une grande maison avec galerie, pour les agents de la Compagnie d'Afrique ; enfin, à. la gorge de la presqu'île, un blockhaus. Quelques autres constructions avaient encore été commencées sur cette presqu'île. . Dans la baie, à sa partie de l'Er, on voit un assez grand édifice, qui est la. maison du gouverneur, et, dans le fond de la baie même, un certain nombre d'habitations.

Un banc s'étend de Punta-Fernauda, vers l'O., à la distance Bonc de puntade 320 mètres. Sur ce.banc qui la contourne dans le N. à petite ^^^'^ ^' distance, on trouve près de Punta-Fernanda 1 mètre^ et à l'extrémité Ouest du banc 4 mètres ; à son accore on a 7^ mètres, et ces fonds s'étendent encore dans l'O. à une distance de 475 mètres de Punta-Fernanda. On trouve alors de 9 à 14 mètres dans cette partie de la passe. La largeur de celle-ci entre les deux bancs indiqués est de 500 mètres environ, et de 300 mètres dans la partie où l'on trouve des fonds de 16 et de 24 mètres.

En pénétrant dans la baie, on trouve les fonds de 22 mètres, qui diminuent peu à peu jusqu'à ceux de 17 et 15 mètres, qu'on a fort près de la plage. La baie est très-saine, le fond y est uni, et sa nature vase. Elle offre un excellent abri contre les tornades, et la mer y est belle en général. On peut mouiller presque partout par les fonds de 20 ou de 22 mètres.

A l'un des meilleurs mouillages, on relève la maison du gouverneur au S. 50<> E., Punta-Fernanda au N. 36° E. Mais on peut mouiller encore plus près de la côte, dans le même relèvement de la maison du gouverneur.

Lorsqu'on viendra de l'O. du du N. O. . attaquer l'île de Mnmtre d attaquer Fernao-do-Poo, elle apparaîtra à une certaine distance comme \^J^'^ «^ ^ > *""un groupe de trois montagnes inégales en hauteur. Du mouillage

devant le fleuve da Yieux-Calebar, Tile présente deux plans de hantes terres, dont le pins élevé, décrivani une courbe, présente à son centre un pic culminant, qui est celui nommé Fernao-do^ Poo. On lé voit quelquefois de beau temps clair, à 100 milles de distance, mais, dans les temps sombres, et surtout avec les venu de la partie du N., c'est à peine si on le distingue au large à 4 ou 5 nhilles.

Après avoir reconnu le Cabo-Formoso, pointe N. O. de rile, on dirigera la route dé manière à en passer à 3 railles sur son méridien^ On apercevra alors dans TE. une pointe saillante, qui est le Cabo-Horatiè, pointe N. E. de rile, qu'il ne faut pas confondre avec Punta-Fernanda, extrémité de la pres« qu'Ile de ce nom ; ce qui arrivé assez souvent.

Peninsula-Fernandà, formée' par une terre étroite et élevée,, coupée a pic à son extrémité, s'avance en effet vers le N.; mais ce n'est que iorsqu*dn est au mouillage dans la baie qu'on juge bien de cette saillie. Lorsqu'bii vient du large, elle est en grande partie masquée par les iîautes terres qui l'avoisinent. Il en est de même de IlsIote-Don^Henrique, qui se confond avec elles.

Ce n'est qu'à petite distance qu"on la découvre et qu'on reconnaît bien rentrée de la baie.

Dès qu'on aura dépassé dans l'E. le Gabo-Formoso, on fera route au S. E. environ, droit sur la baie, et l'on tardem peu à reconnaître la tour du phare, puis les édifices delà Peninsula- Fernanda.

On fera route alors pour ramener à l'E. la tour du feu, et Ton gouvernera ainsi jusqu'à ce qu'on ramène au S. 62° E., le milieu de la maison du gouverneur, située à la partie Est de la baie. Dès qu'on l'aura à ce relèvement, on courra droit sur cette maison, en la tenant au même relèvement, et l'on donnera ainsi dans le milieu de la passe. Sur le méridien de rislote-Don-Henrique, on aura, à la route indiquée, 30 mètres, puis des fonds irréguliers entre 29 et 18 mètres dans la passe même, et peu après 24, 22 et 20 mètres dans la baie. On peut mouiller en tenant la maison du gourverneur dans le relèvement indiqué par 20 ou 21 mètres à V4 àe mille de la terre.

Un autre amer peut encore servir à donner dans la baie, mais il faut, pour l'employer, reconnaître les deux arbres remar-

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