BAIE DU TIGKE OU GREAT-FISH-BAY
la saison des pluies. La pointe Sud de cette rivière est une terre inégale et de couleur noire, à laquelle les Hollandais ont donné le nom de pointe de Cunégonde. Cette rivière est ha- ^^'^^ ^^ ^'^^^^
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bitee sur ses deux rives,
Great-Fish-Bay (baie du Grand-Poisson) est, comme le port creat-Fish-Bay. Alexander,<une belle baie, parfaitement sûre et abritée. Elle LaL's^'i6°^3o'V'. est foçmée à TO. par une longue presqu'île basse et sablonneuse, vw?^n^ a lA^o' courant sur une étendue de 20 milles au S. 19^ E. depuis sa pointe du N., nommée Tiger s-Point (la pointe du Tigre), jusqu'à son extrémité du S-, où elle est fort étroite (190 mètres) en se réunissant à la côte du continent; elle se nomme presqu'île du Tigre. Sa plus grande largeur de TE, à TO. est de 2 milles. Presquîic du tï- De l'extrémité Sud de la presqu'île, la côte qui forme le fond ^'^
de la baie court au N. 45" E. l'espace de 11 milles, en s'arrondissent et se creusant vers l'E.; elle revient ensuite prendre lu direction parallèle à peu près à celle de la presqu'île du Tigre, et forme ainsi avec elle une baie» profonde de 15 milles, large de 4 milles à son entrée et de 6 milles dans sa plus grande largeur. Cette baie n'est pas de formation très-ancienne ; car, sur les vieilles cartes manuscrites que possède le Dépôt de la marine, la langue de sable aujourd'hui presqu'île du Tigre est indiquée comme une île séparée du continent par un canal profond et assez étroit; on venait à cette époque (1775), en passant entre le continent et la pointe S. de l'île du Tigre, mouiller dans l'E. de cette île.
Great-Fisb-Bayestun mouillage parfaitement sûr. Bien que la côte Est de la presqu'île et celledu continentsoient, surtout dans leur partie du S.» garnies de quelques bancs de sable, au large desquels on trouve de petits fonds, elle peut être regardée comme saine» ces bancs s'avançant au plus à 1 mille au large de la côte.
Au milieu de l'entrée de la baie, on rencontre les fonds de 36 mètres, qui vont en diminuant graduellement au fur et à mesure qu'on s'y enfonce, jusqu'à la distance de 1 mille Vs du fond de la baie ; là, on trouve ceux de 12 et de 14 mètres. La côte Est de la presqu'île du Tigre et la pointe de ce nom sont très-accores, et l'on peut en passer fort près ; si on louvoie, on pourra pousser loin les bords de ce côté et virer par les fonds de 20 mètres. Sur l'autre côté de la baie, il sera prudent de
LE BENGUELÂ.
Plateau des sondes.
Rivière Nourse.
Lat. S. n° 15' 0".
Long. E. r26'0'V
virer par ceux de 16 ou de 14 mètres. Mais à mesure qu'on s'en-^ foncera dans la baie, ces fonds eux-mêmes suivront la loi de diminution que nous avons indiquée, et à même distance de la côte, on les trouvera de plus en plus faibles, comme toutes les sondes de la baie.
Le meilleur mouillage est à 1 mille Vs du fond de la baie, par 12 ou 14 mètres.
En venant au mouillage, on pourra contourner de fort près la pointe du Tigre, près de laquelle, dans TO. et le N., on trouve de 36 à 16 mètres. La côte Ouest de la presqu'île est aussi fort accore, et on peut la prolonger à 1 mille dans toute son étendue. Lors de la basse mer, cette presqu'île atteint une largeinr presque double de celle indiquée lors de la haute mer. Elle est sablonneuse et excessivement basse; tandis que la côte en face est assez élevée et couverte de dunes sablonneuses d'une teinte jaunâtre. On peut la reconnaître à 15 ou 16 milles du large, ainsi que la côte plus au N.
Il est avantageux d'attaquer Great-Fish-Bay par le S., puis de se tenir fort près de la côte, à 2 ou 3 milles, ayant des vigies pour annoncer la baie, dont elles verront les eaux par-dessus la presqu'île. Celle-ci est confondue du pont avec la côte, et ne se voit que lorsqu'on en est très-près. La seule ressource de cette baie est le poisson, qu'on y prend en abondance.
Du port Alexander à Great-Fish-Bay, les fonds variables de 14 à 21 mètres se trouvent à 2 milles de la côte ; à 5 milles, on a ceux de 50 ou de 60 mètres ; à 8 milles, ceux de 81 mètres. La nature dominante du plateau est sable ou sable vasard.
De l'extrémité Sud de la presqu'île du Tigre, la côte présentant toujours un rivage sablonneux, couronné de dunes plates sans végétation et de couleur noirâtre, qui le suivent parallèlement, et permettent de reconnaître la terre à 15 ou 16 milles de distance dans les temps clairs, court à peu près au S. 13^ E. l'espace de 15 milles, puis, au S., l'espace de 13 autres milles, jusqu'à l'embouchure de la rivière Nourse.
Cette rivière, que les anciennes cartes représentent comme considérable et bordée de nombreux villages dans l'intérieur, est complètement barrée par les sables lors de la saison sèche. Ainsi que la plupart des autres rivières de cette côte, elle ne
RIVIÈRE NOURSE. — CAP RUY-PIREZ.
s*ouvre un passage à la mer que dans les saisons des pluies. Son embouchure, dans la saison sèche, est fermée par un grand banc de sable, sur lequel la mer brise avec fureur, surtout à sa pointe du S., nommée cap Ruy-Pirez par les anciennes cap Ruy-Pirez. cartes. Le courant de cette rivière est très-violent dans la saison des pluies, et l'effet des marées se fait sentir à 10 milles de l'embouchure. Le flot porte à TE. N. E.; le jusant, à TO. S. 0. C'est ici que se termine le royaume de Benguela, et que commence la Cimbébasie ou le désert du Sud.
Nous terminerons cette description par quelques remarques générales.
Nous avons décrit le plateau des sondes jusqu'à San-Philippe- piateau des sond«s de-Benguela. Au-dessous de ce point, ainsi que nous Tavons dit dans la description de la côte, on perd en quelque sorte le plateau des sondes» ou plutôt il est si étroit que fort souvent, sauf dans quelques enfoncements ou devant quelques plages sablonneuses, le mouillage est en quelque sorte impossible. Nous avons indiqué les points où Ton peut jeter Tancre. En tous cas et avec du calme, il sera prudent de se tenir à bonne distance de la côte, en raison de la houle, dont, en général, on ne tient pas toujours assez compte, et qui porte souvent à terre plus qu'on ne le supposerait. Avec des temps de brumes, il faudra encore être très-prudent.
Le plateau des sondes ne reparait, avec une largeur assez grande, qu'au S. de la baie de Mossamedes ; et il continue à conserver à peu près une largeur de 6 ou de 8 milles jusqu'à la rivière Nourse.
Les observations sur les courants sont les mêmes que pour cooranu. la côte d'Angola, ainsi que pour les saisons, les ras de marée : nous n'y reviendrons donc pas.
Nous renverrons également pour les vents à ceux indiqués venu. sur la côte d'Angola ; seulement, nous remarquerons qu'au S. de Salinas, et surtout à mesure qu'on s'approche du cap Negro, on a souvent de très-fortes brises du S. 0. avec la mer grosse, et presque toujours une forte houle, qui, brisant à terre avec violence, rend les communications sinon impossibles, du moins fort difficiles, en général.
Nous terminerons enfin, par quelques remarques sur la navigation des deux côtes d'Angola et de Benguela.
Routes h faire sur Quancl OH vîcnt du S. ct qu'oD remonte la côte vers le N., la ^'rdr^*ugudr° route est facile et directe; lèvent étant toujours favorable, la seule précaution a prendre est de ne pas dépasser de nuit le point que Ton veut atteindre. On devra donc, dans Testime delà route, faire entrer la vitesse ordinaire du courant vers le N., vitesse qui est assez variable et dépend de la direction du vent et de sa force.
Pour descendre la côte du N. vers le S., il y a surtout deux pointes difficiles à doubler, la pointe Palmarinhas, quand on pan de San-Paolo-de-Loanda, et la pointe de Salinas, en quittant Benguela, le courant étant toujours plus fort aux environs de ces pointes. Il faut faire alors une grande bordée de 50 ou de 60 milles au large, tant qu'on peut porter au vent du N. 45" 0.» de manière à les doubler sur l'autre bord; le louvoyage près de la terre réussit rarement.
Quand on quitte Benguela, il y a avantage à partir le matin avec la brise de terre, qui, quoique faible, permet d atteindre le Bonnet de San-Philippe, ce qui est un assez grand avantage.
Sur tout le reste de la côte, il faut toujours prendre la bordée qui fera faire le plus de S., en calculant les bords de manière à être près de la terre le soir, au moment où cesse la brise du large. Néanmoins, il faut éviter d'être pris de calme très-près de la terre, au S. du cap Santa-Maria. On ne peut, comme nous l'avons dit, mouiller sur cette côte au besoin. Il ne faudra pas non plus pousser les bords du large à plus de 50 ou de 60 milles, parce que l'on trouve à cette distance des brises moins fraîches, qui soufflent plus de la direction du Sud. On perdrait également à cette distance l'avantage des brises alternatives, qui donnent toujours de bonnes bordées.
L'île de l'Ascension, d'après quelques auteurs, fut découverte par les frères Parmentier, dans leur voyage à l'océan Indien, sur les navires le Sacre et la Pensée.
» Cette description est empruntée aux Instructions de William Walker (Nfli*tical Magazine, 1811) et au Sailing IHrectorp for the Southern Jtlantic Océan de Purdy (London 1859).