‹ Manuel de la navigation à la côte occidentale d'AfriqueChapitre 83 sur 143 · TERRITOIRE ANGLAIS DU GAP DE BONNE-ESPÉRANCE · texte numérisé non relu

TERRITOIRE ANGLAIS DU GAP DE BONNE-ESPÉRANCE

Le cap de Bonne-Espérance, qui donne son nom à la colonie considération» géanglaise, fut découvert en 1486 parle Portugais Barthélémy Diaz. ''^'^^^^' Cet illustre navigateur ne put le doubler, et il lui donna le nom de cap des Tempêtes (Cabo Tormentoso) ; François II , duc de Bragance, changea ce nom en celui de cap de Bonne-Espérance (Boa Esperança); et en effet, en 1498, sous le règne d'Emmanuel, successeur de François II, Vasco de Gama parvint à le doubler, et la route des Indes fut dès lors ouverte à la navigation. Vasco de Gama poussa ses découvertes dans Focéan Indien jusqu'à Melinda, capitale de la province du même nom du Zenguebar.

]Les Portugais n'ayant fait aucun établissement dans cette partie de l'Afrique, les Hollandais s'y établirent en 1650, et conservèrent cette colonie jusqu'en 1795, époque à laquelle les Anglais s'en emparèrent; ils la restituèrent à la Hollande par le traité d'Amiens.

En 1806, les Anglais s'en emparèrent de nouveau, et la possession leur en a été confirmée par le fameux congrès de Vienne en 1815. Cette colonie est pour l'Angleterre de la plus haute importance à raison de ses possessions de l'Inde, de Maurice et de l'Australie. C'est un excellent point de relâche et d'observation.

1 Daos ce ohapitre, nous avons emprunté principalement aux instructions de MM. les capitaines Saisset, Troude, Morell, Owen, Bellamy, Rous, Flinders, et au NswSailing Directory for the Southern Atlantic Ocêan.^ous avons pris encore quelques renseignements à VIndia-lHreetory de James Honburgh.

lV>pulation.

<3ommerce.

Ville du Cap.

Serra-de-Penedia.

. En 1834, on estimait à 131,954 habitants la population du territoire. Dan$ ce nombre , figuraient 33,500 esclaves et 25,000 Hottentots. Eilç est aujourd'hui de 221,000 âmes. L'industrie est encore à peu près nulle au Cap^ Les habitants tirent d'Europe la plupart des objets qui leur sont nécessaires. On y fait un commerce important, et c'est généralement à la ville du Gap qu'aboutissent toutes les affaires commerciales. Les exportations consistent principalement en vins, eau-devie, cuirs, huile de poisson, fruits secs, viande salée, beurre, savons, ivoire, etc. Depuis 1820, la baie du Cap est abordable pour toutes les puissances alliées de l'Angleterre.

En 1821, les importations s'élevèrent à 24,665,100 francs, et les exportations à 18,208,400 francs. La monnaie courante du pays est du papier.

La ville du Gap est la capitale de la colonie ; c'est la résidence du gouverneur et des autorités civiles et militaires.

La garnison se compose de trois régiments et d'une compagnie d'artillerie. Il y a en outre un régiment d'indigènes.

Le territoire est, comme nous l'avons dit, montagneux, et présente des plateaux ou des terrasses très-élevées, où Ton voit d'immenses troupeaux.

Nous avons dit que la rivière Roussie bornait autrefois au N. le territoire anglais de la colonie du Gap.

De cette rivière à celle d'Olifants* ou rivière des Eléphants, la côte court au S. S. E. l'espace de 93 milles environ, puis au S. 41° E. sur une étendue de 28 milles.

Entre la rivière Roussie et celle des Eléphants, la côte est basse, sablonneuse et se prolonge en vastes plaines qui s'étendent à 8 ou à 10 milles dans l'intérieur. Au delà de ces plaines s'élèvent de hautes collines qui forment le premier échelon des montagnes des Roggeweld. Elles ont reçu des Portugais le nom de Serra-de-Penedia ; leur direction est à peu près parallèle au rivage.

* Nous emploierons ce mot pour abréger et parce qu'il est d'un usage général pour désigner le cap de Bonne-Ëspérance.

> Le mot Olifants des cartes anglaises nous semble devoir être une corruption du mot EUphant qui signifie Eléphant.

ILE MORELL.

Entre la rivière Roussie et la rivière des Eléphants, on trouve la rivière Zwarte-Lintjie, qui est entièrement barrée par les sables ; plus au S., on voit celle de Groëne, également fermée à son embouchure par les sables.

Enfin, au S. de cette dernière, la rivière Zwarte-Darn, qui est aussi complètement barrée à son entrée. Celle-ci se trouve au fond d'un petit enfoncement que fait la côte, enfoncement nommé baie de Morros-da-Pedra, dans le milieu duquel se trouve un petit îlot rocheux indiqué sur les anciennes cartes, et dont le capitaine Morell ne parle pas.

La baie nommée Gochoquas est un simple enfoncement dans la côte, ouvert au S. 0., et ne présentant aucun abri. La pointe Nord de cette baie est rocheuse et assez saillante quand on la voit du Sud. Un peu au N. de cette pointe, il y a un îlot rocheux de peu d'étendue éloigné de la côte de 1 mille environ.

L'île Morell, découverte par le ca[5itaine de ce nom, est située à Va ™î'le du continent. Elle est de formation volcanique et de peu d'étendue ; à TO. de cette île, il existe un récif qui s'en écarte à 186 mètres dans cette direction.

La rivière des Eléphants n'est accessible ni pour les navires ni même pour des bateaux, à moins que la mer ne soit tout â fait calme. Elle présente une barre qui s'étend en travers de son entrée, et sur laquelle on ne trouve que 0™ 6 d'eau. Cette barre brise généralement avec violence par suite des vents de S. O. qui sont constants sur la côte.

En dedans de la barre, il y a suffisamment d'eau pour un grand navire, et il pourrait remonter la rivière l'espace de 2 milles jusqu'à un petit village habité par des fermiers hollandais.

Près de l'embouchurede la rivière des Eléphants dans le S.O., se trouve une petite île volcanique nommée île Huron, à l'abri de laquelle les caboteurs peuvent mouiller ; elle est à 3 milles

Rivière Zwarte- Lintjie.

Lat. s. 30°21M.

Rivière Groëne.

Lat. s. 30033'.

Rivière Zwarte- Darn.

Lat. s. 30* 45'.

Baie de Morros-da- F#dra.

Baie de Gochoquas.

Lat. S.3iO0'0'' Long.E.15018'0".

Ile Morell.

Lat. S. 31<'32'0".

Long.E.45O42'0"a.

Rivière des Éléphants.

Lat.S.3<o37'0''.

Long.E.45O48'0"5.

Ile Huron.

< Ces positions sont celles données par le capitaine Morell ; elles diffèrent considérablement de celles assignées à ces mêmes rivières sor le Routier français de 1855.

s Morell donne, pour la longitude de Tile qui a pris son 00m, 15^ 56^ 24^^ ^ Morell donne IS^ 58'' 56^' pour la longitude de cette rivière

COLONIE ANGLAISE DU CAP

Baie de Donkins.

Cap Donkins.

Lot. S. 31® 54' 12''.

Long.E.15'54'0".

Pointe Quecoma.

de la côte. Le mouillage est au N. E. de Tile, on y trouve des fonds de 1 mètre et de 1™ 3.

La rivière des Eléphants, de son embouchure qui regarde le S., court l'espace de 2 milles au N. N. 0.; elle tourne ensuite à TE. et à TE. S. E., charriant des eaux rapides, qui descendent de fort loin dans Tintérieur.

On pêche, en dedans de la barre, beaucoup de poisson à l'embouchure de cette rivière.

De la rivière des Eléphants à la grande baie de Sainte- Hélène, la côie en se creusant légèrement court à peu près au S. jusqu'au fond de cette baie, d'où elle se dirige ensuite vers le N. 0. pour former la pointe nommée Pater-Noster, pointe Ouest de la baie de Sainte-Hélène.

Le rivage est bas et sablonneux depuis la rivière des Eléphants jusqu'à cette baie; à quelques centaines de mètres du rivage, on voit des montagnes de sable coupées à pic. A Vs inille au delà de ces- montagnes, les terrains sablonneux finissent, et alors commencent les plaines fertiles et les pâturages. Entre le rivage et les montagnes de sable dont nous avons parlé, il existe une belle route sur la presque totalité de la distance qui sépare la rivière des Eléphants de la baie de Sainte-Hélène. Le long de la côte, on rencontre des traces évidentes d'éruptions volcaniques, telles que des masses de lave disposées par couches, des blocs de pierre ponce, formant des monticules irrégulîers, entrecoupés de lave et de basalte.

A 10 milles Va au S. de la rivière des Eléphants se trouve la pointe Nord de la baie de Donkins, nommée par les Portugais pointe Quecoma. La pointe Sud de cette baie se nomme cap Donkins. La baie a 7 milles d'ouverture entre ces deux pointes, et 3 milles de profondeur environ. Le fond en est sablonneux, et sur cette plage la mer déferle avec violence. La baie ne présente aucun abri et se trouve ouverte à l'Ouest. Du cap Donkins, la côte court vers TE. directement, puis du fond de la baie au N. 0. jusqu'à la pointe Quecoma; au fond de la baie se trouve le lit d'un torrent desséché.

Cette baie n'offre qu'un médiocre mouillage; le fond diminue graduellement lorsqu'on va du large vers la côte, depuis 80 mètres jusqu'à 16 mètres, fond par lequel on peut mouiller

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