LA LIAISOK DES MOTS
régime d'un verbe à, l'impératif). — Ex. : orage affreux (orag'affreux), Kryiinêt^ hoTriTiie (honnêt'homme). . Ce sont lA les seules élisions possibles en français. 373. — La liaison de deux mots, dont le premier finit par une consonne et dont le second commence par une voyeUe, .se fait en prononçant ces deux mots comme s'ils n'en formaient qu'un seul. — Ex. : hel homme (bel'homme), /w(i exprès (fait ^'exprès).
Le dernier élément du premier mot et le preinier élément du mot suivant ae trouvent juxtaposés 3 maia le lien qui les unit, la couronne qui fait k liaison, appartient à la dernière syllalie du premier mot et non à la piemiÈi'e syllabe du second. C'est une nuance encore assez sensible, et qu'on pourrait noter, en disant que eiel en fea ne se prononce pas : eiè len feu, mais bien : del' en feu. Cela se fait sentir surtout dans la liaison des mots k consonne finale sonore. Quand la consonne finale est muette, elle parait davantage appartenir au mot suivant ; ex. : les amie {les js'amis).— Dans tous les cas, la consonne de liaison doit être adoucie, car elle n'est qu'un iirocédé euphonique, et il ne faut 'pas exagérer son importance dans la pronouciatioo.
373. — II ne peut y avoir liaison qu'entre les mots qui ne sont pas séparés par un silence.
Les endroits oJi le lecteur doit jtrendre de» temps, et où par conséquent les liaisons sont interdites, sont fixés par le sens, C'est une question d'analyse et d'interprétation. — Ceviendaut, dans un grand nombre de cas, il n'y a pas de repos, et la liaison n'a pas lieu. C'est alors plutôt une question d'euphonie. — Après avoir énoncé quelques règles générales, nous indiquerons dans quels cas particuliers et avec quels sons se fait la liaison au moyen des différentes consonnes.
374. — La liaison naturelle est la liaison d'un mot terminé par une consonne sonore, qui s'appuie sur la voyelle initiale du mot suivant. — Ex. : mer en fureur et ciel' en feu,.
D,gt,,-erihyGOOgle
136 MAKUEL DE LA. FABOLB
La lUisoB artiflclelle est la liusmi d'an mot t«nniDé par nne consonne, qnî, maette dans le mot prononcé isolément, ne sonne qae ponr adoudr le passage an mot suivant. — Ex. : premier hcmme ({nreinier rliomme).
La liaison d'un mot terminé par detu coosMiDes, dont la première seule eat sonore dans le mot pris isolément, «t udarelle, quand elle se fait au moyn de la cmiaonne sonore, comme d&ns: dûamrt^loçuetUidiBciiaT'éïoqneat); — arttltdellé, qnand eUe se fait au moyen de la consonne muette, comme dans : fort ^loyaent (fort t'éloqnent).
275. — 1a liaison Batnrelle se fait tonjonrs, quand les mots s'y prêtent.
Ia liaison artiUciollo se fait (quand les mots s'y prêtent et qae les i^les particulières à chaqne lettre ne s'y opposent pas) dans les cas suivants :
a) Entre les mots qui ont on rapport grammatical, comme celai de l'article et de l'adjectif au substantif, de l'adverbe à l'adjectif et au verbe, du pronom au verbe, etc., c'est-&-dire entre les mots dont le premier n'a de sens qne joint aa second. — Ex. : un homme (un Ti'homme), très kabUe (très zliabile), etc.
b) Entre les termes des roots composés. — Ex. : potau-feu, porc-épic, avant-hier, pieâ^à-terre, etc. (potj'an-feu, etc.).
Cependant, c'est lit liaivm naturelle (c.-à.-d., avec l'avantdemière consonne) qui se fait dans les mots arvt-im-ciel, char» à batK», ducs et pair», eroe$-en-jatnbe, guet-apeat, et mattra it-arU (arc'- en-ciel, etc.).
c) Entre les termes des locutions adverbiales.- — Ex. : de temps en teTnps, dès à présent, de part et d'autre, tôt ou tard, tout à coup, etc. (de temps z'en temps, etc.).
D,gt,,-erihyGOOgle