‹ Manuel de la paroleChapitre 144 sur 182 · V. HtTGO · texte numérisé non relu

V. HtTGO

le misanthrope, a. i, sc 1.

Alceste, Philinte.

philinte Vous voulez un grand mal k la nature humaine.

Oui, j'ai conçu pour elle une effroyable baioe.

Tous les pauvres mortels sans nulle exception.

Seront enveloppés dans cette aversion T

Encore en est-il bien dans le siècle oà noua sommes. .

Non, elle est générale, et je hais tous les hommes, Les uns, parce qu'ils sont méchants et malfaisants. Et les autres, pour être aux méchants complaisants. Et n'avoir pas pour eux ces haines vigoureuses Que doit donner le vice aux &mes vertueuses.

De cette complaisance on voit l'injuste excès Pour le franc scélérat avec qui j'ai procès.

D,gt,,-erihyGOOgle

Au travers de son mnaque tm voit à plein le traître ; Partout il eat connu pour tout ce qu'il peut être ; Et ses roulements d'yeux, et Bon ton radouci, N'imposent qu'A des gens qui ne sout point d'ici. On sait que ce pied plat, digne qu'on le confonde, Par de sale» emplois s'est poussé dans le monde. Et que par eux, son sort, de splendeur revêtu. Fait gronder le mérita et rougir U vertu ; Quelques titres honteux qu'en tous lieux on lui donne. Son misérable honneur ne voit pour lui penionne. N<Humez-le fourbe, infâme, et scélérat maudit. Tout le monde en convient et nul n'y c()ntredit. Cependant sa grimace est partout bien venue; On l'accueille, ou lui rit, partout il s'insinue; Et, s'il est, par la brigue, ud rang à disputer, Sur le plus honnête homme on le voit l'emporter. Têtebleu ! ce mo sont de mortelles blessures. De voir qu'avec le vice on garde des mesures; Et parfois il me prend des mouvements soudains De fuir dans un désert l'approche des humains.

Molière.

BAFIDITÉ DE LÀ YIE

La vie humaine est semblable à un chemin dont l'issue est un précipice affreux ; on nous en avertit dès le premier pas ; mais la loi est prononcée, il faut avancer toujours. Je voudrais retourner sur mes pas : Marche, marche. Un poids invincible, une force irrésistible, nous entraîne ; il faut sans cesse avancer vers le précipic;. Mille traverses, mille peines nous fatiguent et nous inquiètent dans la route. Encore si je pouvais éviter ce précipice affreux ! Non, non, il faut marcher, il faut courir, telle est la rapidité des années. On se console pourtant, parce que de temps en temps on rencontre des objets qui nousdivertissent, des eaux courautes, des fleurs qui passent. Onvoiulrait

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s'arrêter: Marche, marche. Et cependant on voit tomber .derrière soi tout ce qu'on avait passé : fracas effniyable, inévivitahle ruine ! On se console, parce qu'on emporta quelques fleuTB cueillies en passant, qu'on voit se faner entre ses mains, du matin au soir, quelques fruits qu'on perd en les goûtant. Enchantement! toujours entraîné, tu approches du gouffre a&enx. Déjà tout commence à s'efiacer; les jardins moins fleuris, les fleurs moins brillantes, les couleurs moins vives, les prairiea moins riantes , les eaux moins claires; tout se ternit, tont s'efface : l'ombre de la mort se présente ; on commence à sentir l'approche du gouffre fatal. Mais il faut aller sur le bord, encore un pas. Déjà l'horreur trouble le sens, la tête tourne, les yeux s'égarent, il faut marcher. On voudrait retourneren arrière; plus de moyen: tout est tombé, tout est évanoui, tout est échappé.

Je n'ai pas besoin de vous dire que ce chemin, c'est la vie; que ce gouffre, c'est la mort.

BoasDET.

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