‹ Manuel de la paroleChapitre 145 sur 182 · LES PAUVRES · texte numérisé non relu

LES PAUVRES

CMobien de pauvres sont oubliés ! combien demeurent sans secours et sans assistance! Oubli d'autant plus déplorable qu'il est souvent volontaire et par conséquent criminel.

Je m'explique : combien de malheureux réduits aux dernières rigueurs de la pauvreté et que l'on ne soulage pas, parce qu'on ne tes connaît pas et qu'on ne veut pas les connaître.

Si l'on savait l'extrémité de leurs besoins, on aurait pour eux, malgré soi, sinon de la charité, au moins de Vhuinanité.

A la vue de leur misère, on rougirMt de ses excès, on aurait honte de ses délicatesses, on se reprocherait ses folles dépenses, et l'on s'en ferait avec raison des crimes.

Uaîs parce qu'on ignore ce qu'ils souffrent, parce qu'on ne veut pas s'en instruire, parce qu'on craint d'en entendre parler.

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parce qn'on lea éloigne de sa présence, on croit en être quitte en les oubliant; et quelque extrêmes que soient leurs maux, on y devient insensible.

Combien de véritables pauvres, que l'on rebute comme s'ils ne l'étaient pas, aana qu'on se donne et qu'on veuille se donner la peine de discerner s'il le sont en effet !

Combien de pauvres dont les gémissements sont trop faibles pour venir jusqu'i nous, et dont on ne veut pas s'approcher pour se mettre en devoir de les écouter !

Combien de pauvres abandonnés ! Combien de déstdés dans les prisons! Combien de honteux dans les familles particulièrea! Parmi ceux qu'on connaît pour pauvres et dont an ne peut ignorer, ni oublier le douloureux état, combien sont négligés!

S'il n^ avait point de jugement dernier, voilà ce qu'on pourrait appeler le scandale de la Providence.

BODKDAtOUK.

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