LE PREMIER DEUIL
Aux premiers joura du monde, aloia que la nuée,
Surprise, contemplait chaque cbose cr^ée.
Alors que sur le globe où le mal avait criî,
Flottait une tueur de l'Ëden disparu.
Quand tout encor semblait être rempli d'aurore,
Qu^nd sur l'arbre du temps lea ans venaient d'éclore,
Sur la terre, où la chair avec l'esprit ne fond,
n se faisait le soir un silence profond.
Et le désert, les bois, l'onde aux vastes rivages,
£t les herbes des champs, et les bétes sauvages.
Emus, et les rochers, ces tënébreus cachots.
Voyaient, d'un antre obtwur couvert d'arbres si hauts
Que nos chênes auprès sembleraient des arbustes,
Sortir deux grands vieillards, nus, sinistres, augustes.
C'éttùent Eve aux cheveux blanchis, et son mari.
Le p&le Adam, pensif, par te travùl meurtri,
Ayant la viaîon de Dieu aous sa paupière.
Its venaient tous les deux s'asseoir sur une pierre,
En présence des monta fauves et soucieux,
Et de l'éternité formidable dea cïeux.
Leur œil triste rendait la nature farouche.
Et là, sans qu'il sortit un soufBe de leur bouche,
Les mains sur leurs genoux, et se touniant le dos,
Accablés comme ceux qui portent des fardeaux,
Sans autre mouvement de vie extérieure
Que de baisser plus bas la tête d'heure en heure.
Dans une stupeur morne et fatale absorbés.
Froids, livides, hagards, iU regardaient, courbés
Sous l'Etre illimité sans figure et sans nombre,
L'un décroître le jour, et l'autre grandir l'ombre.
Et, tandis que montaient les constellations
Et que la première onde aux premiers alcyons
Donnait sous l'infini le long baiser nocturne,
Et qu'ainsi que dea fleurs tombant à flots d'une ame
rihyGOOglC
Lea astres foonuillants emplissaient le ciel noir, Hb songeaient, et, rêveurs, sans entendre, aans voir. Sourds aux rumeurs des mers d'où l'ooragan s'élance. Toute la nuit, dans l'ombre, ils pleuraient en silence ; Us pleuraient tous les deux, aïeux du genre humain, Le père sur Abel, la mère sur Caïn.
Victor Hutio.
LE LÉOPABD ET L'ÉCDBEDII
Un écureuil, sautant, gambadant sur on cliêoe, Manqua sa branche, et vint, par un triste hasard.
Tomber sur un viens léopard
Qui faisait sa méridienne.
Voua jugez s'il eut peur ! En sursaut s'éveillant.
L'animal irrité se dresse :
Et l'écureuil, s'agenouillant, Tremble et se fait petit aux pieds de Son Altesse,
Après l'avoir considéré, Le léopard lui dit : " Je te donne la vie, Mais à condition igae de toi je saurai Pourquoi cette gaîté, ce bonheur que j'envie, ËiDbellissent tes jours, ne te quittent jamais.
Tandis que moi, roi des forêts,
Je suis si triste et je m'ennuie.
—Sire, lui répond l'écureuil,
Je dois à votre bon accueil
La vérité ; mais, pour la dire. Sur cet arbre un peu haut je voudrais être assis.
—Soit, j'y consens: monte. — J'y suis.
A présentée peux vous instruire.
Mon grand secret, pour être heureux,
C'est de vivre dans l'innocence :
L'ignorance du mal fait toute ma science; Mon cœur est toujours pur, cela rend bien joyeux.
D,gt,,-erihyGOOglC
Vous ne connaisses pas la volupté auprême De doniiir sans reiuorda ; voua mangei It-s ehevrei Tandis que ie partage à tous les écurenila Mea feuilles et mes fruits ; ^^>us haisBCB, moi j'aim Tout est dans cea deux mots. Soyez bieiiconvaîn De cette vérîté que je tiena de mon père ; lorsque notre bonheur noua vient de la vertu, La galté vient bientôt de notre caiactère."
Floj