‹ Manuel de la paroleChapitre 161 sur 182 · FIL8 DB CKOISÉS ET FILS »E VOLTAIRE · texte numérisé non relu

FIL8 DB CKOISÉS ET FILS »E VOLTAIRE

Messieurs, îl fwit bien vous le persuader, le catholicisme m craint ai les violences de l'émeute, ni Ica violences de la loi- Dans la lutte qui cooiroence et qui ne finira pas, croyez-le bien, par le vote de tel ou de tel projet de loi, il s'agit non pas d'une question de parti, mais d'une question de conscience. On n'en finit pas avec les consciences comme avec les partis. On vous dit d'être implacables et inflexibles. Mais savez- vous ce qu'il y a de plus inflexible au mondeî Eh ! ce n'est ni la rigueur des lois injustes, ni le courage des politiques, ni la vertu des légistes, c'est la conscience des chrétiens convaincus.

Permettes moi de vous le dire. Messieurs, il s'est levé parmi voua une génération d'hommes que vous ne connaissez pas. Qu'on les appelle néo-catholiques, sacristains, ultramon tains, comme on voudra, le nom n'y fait rien, la chose existe. Cette génération prendrait volontiers pour devise ce que disait, au dernier siècle, le manifeste des généraux Polonais qui résis" tèrent k Catherine II : " Nous qui aimons la liberté plus que tout au monde, et la religion catholique plus encore que la liberté. "

Nous ne sommes ni conspirateurs, ni complaisants; on ue nous trouve ui dans les émeates, ni dans les antichambres;

M^ii,Gt)Ogle

nous sommes étrangers à toute» voa coalitions, â tnirtes tos récriminations, à tout«3 tos luttes de cabinet, de partis ; nous n'avons été ni à Oand ni à SelgTave-Square ; nous n'avons été ea pèlerinage qu'au tombeau des apôtres, des pontifes et de» martyrs. Nous y avons appris, avec le respect chrétien et légitime deii pouvoirs établis, comment on teor rédste quand ils manquant A leurs dévoies, et comment on leur survit. Néi^ et élevés au sein de la liberté, des institutions représentatives et constitution uelles, nous y avons trempé notre Sme pour toujours. On nous dit : Mais la liberté n'est pas pour vous, elle est contre vous ; ce n'est pas vous qui l'avez faite. H est vrai que la liberté n'est pas notre œuvre, mais elle est notre propriété, et qui oserait nous l'enlever î A ceux qui nous tiennent ce langage, nous répondrons; Mais vous, avez-vous fait le soleil î Cependant voks en jouissez. Avez-vows fait la Francel Cspeniant vous êtes fiers d'y vivre. . .

Dans cette France accoutumée h n'enfanter que des gêna d© cœar et d'esprit, nous seuls, noiin catholiques, nous consentirions à n'être que des imbéciles et des lAchesI Nous nous Tecnn naîtrions k tel point abâtardis, dégénérés de nos pères, qu'il nous faille abdiquer notre raison entre les mains du rationalisme, livrer notre conscience à l'Université, notre dignité et notre liberté aux mainsde ces légistes, dont la haine pour la liberté de l'Eglise n'est égalée que par l'ignorance profonde de ses dogmes ! Quoi I parce que nous sommes de ceux qu'on confesse, croit-on que nous nous relevions des pieds de nos prêtres, tout disposés k tendre les mains aux menotes d'une légalité anticonstitutionnelle î Quoi! parce que le sentiment de la foi domine dans nos cœurs, croît-on que l'honneur et le wturage y aient pérîT

Ah! qu'on se détrompe. On vous dit: Soyez implftcable."!. Eh bien ! soyez-le ; faites tout ce que vous voudrez et tout ce que vous pourrez ; l'Eglise vous répond par la bouche de TertuUien et du doux Fénelon : " Nous ne sommes pas à eniindre pour voua, mais nous ne vous craignons pas. "

Kt moi, j'ajoute au nom des catholiques laïques comme moi, catholiques du XIXe siècle : Au milieu d'un x>euple libre,

D,gt,,-erihyGOOgle

HQBCEAUÎ CHOISIS 219

s ne voulor.3 pas être des ilotes ; nous sommes les succea- 's des martyrs, et nous ne reculerons pas devant les auccea- 's de Julien l'Âpofltat; nous sommes les fils des Croisés, et s ne reculerons pas devant les fils de Voltaire.

Mont ALEU SERT.

LA CAHPAeNE

Moi! je ne peux pas souffrir la campagne. . . Je ne peux pas la souffrir!. . . Ilya des arbres. ..des fleurs qui sent«nt mauvais. . .des oiseaux qui font un train! Ce n'est pas une

Page 1