‹ Manuel de la paroleChapitre 166 sur 182 · LÀ CHAH80N DD FER · texte numérisé non relu

LÀ CHAH80N DD FER

Le Fer est-posé sur l'enclume.

Et, prêt au labeur journalier.

Déjà le forgeron allume Le feu rouge de l'atelier; Puis, joyeux, l'ouvrier commence La chanson qu'il dit en cadence.

Au bruit du marteau régulier;

" O Ferl tu possèdes une âme.

Car j'entends souvent ton sanglot Quand tu sortiras de la flamme.

Ici-bas, quel sera ton loti. . ." — Forgeron! que ma voix réponde I Tu forges le malheur du monde. . ■ La guerre éclatera bientôt.

D,gt,,-erihyGOO^Ie

" O Ferl une moisson pâme D'un pays solde la rançon :

Te mettra-t-on à ta charrue Comme soc ou comme étançonl. . ." — Forgeron! l'erreur est vulgaire:

Tu forges la faux de la guerre Qui détruira toute moisson.

" O Ferl seras-tu la croix sainte Oii Dieu saigne éternelle meot, Que les mères, folles de crainte, N'implorent jamais vainementî. . ." — Forgeronl Pourquoi ces chimèresT Tu forges les larmes des mères Qui suppliront le ciel clément.

" Fert sois clocher de village!

Le temps eat clair, l'air embaumé. ..

Tu chanteras dans un uuage Le doux retour du mois de mai I " — Forgeronl l'orient frissonne 1 Tu forges le battant qui sonne Le long tocsin de l'opprimé.

" O Fer! tu serviras sans doute Au savant qui trace un chemin, Pour faire une nouvelle route Ouverte à tout le genre humain!. . ." — Forgeronl Dieu seul est le maître.

Tu forges un boulet peut-être, Qui tûra ce savant demain.

" O Fer! dans sa bonté profonde, Dieu te garde un destin plus beau :

Au nouveau-né qui vient au monde, Tu pourras servir de berceaul. . ." — Forgeront la bataille est proche; Hélas I tu forges la pioche Qui creusera plus d'un tombeau.

AlBSBT DSLPIT.

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H AKUEL DE LA PAKOLE LES ^AIDEDBS, A. I, Sa 1.

Ma foi, Bur l'aveair bien foa qui se ftra ; Tel qui rit vendredi, diraaache pleurera.

Un juge, l'an passé, me prit & son service; Il m'avait fait venir d'Amiens pour être suisse. Tous ces Normanda voulaient se divertir de nous: On apprend k hurler, dit l'antre, avec les loups. Tout I^card que j'étaia, j'étais un bou apdtre. Et je faisais claquer mon fouet tout comme un autre- Tous les plus gros messieurs me parlait chapeau bas'. Monsieur de Petit-Jean, aht gros comme le brast Mais sans argent l'honneur n'est qu'une maladie. Ma foi, j'étais un franc portier de comédie ; On avait beau heurter et m'ôter son chapeau, On n'entrait pas chez nous sans graisser le marteau. Point d'argent, point de suisse; et ma porte était close. Il est vrai qu'à monsieur j'en rendais quelque chose. Nous comptions quelquefois. On me donnait le soin De fournir la maison de chandelle et de foin ; Mais je n'y perdais rien. Enfin, vaille que vaille, J'aurais sur le marché fort bien fourni la paille. C'est dommage ; il avait le cœur trop au métier. Tous les jours le premier aui[ plaids, et le dernier; Et bien souvent tout seul, si l'on l'eût voulu croire, Il s'y serait couché sans manger et sans boire. Je lui disais parfois : " Monsieur Perrin-Dandin, " Tout franc, vous vous levez tous les jours trop matin. " Qui veut voyager loin ménage sa monture; " Buvez, mangez, dormez, et faisons feu qui dure. " Il n'en a tenu compte. Il a si bien veillé Et si bien fait, qu'on dit que son timbre est brouillé. Il nous veut tous juger les uns après les autres. Il marmotte toujours certaines patendtres

D,gt,,-erihyGOOglC

Mais, veille qui voudra, voici mou oreiller.

Ma foi, pour cette Duit, il faut que je m'en donne t

Four dormir dans la rue, on n'offense personne.

Dormons.

J. Racenk.

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