‹ Manuel de la paroleChapitre 169 sur 182 · I.A TIE ACX CHAMPS · texte numérisé non relu

I.A TIE ACX CHAMPS

Le soir, k la campagne, on sort, on se pcomine,

Le pauvre dans son cbamp, le riche en son domùtie;

Moi, je vais devant moi : le poète en tout lieu

Se sent ches lui, sentant qu'il est partout chez Dieu.

Je vais volontiers seul. Je médite ou j'écoat«.

Pourtant, si quelqu'un vent m'accompagner en route,

J'accepte. Chacun a quelque chose en l'esprit.

Et tout homme eat un livre où Dieu lui-même écrit.

Chaque fois qu'eu mes mains un de cee livres tombe,

Volume oii vit une ftrae et que scelle la tombe,

J'y lis. Chaque soir donc, je m'en vais, j'ai congéi,

Je sors. J'entre en passant chez*det amia que j'aL

On prend le frais, au fond du jardin, en famille.

Le serein mouille un peu le> bancs sous la charmille;

N'impoiie ! je m'assieds, et je ne sais pourquoi

Tous les petits enfanta viennent autour de moi.

Dès que je suis assis, les voilà tous qui viennent.

C'est qu'ils savent que j'ai leurs goûts; ils ce souviennent

Que j'aime comme eux l'air, les fleurs, les papillons,

Et les bêtes qu'on voit courir dans les sillons.

Us savent que je suis un homme qui les aime;

Un être auprès duquel on peut jouer, et même

Crier, faire du bruit, parler à haute voix;

Que je riais comme eux et plus qu'eux autrefois,

Et qu'aujourd'hui, sitAt qu'à leurs ébats j 'assiste,

Je leur souris encor, bien que je sois plus triste ;

Ha disent, doux amis, que je ne sais jamais

Me f &cheT ; qu'on s'amuse avec moi ; que je fais

Des choses en carton, des destina à la plume ;

Que je raconte, à l'heure où la lampe s'alluioe'.

Oh ! des contes charmants qui vous font peur la nuits

Et qu'enfin je snis doux, pas fier et fort instruit

Aussi, dès qu'on m'a vu: le voilà! tons accourent. Ds quittent jeux, cerceaux et balles ; ils m'entourent,

.iii,Gt)Oglê

258 HAWCIX DE LA FAROIX

At«c lean beaux grands yeux d'eafanta, sans petir, stuu 6eî, Qai semblent toujoura bleus, tant on f voit le ciel ! Les petits — quand on est petit, on est très brave — Grimpent sur mes genoux; le* grands ont nn air grave; Us m'apportent des nids de merks qu'ils ont pris. Des albums, des crayons qui viennent de Paria ; On me consulte, on a cent choses 4 me dire.

On parle, on cause, on rit surtoat; j'aime le rire, Non le rire ironique aux sarcMotes moqueurs, Ifais le doux rire honnête ouvrant bouches et ccsuts. Qui montre en même temps des ftmes et des perles. J'admire les croyons, l'atbam, les nids de merles. Et quelquefois on dit, quand j'ai bien admiré : " D est du mâme avis que monsieur le curé. " Fuis, lorsqu'ils ont jasé tous ensemble k leur aise, Ils font soudain, les grands s'appuyant à ma chaise. Et les petits toujours groupés sur mes genoux. Un silence, et cela veut dire : Parle-nous.

Je leur parle de tout. Mes discours en eux sAment Ou l'idée on te fait Comme Ss m'aiment, ils arment Tout ce que je leur dis. Je leur montre du doigt Le ciel. Dieu qui s'y cache, et l'astre qu'on y voit Tout, jusqu'à leur regard, m'écoute. Je dis cosune n faut penser, ifiver, chercher. Dieu bénit ^honuBe, Non pour avoir teouvé, mais pour avoir cheoché. Je dis : Donne» Vann âne au pauvre humble et peatid. Recevei doucement la leçon ou le bUms.

Donner et recevoir, c'est Caire vivi» l'&me.

Je leur conte la vie, et que, dans noa doulm», ' H faut que la bonté soit an fond de no» plaunt Et que, dans nos boiÀeuis, et que, dau» noa déUws^ n faut qn» la bonté stHt nu fond de nos rires; Qu'être bon, c'est bien vivre; et que l'adveracté: Peut tout chasser d'une Ame, excepté la bonté.

V, Hiteo.

D,gt,,-erihyGOOgle

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