‹ Manuel de la paroleChapitre 171 sur 182 · IV · texte numérisé non relu

IV

Sur le plus haut des monts s'arrêt«nt les chevaux ; L'écume tes blanchit; sous leurs pieds Boncevaux Des feux mourants du jour à peine se colore ; À l'horizon lointain fuit l'étendard du More:

" Turpin, n'as-tu rien vu dans le' fond du torrenti — J'y vois deux chevaliers, l'un mort, l'autre expirant. Tous deux sont écrasés sous une roche noire; Le plus fort dans sa main élève un cor d'ivoire; Son âme en s'exhalant nous appela deux fois. "

Dieu ! que le son du cor est triste au fond des boiai

A. Db Vighy.

D,gn,-f.rihyGOOgle

MORCEAUX caoïSIS S

CCtNA, A, T, se. 1.

Auguste, Cinsa.

AuouaTB

Tu vain le jour, Oiiina ; mab ceux dont tu le tiens Furent led ennemis de mon père, et les miens: Au milieu de leur camp tu reçus la naissance ; Et lorsque après leur mort, tu Vins en ma puissance, Leur haine enracinée au milieu de ton sein

Tu fus mon ennemi même avant que de naître.

Et tu le fus encor quand tu me pus connaître; Et rinclination jamais n'a démenti Ce sang, qui t'avait fait du contraire parti: Autant que tu l'as pu, les effets l'ont suivie. Je ne m'en suis vengé qu'eu te donnant la vie; Je te fia prisonnier pour te combler de biens; Ma cour fut ta prison, mes faveurs tes liens; Je te restituai d'abord ton patrimoine ; Je t'enrichig après des dépouilles d'Antointi, Et tu sais que depuis, à chaque occasion, Je suis tombé pour toi dans la profusion.

Toutes les dignités que tu m'as demandées, Je te les ai sur l'heure et sans peine accordées ; Je t'ai préféré même à ceux dont les parents Ont jadis dans mon camp tenu les premiers rangs, A ceux qui de leUr sang m'ont acheté l'empire, Et qui m'ont conservé le jour que je respire ; De la fa^n, enfin, qu'avec toi j'ai vécu.

Les vainqueurs sont jaloux du bonheur du vaincu. Quand le ciel me voulut, en rappelant Mécène, Après tant de faveurs montrer un peu de haine, Je te donnai sa place en ce triste accident.

Et te fis, après lui, mon plus cher confident.

l4 MANUEL DE tA PAK«^

Aujourd'hui même encor, mou ftme irrésolue

Me pressant de quitter ma puissance absolue.

De Maxime et de toi j'ai priii lea seule avis,

Et ce sont, malgré lui, lea tiens que j'ai suivis.

Bien plus, ce même jour, je te donne Emilie,

Le digne objet des vœux de toute l'Italie,

Et qu'ont miso si haut mon amour et mes soins.

Qu'en te couronnant roi je t'aurais donaé moins.

Tu t'en souviens, Cinna; tant d'heur et tant de gloire

Ne peuvent pas sitôt sortir de ta mémoire ;

Mais, ce qu'on ne pourrait jamais s'imaginer,

Cinna, tu t'en souviens, et veux m'asaassiner,

CiNKA

Moi, Seigneur! moi, que j'eusse une âme si traîtresse. Qu'un si Iftche dessein. . .

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