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LES PHRASES

268.—Une proposition est un groupe de mots énonçant un jugement. Une phrase est une prop. iition ou une réunion de plusieurs propositions formant un sens complet. Une période est une réunion de plusieurs phrases ayant entre elles des relations plus

ou moins directes.

La syntaxe nous apprend à décomposer une phrase dans ses Propositions, et une proposition dans ses éléments simples qui sont les mots. C'est une question de grammaire, qu'il serait inutile de traiter ici, On devra cependant faire quelques exercices d'analyse logique, avant de passer outre,

269.—Lier deux mots, c'est les prononcer comme un seul, au moyen de la juxtaposition du dernier élément du premier mot au premier élément du second. — Ex.: grande âme (grand'âme), les hommes (les z’hommes).

C'est grâce aux liaisons que tous les mots d’une phrase coulent et glissent, se succèdent sans effort et sans heurt.

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270.—La liaison des mots n'a lieu que dans les rencontres de deux voyelles, ou d’une consonne et d’une voyelle.

Deux mots, dont le premier finit et dont le second commence par une consonne, ne peuvent se lier.—Ex.: grand Dieu.—De même, un mot terminé par une voyelle ne peut se lier à un autre commençant par une consonne.—Ex.: Dieu puissant.

971.—La liaison de deux voyelles, c'est-à-dire de deux mots dont le premier finit et dont l'autre commence par une voyelle, se faiten supprimant la voyelle finale, et en faisant suivre sans arrêt la consonne qui la précède de la voyelle initiale du mot suivant. On aprnlle cette liaison élision—Ex.: sage et suvant (sa, et savant).

Par l'étision, an évite l’Aïatus, espèce de bâillement produit par l'émission consécutive de deux voyelles. Ainsi, il serait désagréable d'entendre et difficile de prononcer: la action; on dit: l’action.

L'élision de «& dans la, de e dans le, ge, ne, me, te, ce, se, de, et que, de à dans si, de où dans moi et toi, quand elle a lieu, est toujours indiquée par l’orthographe au moyen d’une apostrophe.—Ex. : l'écriture, l'homme, s'il t'aime, c'est, donne-m'en, n'y va pas, s'aider, qu'on, etc.

La et le, pronoms, ou régimes d’un verbe à l'impératif, ne se lient pas.—Ex.: Fais-la entrer, dites-le aux ouvriers. Cepen-

dant, dans les vers, les poètes exigent parfois que le lecteur fasse cette élision.—Ex. :

C'ondamnez-le à l'amende, ou s’il le casse, au fouet. (RACINE.)

L'e muet final suivi d’un mot commençant par une voyelle ou une À muette, s'élide toujours, bien que l'orthographe ne l'indique pas (sauf dans Le, pronom, ou

régime d’un verbe à l'impératif) —Ex. : orage uffreux (orag'afireux), honnéte homme (honnêt’h: mme).

Ce sont là les seules élisions possibles en français.

272.—La liaison de deux mots, dont le premier finit par une consonne et dont le second commence par une voyelle, se fait en Prononçant ces deux mots comme s'ils n'en formaient qu'un seul—Ex.: be! homme (bel'homme), fuit exprès (fait l'exprès).

Le dernier élément du premier mot mot suivant se trouvent juxtaposés la consonne qui fait la liaison, du premier mot et non à la pre une nuance encore assez sensible, disant que cie! en Jeu ne se bien: ciel’ en feu. ‘Cela se fai des mots à consunne est muette, elle para au mot suivant ; ex.: les amis (les za 8, la consonne de liaison doit être adoucie, car elle a’est qu'un procédé euphonique, et il ne faut Pas exagérer son importance dans la Prononciation,

278.—II ne peut y avoir liaison qu'entre les mots qui ne sont pas séparés par un silence.

Les endroits où le lecteur doit rendre des temps, et où par conséquent les liaisons sont interdites, sont fixés par le sens, C’est une question d'analyse et d'interprétation. —Cependant. dans un grand nombre de cas, il n’y à pas de repos, et la liaison n’a pas lieu. C’est alors plutôt une question d’euphonie.— Après avoir énoncé quelques règles générales, nous indiquerons dans quels cas particuliers et avec quels sons se fait la liaison au Moyen des différentes consonnes,

274.—La liaison naturelle est la liaison d’un mot terminé par une consonne sonore, qui s'appuie sur la voyelle initiale du mot suivant. —Ex.: mer en

fureur’ et ciel’ en Jeu.

La liaison artificielle est la liaison d'un mot terminé par une consonne, qui, muette dans le mot prononcé isolément, ne sonne que pour adoucir le passage au mot suivant.—Ex.: premier homme (prenier r’homme).

La liaison d’un mot terminé par deux consonnes, dont la première seule est sonore dans le mot pris isolément, est naturelle, quand elle se fait au moyen de la consonne sonore, comme dans: discours éloquent (discour éloquent) ;— artificielle, quand elle se fait au moyen de la consonne muette, comme dans : fort éloquent (fort t'éloquent).

275.—La liaison naturelle se fait toujours, quand les mots s’y prêtent. ;

La liaison artificielle se fait (quand les mots CS à prêtent et que les règles particulières à chaque lettre ne s'y opposent pas) dans les cas suivants :

a) Entre les mots qui ont un rapport grammatical, comme celui de l’article et de l'adjectif au substantif, de l’adverbe à l'adjectif et au verbe, du pronom au verbe, ete., c’est-à-dire entre les mots dont le premier n'a de sens que joint au second.—Ex.: un homme (un n’homme), très habile (très z'habile), etc.

b) Entre les termes des mots composés.—Ex.: potau-feu, porc-épü, avant-hier, pied-à-terre, ete. (pott'au-feu, etc.).

Cependant, c'est la liaison naturelle (c.-à.-d., avec l'avantdernière consonne) qui se fait dans les mots arcs-en-ciel, chars à bancs, ducs et pairs, crocs-en-jambe, guet-apens, et maîtres ès-arts (arv’-en-ciel, etc.).

c) Entre les termes des locutions adverbiales.— Ex.: de temps en temps, dès à présent, de part et d'autre, tôt ou tard, tout à coup, etc. (de temps z'en temps, etc.).

d) Entre les adverbes, les prépositions, les conjonctions (sauf et et selon, qui ne se lient jamais), et les mots qui les suivent, —Ex.: fort heureux, trop adroit, mais uw contraire, ete. (fort t'heureux, ete.),

e) Entre les verbes et les mots qui les suivent. — Ex: part-on ? ils veulent avoir, manger un pain, etc. (part-{'on, ete.)

f) Entre le pronom (sujet) et le verbe, et entre le verbe et le pronom (régime) —Ex.: ils ont, pensentils ? croyez-en, ete. (ils z'ont, etc.).

8) Entre les adjectifs et les noms.—Ex.: bons avis, mes enfants, sujets obéissants, ete. (bons z'avis, etc.)

Il se fait d’autres liaisons encore, mais celles-là sont les plus fréquentes.

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