‹ Manuel de la parole [microforme]Chapitre 122 sur 222 · On ne fait · texte numérisé non relu

On ne fait

erbe et le sujet qui le suit

Quand viendra Le moment propice. . .

8. On prend toujours un temps avant les mots mis en inversion. On fait aussi un silence après ces mots, s'ils ne précèdent P8s immédiatement ceux qu'ils devraient suivre; si au contraire les mots mis en

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inversion précèdent immédiatement ceux auxquels ils se rapportent, on les lie ensemble. —Ex. :

L'art | des transports de l'âme est un faible interprète. (A. CHÉNIER.)

Et tous, devant l'autel | avec ordre introduits,

De leurs champs | dans leurs mains portant des nouveaux (fruits,

Au Dieu de l'univers consacraient ces prémices. (RACINE.)

Sonvent, en pareil cas, une nuance de diction doit remplacer le silence, pour éviter un arrêt trop brusque.—Ex.:

C'ependant, je rends grâce au zèle officieux Qui * sur tous mes périls vous fait ouvrir les yeux. (RACINE.) 9. L'adjectif qualificatif et le participe faisant office tt d’adjectif se lient généralement au nom qu'ils qua- Es lifient.—Ex.:

Mt L'homme sombre | arriva | Au bas d'une montagne.. ......... (V. Huao.) | L'œil fasciné | le cherche à travers les rameaux. (LAMARTINE.) d 10. Cependant, on les sépare quand l'interprétation À indique une certaine hésitation, une recherche du mot, et permet d'intercaler mentalement l'expression : Comment dirai-je ?—Ex. :

J'ai monté pour vous dire, et d'un cœur véritable, Que j'ai conçu pour vous une estime | incroyable. (MoLIÈRE.)

11. On les sépare aussi, quand leur liaison changerait la valeur des termes.—Ex. :

C'ombien de pauvres * abandonnés ! (BOURDALOUE.) Sans cette nuance de diction, pauvres, qui est substantif, | serait pris pour adjectif.

12. On les sépare encore, quand l'adjectif a un complément, le participe un régime; et dans ce cas, le

complément et le régime se lient à l'adjectif et au participe. —Ex. ;

Combien de malheureux | réduits aux dernières rigueurs de la pauvreté ! (BouRDALOUE.)

On sait que ce Pied plat | digne qu'on le confonde,

Par de sales emplois s'est poussé duns Le monde, (MoLikre.

13. Le verbe se lie à son complément, direct ou indirect, qui le suit immédiatement.—Ex. :

La nuit multipliait ce long Jémissement. (LECONTE DE Lisrr.)

14. On les sépare cependant, quand le complément vause une surprise, commé lorsqu'on peut dire : Vous ne le croiriez jamais !—Ex :

Il arrache la visière de son Casque pour le frapper d’un coup mortel, et reconnaît | son père.

15. On sépare encore, le plus souvent par une nuance de diction, le verbe et son complément direct ou indirect, composé de plusieurs mots. Ex. :

On ne parvient Point à estimer * ce qu'on voudrait Pouvoir estimer, ni à mépriser * ce qu'on voudrait Pouvoir mépriser.

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