‹ Manuel de la parole [microforme]Chapitre 158 sur 222 · MORCEAUX CHOISIS LE PREMIER DEUIL · texte numérisé non relu

MORCEAUX CHOISIS LE PREMIER DEUIL

Aux premiers jours du monde, alors que la nuée, Snrprise, contemplait chaque chose créée, Alors que sur Je globe où le mal avait crû, Flottait une lueur de l’Eden disparu, Quand tout encor semblait être rempli d’aurore, Quand sur l'arbre du temps les ans venaient d’éclore, Sur la terre, où la chair avec l'esprit se fond, Il se faisait le soir un silence profond, Et le désert, les bois, l'onu. aux vastes rivages, Et les herbes des cham Emus, et les rochers, Voyaient, d’

Le pâle Adam, pensif, Ayant la vision de Die Ils venaient tous les d En présence des mon Et de l'éternité formi

eux s’asseoir sur une pierre, ts fauves et soucieux,

dable des cieux. Leur œil triste renda

Les astres fourmillants emplissuient le ciel noir,

Ils songeaient, et, réveurs, sans entendre, sans voir,

Sourds aux rumeurs des mers d'où l'ouragan s'élance, ; Toute la nuit, dans l'ombre, ils pleuraient en silence ;

Ils pleuraient tous les deux, aïeux du genre humain,

Le père sur Abel, la mère sur Caïn.

Vicror Hu&o.

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