MORCEAUX CHOISIS COL *".MAILLARD
Un enfant frêle :t Bond, dont ‘1 mine éveillée Laisse voir des L'ieurs, quoiqu un peu barbouillée, Conduit le panvie ävcuüusk et marche à petits pas, À l'angle du chemin ils vont s'asseoir, là-bas,
Muets, l’un contre l'autre, et jamais ne demandent,
Ils ne poursuivent Pas notre aumône, ils l’attendenr.
Il faut les plaindre, enfants ; ils sont si malheureux ! Et c’est touchant de voir comme ils s'aiment entre eux, Et de voir ce garçon de huit ans dont l'enfance
Aurait encore besoin de guide et de défense,
Si petit! attentif aux bierres du chemin,
Surveiller un vieil homme et Jui donner la main.
Le sourire à la lèvre on les pleurs sur la joue,
Fils de pauvre ou de riche, il faut qu’un enfant joue : C’est pourquoi, l'autre jour, l'enfant pâle à l'œil bleu Avait naïvement imaginé ce jeu
De courir tout autour de l'aveugle débile
Qui, sur la terre assis, posant là sa sébile,
À droite, à gauche, vite, étendant les deux bras, Cherchait à le saisir selon le bruit des pas,
L'enfant, que chaque erreur du Pauvre aveugle amuse, S’éloigne plusieur, juis d’un petit air de ruse, Sur la pointe du pied, sans souffler, doucement, Et le vieillard écoute, immobile, un moment... Puis, troublé tout à Coup d’un si profond silence, Il appelle ; l'enfant rit alors et s’élance, Accourt et vient tomber dans les bras du vieillard ; Et l’aveugle riait d'être colin-maillard.
Moi, j'admirais l'enfant, dont la candeur suprême Peut jouer, sans l'accroître, avec la douleur même, Et qui fait naître au cœur d’un malheureux pareil La gaîté, le bon rire et l'oubli du soleil !
15 JEAN Aicarp,