LE VOLEUR ET LE SAVANT
L'abbé de Molières était un homme simple et pauvre; il n'avait point de valet, et travaillait dans son lit, faute de bois, ga culotte sur sa tête par-dessus son bonnet, les deux côtés pendant à droite et à gauche. Un matin, Îl entend frapper à sa porte: “ Qui va 1à7—Ouvrez. .….” Il tire un cordon et la porte s'ouvre. ;
L'abbé de Molières ne regardant point: Qui êtes-vous — Donnez-moi de l'argent.—De l'argent 1— Oui, de l'argent.—Ah! j'entends, vous êtes un voleur.—-Voleur ou non, il me faut de Y'argent.— Vraiment oui, il vous en faut? hé bien! cherchez là-dedans...” Il tend le cou, et présente un des côtés de la culotte ; le voleur fouille: “ Hé bien! il n'y à point d'argent. __Vraiment non, mais ily a ma clef.—Hé bien! cette clef... Cette clef, prenez-la.—J e latiens.—Allez-vous-en à ce secrétaire; ouvrez...”
Le voleur met la clef à un autre tiroir. “ Laissez donc, ne dérangez pas! ce sont mes papiers : finirez-vous? ce sont mes papiers; à l’autre tiroir, vous trouverez de l'argent.—Le voilà. -Hé bien! prenez. Fermez donc le tiroir...” Le voleur
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Le voleur
MORCEAUX CHOISIS 225
s'enfuit, “ Monsieur le voleur, fermez donc la porte, Morbleu ! il laisse la porte ouverte !... Quel chien de voleur! il faut que je me lève par le froid qu’il fait! Maudit voleur !” L'abbé saute en pied, va fermer la porte, et revient se mettre à son travail, sans penser peut-être qu’il n'avait pas de quoi payer son diner. CHAwprorr.