Règles particulières pour la prononciation des e muets
I. En général, il faut prononcer les e muets, et ne les élider que si l'oreille en réclame impérieusement l'élision.
IL. Elider un e muet, ce n’est pas le supprimer, mais seulement le prononcer avec moins de force et le faire encore plus bref ; c’est le prononcer sans le faire sentir.
Cela ne doit pas s’entendre d’un e muet final, devant un mot commençant par une voyelle ou une À non aspirée; l’élision est alors complète, si le lecteur ne prend pas un temps entre les deux mots.
IIL. Dans la conversation on élide un grand nombre d'e muets, qu'on prononce dans le discours soutenu.
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IV. Celui qui lit ou qui récite doit faire entendre des e muets, que l'orateur peut omettre,
V. Dans un grand local, il est nécessaire de prononcer les e muets pour se faire comprendre, tandis que devant un auditoire restreint, il est souvent préférable de glisser sur ces voyelles.
VI. Le genre tragique exige qu'on prononce tous les e inuets qui ne choquent point l'oreille ; la comédie veut souvent une certaine familiarité qui justifie Jeur élision.
VII. Le vers ne souffre pas l’élision des e muets; la prose offre plus de liberté,
VIII. A la rime, pour prononcer l'e muet précédé d’une voyelle, comme dans vie, on prolonge le son de la voyelle pénultième, en le ramenant insensiblemnent au son de l'E muet, et on l'éteint au moment où ce.
dernier va se faire entendre.
IX. L'e muet des terminaisons féminines (homme, aide, etc.) est toujours très bref et n’est jamais accentué
123.—Exceptions.—]I. Le signe e est nul et ne se Prononce pas dans les cas suivants :
a) Quand, précédé d'une voyelle sonore, il termine une syllebe: joie (joa), vie (vi), enjouement (an jou man), etc. ; dans les terminaisons en 1ent des verbes en îer à la 3e personne du pluriel de l'indicatif et du subjonctif présent : ils apprécient (ilz’ a pré ci), qu’ils remanient (kil re ma ni), etc.; et dans les terminaisons en aient des verbes à la 3e personne du pluriel : ls cherchuient (il chèr chè ), ds murcheraient (il marche rè), etc.
E a alors pour effet de rendre longue la voyelle précédente, surtout à la fin des mots; à la rime, il se prononce comine il est dit au No 122-VIII.
b) Dans les combinaisons eau et ein : beau (bô), teindre (tin dre), etc.
c) Dans les verbes seoir ( soar), asseoir (a soar), rasseoir (ra soar), et surseoir (sur soar).
d) Quand il est placé, par euphonie, entre g et a ou 0: mungea (mun ja), rungeons (van jon), geélier (jô lié), etc.
Æ donne alors à y Ja valeur de FA
IL £ se traduit par le son É dans les cas suivants :
a) Dans les terminaisons en er, îer, i°d, ef, suivies ou non d’une 8, et en ez, quand les consonnes finales r, d, f et z, sont muettes: agacer (a ga cé), cochers (ko ché), rosier (rô zié), volontiers (vo lon tié), trépied (tré pié), pieds (pié), clef (klé), nez (né), etc.
b) Dans la conjonction et (é).
c) Au commencement des mots, quand il est suivi de deux consonnes semblables, autres que rr, mm, ou nn, et dont une seule se prononce: effroyable (& froa ia ble), effort (6 for), essaim (é cin), ete.
d) Dans les mots commençant par dess: dessin (dé cin).
Cependant £ est muet dans dessus (de su), et dessous (de sou).
e) Quand il se combine avec a ou o pour former les signes cornposés æ et &: ædicule (é di ku le), œcuménique (é ku mé ni ke).
Cependant le signe æ, immédiatement suivi d'une voyelle, se combine avec cette voyelle Pour représenter le son xu, ouvert ou fermé: œuvre (eu vre), œil (eull), vœu (vei), etc.